P. 2, l. 9: de Paris.--_Ces mots manquent dans A 8, 9, 20 à 22._

P. 2, l. 12: parvint.--_Mss. A 8, 9_: vint.

P. 2, l. 22 à 25: Et faisoit....; Tourainne.--_Mss. A 20 à 22_: Si

faisoit le roy garnir de bonnes gens d’armes les fortresses, villes et

chasteaux de Poitou, d’Anjou, du Maine et aussy de Touraine. Fº 256.

P. 2, l. 23: garnisons.--_Le ms. B 3 ajoute_: des bonnes villes.

P. 3, l. 6 et 7: com.... trouvaissent.--_Mss. A 8, 9_: combien que

plantureux le trouvassent.

P. 3, l. 16: aise.--_Mss. A 8, 9_: aisement.

§ =372=. P. 3, l. 21: Ensi.--_Ms. d’Amiens_: Et y eult (à Bourges) une

moult grant escarmuce, mais par dedens avoit fuisson de gentilx hommez

qui le gardèrent et deffendirent vassaument, dont li sirez de Gousant

et messires Hutins de Vremelles estoient chief.

Si passèrent li Englès oultre et vinrent à Yssodon en Berri; si

l’asaillirent, mès il ne le peurent gaegnier, car li gentil homme qui

dedens estoient, le gardèrent très bien.

Si s’en partirent et s’en vinrent à Vierson, une grosse ville et bon

castiel, mais elle estoit foiblement fremmée, et peu de gens y estoient

demouret pour le deffendre. Si fu prise de force la ville de Vierson,

et y trouvèrent li Englès tant de vins et de vivres c’à merveillez; si

y sejournèrent trois jours pour yaux rafreschir.

Là vinrent lez nouvellez au prince que li roys de France estoit à

Cartrez à grant nombre de gens d’armes, et que touttez les villes et

li passaige dessus le rivierre de Loire estoient si bien gardé que

nullement il ne poroient passer. Si eult li princhez consseil qu’il

se metteroit au retour et passeroit par Tourainne et par Poito, et

revenroit tout che chemin qu’il devisoit à Bourdiaux.

Dont se partirent li Englès de Vierson, et avoient, entroes qu’il

eurent là pris leur sejour, gaigniet le dit castiel de Vierson par

assaut; et ceux qui dedens estoient, furent tout mort et tout pris;

puis chevaucièrent au lés par deviers Tourainne et deviers Romorentin.

Adonc estoient envoiiet ens ou pays de Berri, de par le roy de

Franche, troy grant seigneur et bon chevalier durement, pour aviser

le couvenant dez Englès et yaux porter dammaige, se il peuissent:

c’estoient li sires de Craan, messires Bouchicaus et li Hermites de

Chaumont. Si chevauchièrent ung jour à bien trois cens armures de fier,

et se missent en une embusce pour rencontrer les coureurs englès, et

les trouvèrent au dehors d’un village où il avoient aqueilliet grant

proie. Si se ferirent chil signeur de Franche, bannierres desploiiées,

entre yaux, et en ruèrent jus de premières venues bien quarante, et

les desconfirent assés tost et les missent en chace, et les sieuvirent

jusques à le bataille des marescaux; et prinssent adonc le seigneur de

Basset et le seigneur de Wilebi et bien dix hommes d’armes des Englès,

et avoient rescous le proie.

Quant les nouvelles vinrent en l’ost que li leur estoient enssi

rebouté, dont veissiés gens desroutter et ferir chevaux des esperons

et venir sus ces Franchois. Là eut grant hustin et mervilleux, car

li Franchois estoient touttes gens d’eslite et les requeillièrent

baudement et liement; et en y eut des premiers pluisseurs rués par

terre des ungs et des autres, mès toudis fuisonnoient li Englès. Se

ne les peurent li Franchois souffrir, et se missent au retour, et li

Englès après yaux. Là furent tout li prisonnier rescous et li proie

ossi, et bien mors et pris de trois cens Franchois cent et cinquante,

et cachiet li troi baron dessus dit bien deux grandes lieuwes, et li

remannans de leurs gens; si furent chil tout euwireux, qui estoient

bien montet. Si s’en vinrent au ferir des esperons à Romorentin, et

trouvèrent le pont abaissiet et le barrière et le porte dou castiel

ouverte. Si entrèrent ens li troy seigneur dessus dit et chil qui à

tamps y peurent venir. Assés tost apriès, fu li ville de Romorentin

toutte plainne de Gascons et d’Englès. Si coummenchièrent à assaillir

le tour et le castiel, et chil de dedens à yaux deffendre si qu’il n’y

eurent point de dammaige. Fºs 102 vº et 103.

P. 4, l. 2: Gousant.--_Mss. A 1 à 6, 18, 19, 23 à 29_: Cousant. Fº 183

vº.--_Mss. A 11 à 14_: Consanc. Fº 169.--_Ms. A 8_: Gonfant. Fº 161

vº.--_Ms. A 9_: Gonfaut. Fº 193.--_Mss. A 15 à 17_: Gonsaut. Fº 177

vº.--_Mss. B 3 et A 20 à 22_: Goussant. Fº 256 vº.--_Mss. A 30 à 33_:

Consant. Fº 207.

P. 4, l. 6: Yzodon.--_Mss. A 8, 9, 15 à 17_: Yssoldun. Fº 161

vº.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 20 à 22_: Ysoldun. Fº 183 vº.--_Mss. A 7,

30 à 33_: Ysodon. Fº 172 vº.--_Mss. A 18, 19_: Yssodun. Fº 188.--_Mss.

A 23 à 29_: Ysoudun. Fº 199 vº.

P. 4, l. 11: Verson.--_Mss. A 8, 9_: Bierson.--_Mss. B 4, A 7, 11 à 14,

15 à 17, 18 à 22_: Vierson. Fº 169.--_Mss. A 23 à 33_: Wirson. Fº 199

vº.

P. 4, l. 21: ditte.--_Le ms. A 29 ajoute_: grosse.

P. 5, l. 3: Craam.--_Mss. A_: Craon.

P. 5, l. 17: Bruhes.--_Mss. A 2, 11 à 14_: Brunes.--_Mss. A 20 à 22_:

Bruches.--_Ms. A 23_: Briches.

P. 5, l. 18: Courton.--_Le ms. B 6 ajoute_: le sire de l’Estrade. Fº

533.

P. 5, l. 19: li sires de Basset.--_Mss. A 1 à 6_: Edouart, sire de

Basset. Fº 184.

P. 5, l. 19: Pasele.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19, 23 à 29_:

Passelle.

P. 5, l. 21: Edowars.--_Ms. A 7_: messire Edouart, li sires de Basset.

Fº 173.--_Les mss. A 11 à 14, 18, 19 ajoutent_: sire de Basset. Fº 169.

P. 5, l. 23 et 24: parmi.... deux cens.--_Ms. B 6_: parmi les archiés,

cinq cens combatans.

P. 5, l. 29: rades.--_Mss. A_: roides.

P. 5, l. 29 et 30: rades.... appers.--_Ms. B 3_: de bons et fermes

rossins. Fº 184.

P. 5, l. 31: l’effroi.--_Mss. A 8, 9_: le froy.--_Mss. A 20 à 22_: la

noise. Fº 257.--_Le ms. A 29 ajoute_: car bien veoient que la ville

n’estoit mie tenable contre une telle puissance; et, d’autre part,

ils tenoient le prince pour le mieux fortuné et armé qui de son temps

regnast: si en estoit moult craint et redouté de ses ennemis.

