XXIII

Bien qu'il ne touchât pas encore aux années de la caducité humaine, sa

santé était gravement altérée par des accès de fièvre intermittente

qui l'assaillaient presque tous les ans pendant les mois de septembre

et d'octobre. Il voyait sans effroi ces signes de sa fin prochaine. Il

écrivit son testament plein de souvenirs posthumes légués à ses amis:

à celui-ci ses chevaux, à celui-là ses tableaux; à l'un ses livres, à

l'autre son bréviaire, pour que ce manuel de prières rappelle à cet

ami de prier pour lui; cinq cents écus d'or à Boccace, afin qu'il

puisse acheter, dit-il, un manteau d'hiver pour ses études de nuit.

_Honteux que je suis_, ajoute-t-il, _de laisser si peu de chose à un

si grand homme!_ sa fortune à François de Brossano, son gendre chéri,

et sa maisonnette de Vaucluse à un vieux domestique qui en était en

son absence le gardien.

Cours familier de Littérature - Volume 06 · 第 55 / 196 题