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C'est à peu près à cette époque qu'il adressa au nouveau pape Urbain

V, pontife enfin selon son coeur, une lettre véritablement

cicéronienne pour le décider à rétablir le siége du pontificat à Rome.

Urbain V fît commenter et publier cette lettre de Pétrarque comme un

manifeste diplomatique, et partit enfin pour Rome avec toute sa cour.

La mort du fils de Francesca de Brossano, sa fille, corrompit un

moment pour lui toute cette joie du rétablissement du saint-siége à

Rome.

«Hélas! écrit-il auprès de ce berceau vide, cet enfant me ressemblait

si parfaitement que quelqu'un qui n'aurait pas su qui était la mère

l'aurait pris pour mon fils. Il n'avait pas encore un an qu'on

retrouvait déjà mon visage dans le sien. Cette ressemblance le rendait

plus cher à son père et à sa mère, et même à Galéas Visconti,

tellement que lui (le seigneur de Milan), qui avait appris d'un oeil

sec la mort de son petit enfant, ne put apprendre la mort du mien sans

verser des larmes. Pour moi, j'en aurais beaucoup versé si je n'avais

eu honte et si cela ne m'avait pas paru indécent à mon âge. Je lui ai

élevé, à Pavie, un petit mausolée de marbre où j'ai fait graver en

lettres d'or douze vers élégiaques, chose que je n'aurais faite pour

aucun autre et que je ne voudrais pas qu'on fît pour moi.»

Cours familier de Littérature - Volume 06 · 第 52 / 196 题