XIV

Voilà ce que l'école véritablement savante des premiers grands

missionnaires jésuites, compagnons du père Amyot, et le père Amyot

lui-même, pensaient des premiers livres chinois à l'époque où ces

Argonautes de la science faisaient, pour ainsi dire, partie du collége

des lettrés, cohabitaient avec les lettrés dans le palais des

empereurs, vivaient, mouraient en Chine, et écrivaient ces recueils de

Mémoires et ces traductions où toute la civilisation chinoise est pour

ainsi dire reproduite en mappemonde d'idées et d'institutions sous nos

yeux. C'est là qu'il faut chercher et retrouver la Chine littéraire et

législative, et non dans les fables ignares ou ridicules publiées

depuis que la Chine est fermée à leurs successeurs; aussi peut-on

affirmer sans crainte que les notions sur la littérature et sur la

politique de la Chine antique ont rétrogradé immensément depuis

l'expulsion des premiers jésuites de la capitale de l'empire. Il faut

excepter les savants professeurs français, les Russes et les Anglais

missionnaires des langues de la politique et du commerce. Mais leurs

notions sont restées dans les bibliothèques.

Cours familier de Littérature - Volume 06 · 第 124 / 196 题