Quelle lettre que celle que vous venez de lire, ma chère Louise!
n'augmente-t-elle pas votre pitié pour la malheureuse Sophie? quelle
vie froide et contrainte elle a menée! quelle honte, et quelle douleur
qu'une dissimulation habituelle! comment pourrai-je lui inspirer
quelques-uns de ces sentimens qui peuvent seuls soutenir dans la
dernière scène de la vie! Oh! je lui pardonne, et du fond de mon
coeur; mais je voudrois que son âme s'endormît dans des idées, dans
des espérances qui pussent l'élever jusqu'à son Dieu. Je vais
retourner vers elle, et demain je vous écrirai.