P. 6, l. 11: bon pugneis.--_Ms. B 3_: bonne prinse. Fº 184.

P. 6, l. 11: estecheis.--_Mss. A 8, 9_: estechis. Fº 162.--_Mss. B 3,

A 15 à 17_: estoqueiz, estoquis.--_Mss. A 23 à 27_: boutis. Fº 200

vº.--_Ms. B 4_: estachies. Fº 170 vº.

P. 6, l. 17: entoueilliet.--_Ms. B 4_: entoulliet.--_Mss. A 1 à 6,

15 à 17_: entoilliez. Fº 184.--_Mss. A 7 à 9, 11 à 14, 18 à 33_:

entouilliés, entouylliez.

P. 6, l. 26 et 27: encauch....--_Ms. B 3_: rencontre. Fº 184.--_Mss.

A 1 à 7, 11 à 14, 18 à 33_: estour.--_Mss. A 7 à 10_: enchas. Fº 162

vº.--_Mss. A 15 à 17_: enchaux. Fº 178.

P. 7, l. 6 et 7: car.... forterèce.--_Ms. B 3_: car ils n’y avoit pas

grande forteresse. Fº 184 vº.--_Mss. A 20 à 22_: car elle n’estoit

gueires fortiffiée. Fº 257 vº.

P. 7, l. 6 et 7: de forterèce.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19_: de

gens en la forteresce. Fº 184 vº.--_Mss. A 15 à 17_: de gens d’armes

dedanz la forteresce. Fº 178.

§ =373=. P. 7, l. 9: Ces nouvelles.--_Ms. d’Amiens_: Endementroes que

on assailloit à Romorentin, vint li prinches de Galles et tout li grant

host. Si regardèrent li seigneur englès et gascon le tour de Romorentin

qui est belle et grosse, et entendirent que chil troy grant baron de

Franche estoient laiiens retret. Si ordounnèrent li marescal à aller

logier et reposer, et l’endemain à assaillir. Chilz coummandemens

fu tenus; touttes mannières de gens se traissent à leur logeis, et

passèrent le jour et le nuit enssi. Fº 103.

P. 7, l. 13: ceste.--_Ms. A 7_: celle. Fº 173 vº.

P. 7, l. 13: part.--_Le Ms. A 29 ajoute_: tout à cheval.

P. 7, l. 22: prendable.--_Mss. A 8, 9_: prenable.

P. 7, l. 30: à la garde.--_Le ms. A 29 ajoute_: dou pont.

P. 7, l. 30: demandèrent.--_Ms. B 4_: demandoient. Fº 171.

P. 7, l. 31: là envoiiés.--_Mss. A 7 à 10_: tramis ne envoié. Fº 162

vº.--_Mss. A 15 à 17_: envoié ne tramis. Fº 178.

P. 8, l. 1: tramis.--_Ms. A 7_: envoié.

P. 8, l. 5: avalèrent.--_Mss. A 8, 9_: descendirent.

P. 8, l. 17: place.--_Mss. A 8, 9_: plaise.

§ =374=. P. 9, l. 12: Quant.--_Ms. d’Amiens_: Quant che vint à

l’endemain, on sounna les trompettez; si s’armèrent communaument parmi

l’ost, et vinrent dou coummandement dou prince à l’assaut. Si se

ordonnèrent et rengièrent devant le castiel gens d’armes, archiers et

brigant, pour l’assaillir. Là eult grant assault dur et fort et bien

continuet, car chil archier traioient si ouniement à chiaux de d’ens,

que à painnes osoient il apparoir as garittes ne as fenestres des

deffensces. Si se deffendoient ossi vaillamment chil de le fortrèche,

et navrèrent et blecièrent che premier jour pluisseurs Englès et

Gascons assalans, car il estoient dedens le fort touttez bonnes gens

d’armes et d’eslite. Et par especial, à cel assaut, fu ochis mis très

bons escuiers de Gascoingne, dont ce fu dammaiges, et qui moult fu

plains, gentil homme durement et de grant linage, et l’apelloit on

Rammon de Zedulach. Si en fu li prinches moult courouchiés. Quant ce

vint environ nonne, on fist cesser à l’assaut et retraire as logeis,

pour yaux reposer et remettre les bleciés et les navrés à point.

A l’endemain bien matin, recoummencha li assaus grans et fors durement,

et là où nulx ne s’espargnoit, seigneur ne autre, car li prinches y

estoit meysmes. Si se prendoit chacuns moult priès de bien faire, pour

estre mieux alosés.

Là fu ochis uns jones escuiers, frères germains au seigneur de Labreth,

et l’appelloit on Bernardet de Labreth, tous des plus grans de linage

de Gascoingne: de quoy si amit furent durement courouchiet; et ossi fu

li prinches, et jura adonc que jammais ne se partiroit de là si aroit

pris le castiel et chiaux de d’ens à se vollenté.

Quant li seigneur d’Engleterre et de Gascoingne virent coumment chil de

Romorentin travilloient et bleçoient leurs gens, si en furent durement

courouchiés, et dou prinche qui en avoit parlé si avant que juret

que jammais ne s’en partiroit, si aroit pris chiaux qui le castiel

deffendoient. Dont advisèrent il li ung par l’autre, et imaginèrent

coumment il poroient leur affaire approchier. Bien veoient que, par

traire et par lanchier, il les pooient petit grever. Si ordonnèrent que

par kanons on gettaist et traisist à mannierre de feu grigois en le

basse court, et que chilz feux se poroit bien bouter ens ès couvreturez

des tours qui estoient couvertez d’estrain.

Adonc fu li feux aportéz avant et trais par bombardes et kanons ens

ès basses cours. Si mouteplia tant sans estaindre, que il se prist

ens ou toit de le tour où li troy chevalier estoient, qui vassaument

se deffendoient. Quant il perchurent que li feux mouteplioit, et

qu’il estoit par deseure yaux, et que nul remède n’y pooient mettre,

si furent tout esbahy et virent bien que rendre lez couvenoit. Si

descendirent aval; si coummencièrent à traitier au prinche et se

rendirent si prisonnier. Ensi fu li castiaux de Romorentin pris et

concquis, et tout chil qui dedens estoient, mès il cousta as Englès et

as Gascons moult de lors gens. Fº 103.

P. 9, l. 14: livrée.--_Mss. B 3, A 1 à 7, 11 à 44, 18 à 33_: banière.

P. 9, l. 21: pils.--_Ms. B 3_: picqs. Fº 185.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14;

18, 19, 23 à 29_: picques. Fº 185.--_Mss. A 7 à 10, 15 à 17, 20 à 22_:

pics, picz.

P. 9, l. 23: hawer.--_Mss. A 15 à 17, 18, 19, 23 à 33_: houer. Fº 178

vº.--_Mss. B 4, A 7, 20 à 22_: hauer. Fº 171 vº.

P. 9, l. 23: piqueter.--_Mss. A 15 à 17, 18, 19, 23 à 33_: picquer.

P. 9, l. 29: aconsievi.--_Ms. B 3_: attains. Fº 185.--_Mss. A 1 à 6, 11

à 14, 18, 19_: consuivis. Fº 185.

P. 9, l. 30: escuiers.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19_: chevalier.

P. 10, l. 2: Beus.--_Ms. B 3_: Buch.--_Mss. A 1 à 6, 18, 19_:

Beuch.--_Mss. A 11 à 14_: Beuf. Fº 170.--_Mss. A 15 à 17, 23 à 33_:

Beuz. Fº 178 vº.--_Mss. A 20 à 22_: Buef. Fº 258 vº.

