Voilà ce que l'école véritablement savante des premiers grands
missionnaires jésuites, compagnons du père Amyot, et le père Amyot
lui-même, pensaient des premiers livres chinois à l'époque où ces
Argonautes de la science faisaient, pour ainsi dire, partie du collége
des lettrés, cohabitaient avec les lettrés dans le palais des
empereurs, vivaient, mouraient en Chine, et écrivaient ces recueils de
Mémoires et ces traductions où toute la civilisation chinoise est pour
ainsi dire reproduite en mappemonde d'idées et d'institutions sous nos
yeux. C'est là qu'il faut chercher et retrouver la Chine littéraire et
législative, et non dans les fables ignares ou ridicules publiées
depuis que la Chine est fermée à leurs successeurs; aussi peut-on
affirmer sans crainte que les notions sur la littérature et sur la
politique de la Chine antique ont rétrogradé immensément depuis
l'expulsion des premiers jésuites de la capitale de l'empire. Il faut
excepter les savants professeurs français, les Russes et les Anglais
missionnaires des langues de la politique et du commerce. Mais leurs
notions sont restées dans les bibliothèques.