La mort prématurée de son ami Jacques Colonna, l'évêque de Lombez, le
fit renoncer à son canonicat de Gascogne, pays qui lui était
antipathique, à cause de la loquacité, dit-il, et de la turbulence de
ses sauvages habitants. Les princes de la maison de Corrége lui firent
donner la place lucrative d'archidiacre de Parme. Ils voulaient
l'attacher à eux à tout prix.
Cependant Clément VI, pape lettré, mondain, magnifique, venait de
succéder à des papes plus monastiques que romains, Rome lui envoya
une députation pour le supplier de rétablir le saint-siége dans ses
murs. En passant à Parme, cette nombreuse ambassade de princes romains
s'adjoignit Pétrarque comme orateur de Rome. Pétrarque rentra avec eux
à Avignon, harangua éloquemment le pape, et reçut en récompense de sa
harangue un riche bénéfice dans l'État de Pise.
Ce fut dans cette ambassade qu'il se lia d'amitié et de politique avec
Nicolas de Rienzi, qui devint peu après l'agitateur, le tribun, le
dictateur et la victime de Rome.
Rienzi, poëte et orateur comme Pétrarque, n'eut que le tort de se
tromper de quelques siècles. Pétrarque et lui auraient dû naître au
temps des Scipions. Au lieu de penser, ils rêvèrent; leur rêve était
beau, mais il était posthume.