Delphine à mademoiselle d'Albémar.
Bellerive, ce 21 mai.
Oh! que d'émotions Thérèse m'a fait éprouver! Je ne sais point ce
qu'on veut de moi, ce qu'on peut en obtenir, mon coeur succombe devant
l'effort qu'on exige; une lettre de vous est venue se joindre aux
exhortations de Thérèse; ne vous réunissez pas pour m'accabler; vous
ne savez pas ce que vous me demandez! Dois-je renoncer à Léonce! Le
voulez-vous? Ah! ne le prononcez pas; j'ai pressenti que vous alliez
approcher de cette horrible idée dans votre lettre, je tremblois de la
lire; et quand, par délicatesse, vous n'avez point achevé ce que vous
aviez commencé, je me suis crue soulagée, comme si vous m'aviez
affranchie de mes devoirs en ne me les exprimant pas. Je suis foible,
je le sens; je n'ai point les vertus qui préparent aux grands
sacrifices. Mon âme, livrée dés son enfance aux mouvemens naturels qui
l'avoient toujours bien conduite, n'est point armée pour accomplir des
devoirs si cruels: je n'ai point appris à me contraindre. Hélas! je ne
croyois pas en avoir besoin. Que n'ai-je l'exaltation religieuse de
Thérèse! Mais, quand j'implore le ciel, où ma raison et mon coeur
placent un Être souverainement bon, il me semble qu'il ne condamne pas
ce que j'éprouve; rien en moi ne m'avertit qu'aimer est un crime; plus
je rêve, plus je prie, et plus mon âme se pénètre de Léonce.
Je vous ai mandé que M. de Serbellane avoit quitté l'Italie, pour
s'établir en Angleterre, et que désespérant de faire changer Thérèse
de résolution, il ne voyoit plus personne, et paroissoit plongé dans
la plus profonde mélancolie. Thérèse ne m'a pas prononcé son nom; une
lettre de Londres m'avoit appris ces tristes détails, et je n'ai pas
osé lui en parler. Qu'elle est noble et sensible, cependant, cette
Thérèse que s'immole à son devoir! je la conduis après demain à son
couvent; que n'ai-je la force de l'y suivre! C'est ainsi qu'il
faudroit se séparer! Il est moins cruel de descendre dans ce religieux
tombeau de toutes les pensées de la terre, que de vivre encore en ne
voyant plus ce qu'on aime!
Le lendemain de l'arrivée de Thérèse, je passai la matinée avec elle;
j'entrevis dans ses discours qu'elle se croyoit coupable envers moi,
et qu'elle en éprouvoit les regrets les plus amers; mais elle
craignoit de m'en parler, et reculoit le moment de l'explication.
Léonce vint le soir: au moment où madame d'Ervins entra dans ma
chambre, il essaya de dissimuler l'impression qu'il éprouvoit; mais
elle n'échappa point aux regards de Thérèse, et j'appris bientôt
qu'elle savoit tout ce que je croyois lui avoir caché.
--Monsieur, dit-elle à Léonce avec un ton de dignité que je n'avois
jamais remarqué dans un caractère timide et presque soumis, je sais
que par le concours des plus funestes circonstances, c'est moi qui ai
été la cause de l'erreur fatale qui vous a séparé de madame d'Albémar;
j'ai fait le sacrifice à Dieu de tout mon bonheur dans ce monde; il ne
m'a pas encore donné la force de me consoler des peines que j'ai
causées à ma généreuse amie; si je n'avois pas cru que de mon
consentement vous étiez instruit de mon crime, à l'époque même de la
mort de M. d'Ervins, je me serois hâtée de m'accuser devant vous; mais
je n'ai découvert que depuis votre mariage la méprise cruelle, que la
délicatesse de madame d'Albémar l'avoit engagée à me taire. J'aurois
pu, dès que je le soupçonnai pendant mon séjour ici, et lorsque j'en
eus acquis la certitude à Bordeaux, par les diverses questions que
vous fîtes à ma fille, j'aurois pu, dis-je, publier la vérité; mais
vous étiez marié: je ne pouvois rendre à mon amie le bonheur dont je
l'ai privée, et j'avois les plus fortes raisons de craindre que la
famille de mon mari ne m'enlevât ma fille, et ne se permît, pour me
l'ôter, si je m'avouais coupable, le scandale d'un procès public. J'ai
donc espéré que vous me pardonneriez d'avoir retardé la justification
authentique que je dois à madame d'Albémar, jusqu'à ce jour, où j'ai
fait signer d'une manière irrévocable à toute la famille de M.
