P. 159, l. 12: de chevaucies.--_Ces mots manquent dans les mss. A._

P. 159, l. 14: entreprendans.--_Ms. A 7_: entreprenant. Fº 208.

P. 159, l. 17: d’ardoir.--_Ces mots manquent dans les mss. A et dans le

ms. B 4._

P. 159, l. 21: douze.--_Mss. A 8, 9_: vingt.

P. 159, l. 25: et à espeuse.--_Ms. A 7_: espousée.

§ =440=. P. 160, l. 11: Apriès.--_Ms. d’Amiens_: Quant li dus de

Normendie perchut que ses pays dont il estoit regens et drois hoirs,

estoit enssi foullés et desolés par le fait dou roy de Navarre, si le

prist en grant despit et fist ung mandement de gens d’armes de tous

lés là où il les pooit avoir. Si assambla bien deux mille lanches,

chevaliers et escuiers, et se parti de Paris et prist son chemin

par deviers Melun sur Sainne, où li roys de Navarre se tenoit. Si

asega li dis dus le ville de Melun, d’un lés de le rivierre et de

l’autre. Et se tenoit li dus de Normendie au lés deviers Brie, avoecq

lui si doy frère, li dus d’Ango et li dus de Berri, et leur oncles

li dus d’Orliiens, et grant fuisson de grans seigneurs. Et d’autre

part, deviers Gastinois, estoient li comtez de Saint Pol, messires

Moriaux de Fiennes, li sires de Couchy, li sires de Montmorensi, li

sires de Grantsi, messires Jehans de Lini, messires Guis de Lini ses

filx, et grant fuison de chevaliers et d’escuiers. Et avoient li

dit Franchois fait ung pont de nés sus Sainne, pour chevauchier de

traviers le Sainne, de l’une ost à l’autre. Si se tint là chilz sièges

longement, ainschois qu’il en venissent à leur entente. Et toudis

entroes couroient et guerioient chil dez fortrèches; et estudioient et

penssoient nuit et jour li compaignon qui Navarrois se nommoient, à

prendre, à embler et à escieller villez, castiaux et fortes maisons. Fº

114 vº.

.... En ce tamps s’ensonniièrent bonnes personnes et allèrent entre

le ducq de Normendie et le roy de Navarre qui estoit assegiés dedens

Melun, tant que une pès y fut tretie et faitte. Et pardounnèrent li

uns à l’autre chacuns sen mautalent; et se deffist li sièges de Melun.

Et dounna li dus de Normendie ses gens d’armes congiet, et ramena le

roy de Navarre avoecq lui dedens Paris. Dont chacuns et chacune ot

grant joie, pour ce qu’il leur sambla qu’il avoient pès de ce costé;

car li roys de Navarre jura qu’il feroit partir tous ses Navarrois des

fors qu’il tenoient, enssi qu’il fist à son loyal pooir. Mès il y avoit

pluisseurs saudoiiers et compaignons englès, allemans et autres, qui ne

se veurent mies enssi partir des fors qu’il tenoient; et disoient qu’il

gueriroient pour le roy englès, car lez trieuwez estoient fallies. Si

prendoient là leur escuzanche et leur retour. Fº 116 vº.

P. 160, l. 14: doi mil.--_Mss. A 8, 9, 15 à 17, 23 à 33_: trois mil.

P. 160, l. 18 à 20: en le conté.... Kem.--_Mss. A 8, 9, 15 à 17_: en

la cité d’Evreux, ou dedens le fort chastel de Pacy, assez près de la

bonne cité de Vernon.--_Mss. A 7, 20 à 22_: en la cité d’Euvreux, ens

ou fort chastel de Vernon, assés près de la bonne ville de Kem. Fº

208.--_Ms. B 6_: à Mantez, à dix lieues près de Paris, à l’entrée de

Normendie. Fº 588.

P. 160, l. 22: navarois.--_Mss. A 8, 9, 15 à 17_: dont l’un s’appelloit

messire Martin de Navarre et l’autre le Bascon de Mareuil. Voirs est

que la ville de Meleun est assise en trois parties. L’une est une isle

où le chastel est assis. L’autre partie est du costé de Gastinois. Et

entre ces deux parties court le maistre bras de la rivière. Et ces deux

parties avecques le chastel occupoient les Navarrois. Et l’autre partie

est du costé de Brie et estoit françoise; et illecques se vint mettre à

siège le duc de Normandie et tout son ost. Avec le duc de Normandie et

à son mandement estoient venus au siège de Meleun.... Fº 199.