P. 10, l. 15: enjoindoit.--_Mss. A 8, 9_: enjoignoit.

P. 10, l. 17: de lui.--_Mss. A 8, 9_: du prince.

P. 10, l. 19: s’abandonnoient.--_Mss. A 8 à 10, 15 à 47, 20 à 22_:

s’aventuroient. Fº 163.

P. 10, l. 20: mix aloset.--_Ms. B 4_: plus aloset. Fº 171 vº.--_Ms.

B 3_: plus louez. Fº 185.--_Mss. A 1 à 7, 11 à 14_: plus alosez. Fº

185.--_Mss. A 8, 9_: plus prisez. Fº 163.--_Mss. A 15 à 17_: mieulz

prisiez. Fº 179.--_Mss. A 20 à 22_: pour estre les plus prisiez et les

plus honnourez. Fº 258 vº.

P. 10, l. 21 et 22: dou trait d’une pière.--_Mss. A 11 à 14_: du giet

d’une pierre. Fº 170.

P. 10, l. 23: germains.--_Ms. B 6_: mainsné. Fº 535.

P. 10, l. 23: de Labreth.--_Ms. B 3_: d’Albret.--_Mss. A 11 à 14_:

d’Alebreth.

P. 10, l. 24: Bernardet.--_Mss. A 7, 18, 19_: Bernart. Fº 174.--_Mss. A

11 à 14_: Bernat.--_Mss. A 15 à 17_: Bernardon.--_Ms. B 6_: Berau.

P. 11, l. 1 _à_ 5: Si.... aporter.--_Mss. A 23 à 33_: Si imaginèrent

aulcuns subtilz hommes d’armes que, par traire et par lancier, on se

travailloit en vain; ains ordonnèrent aporter.... Fº 201.

P. 11, l. 1: li soutil.--_Mss. B 3, A 7 à 10, 15 à 17_: les aucuns

subtilz.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19_: les aucuns soubtilz.

P. 11, l. 6: quariaus.--_Ms. A 29_: boulets.

P. 11, l. 10: d’estrain.--_Ms. B 3_: de paille.--_Mss. A 30 à 33_: de

chaume. Fº 208.

P. 11, l. 21 et 22: et.... volenté.--_Mss. A 20 à 22_: Sy vindrent

tantost en bas eulx rendre au prince à sa voulenté. Fº 259.--_Mss. A 23

à 33_: Tantost monseigneur de Craon, messire Bouchicault et l’Ermite de

Chaumont descendirent aval. Fº 201 vº.

P. 11, l. 21 à 30: et vinrent.... exilliés.--_Ms. B 6_: et firent signe

que il volloient parler. Le prinche y envoya le conte de Wervich et

monseigneur Renault de Gobehen. Chil rapportèrent au prinche que il se

volloient rendre. Le prinche fut sy bien conseilliés que il les prist

à merchy et tous chiaus qui dedens estoient. Et fut leur tout che que

trouver y peurent grant foison de pillaige, car cil du pais d’environ

y avoient aporté tout leur meuble sur le confort de la fortresse. Et

sy eult le prinche de Galles le castiel de Roumorentin et les trois

chevaliers dessus només, et puis chevauchèrent oultre en Touraine. Fº

536.

P. 11, l. 30: tous vaghes.--_Ms. B 3_: tout vuide. Fº 185 vº.--_Ms. B

4_: destruis. Fº 171 vº.

P. 11, l. 30: exilliés.--_Les mss. A 15 à 17 ajoutent_: et prindrent et

pillièrent tout quanque ilz trouvèrent ou chastel et en la ville. Fº

179.--_Le ms. A 29 ajoute_: tellement que depuis il fut remis sus en

long tems, mais la ville fut un petit reparée pour les terres d’entour

labourer.

§ =375=. P. 11, l. 31: Apriès.--_Ms. d’Amiens_: Apriès le prise dou

fort castiel de Romorentin, de monseigneur de Craan, de monseigneur

Boucicaut, de monseigneur l’Ermite de Chaumont et de pluisseurs autres

chevaliers et escuiers qui dedens estoient, se departi li prinches et

toutte sen ost; et chevauchièrent plus avant deviers le Mainne, ardant

et essillant le pays. Si trouvoient li Englès et li Gascon le pays si

gras et si plains de tous biens, que merveillez seroit à pensser. Si

gastèrent et essillièrent une grant plenté de ce biau pays du Mainne,

et puis entrèrent en Tourainne.

Li roys de France, qui se tenoit à Chartrez, entendi que li Englès

prendoient leur chemin pour venir vers Tours en Tourainne et deviers

le Haye. Si se parti de Chartrez et s’en vint à Blois, et là se tint

deux jours pour mieux aprendre le couvenant des Englèz. Si se parti au

tierch jour de Blois et passa là le Loire, et vint jesir à Amboisse, et

l’endemain à che biau castiau de Lochez. Là s’aresta il atendans ses

gens, qui avoient passet le Loire en pluisseurs lieux, à Orliiens, à

Meun, à Blois, à Tours, et là partout où il pooient. En ce sejour que

li roys de Franche fist à Lochez, aprist il que li Englèz prendoient

leur chemin pour aller ent en Poitou et par le Tourainne, et se

hastoient durement. Fº 103 rº et vº.

P. 12, l. 4: Tourainne.--_Le ms. B 3 ajoute_: et le Maine. Fº 185 vº.

P. 12, l. 7: malmenoit.--_Ms. B 3_: molestoit.

P. 12, l. 9 et 10: et dist.... remède.--_Ms. B 6_: Et pour che qu’il

entendi que li Englès estoient en Touraine et prendoient le chemin de

Poitou. Fº 537.

P. 12, l. 15: deux.--_Ms. B 6_: trois.

P. 12, l. 20: Loces.--_Mss. B 3, A 1 à 9_: Loches.--_Ms. B 6_: Lothois.

P. 13, l. 1: Meun.--_Mss. A 20 à 22_: Melun. Fº 259 vº.--_Ms. B 6_:

Mehun.

P. 13, l. 1 et 2: à Meun.... Tours.--_Ms. B 3_: les autres à Saumur, à

Blois et à Tours.

P. 13, l. 4: sans les autres.--_Mss. A 20 à 22_: sans les archiers. Fº

259 vº.

P. 13, l. 4: vingt six.--_Mss. A 20 à 22_: trente six.

P. 13, l. 5: sept vingt.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14_: dix sept vingt. Fº

186.--_Mss. A 20 à 22_: sept mil.--_Ms. A 8_: six vingt.

P. 13, l. 5: banerès.--_Mss. A et B 4_: banières, bannières.

P. 13, l. 10: le mainnet.--_Ms. B 3_: le maistre. Fº 185 vº. _Les mss.

A 15 à 17 ne mentionnent pas le duc de Bourgogne_.

P. 13, l. 17: Talerans.--_Ms. B 3_: Galerans.

P. 13, l. 18: d’Urgel.--_Ms. B 3_: de Saint Angel.--_Mss. A 7, 18, 19,

23 à 33_: d’Argel.--_Mss. A 20 à 22_: d’Orgel.

P. 13, l. 32 et p. 14, l. 1: quoiteusement.--_Mss. A 8 à 9, 15 à 19,

23 à 33_: hastivement.--_Ms. B 3_: tout coyement. Fº 186.--_Ms. B 4_:

quoitousement. Fº 172.

§ =376.= P. 14, l. 10: Nouvelles.--_Ms. d’Amiens_: Quant li roys oy

cez nouvellez, si se doubta qu’il ne li escapassent, et se parti de

Loches et coummanda que touttes ses gens le sieuvissent. Si s’en vint

à le Haye en Tourainne et passa là le rivierre de Vianne, et quidoit,

seloncq ce que on l’avoit enfourmet, que li Englèz fussent devant lui,

et il estoient derière. Si chevaucha li roys ce jour mout avant, et

vint à Cauvegny et rapassa le rivierre, car on li dist que li Englès en

alloient viers le chité de Poitiers.

