P. 154, l. 11: ces larrons.--_Ces mots manquent dans A 8, 9._

P. 154, l. 13: prendre.--_Le ms. A 29 ajoute_: larcineusement.

P. 154, l. 31: Bar.--_Mss. A 23 à 29_: Chalons.

P. 155, l. 2 et 3: Cil.... communauté.--_Ms. A. 29_: Les manants de

ceste ville où il y a grant bourgeoisie et communauté.

P. 155, l. 3: s’estourmirent.--_Ms. A 29_: s’esmeurent.

P. 155, l. 18: tret.--_Le ms. A 29 ajoute_: par lequel ils tenoyent

tout le front de la rue.

P. 155, l. 19: jusques à hault miedi.--_Ms. A 29_: depuis deux heures

devant jour jusques à haute nonne.

P. 156, l. 2: Biaupret.--_Mss. A 2, 11 à 14_: Pié.--_Ms. A 23_: Beaupié.

P. 156, l. 3: Germillon.--_Ms. A 1_: Gerville.

P. 156, l. 11: Grantsi.--_Mss. A 11 à 14_: Garency.

§ =438=. P. 156, l. 13: De le venue.--_Ms. d’Amiens_: Enssi et en

celle rihote durèrent il tout le nuit, et l’endemain jusques à nonne,

lanchant, traiant, combatant, estrivant de l’un à l’autre; et en y eut

plusieurs blechiés des deux parties. Quant messires Pières d’Audelée

et chil de se routte perchurent le couvenant de chiaux de Chaalons, et

coumment li gentil homme, de leur costé, que messires Oedes de Grantsi

avoit amenés, gardoient le passage souffissamment, et qu’en vain il

se combatoient, si se retraissent tout bellement et se partirent de

Chaalons à petit concquès, et trouvèrent leurs chevaux que on leur

avoit amenés apriès yaux; si montèrent sus et chevauchièrent viers

Biaufort. Quant cil de Chaalons en virent le partement, si en furent

moult joyant, car il avoient esté en grant aventure de tout perdre. Si

conjoïrent et honnourèrent grandement les gentils hommes, et dissent

bien que par yaux et par leurs deffenses avoit esté li cités de

Chaalons gardée et deffendue. Fº 115.

.... Assés tost apriès, avint que chil de le garnison de Velly et

chil de le garnison de Roussi se queillièrent et missent ensamble,

et vinrent prendre par force et par assault le ville de Sissonne, et

fissent ens une grande garnison de touttes mannierres de gens assamblés

qui avoient une cappittainne que on clammoit Hennekin Franchois. Et

estoit uns garchons nés de Couloingne, che disoit on, et estoit sans

pité et sans merchy de ce dont il estoit au deseure. Ceste garnison

de Sissonne fist moult de villains fais et de grans dammaiges aval le

pays, et ardoient tout et tuoient hommez, femmez et petis enfans qu’il

ne pooient ranchounner à leur vollenté.

Or avint un jour que li comtes de Roussi, qui avoit l’ayr et le

mautalent encorres en son coer, c’estoit bien raisons, de sa ville et

de son castiel de Roussi que li Alemant, noummet Navarois, tenoient,

fist une priierre as chevaliers et as escuiers d’entours lui, et eut

bien cent lanches parmy quarante chevaux qu’il amena des bourgois

de Laon. Et eut adonc le comte de Porsiien, monseigneur Gerart de

Chavenchy et le seigneur de Montegni en Ostrevant et autres chevaliers

et escuiers qui y allèrent à se priierre. Si chevauchièrent un jour

et vinrent deviers Sissonne; si trouvèrent ces Allemans, noummés

Navarrois, qui ardoient ung village, et les coururent sus baudement et

delivrement. Chilx Hannekins Franchois et se routte missent tantost

piet à terre et se requeillièrent bien et faiticement, et rengièrent

tous les archiers devant yaux.

Là eut fort hustin et dur, d’un lés et de l’autre. Et trop bien furent

asaili chil Navarrois qui estoient de tous pays, et trop bien se

deffendirent et trop vassaument. Et bien le couvenoit, car il estoient

fort requis et envaï, et ewissent estet desconffi se li bourgeois de

Laon fuissent demouret; mès il se partirent à peu de fet et se missent

au retour deviers Laon, et li autre demourèrent et se combatirent assés

et vaillamment. Toutteffois, li journée ne fu point pour yaulx. Là fu

li comtes de Porsiien durement navrés et à grant meschief sauvés. Là fu

li sires de Montegny en Ostrevant pris, et messires Gerars de Chavenchy

et pluisseurs autres, et li comtes de Roussi mout navrés et pris le

seconde fie, et livrés à Rabigot de Dury et à Robin l’Escot qui l’en

menèrent en prison en son castiel de Roussi meysmes, et l’i tinrent

depuis ung grant temps. Ces deux povres aventurez eut il sus mains

d’unne année. Fº 114 vº.

