La cinquième ode ne se rapporte, croit-on, à aucune circonstance
personnelle de la vie de David. Si nous avons bien compris la vie du
poëte, cette ode a été composée, selon nous, pour le soulagement
mental de Saül, pendant la seconde ou la troisième période de son
égarement mental. C'est un gémissement et une invocation au nom du roi
abattu par la souffrance, que David chante pour son maître sur sa
harpe auprès de son lit; c'est l'élégie du malade.
En voici seulement quelques strophes:
«Ô Jéhovah! ne me rebrousse pas si violemment dans ta colère! Dans ton
irritation ne me détruis pas!
«Fais-moi miséricorde, car je suis exténué; soulage-moi, car mes
membres sont disloqués,
«Et ma vie chancelle en moi!... Mais toi, Jéhovah, jusqu'à quand?...»
Y a-t-il dans la gamme des douleurs humaines un cri plus capable de
tout peindre sans l'exprimer et de faire violence par le silence même
à la compassion de Dieu que ce: Jusqu'à quand?... suivi sans doute
dans le chant d'un front abattu du poëte sur sa harpe et d'un long
silence de son instrument?