d'Ervins les arrangemens qui assurent la fortune d'Isore, et
m'autorisent à la confier à madame d'Albémar. J'ai abandonné tous mes
droits personnels sur les biens de mon malheureux époux, et j'entre
après demain dans un couvent: je suis donc libre à présent de réparer
aux yeux du monde le tort que j'ai pu faire à la réputation de madame
d'Albémar; mais hélas! je le sais, je n'en aurai pas moins perdu sa
destinée. Son cour, inépuisable en sentimens nobles et tendres, n'a
pas cessé de m'aimer: vous, monsieur, ajouta-t-elle en tendant à
Léonce, avec une douceur angélique, sa main tremblante, serez-vous
plus inflexible qu'un Dieu de bonté qui, malgré mes offenses, a reçu
mon repentir? me pardonnerez-vous?
O ma soeur! que n'avez-vous pu voir Léonce en ce moment! Non, vous ne
m'auriez plus demandé de le quitter; l'expression triste, sombre, et
presque toujours contenue qu'il avoit depuis quelque temps, disparut
entièrement, et son visage s'éclaira, pour ainsi dire, par le
sentiment le plus pur et le plus doux. Il mit un genou en terre, pour
recevoir la main de madame d'Ervins, et, de la voix la plus émue, il
lui dit:--Pouvez-vous douter du pardon que vous daignez demander? Ce
n'est pas vous, c'est moi qui suis le seul coupable; et cependant je
vis, et cependant elle souffre mes plaintes, mes défauts, quelquefois
même mes reproches. Aurois-je le droit de vous en adresser? non sans
doute, et j'en ai moins encore le pouvoir; votre sort, votre courage,
votre vertu, oui, votre vertu, entendez cette louange sans la
repousser, me pénètrent de respect et de pitié; et si j'étois digne de
me joindre à vos touchantes prières, je demanderois au ciel pour vous
le calme que mon coeur déchiré ne connoît plus, mais qu'au prix de
tant de sacrifices vous devez enfin obtenir.
Ah! dit Thérèse en relevant Léonce, je vous remercie d'écarter de moi
votre haine; mais ce n'est pas tout encore, il faudra que vous
m'écoutiez sur votre sort à tous les deux: avant de vous en parler, je
veux voir madame d'Artenas; je ne connois qu'elle à Paris, c'est une
parente de M. d'Ervins, elle est aussi l'amie de madame d'Albémar; je
dois lui faire part de la résolution que j'ai prise. Voulez-vous avoir
la bonté, M. de Mondoville, de me conduire demain chez elle? J'entre,
après demain, dans mon couvent, et, huit jours après, le premier de
juin, je prendrai le voile de novice.
--Ciel! dans huit jours! m'écriai-je.--C'est un secret, reprit
Thérèse; vous savez que par les nouvelles lois on ne reconnoît plus
les voeux; mais le prêtre vénérable qui me conduit a tout arrangé, et
si l'on ne permettoit plus aux religieuses de vivre en France en
communauté, il m'a assuré un asile dans un couvent en Espagne; je vous
demanderai, ma chère Delphine, de me conduire vous-même dans ma
retraite avec ma fille; je l'embrasserai sur le seuil du couvent pour
la dernière fois, et, après cet instant, c'est vous qui serez sa mère.