Che venredi que li roys Jehans passa au pont à Cauvegny, eut moult

grant presse à passer la dite rivierre, et le passèrent plus de

soixante mil hommes et otant de chevaux, et encorres en passa il assés

à Castieleraut. Dont il avint que, pour le grant presse d’ommes et

de chevaux, qui fu che venredi à passer au pont à Cauvegny, messires

Raoulx de Couchy, messires de Cauvegny, viscomtes de Bruesse, et li

comtez de Joni, cil troy seigneur et leurs gens demourèrent en le dite

ville de Cauvegny le venredi tout le jour; et le soir ensuivant et

le sammedi au matin il passèrent à leur aise. Quant il eurent passet

le dite rivierre et chevauchiet environ deux lieuwes, il regardèrent

sous costierre. Si perchurent une routte d’Englès, environ cent

compaignons; et là estoient doi chevalier de Haynnau, messires Ustasses

d’Aubrecicourt et messires Jehans de Gistellez, et ossi aucun baceler

d’Engleterre qui s’estoient queilliet et aroutet enssamble, pour yaux

aventurer et savoir se il ne poroient riens conquerir.

Quant cil baron de France, qui pooient estre bien deux cens armures de

fier, virent leurs ennemis, si en eurent grant joie, et dissent que

il les yroient veoir de plus priès. Si se missent en bon couvenant et

desvolepèrent lez bannierrez; et chevaucièrent, en escriant leur cri,

les grans galos dessus yaux. Li Englès, à che coummencement, ne les

vorent mies refuser, mès les rechuprent assés apertement. Là en y eult

à ceste jouste pluisseur porté à terre, qui à grant mescief furent

relevé.

Li Englès regardoient qui li Franchois estoient trop plus qu’il ne

fuissent; si eurent advis de reculer et qu’il se feroient cachier,

car li prinches et li grande host ne leur estoit point loing. Si

se partirent li bien monté qui avoient fleurs de courssiers, et li

seigneur de Franche apriès yaux, messire Raoux de Couchy et li autre,

qui ne veurent mies arester sus lez varlèz, mès sieuvir lez mestres.

Là furent cachiet messires Ustasses d’Aubrecicourt, messires Jehans de

Ghistellez et leur routte, l’un sus l’autre, jusquez à le bataille dou

prinche, et si avant que li bannierre monseigneur Raoul de Couchy s’en

vint combattre, et li chevalier ossi, desoubs le banière dou prinche.

Là eult grant hustin et dur, et croy bien que li chevalier de France

fuissent vollentiers recullet, s’il pewissent, car il n’avoient pas

le geu parti, mès il se missent si avant qu’il furent enclos et ne se

peurent retraire. Et là se combatirent il vassaument et hardiement

tant qu’il peurent durer; mais finaument il furent pris, li comtes de

Joni premièrement, li viscomtez de Bruese, messires Raoulx de Couchy

et aucun autre chevalier et escuier de leur routte, par lesquelx li

princes de Gallez et li seigneur englès et gascon seurent que li roys

de Franche les avoit adevanciés à tout si grant nombre de gens d’armes

que c’estoit merveillez à pensser. Fº 103 vº.

P. 14, l. 15: le Haie.--_Mss. A 11 à 14_: la Hallaie. Fº 171.

P. 14, l. 17: le joedi au soir.--_Les mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22

ajoutent_: quinzième jour de septembre l’an dessus dit mil trois cens

cinquante six. Fº 195 vº.

P. 14, l. 19: Chauvegni.--_Mss. A 7 et B 4_: Cauvegni.

P. 14, l. 19 et 20: uns biaus prés.--_Mss. A 7 à 9_: un biau pré.

P. 14, l. 20: venredi.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33_:

samedi. Fº 186.

P. 14, l. 25: soixante mil.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33_:

quarante mil.

P. 14, l. 29: savoient.--_Le ms. A 7 ajoute_: mie justement. Fº 175.

P. 14, l. 29 et p. 15, l. 1: savoir.--_Le ms. B 3 ajoute_: aucune

chose. Fº 186.

P. 15, l. 7: essil.--_Ms. B 3_: gast.--_Mss. A 15 à 29_: exil. Fº 180.

P. 15, l. 15 et 16: loist.... Joni.--_Mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22_:

c’est assavoir le conte d’Aucerre, le conte de Joingny, le seigneur de

Chasteillon sur Marne, souverain maistre de l’ostel du roy et pluseurs

autres chevaliers et escuiers de l’ostel du roy. Fº 196.--_Ms. B 6_: le

vicomte de Bruse, messire Raoul de Couchy, le sire de Chastillon. Fº

538.

P. 15, l. 15: Cram.--_Mss. A 1 à 7, 18, 19, 23 à 33_: Craon.

P. 15, l. 31: soixante armeures.--_Ms. B 6_: vingt lanches. Fº 538.

P. 15, l. 31: armures.--_Ms. B 3_: hommes armés. Fº 186.

P. 16, l. 2: deux.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19_: trois. Fº 171 vº.

P. 16, l. 3: Ghistellez.--_Les mss. A 11 à 14 ajoutent_: et messire

Guillaume de Brumiers.

P. 16, l. 7: deux cens armeures de fier.--_Ms. B 6_: trois cens

combatans.

P. 16, l. 12: esporons.--_Le ms. B 3 ajoute_: et allèrent droit à eulx.

Fº 186 vº.

P. 16, l. 15: ennemis.--_Les mss. A 8, 9, 15 à 17, 23 à 33 ajoutent_:

qui bien estoient deux cens ennemis de fer.--_Les mss. A 11 à 14, 18,

19 ajoutent_: qui bien estoient deux cens armeures de fer.--_Les mss. A

20 à 22 ajoutent_: où bien avoit deux cens armeures de fer. Fº 260 vº.

P. 16, l. 18: cacier.--_Les mss. A 11 à 14 ajoutent_: et monstreroient

les talons comme vilains.

P. 16, l. 22: hustin.--_Ms. B 3_: bruyt. Fº 186 vº.--_Mss. A 1 à 7, 11

à 14, 18, 19, 23 à 33_: noise.

P. 16, l. 26: ronsis.--_Ms. B 3_: buissons. Fº 186 vº.--_Ms. B 4_:

ronsses. Fº 172 vº.--_Mss. A 8, 9_: ronces.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14_:

buissons.--_Ms. A 7_: roussis. Fº 175 vº.--_Mss. A 15 à 17_: ronceis.

Fº 180 vº.--_Mss. A 20 à 29_: ronches.

P. 17, l. 3: toutesfois.--_Ms. A 29_: nonobstant sa defense et prouesse.

P. 17, l. 5: Bruese.--_Mss. B 4_: Bruesse. Fº 173.--_Ms. B 3_: Brosse.

Fº 186 vº.--_Mss. A 23 à 33_: Breuse. Fº 202 vº.

P. 17, l. 5: sires.--_Ms. B 4_: et li sires.--_Mss. A 20 à 22_: le sire.

P. 17, l. 7 à 9: que.... penser.--_Ms. A 29_: tout le convigne de

l’ost des François et comment et que pour chose quelconque le roy de

France et ses gens ne laisseroient que le prince et son ost ne fussent

rencontrés et combatus au plus tost et le plus brief que faire se

pourroit.

P. 17, l. 8 et 9: à tout.... penser.--_Mss. A 23 à 33_: et que

nullement il ne pourroient partir du pais sans estre combatus. Fº 201

vº.

