Les règlements de Confucius sur le culte renouvelé aussi des ancêtres,
n'attestent pas dans le législateur religieux une raison moins épurée
que ses règlements civils. Ce n'est que plusieurs siècles après lui
que les religions de l'Inde, fondées sur les incarnations de Wichnou
ou de Bouddha, s'infiltrèrent en Chine.
Voici les paroles de Confucius sur les cérémonies instituées pour le
culte national, dont l'empereur était le pontife à titre de
représentant du peuple tout entier.
«Le _Ciel_, le _Tien_ ou _Dieu_, trois noms exprimant le Grand Être,
répondit Confucius, est le principe universel; il est la source
intarissable d'où toutes les choses ont émané; les ancêtres sortis les
premiers de cette source féconde sont eux-mêmes la source des
générations qui les suivent. Témoigner au _ciel_ (Dieu) sa
reconnaissance, est le premier des devoirs de l'homme; se montrer
reconnaissant envers les ancêtres est le second. Pour s'acquitter à la
fois de ce double devoir, le saint philosophe Fou-Hi établit avant moi
les cérémonies envers les ancêtres. Comme il fonda tout le système
politique sur le sentiment naturel et sur le devoir de la piété
filiale, il détermina qu'aussitôt après avoir offert l'hommage au
ciel, on offrirait par la bouche du _Fils du ciel_ (le souverain)
l'hommage aux ancêtres. Mais comme le _ciel_ et les esprits des
ancêtres ne sont pas visibles aux yeux du corps, il chercha dans le
firmament des emblèmes pour les figurer et les représenter.»
Après avoir satisfait ainsi à leurs devoirs envers le _ciel_, auquel,
comme au principe vivifiant et universel de toute existence, ils
étaient redevables de leur propre vie, ils se tournent vers ceux qui,
par la génération et la paternité, leur ont transmis successivement
cette vie. Voilà toute la religion de nos pères.
Et il en prescrit ensuite en détail les cérémonies simples et
symboliques[3].
[Note 3: Mémoires du père Amyot, p. 108 (12e volume).]