XXXII

Le libéralisme le plus progressif ne s'exprime pas mieux aujourd'hui

que Confucius sur les deux systèmes de la force brutale et de la force

morale et raisonnée appliqués au gouvernement des peuples.

«Les coercitions matérielles, dit-il dans la suite de cet entretien,

les prisons, les supplices, les peines de toute espèce, les

intimidations par les châtiments sont de bien faibles liens pour

retenir dans le devoir les hommes que l'on ne conduit pas par la

raison, la conscience, la convenance; mais si on les forme, par

l'éducation, la liberté mesurée, l'exemple, l'exercice, à la

connaissance et à la pratique de la raison, de la conscience, de la

convenance, si l'intelligence et l'amour de ces trois principes se

développent dans leur coeur par la force naturelle que le Ciel (Dieu)

a donnée à ces trois principes qui font l'homme social, tout changera

de face et s'améliorera dans l'empire. Les hommes ainsi instruits et

convaincus deviendront en eux-mêmes leur prince, leur juge, leur loi,

leur gouvernement!...

«Le gouvernement, ajoute-t-il en finissant, a été la dernière chose et

la plus parfaite, découverte par les hommes, au moyen du _grand Ly_ ou

de ces trois principes moraux, la raison, la conscience et la

convenance!»

--«C'est admirable!» dit le roi. Les siècles disent comme lui. Un tel

politique en un tel temps est la merveille de l'antiquité. Je retrouve

avec orgueil, en propres termes, dans la bouche de ce prétendu barbare

ce que j'ai dit moi-même en commençant cet entretien: «_Le

chef-d'oeuvre de l'humanité, c'est un gouvernement!_»

Cours familier de Littérature - Volume 06 · 第 142 / 196 题