XXVI

Remontons au palais de David. De là on plonge ses regards sur la

ravine verdoyante et arrosée de Josaphat. Une large ouverture dans les

collines de l'est conduit de pente en pente, de cime en cime,

d'ondulation en ondulation, jusqu'au bassin de la mer Morte. Cette mer

réfléchit là-bas les rayons du soir dans ses eaux pesantes et opaques

comme une épaisse glace de Venise qui donne une teinte mate et plombée

à la lumière. Ce n'est point ce que la pensée se figure: un lac

pétrifié dans un horizon terne et sans couleur; c'est d'ici un des

plus beaux lacs de Suisse ou d'Italie, laissant dormir ses eaux

tranquilles entre l'ombre des hautes montagnes d'Arabie, qui se

dentellent à perte de vue comme des Alpes sans neige derrière ses

flots, au pied des monticules coniques ou pyramidaux, mais toujours

transparents, de la Judée, royaume stérile du poëte-roi.

Cours familier de Littérature - Volume 06 · 第 106 / 196 题