P. 156, l. 17 à 29: Quant.... Biaufort.--_Ms. A 29_: Et quand messire

Pierre d’Audelée et ses compagnons veirent venus et rangés le sire

de Gransi et ces Bourguignons devant eux et la bannière deployée, il

dist à aucuns de ses plus privés: «Beaux seigneurs, j’aperçoy que nos

embusches et nostre entreprise sont rompues par Odes de Granci qui est

ici venu contre nous: si conseille de nous retraire vers Beaufort.»

Adonc iceulx Angloys et Navarroys se retirèrent à pied tout le pas par

la voye qu’ils estoyent le matin venus.

P. 156, l. 31: si bonnes.--_Les mss. A 8, 9, 15 à 19 ajoutent_:

gens.--_Les mss. A 1 à 6, 11 à 14, 20 à 22 ajoutent_: gens d’armes.

P. 157, l. 6: Sars.--_Mss. A 8, 9, 15 à 17_: Saux.

P. 157, l. 16: uns.--_Le ms. A 17 ajoute_: villain.

P. 157, l. 18: austers.--_Mss. A 15 à 17_: estourdi. Fº 217.

P. 157, l. 18: l’aïr.--_Ms. A 7_: l’ire. Fº 207 vº.--_Ce mot manque

dans les mss. A 8, 9._

P. 158, l. 1: Cavenchi.--_Mss. A 7, 23 à 29_: Cavenci.

P. 158, l. 25: Rabigot.--_Mss. A 8, 9_: Radigos.

§ =439=. P. 158, l. 29: Ensi estoit.--_Ms. d’Amiens_: En che tamps

chevauchoit messires Ustasses d’Aubrecicourt en Campaingne, et avoit

dou jour à l’endemain, quant il volloit faire une chevauchie, cinq

cens ou six cens lanches. Et estoit tous sires dou plat pays et avoit

estet plus d’un an devant, et couroit bien souvent devant Troie,

l’autre devant Chaalons, puis devant Prouvins. Et estoit tous sires

de le rivierre de Sainne, car il tenoit Nogant sus Sainne; si passoit

et rapassoit à son plaisir de quel part qu’il volloit, ne nus ne li

contredisoit. Et fist là en ce pays pluisseurs belles bacheleries et

grans appertisses d’armes, et rua jus par pluisseurs fois pluisseurs

chevauchies de jentilshommes. Et y concquist grant avoir en raenchons,

en vendages de villes et de castiaux, ossi en racas de pays et de

maisons et en saufconduis qu’il dounnoit, car nulx ne pooit passer,

aller ne venir, marchans ne autrez, ne yssir des bonnes villez que

ce ne fuist par son dangier. Et tenoit bien à ses gagez cinq cens

combatans, sans les autres qui se tenoient de lui et qui le suioient

pour pillier et pour gueriier.

Et il estoit hardis chevaliers et bachelereux, corageus et

entreprendans, et amoit très loyaulment par amours une damme dou plus

grant linage des crestiiens: pour quoy il en valloit mieux en armes

et en touttes mannierres. Et la damme ossi l’ammoit si loyaument et

si enterinnement que mieux ne pooit, et souvent lettrez, salus et

segnefianches li envoioit: par quoi li chevaliers en estoit plus gais

et plus jolis, plus larges et plus courtois et plus preux as armes; car

en soy meysmes se glorifioit, quant il sentoit qu’il amoit et estoit

amés de damme jone, belle, frice et jolie et dou plus grant sanch

des crestiiens. On le puet bien noummer, car il l’eut depuis à femme

espousée: on l’appelloit madamme Ysabiel de Jullers, soer germaine au

duc de Jullers et nièche à la bonne roynne d’Engleterre, fille de sa

soer, cousinne germaine à ses enfans et as enfans de Haynnau, et un

seul point mains à ciaux de Franche, de Bourbon et de Blois.

Tant fist messires Ustasses d’Aubrecicourt ou pays de Campaingne de

belles chevauchies et de grans fès d’armes, qu’il y estoit si renouméz,

si cremus et alosés que chacuns parloit de lui; et tous les jours

concqueroient il et ses gens sus le pays. Fº 115.

Chroniques de J. Froissart, tome 05/13 · 第 35 / 50 题