P. 17, l. 8 et 9: li rois.... penser.--_Ms. B 6_: que le roy et sa

poissanche estoient devant yaulx et non derrière. Fº 539.

§ =377=. P. 17, l. 10: Quant.--_Ms. d’Amiens_: Quant li princes de

Gallez et ses conssaux eurent entendu que ly rois Jehans et ses

bataillez estoient devant yaux et avoient ce venredi passet au pont

à Cauvegny, et que nullement il ne pooient partir du pays sans estre

combatu, si se recueillièrent et rassamblèrent che samedi sour les

camps. Et fu adonc coummandé de par le prinche que nulx, sus le teste,

ne courust ne ne chevauçast devant les bannierrez des marescaux, s’il

n’y estoit envoiiéz. Puis chevaucièrent ce samedi, de l’eure de primme

jusquez à heure de vespres, qu’il vinrent à deux petitez lieuwez de

Poitiers, en moult forte place, entre haies et vingnes et montaingnes

de l’un des costés. Sy ymaginèrent li marescal le fort lieu et le

place, et demandèrent au prinche quel cose il volloit faire. Cil

respondi que c’estoit sen entente de là arester et atendre ses ennemis

qui le queroient, et ossi l’aventure, ou non de Dieu et de saint Gorge.

Dont se logièrent li Englès en celle meisme plache, que on dist ou pays

_les Plains de Maupertuis_. Et se fortefiièrent sagement et vistement

de ces haiez espineuses, drues et fortes, et missent ce qu’il avoient

de charroy derierre yaulx; et fissent devant yaux pluisseurs fossés,

affin que on ne lez pewist soudainnement aprochier à cheval sans grant

dammaige. Si furent adonc envoiiet de par les marescaux environ deux

cens compaignons très bien montés, courir pour descouvrir le pays et

savoir où li Franchois estoient. Si chevaucièrent chil coureur bien

priès de Poitiers et tant c’as fourbours de le cité.

Et devoit li roys de Franche, ce propre soir, venir gesir à Poitiers,

et ne savoit adonc de certain nul convenant des Englès ne où il se

tenoient; mès les nouvelles li vinrent qu’il estoient derierre lui.

Adonc se retourna li roys tout à ung fès et fist retraire toutte son

host, et s’en vint logier entre le chité de Poitiers et les Englès, et

estoit jà bien tart quant il furent tout logiet.

Si eut li roys grant joie, quant il se senti si priès de ses ennemis,

et quant il perchut qu’il estoit en tel parti qu’il ne li pooient

escapper ne fuir, qu’il ne fuissent combatu. Ceste nuit, fu li host

bien escargaitie des deux marescaux de Franche, monseigneur Jehan de

Clermont et monseigneur Ernoul d’Audrehen, à cinq cens hommes d’armes,

et passèrent le nuit sans dammaige. Fºs 103 vº et 104.

P. 17, l. 10: ses consaulz.--_Mss. B 3, A 8, 9_: son conseil. Fº 186

vº.--_Mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18 à 22_: ses gens. Fº 187.

P. 17, l. 24: Aymenions.--_Ms. B 3_: Aymon.--_Mss. A 1 à 6_:

Aymenon.--_Mss. A 8, 9_: Aymenon.

P. 17, l. 24: Bietremieus.--_Ms. B 3_: Bartolemy.--_Mss. A 1 à 7, 11 à

14, 23 à 33_: Berthelemy.--_Mss. A 18, 19_: Barthelmieu. Fº 192.--_Mss.

A 8, 9_: Bretremieu.--_Mss. A 20 à 22_: Bertremieu. Fº 261.

P. 17, l. 29: et cogneurent.--_Ces mots manquent dans B 4, A 7 à 9, 18

à 33_.

P. 18, l. 2 et 3: abstenir.--_Ms. B 3_: tenir.

P. 18, l. 4: François.--_Le ms. B 6 ajoute_: qui commenchoient entrer à

Poitiers et s’i devoient logier pour celle nuit. Fº 540.

P. 18, l. 9: entendi.--_Ms. B 3_: sceut.--_Les mss. B 3, 4, A 7 à 9, 15

à 17 ajoutent_: la verité.

P. 18, l. 13: logier.--_Le ms. B 6 ajoute_: environ une grose lieue de

Poitiers. Fº 540.

P. 18, l. 20: combaterons.--_Ms. A 29_: pourrons combatre.

P. 18, l. 20: avantage.--_Les mss. A 23 à 29 ajoutent_: et prouffit. Fº

203.

P. 18, l. 20: ceste nuit.--_Ms. B 6_: très l’eure de midy.

P. 18, l. 22: vignes.--_Le ms. B 6 ajoute_: et fort pais malement, et

ne povoit on de nul costé legierement venir à yaulx.

P. 18, l. 23: escargaitie.--_Mss. A 8, 9_: esguetté.--_Ms. B 3_:

guetté. Fº 187.

§ =378=. P. 18, l. 24: Quant.--_Ms. d’Amiens_: Quant ce vint le

diemenche au matin, li roys Jehans de Franche, qui grant vollenté

avoit de combattre lez Englès, fist chanter messe devant lui moult

solempnement. Et là estoient si quatre fils, messires Carles, messires

Loeys, messires Jehans et messires Phelippes, et li dus d’Orliens ses

frères, li dus de Bourbon, li dus d’Athènes, connestablez de Franche,

et grant fuison de comtes, de barons et de toute bonne chevalerie.

Apriès les messes qui furent dittez en l’ost de Franche, li roys

s’arma. Et si s’armèrent touttes gens, et se traissent sus les camps

et ordounnèrent leurs batailles. Si en fissent jusquez à quatre parmy

celi des marescals.

Endementroes que li connestablez de France entendoit à l’ordounner,

li roys Jehans appella quatre de ses chevaliers en qui il avoit moult

grant fianche et bons chevaliers as armes durement, monseigneur Ustasse

de Ribeumont, monseigneur Joffroy de Chargny, monseigneur Guichart de

Biaugeu et monseigneur le Baudrain de le Huesse; et leur dist qu’il

chevauçaissent deviers les Englès et avisassent leur aroy et en quel

couvenant il se tenoient et de quel costé on les poroit assaillir,

pour avoir ent l’avantaige. Chil quatre chevalier se partirent,

chacun montés sus fleur de courssier et les bachinès en le teste. Si

chevauchièrent si avant qu’il perçurent et congnurent assés clerement

lez arrois des Englès, et en apportèrent au roy toutte le verité et

coumment il estoient, si comme je vous diray, car li roys les oy

vollentiers. Fº 104.

P. 18, l. 26: messe.--_Le ms. B 6 ajoute_: il but ung cop. Fº 540.

P. 18, l. 27: se acumenia.--_Ms. B 3_: commenia. Fº 187.--_Mss. A 1

à 6_: se escommicha. Fº 187 vº.--_Mss. A 8, 9_: s’escommicha. Fº 196

vº.--_Mss. A 11 à 14_: se escommincha. Fº 172.--_Mss. A 15 à 17, 30

à 33_: se acommicha. Fº 181.--_Mss. A 18, 19_: se escomminga. Fº 192

vº.--_Mss. A 20 à 22_: se acommunia. Fº 261 vº.--_Mss. A 23 à 29_: se

acommenia. Fº 203.

P. 18, l. 28: messe.--_Ms. B 6_: Et puis montèrent à cheval, tout armé,

horsmis leur haumes.

P. 19, l. 2: Sallebruce.--_Mss. A 8, 9_: Sarrebruche.--_Mss. A 20 à

22_: Sallebruge.