P. 160, l. 29: royne.--_Ms. B 6_: Ysabiel. Fº 588.

P. 161, l. 9 et 10: troi mil.--_Mss. A 8, 15 à 17, 20 à 22_: quatre

mil.--_Mss. A 23 à 29_: trois cens.--_Ms. B 6_: plus de douze cens

chevaliers et escuiers.

P. 161, l. 11 et 12: là envoiiés.--_Mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22_: et

avoec luy.

P. 161, l. 18 et 19: et plus.... roynes.--_Ces mots manquent dans A 8,

9, 15 à 17, 20 à 22._

P. 161, l. 22: Jehans.--_Mss. A 1 à 6, 8, 9, 15 à 22_: James.

P. 161, l. 22: Carbiniaus.--_Mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22_: Corbiniau.

P. 161, l. 28: Vrenon.--_Mss. A 8, 9, 15 à 19_: Evreux.

P. 162, l. 15 et p. 163, l. 15: Che siège.... d’Engleterre.--_Ms. A

29_: En ce tandis, aucuns vaillans hommes traictèrent par telle manière

devers le roy de Navarre et le duc de Normandie, car adonc estoyent

en France le cardinal de Perigourd et le cardinal d’Urgel, lesquels

firent tant que une journée fut prinse pour appointer ces deux princes

de leurs differents, en la cité de Vernon, pour là traicter une bonne

paix entre eux. Et là vindrent le duc de Normandie et son conseil, et

d’autre part le roy de Navarre et monseigneur Philippe, son frère, et

y fut traicté et accordé et la paix faicte. Et jura le roy de Navarre

que de ce jour en avant il seroit et demoureroit bon François, et meit

en sa paix plus de trois cens chevaliers et escuyers ausquels le duc

pardonna son maltalent. Mais il en reserva aucuns des aultres, ausquels

il ne voulut mie pardonner ce qu’ils luy avoyent meffaict.

A celle paix ne voulut oncques accorder monseigneur Philippe de

Navarre, ains dit à son frère qu’il estoit tout idiot et enchanté et

qu’il se meprenoit grandement contre le roy d’Angleterre, à qui il

s’estoit allié, et lequel roy luy avoit tousjours aidé, conforté et

secouru. Si se partit monseigneur Philippe, par maltalent, du roy

son frère, luy quatriesme tant seulement et chevaucha le plus tost

qu’il peust vers Sainct Sauveur le Vicomte, qui lors estoit une forte

garnison d’Anglois. Et en estoit capitaine, de par le roy d’Angleterre,

un moult vaillant chevalier anglois nommé monseigneur Thomas d’Agorne,

qui receut monseigneur Philippe de bon cœur et lui fit grand chère, et

puis lui dit qu’il s’acquittoit loyaument devers le roy d’Angleterre.

«Par mon serment, respondit le chevalier navarroys, toute promesse doit

estre tenue; et pour ce doit chascun bien adviser de non promettre

chose qu’on ne vueille tenir.»

P. 162, l. 27: bons françois.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19_: homme

du duc et son frère à estre.

P. 162, l. 28: trois cens.--_Mss. A 1 à 6, 8 à 22_: quatre cens.

P. 163, l. 13: Navare.--_Ms. B 6_: et l’appelloit cousin. En che tamps

se deffist le siège devant Rennez en Bretaigne. Et s’en party le duc

de Lenclastre et retourna en Engleterre et y mena le jone conte de

Monfort. Fº 589.

§ =441=. P. 163, l. 16: Parmi l’ordenance.--_Ms. d’Amiens_: Or avint

que li dus de Normendie et ses conssaux, qui adonc seoient devant

Melun sus Sainne et avoient là assegiet le roy de Navare, si comme

vous savés, par le pourkach dou vaillant evesque de Troies, un appert

et hardi ghuerieur, ossi fisent tant enviers un puissant et vaillant

chevalier et c’on tenoit à bon guerieur, et telx estoit ilz, hardis

chevaliers durement, et l’appelloit on par son droit nom messires

Brokars de Fenestrages, qu’il demora de lor ayde et proummist à aidier

l’evesque de Troies et le pays de Campaingne à tout cinq cens lanchez

à cheval, parmy une grande somme de florins qu’il devoit avoir. Si se

traist messires Brokars en le cité de Troies et fist là son amas de

gens d’armes et de brigans; et eut, que de ses gens, que de ciaux de

Campaingne, parmy les gens l’evesque de Troies et le comte de Wedemont

et le comte de Joni et monseigneur Jehan de Chalons, qu’il furent bien

mil lanches et quinze cens brigans.