--Sa voix s'altéra en parlant de sa fille; mais faisant un nouvel
effort, elle dit à Léonce:--Demain à midi, n'est-il pas vrai, M. de
Mondoville, vous viendrez me chercher pour me mener chez madame
d'Artenas?--Léonce consentit à ce qu'elle désiroit par un signe de
tête; il ne pouvoit parler, il étoit trop ému. Ah! c'est une âme aussi
tendre que fière! ce n'est pas l'amour seul qui le rend sensible, la
nature lui a donné toutes les vertus. Thérèse le regardoit avec
attendrissement, et c'est lui, j'en suis sûre, dont elle auroit
imploré la protection, s'il lui étoit encore resté quelque intérêt
dans le monde.
Le lendemain, Léonce et madame d'Ervins revinrent ensemble à quatre
heures de chez madame d'Artenas; je vis, sans en savoir la cause, que
Léonce avoit été très-attendri: Thérèse, calme en apparence, demanda
cependant à se retirer quelques heures dans sa chambre. Léonce, resté
seul avec moi, me raconta ce qui venoit de se passer; il ne se doutoit
point du projet de madame d'Ervins, en la conduisant chez madame
d'Artenas, et dans la route elle n'avoit rien dit qui pût lui en
donner l'idée. Ils arrivèrent ensemble chez madame d'Artenas, et la
trouvèrent seule avec sa nièce, madame de R. Après que madame d'Ervins
eut annoncé sa résolution à madame d'Artenas, elle lui fit le récit de
la conduite que j'avois tenue envers elle, et attribuant à cette
conduite un mérite bien supérieur à celui qu'elle peut avoir, elle
avoua tout, excepté ce qui eût indiqué mes sentimens pour Léonce. Il
m'a dit que de sa vie il n'avoit éprouvé, pour aucune femme, autant de
respect que pour madame d'Ervins, dans le moment où elle croyoit faire
un acte d'humilité. Léonce a remarqué que Thérèse avoit rougi
plusieurs fois en parlant, mais sans jamais hésiter.--Et je voyois
réunie en elle, a-t-il ajouté, la plus grande souffrance de la
timidité et de la modestie, à la plus ferme volonté.--Elle finit en
déclarant à madame d'Artenas, que loin de demander le secret sur ce
qu'elle venoit de lui dire, elle désiroit qu'elle le publiât, chaque
fois que ses relations dans le monde la mettroient à portée de
repousser la calomnie dont je pourrois être l'objet.
Elle se recueillit un instant, après avoir achevé ses pénibles aveux,
pour chercher s'il ne lui restoit point encore quelque devoir à
remplir; personne n'osa rompre le silence; elle avoit trop ému ceux
qui l'écoutoient; pour qu'ils fussent en état de lui répondre; et
comme sans doute elle craignoit toute conversation sur un pareil
sujet, elle se leva pour la prévenir, en faisant une inclination de
tête à madame d'Artenas et à sa nièce; elle sortit, sans leur avoir
laissé le temps d'exprimer l'intérêt et l'attendrissement qu'elles
éprouvoient. Vous concevez, ma chère Louise, combien cette scène m'a
touchée. Admirable Thérèse! bien plus admirable que si jamais elle
n'avoit commis de fautes; que de vertus elle a tirées du remords!
combien elle vaut mieux que moi, qui me traîne sans forces sur les
dernières limites de la morale, essayant de me persuader que je ne les
ai pas franchies!