P. 19, l. 3: Mont Ventadour.--_Mss. B 3, A 1 à 6, 11 à 14, 15 à 19, 23

à 29_: Ventadour.--_Mss. A 30 à 33_: Vandour. Fº 209.

P. 19, l. 4: tenures.--_Mss. B 3, A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22_: terres.

P. 20, l. 4 et 5: à.... pennons.--_Ms. B 6_: où bien avoit mille

chevaliers. Fº 545.

P. 20, l. 7: France.--_Ms. B 6_: où bien estoient quinze cens

chevaliers.

P. 20, l. 10: Entrues.--_Mss. A 8, 9_: Entrementes.

P. 20, l. 13 et 14: et monsigneur Guiçart d’Angle.--_Les mss. A 1 à 7,

11 à 14, 18, 19, 23 à 33 omettent ces mots._

P. 20, l. 18: li quatre.--_Mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33_: les

trois.

P. 20, l. 21: une partie de.--_Ms. A 29_: tout.

P. 20, l. 23: blanc.--_Mss. A 7 à 9, 23 à 33_: grant blanc. Fº 176 vº.

P. 21, l. 4: Tout.... volentiers.--_Mss. A 1 à 9, 11 à 14, 18, 19, 23

à 33_: Tout ce verrons nous voulentiers. Fº 188.--_Mss. A 20 à 22_: Ce

verrons nous très voulentiers. Fº 262.--Le ms. B 3 ajoute: au plaisir

et à l’aide de Dieu. Fº 187 vº.

§ =379=. P. 21, l. 5: En ces parolles.--_Ms. d’Amiens_: Li quattre

chevalier dessus noummés dissent enssi au roy qu’il avoient veu lez

Englès et pooient y estre environ douze mil hommez: troy mil hommez

d’armes, cinq mil archiers et quattre mil bidaus à piet, car tout

les avoient vew entrer en leur ordounnanche et mettre en conroy de

bataille, et avoient pris le lonch d’une haye et mis les archiers d’un

lés et de l’autre. Et n’avoit en toutte celle haye qu’une seulle entrée

où quatre hommez d’armes poroient chevauchier de froncq; et estoit

ceste entrée trop bien gardée d’archiers et de gens à piet. Apriès

se tenoient ou fons de ce chemin les gens d’armes en bon couvenant,

deux hayes d’archiers devant yaux, à mannière d’une herce; et estoient

tout à piet, lez cevaux derierre yaux. Et ne pooit on aller ne venir à

yaux de nul lés, fors par le chemin dont il estoient fortefiiet de le

haye, et avoient l’avantaige d’une petite montaingne dessus quoy leurs

chevaux et leur aroy estoient. A l’autre lés, sus senestre, avoit ung

petit plain, mès il l’avoient fortefiiet de fossés et de leur charroy,

et ne leur pooit on porter nul dammaige de ce costet. Adonc s’aresta li

roys et demanda as dessus dis chevaliers de quel part il conssilloient

à assaillir les Englès. Il regardèrent tout l’un l’autre et ne se

volloient mies avanchier de respondre, car il leur sambloit que li roys

les cargoit d’une grosse demande. Si se teurent une espasse, mès li

roys reprist le parolle et requist à monseigneur Ustasse de Ribeumont

que, sans delay, il en desist sen entente. Dont parla messires Ustasses

et dist que li Englès estoient en forte place mallement: «Se couvenra

des nostres prendre trois cens hommez par election, preux chevaliers,

hardis et alosés durement et chacun bien armés et bien montéz sus fleur

de courssiers, et chevauchier radement sans yaux ne leurs chevaux

espargnier, et de ces trois cens fendre et ouvrir et desrompre les

archiers d’Engleterre, et puis nos bataillez, qui sont grandez et

grosses et bien estoffées de bonnes gens d’armes, sievir vistement

et tout à piet, car il y a tant de vignes que cheval ne s’i poroient

avoir.»--«C’est li plus grans avantaigez que g’i say, par l’ame de mon

père! che respondi li roys de Franche. Messire Ustasse, vous en parlés

moult à point et très meurement, et il sera fait si comme vous l’avez

dit et deviset, ne jà n’ysterons de vostre ordounnanche.»

Dont furent là esleu et advisé trois cens hommez, chevaliers et

escuiers, par advis les plus preux et plus bachelereux de tout l’ost;

et les devoient li connestablez de Franche et li doy marescal conduire

et gouvrenner. Là ne fu mies misse en oubli fleur de chevalerie,

premierement messires Jehans de Cleremont, messires Ernoulz d’Audrehen,

messires Ustasses de Ribeumont, messires Jehans de Landas, messires

Robiers de Duras, messires Guillaummes, comtes de Douglas, d’Escoce,

et messires Archebaus Douglas, ses cousins germains, messires Guichars

de Biaugeu, messires Guillaummes de Nyelle, messires Guillaummes de

Montagut, d’Auviergne, li sirez de Pons en Poito, li sirez de Partenay,

messires Guichars d’Angle, li Archeprestrez, armés sus un courssier

couvert des parures le joene comte Pière d’Alençon, le seigneur de

Castielvilain, le seigneur de Grantsi, le visconte de Thouars, le

Baudrain de le Huesse, monseigneur Grimouton de Cambli, le seigneur

d’Espineuse, le Borgne de Rouvroi, messires Rabache de Hangiers, le

seigneur de Cramelles, messires Anthonne de Kodun, messires Hues de

Barbenchon pour le jonne comte de Blois, le seigneur de Saint Sauflieu,

le seigneur de Basentin et pluisseurs autres que je ne puis ou ne say

mies tout noummer; mès li nombrez de trois cens fu tous emplis, et se

monstrèrent tout pardevant les marescaux. Encorres estoient ordounné

avoecq yaux et en celle premierre bataille, une grosse routte de

chevaliers d’Allemaingne, où li comtes de Salebruche, li comtes Jehans

de Nasço, li comtes de Nido et pluisseurs autres estoient tout armé et

bien monté et en très bon couvenant. Si s’aprochièrent des Englès, et

entroes s’ordonnèrent les trois autres batailles.

La premierre bataille, apriès ceste dez marescaux, avoit li dus

de Normendie, ainnés filx dou roy Jehan; et avoit avoecq lui bien

trois mil hommes d’armes, chevaliers et escuiers, et neuf mil hommes

d’autrez gens, tous as armes. Et estoient au frain dou jone duc de

Normandie, pour lui gouvrenner et conssillier, li sires de Saint Venant

et messires Thummas de Vodenay, bourgignon, et s’arme de geullez à

trois tourtiaux d’or. Là avoit en celle bataille grant fuison de bonne

chevalerie. En le seconde bataille apriès, estoit li dus d’Orliens,

frèrez au roy de France, et avoit une grosse routte de gens d’armes,

et pooient estre bien quinze mil hommes, uns c’autrez. Apriès, estoit

la grosse bataille dou roy de Franche, où il avoit grant fuisson

de comtez, de barons et de chevaliers. Et estoit li roys armés lui

vingtime d’unes parurez; et portoit sa souverainne bannierre chils bons

chevaliers messires Joffroy de Chargny. Fº 104.

P. 21, l. 7: li quatre.--_Mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33_: les

trois.

P. 21, l. 12 et 13: quèles de vos nouvelles.--_Mss. A 8, 9_: quelles

nouvelles.

P. 21, l. 27: qu’il.... bataille.--_Mss. A 8, 9_: qu’ilz aient que une

bataille.