Si se traissent premierement ces gens d’armes, dont messires Brokars

estoit chiés, devant le fort castiel de Hans en Campaingne. Là eut

grant assault et dur et qui longement dura; mès en le fin, li dis

castiaus fu concquis par force. Et furent pris tout chil Englès et

Navarois qui dedens estoient, dont il en y avoit bien quatre vingt, et

tout mis à l’espée sans merchy. Puis se retraissent ces gens d’armes

dedens Troies, et eurent consseil entre yaux qu’il se trairoient

deviers Pons sus Sainne et deviers Nogant; car là se tenoient tout chil

qui leur faisoient tous les destourbiers. Si se partirent ung jour en

grant aroy, et estoient bien douze cens lanches et neuf cens brigans.

Fº 115 vº.

P. 165, l. 3: Joni.--_Ms. A 7_: Jouy. Fº 209 vº.

P. 165, l. 4: Brokars.--_Les mss. A 15 à 17 ajoutent_: de Fenestrages.

Fº 219.

P. 165, l. 5: mil.--_Mss. A 23 à 29_: deux mille.

P. 165, l. 6: brigans.--_Ms. A 17_: gros brigans petaulx.

P. 165, l. 7: Hans.--_Ms. A 7_: Haus.

P. 165, l. 22: destourbiers.--_Les mss. A 8, 9 ajoutent_: qu’il povoit.

§ =442=. P. 165, l. 23: Adonc se partirent.--_Ms. d’Amiens_: Ces

nouvelles estoient venues à monseigneur Ustasse d’Aubrecicourt, qui se

tenoit adonc à Pons sus Sainne, que messires Brokars et li evesques

de Troyes devoient cevaucier. Si estoit yssus de Pons à tout ce qu’il

avoit de gens d’armes et d’archiers, et avoit mandés tous chiaux des

garnisons de là entours. Si avoit bien quatre cens lanches et deux cens

archiers, et ne volloit mies, pour sen hounneur, que on le trouvast

enclos en une fortrèche; et chevaucièrent le jour que li François

chevauçoient. Si orrent nouvellez li ung de l’autre. Or ne quidoit

mies, au voir dire, li dis messire Ustasses que li Franchois fuissent

si grant fuisson qu’il estoient, car il se fust mieux pourveus de gens

d’armes et d’archiers.

Si chevauchièrent tant li Franchois, et d’autre part messires Ustasses,

qui estoit au matin partis de Pons sour Sainne, que li coureur de l’un

et de l’autre se trouvèrent et vinrent raporter chacun à son lés ce

qu’il avoient vew; dont ordounnèrent il leurs batailles. Et en fissent

li Franchois trois, et en chacune quatre cens lanches. Et eurent le

premierre messires Brokars et messires Jehans de Chaalons; la seconde,

li comtes de Wedimont et de Genville; la tierche, li evesques de

Troies; et encorres n’estoient point venu li brigant.

D’autre part, messires Ustasses avoit pris le fort d’unne vigne sus une

petitte montaingne, et avoit mis ses gens toutte en une bataille et

les archiers par devant. Là fist il aucuns chevaliers nouviaux, dont

messires Corageux de Mauni, uns siens cousins et appers bacelers, et

messires Jehans Paris en furent: les autres ne sai je mies bien nommer.

Et fist messires Ustasses touttes ses gens traire à piet et les chevaux

derierre yaux, et chacun retailler sa glaive et faire de le longeur de

cinq piés tant seullement, et mettre son penon devant lui. Fº 115 vº.

P. 166, l. 4 et 5: entre Nogant et Pont sur Sainne.--_Ces mots manquent

dans les mss. A._

P. 166, l. 7: deux cens.--_Mss. A 11 à 14_: quatre cens.

P. 167, l. 7: Genville.--_Mss. A 8, 9_: Vaudemont.

P. 167, l. 17 et 18: François.... aultres.--_Ces mots manquent dans les

mss. A._

P. 168, l. 2: chevaliers.--_Mss. A 11 à 14_: bacheliers.

P. 168, l. 3: son.--_Ms. B 4_: sa. Fº 205 vº.

P. 168, l. 5: couvenant.--_Mss. A 8, 9_: couvine.

§ =443=. P. 168, l. 13: Quant messires.--_Ms. d’Amiens_: Si tost qu’il

se furent ordounné, li Franchois, qui estoient en trois batailles,

si comme vous avés oy, vinrent achevauchant sus yaux moult radement,

messires Brokars et messires Jehans de Chalonz premierement, chacuns

sa bannierre devant lui moult areement, et ferirent chevaux des

esperons et baissièrent les lanches, et aprochent les Englès c’on dist

Navarrois. Et chil archier coummencent à desclichier saiettes fort

et roit et à navrer hommes et chevaux. Toutteffois ces gens d’armes

aprocent, mès il furent requeilliet de monseigneur Ustasse et des

siens trop fierement, car il tenoient devant yaux leurs glaives moult

roidement. Et ne s’i osoit nus bouter; et qui s’i mettoit, il estoit

mors ou abatus. Là fu ceste premierre bataille des Franchois bien

reboutée.