Cette journée d'émotion n'étoit pas terminée; Thérèse n'avoit pas
encore accompli tout ce que sa religion lui commandoit: elle vint
rejoindre Léonce et moi, et comme j'allois vers elle pour lui exprimer
ma reconnoissance:--Attendez, me dit-elle, car je crains bien d'être
forcée de vous déplaire; mais demain je quitte le monde, et j'ai
presque aujourd'hui les droits des mourans; écoutez-moi donc
encore.--Elle s'assit alors, et s'adressant à Léonce et à moi, elle
nous dit:
--J'ai détruit votre bonheur; sans moi vous seriez unis, et la vertu
contribueroit autant que l'amour à votre félicité; ce tort affreux, ce
tort que je ne pourrai jamais expier, c'est mon crime qui en a été la
cause; un malheur plus funeste encore, la mort de mon mari a été la
suite immédiate de mon coupable amour. Ce n'est donc pas moi, non ce
n'est pas moi qui pourrois me croire le droit de donner de sévères
conseils à des âmes aussi pures que les vôtres; cependant Dieu peut
choisir la voix des pécheurs pour faire entendre des avis salutaires
aux coeurs les plus vertueux. Vous vous aimez; l'un de vous est lié
par des chaînes sacrées, et vous vous voyez, et vous passez presque
tous vos jours ensemble, vous fiant à la morale qui vous a préservés
jusqu'à présent! Je n'avois point sans doute, vos lumières, je n'avois
point vos vertus; mais je formai néanmoins les mêmes résolutions que
vous, et le charme de la présence affoiblit par degrés tous les
sentimens honnêtes sur lesquels je m'appuyois. Delphine, faudroit-il
qu'après être tombée, je vous entraînasse dans ma chute! aurois-je à
rendre compte de votre âme à l'Éternel! Ah! ce seroit moi seule qui
mériterois d'être punie, mais vous ne seriez plus cet être
incomparable que je retrouverai dans le ciel un jour, si mon repentir
m'y fait recevoir.
Et vous, Léonce, et vous, continua-t-elle; serez-vous heureux si vous
entraînez mon amie? si vous égarez ce caractère noble et vertueux, que
Dieu appellera plus particulièrement à lui, quand le malheur, ou ce
qui est la même chose, une plus longue durée de la vie lui aura fait
sentir la nécessité d'une religion positive? quand elle guidera ma
fille dans le monde, au lieu d'y régner elle-même?....--Votre fille!
m'écriai-je, pourquoi l'abandonnez-vous? pourquoi m'en remettez-vous
le soin? je n'en suis pas digne.
--Delphine, généreuse Delphine, interrompit Thérèse, me serois-je donc
si mal fait comprendre que vous puissiez penser qu'il existe un être
au monde que j'estime plus que vous! quand vous vous laisseriez
entraîner par l'amour, je sais que votre coeur, resté pur, ne
puiseroit-dans ses fautes qu'une connoissance plus cruelle, mais plus
certaine de la nécessité de la morale. Les malheurs de mon amie me
seroient, hélas! un garant de plus des soins qu'elle donneroit à
l'éducation vertueuse de ma fille. Mais vous, mais vous, Delphine, que
deviendrez-vous si vous êtes coupable? et par quel vain espoir vous
flattez-vous de l'éviter? s'il gémit de votre résistance, s'il vous
montre sa douleur, s'il vous la cache, et que ses traits altérés le
trahissent, s'il est malheureux enfin; dites-moi donc, si vous le
savez, comment vous ferez pour le supporter? Écoutez, je suis prête à
m'ensevelir pour toujours, la main de Dieu est déjà sur moi; j'ai
trouvé dans mon âme la force de tout briser, de renoncer à tout; eh
bien! je ne me sentirois pas encore la puissance de voir souffrir ce
que j'aime; et vous vous la croyez cette puissance! Delphine,
insensée, il faut vous séparer de lui pour jamais, ou tomber à ses
pieds, soumise à ses désirs. Vous ne pouvez trouver que dans
l'exaltation d'un grand sacrifice des forces contre l'amour. Delphine,
au nom du ciel....--Arrêtez, s'écria Léonce avec l'accent le plus
douloureux; ce n'est point à Delphine que vous devez vous adresser,
elle est libre et je suis lié pour jamais; elle vouloit s'unir à moi,
je l'ai méconnue; s'il faut déchirer un coeur, choisissez le mien; je
puis partir, je le puis; la guerre va bientôt s'allumer en France;
j'irai me joindre à ceux dont je dois partager les opinions; dans ce
parti sans puissance, se faire tuer n'est pas difficile. Si vous avez
dans votre religion des ressources pour faire supporter à Delphine la
mort de Léonce, si vous en avez, j'y consens et je vous le pardonne:
mais pouvez-vous imaginer qu'après avoir passé près d'elle des jours
orageux, et néanmoins pleins de délices, des jours pendant lesquels je
lui ai confié mes peines les plus secrètes, mes sentimens les plus
intimes, je vivrois privé tout à la fois de ma maîtresse et de mon
amie! de celle qui devroit être ma femme, et que je ne reverrois plus!