P. 22, l. 2: vesti.--_Mss. A 8, 9_: vestue.

P. 23, l. 5: rades.--_Mss. A 8, 9_: roides.

P. 23, l. 10: les.--_Ms. A 29_: la bataille des.

P. 23, l. 12 à 23: Là estoit.... d’Alençon.--_Ms. B 6_: Là estoit

toute la fleur de chevallerie de Franche. Là y eult noble et grande

ordonnanche entre les royaulx; car le roy de Franche fist armer luy

vintième de toutes ses plainnes armes de Franche, en manière que on

ne seut à dire lequel estoit le roy, qui bien ne le congnoisoit. Et

pour che que le conte d’Alenchon estoit lors ung jouene filz, li

Archeprestres fu armés à cheval couvers pour luy. Fº 545.

P. 23, l. 13: en ses parures.--_Mss. B 3, A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19, 30

à 33_: en ses paremens.--_Mss. A 15 à 17, 20 à 22_: de ses paremens. Fº

263.

P. 23, l. 22 et 23: ens ès armeures.--_Ms. B 3_: des armeures plaines.

Fº 188.--_Ms. B 4_: ens ès armes. Fº 174.--_Mss. A 8, 9, 15 à 17,

20 à 22_: des armeures. Fº 198.--_Mss. A 11 à 14_: ès armeures. Fº

173.--_Mss. A 23 à 33_: ès armes. Fº 204 vº.

§ =380=. P. 23, l. 24: Quant.--_Ms. d’Amiens_: C’estoit une biauté de

veoir bannierrez, pignons, blazons et cez clerrez armurez reflamboiier

au soleil. Si estoit li roys de Franche montés sour ung blancq

courssier et tenoit ung blancq baston, et chevauchoit de bataille en

bataille, et prioit et amonestoit ses gens de bien faire, et leur

disoit par tel langage: «Biau seigneur, quant vous estes à Paris,

à Rains, à Chartres ou à Laon, vous manechiés les Englès, et vous

souhediés le teste armée devant yaux; or y estez vous. Je les vous

moustre: si vous voeille souvenir de vos mautalens et moustrer le

haynne que vous avés sour yaux, et contrevengier les dammaiges et

lez despis qu’il vous ont fès; car je vous proummès que nous lez

combaterons, et Dieux nous soit en aye!» Ensi reconfortoit li roys

Jehans ses gens; et tout chil qui le veoient et ooient, y entendoient

vollentiers.

Si estoit adonc messires Ustasses de Ribeumont, chilz vaillans

chevaliers, mout prochains dou roy, et seoit sour ung courssier fort et

delivre; et estoit armés de touttez pièces, et entendoit as bataillez

ordounner de par le roy. Et ossi à le fois il chevauchoit vers les

Englèz, pour veoir et aprendre de leur couvenant, et puis si s’en

revenoit deviers le roy. Et li roys li demandoit: «Messire Ustasse, que

vous samble il de nostre affaire?» Et li chevaliers l’en respondoit

mout joyeusement: «Certes, sire, très bien, au plaisir de Dieu; nous

arons hui une belle journée sour nos ennemis.»

Or devés vous savoir, entroes que ces batailles s’ordounoient, tant li

Franchois comme li Englèz, et que chacuns entendoit à se besoingne,

vinrent deviers le roy de Franche doy cardinal, loist assavoir messires

Tallerans, cardinaulx de Pieregort, et messires Nicoles, cardinaulx

d’Urgel. Si priièrent moult affectueusement, en nom de pité et

d’umelité, au roy Jehan, que il volsist mettre ce jour en souffrance et

entendre à aucune belle pais, pour lui et son royaumme [delivrer] de

ses ennemis. Li roys de Franche à le priière des cardinaux descendi,

mès ce fu à dur et moult longement; car il lez volloit combattre, et li

sien en estoient en grant vollenté, si comme il disoient et moustroient.

Quant li cardinal dessus noummet eurent amené le roy de France ad ce

que chilz jours estoit mis en souffranche de respit, si s’en vinrent

deviers le prinche et li comptèrent ce qu’il avoient impetret à grant

meschief, et li priièrent que il volsist entendre et descendre à

tretié d’acort, à quel meschief que ce fust, car il estoit en un mout

dur parti. Li prinches y entendi vollentiers, car il et ses conssaux

se veoient enclos ou fort dou royaumme. Et se doubtèrent de premiers

li Englès et li Gascon, que li Franchois ne les tenissent là ainsi

que pour assegiéz sans combattre; c’estoit li ordounnanche qu’il

resongnoient le plus. Si furent tretiet et proposet par cez cardinaux,

qui allèrent ce dimmence de l’un à l’autre, pluisseur tretié d’acort

ou de pès, et missent pluiseurs parchons avant; mès nulle n’en peut

venir à effet, car li roys de Franche et ses conssaux, qui tenoient les

Englès pour assegiéz, ne s’i volloient acorder ne assentir nullement,

se li prinches et tout chil qui avoecq lui estoient, ne se rendoient

simplement au roy et à se volenté. Laquelle cose li Englès et li

Gascon n’ewissent jammais fait; bien offroient au roy de France, si

comme jou oy depuis recorder, que li princez ewist rendu tous les

prisonniers qu’il avoit pris en ce voiaige, villes et castiaux ossi, et

se astenroit de lui armer sept ans contre le royaumme de Franche: ceste

offre ne vot mies li roys de France acepter. Fº 104 rº et vº.

P. 23, l. 27 et p. 24, l. 2: on fist.... piés.--_Ms. B 6_: Le roi de

Franche commanda, ou nom de Dieu et de saint Denis, à apparlier, et

fist copper à chacun les poulanes de leurs sollers ou des housiauls, et

retaillier sa lance à le longeur de cinq piés. Fºs 545 et 546.

P. 24, l. 5: et fu.--_Mss. A 8, 9_: car elle sembla.

P. 24, l. 8: evous.... qui vient.--_Mss. A 8, 9_: vint.

P. 24, l. 11: jointes.--_Ms. B 6_: en genoulant. Fº 542.

P. 24, l. 11 et 12: pour si hault homme.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18,

19_: pour si hault seigneur.--_Ms. B 3_: pour l’onneur de Dieu. Fº

188.--_Mss. A 23 à 33_: pour Dieu. Fº 204 vº.

P. 24, l. 12: astenir.--_Mss. A 8, 9_: abstenir.

P. 24, l. 12 et 13: afrener.--_Mss. A 20 à 22_: reffrener. Fº 263.

P. 24, l. 30: quoiteusement.--_Mss. A 8, 9_: hastivement.

P. 24, l. 31: prince.--_Ms. B 6_: qu’il trouva, comme il me fu dit,

assés tretable. Fº 542.

P. 25, l. 6: le poissance.--_Ms. B 3_: la grande puissance.--_Ms. A

29_: le povoir de la grant chevalerie.

P. 25, l. 14: gens.--_Le ms. A 29 ajoute_: et tant de noble chevalerie.

P. 25, l. 24: fuir.--_Les mss. A 8, 9 ajoutent_: ne eschaper.

P. 25, l. 27: busiier.--_Ms. B 4_: busier. Fº 174 vº.--_Mss. A 1 à 7,

11 à 14, 18, 19_: penser.--_Mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22_: muser. Fº

198 vº.

P. 26, l. 11: samis.--_Ms. B 3_: sandal. Fº 188 vº.--_Ce mot manque

dans A 20 à 33._

P. 26, l. 11: cointe.--_Mss. A 7, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33_: jolis.

P. 26, l. 15: grant.--_Ms. A 29_: prochain.

P. 26, l. 17: travilla.--_Mss. A 8, 9_: travailla.

P. 26, l. 19 à 25: mès.... avant.--_Ms. B 6_: mais onques il n’y peult

amolier le cuer du roy de Franche, car nullement il ne volloit oïr

parler de pais; car messire Ustasse de Ribemont, qui moult estoit en le

grace du roy de Franche, brisoit tous les traitiés, sitost qu’il avoit

loisir de parler au roy. Fº 543.

