Pendant ces événements de la Lombardie, des événements plus imprévus
agitaient Rome.
On a vu que Rienzi, livré par le roi de Bohême au pape Clément VI, à
Avignon, y languissait dans une honorable captivité. Clément VI était
trop doux pour se venger sur un tribun qui avait dépassé ses
pouvoirs, mais qui avait agi cependant comme mandataire du pape.
Innocent VI était plus implacable; il fit juger Rienzi par une
commission de cardinaux qui le déclarèrent hérétique et rebelle. Il
allait subir le supplice quand un autre tribun s'éleva dans Rome,
appelant le peuple romain à la liberté.
La cour d'Avignon, voulant opposer tribun à tribun, rendit la liberté
à Rienzi et l'envoya à Rome comme délégué du pape. Rienzi triompha
quelques jours alors à la tête de ses anciens partisans; mais, ayant
renouvelé ses démences et ses cruautés, il fut assailli dans le
Capitole par une émeute combinée des grands et de la populace. Reconnu
sous le déguisement qu'il avait revêtu pour s'évader du Capitole, il
fut percé de mille coups de poignard et traîné aux fourches
patibulaires, où la ville entière outragea son cadavre. Insensé qui
avait cru qu'on rallumait deux fois le feu éteint d'une popularité
morte!