Quant li comtez de Wedimont et li comtes de Joni vinrent à toutte

leur routte, messires Ustasses et li sien les rechurent hardiement et

les reboutèrent de premier encontre et en habatirent et sachièrent

entr’iaux des plus appers, et fianchièrent prisounniers. Dont vint li

evesques de Troies et se bataille mout bien montés; et coummenchièrent

à tournoiier tout autour d’iaux, et li Englès ossi tournioient à leur

mesure. Finablement, li Franchois s’abandonnèrent et ferirent chevaux

des esperons, les glaives baissies, pour entrer ens, et yaulx rompre;

et cil compaignon les rechuprent à leurs courtes glaives mout roidement.

Là eut, je vous di, estour et rencontre mout dur et moult fort et bien

combatu, car li Franchois combatoient à cheval et li Englès à piet.

Et estoient leur archier retret tout enssamble et mis en ung mont,

et laissoient les gens d’armes couvenir, et traioient mout ouniement

et mout roit ens ès Franchois, qui mout les grevoit, car il se

combatoient devant et il estoient tret sus costé ou derierre: dont il

en y eut pluisseurs blechiés et navrés et maint cheval ossi. Enssi se

combatirent il mout longement.

Là y eut mainte belle appertise d’armes faite, mainte prise et mainte

rescousse, car li Englèz n’estoient qu’un peu. Si se prendoient mout

priès de bien faire, et si vassaument se combatirent, que pour ce jour

il n’en doient avoir point de blamme, car j’oy recorder de chiaux qui

y furent, se li bringant n’ewissent esté qui y sourvinrent au darrain

fresch et nouviel, il s’en fuissent parti à leur honneur, car il

donnoient les Franchois assés affaire.

Mès quant chil brigant furent venu, qui estoient plus de neuf cens

à tout lanches et pavais, il rompirent lez archiers et missent en

voies, et gens d’armes apriès qui en tuèrent le plus grant partie, et

puis revinrent par les garchons qui gardoient les chevaux dez Englès

et Navarois, et se ferirent entr’yaux et en tuèrent et navrèrent, et

gaegnièrent des chevaux le plus grant partie. Fº 115 vº.

P. 170, l. 15 et p. 171, l. 31: Or.... sauvèrent.--_Mss. A 27 à 29_: Or

avoient les Anglois fort l’advantage d’une montaigne, et se tenoyent

si serrés que par nul tour les Françoys ne savoyent comment entrer en

eux. Si estoyent les Françoys à cheval et les Anglois à pié. D’autre

part, un petit plus en sus, estoyent leurs archers, qui faisoient leur

bataille à part et tiroyent par grant effort sur les Françoys. Adonc

les Françoys prindrent à tournoyer autour des Angloys, pour eulx rompre

et ouvrir, et à la mesure que les François tournoyoient, les Anglois

firent ainsi. Or vindrent les brigans françois, qui n’avoyent peu si

tost venir que les gens d’armes à cheval; car ces brigans, qui estoyent

bien neuf cens, estoyent à pié, lesquels, tantost qu’ils furent venus

à lances et à pavois jusques aux archers angloys, ils les rompirent

et desroyèrent, et ne tindrent comme riens et s’espardirent çà et là;

car le traict des archers ne pouvoit entrer en iceux brigans, tant

estoyent fort paveschés; et aussi les archers estoyent durement foulés,

car ils s’estoyent longuement combattus. Quand la seconde bataille des

Françoys, tous à cheval, perceut le desarroy de ces archers angloys,

tantost leur courut sus, et furent la plupart occis, petit s’en

sauvèrent. Puis chevauchèrent oultre ceulx de la seconde bataille et

vindrent tout accourans sur les garçons qui gardoyent les chevaulx des

Angloys, leurs maistres; si en occirent le plus, et le remanant se

sauvèrent au mieulx qu’ils peurent; là gangnèrent les Françoys de bons

chevaulx et de beaux coursiers et mainte belle parure, joyaux, or et

argent à planté.

P. 171, l. 26: Joni.--_Mss. A 20 à 22_: Jenville.

P. 171, l. 26: et leur route tèle.--_Mss. A 8, 9, 11 à 22_: la.

P. 172, l. 1: amoit tant.--_Ms. A 17_: pour l’amour de sa dame par

amours, qui d’Angleterre les lui avoit envoyés par très grant amistié.

Chroniques de J. Froissart, tome 05/13 · 第 36 / 50 题