de celle qui dirige mes actions, donne un but à mes pensées, et m'est
sans cesse présente? croyez-moi, sans avoir besoin de recourir à la
résolution du désespoir, mon sang glacé cesseroit de ranimer mon
coeur, si je ne vivois plus pour elle. Et c'est vous, madame, qui
pouvez oublier tout ce que vous-même vous avez inspiré! tout ce
qu'éprouve encore sans doute celui qui pleure loin de vous!--C'en est
trop, s'écria Thérèse en pâlissant, avec un tremblement convulsif qui
me causa le plus mortel effroi; c'en est trop: quel langage vous me
faites entendre! me croyez-vous donc assez guérie pour n'en pas
mourir? ignorez-vous ce qu'il m'en coûte? pouvez-vous réveiller ainsi
tous mes souvenirs? Cessez! cessez! Delphine, soutenez-moi,
éloignons-nous d'ici.
Léonce, inconsolable de l'état où il avoit jeté madame d'Ervins,
n'osoit approcher d'elle; on l'emporta dans sa chambre, je la suivis,
et je fis dire à Léonce que je ne redescendrois pas. Je ne voulois pas
quitter madame d'Ervins, et je me sentois aussi dans un trouble qui me
rendoit impossible de parler à Léonce. Pourquoi le rendre témoin de
mes cruelles incertitudes? des remords que madame d'Ervins a fait
naître en moi? je veux me déterminer enfin, je le veux; mais je ne
puis le revoir qu'après avoir pris une décision. Quelle sera-t-elle? ô
mon Dieu!
Madame d'Ervins passa près d'une heure sans prononcer une parole,
m'écoutant quelquefois, et ne me répondant que par des pleurs; je crus
que c'étoit le moment d'essayer encore de la détourner d'entrer au
couvent: les premiers mots que je prononçai sur ce sujet lui rendirent
tout à coup du calme; elle me demanda doucement de m'éloigner. J'ai
appris depuis qu'elle avoit passé deux heures en prières, qu'après ces
deux heures elle s'étoit couchée, et qu'elle avoit paisiblement dormi
jusqu'au matin.
Pour moi, j'ai passé cette nuit sans fermer l'oeil: infortunée que je
suis! un esprit éclairé, quand l'âme est passionnée, ne fait que du
mal; je ne puis, comme Thérèse, adopter aveuglément toutes les
croyances qui remplissent son imagination, et mon coeur en auroit
besoin. J'invoque une terreur, un fanatisme, une folie, un sentiment,
quel qu'il soit, assez fort pour lutter contre l'amour. Quelquefois je
suis prête à vous conjurer de venir ici; je voudrais m'en remettre à
vous sur mon sort, vous parleriez à Léonce, vous le verriez et vous me
jugeriez. Ah! ma soeur, cette prière seroit-elle trop exigeante?
feriez-vous ce sacrifice à celle que vous avez élevée, et qui vous
redemanderoit d'exercer de nouveau l'empire le plus absolu sur sa
volonté?