P. 26, l. 24: pareçons.--_Mss. A 8, 9_: paroles.

P. 27, l. 1: entiers.--_Le ms. B 6 ajoute_: ne nulz de chieulx qui là

estoient. Fº 542.

§ =381=. P. 27, l. 8: Endementrues.--_Ms. d’Amiens_: Endementroes

que chil doy cardinal alloient de l’un à l’autre, et que souffranche

estoit des deux hos, avoit aucuns chevaliers entre les Englès, jonnes

et amoureus, qui s’avanchoient de chevauchier avant pour veoir le

couvenant des Franchois et le grant plenté des belles gens d’armes qui

là estoient.

Dont il avint que messires Jehans Camdos et messires Jehans de

Cleremont, marescaux de France, se trouvèrent sur les champs où

il chevauchoient de l’un à l’autre. Et portoit chacuns une meysme

devise, sus son senestre bras, desus ses parures: c’estoit ouvré de

broudure, une bleue damme, en un ray d’un soleil, bien perlée et bien

arrée. Quant il se furent trouvé d’avanture, il se coummencièrent à

ramprounner.

Et demanda li marescaux de Franche à monseigneur Jehan Camdos depuis

quel tierme il avoit porté et enchargiet sa devise. Li chevaliers

englès li respondi que de ce n’avoit il que faire de savoir, et que

la devise pooit ossi bien estre sienne que à nul autre. Dont li dist

messires Jehans de Cleremont: «Camdos, Camdos, che sont bien des

ponnées de vos Englès; il sèvent à leur hounneur faire peu de cose de

nouviel. La devise est mienne et devant vous l’encargai; et, se demain

je le vous voy porter, je le vous calengeray.»--«Sire, ce respondi

messires Jehans Cambdos, et à mon pooir je le deffenderay.» Ensi et par

yrour se departi li uns de l’autre, sans plus riens faire ne dire. Fºs

104 vº et 105.

P. 27, l. 8: Endementrues.--_Mss. A 8, 9_: Entrementes.

P. 27, l. 22: frichement.--_Mss. A 8, 9_: friquement.

P. 27, l. 24: place.--_Mss. A 8, 9_: plaise.

P. 27, l. 28: est.--_Mss. A 8, 9_: estoit.

P. 27, l. 29 et 30: li plus honnourée gent.--_Mss. A 8, 9_: les plus

honnourez gens.

P. 27, l. 31 et p. 29, l. 5: Tout.... estat.--_Ms. B 6_: Et ot le roy

conseil sur les camps à ses marisaulx, monseigneur Jehan de Clermont

et monseigneur Ernoul d’Audrehen, comment il se mente[n]roient. Sy

furent envoié les deus marisaulx par le commandement du roy, et che

pour aviser le conduite des Englès ne coument on les pouroit combatre,

car le roy de Franche promettoit qu’il les combateroit, et toutes ses

gens en estoient en grant desir. Sy chevauchèrent les dis marisaulx

sy avant, l’uns à destre, ly aultre à senestre, que il ymaginèrent et

avisèrent assés le conduite des Englès.

Ensy qu’il s’en retournoient, par especial le marisal de Clermont s’en

retournoit sur ung bay coursier que le roy de France luy avoit donnet

à che matin, il encontra en son chemin monseigneur Jehan Camdos. Là

eult grandes parolles entre yaulx: je vous diray pour quelle raison.

Le marisal de Clermont portoit par devise en sa manche une bleuwe

dame, ouvrée de broudure. Et ossy faisoit monseigneur Jehan Camdos

qui s’aresta de travers sur les camps, en luy demandant et disant:

«Marisaulx, marisaulx, qui vous fait porter ma devise? Se je vous

trouvoie en bataille, je le vous calengeroie.»--«Camdos, Camdos, dist

messire Jehan de Clermont, et à mon povoir je le deffendroie. Et pour

coy, biau sire, ne pui ge ossy bien porter une blewe dame comme vous:

je l’ay porté devant vous et porteray.» Lors respondy messire Jehan

Camdos et dist: «De par Dieu, Clermont, Clermont, che n’est pas verité,

et le vous mousteray, se nous nous combatons. Et se les perchons se

font aultrement que nous partons sans combatre, je le vous callengeray

et prouveray de mon corps contre le vostre que la devise doit miène

iestre mieulx que vostre.» Sur chel estat, par grant felonnie et

mautalent, il departirent ly ungs de l’autre, et retourna chacun devers

sa partie pour faire relacion de che qu’il avoient trouvé. Fºs 541 et

542.

P. 28, l. 6: felenesces.--_Mss. A 8, 9_: felonnesses.

P. 28, l. 9: blewe.--_Mss. A 8, 9_: bleue.

P. 28, l. 10: ou ray d’un soleil.--_Mss. B 3, A 11 à 14_: au ray du

soleil. Fº 189.--_Mss. A 8, 9_: ou rays de soleil. Fº 199.

P. 28, l. 10 et 11: sus le senestre brach.--_Ces mots manquent dans les

mss. A._

P. 28, l. 11 et 12: leur deseurain vestement.--_Mss. A 1 à 9, 11 à 14,

18, 19, 23 à 33_: leurs plus haulx vestemens. Fº 190.

P. 28, l. 20: Je le vous devee.--_Ms. B 3_: il n’est pas vray. Fº 189.

P. 28, l. 20: devée.--_Ms. B 4_: denie. Fº 175.--_Mss. A 7 à 9, 11 à

33_: nye. Fº 178 vº.

P. 29, l. 1: des posnées de vos Englès.--_Ms. B 3_: des façons de

vous autres Anglois.--_Mss. A 1 à 6, 18, 19_: des parolles de vous

Anglois.--_Mss. A 8, 9_: des pompes de vous Anglois. Fº 199.--_Mss. A

11 à 14_: des paroles d’entre vous Anglois. Fº 174.--_Mss. A 15 à 17_:

des ponnées d’entre vous Anglois. Fº 183 vº.--_Mss. A 20 à 22_: les

pompes d’entre vous Anglois. Fº 264 vº.--_Mss. A 23 à 29_: les paroles

de voz Anglois. Fº 205 vº.--_Mss. A 7, 30 à 33_: des parolles de voz

Engloys. Fº 178 vº.

P. 29, l. 2: mès.--_Le ms. B 3 ajoute_: tout.--_Les mss. A 11 à 14

ajoutent_: fors.

§ =382=. P. 29, l. 6: Vous avés.--_Ms. d’Amiens_: Et toudis alloient

li cardinal de l’un à l’autre, qui riens ne faisoient. Quant ce vint

au soir, il se retraissent à Poitiers, et li Englès et li Franchois

demorèrent sus lez camps, tous rengiés l’un devant l’autre.

Quant ce vint le lundy au matin, on dist pluisseurs messes en touttes

les deux hos, et s’acumenia qui acumeniier se volt. Apriès les messes,

chacuns se remist en se bataille et desoubz se bannierre, ensi que le

dimenche il avoient esté ordounnet.

Encorres revinrent li doy cardinal et veurent coummenchier à traitier

pour brisier celle journée: mès il despleut à aucuns chevaliers de

Franche, et leur dissent que, se il aloient ne venoient plus, il leur

en mescheroit. Si se retraissent li doy cardinal à Poitiers sour ceste

parolle. Fº 105.

P. 29, l. 11: à cief.--_Mss. A 7 à 9_: à chief. Fº 179.

P. 29, l. 11: et fu tout bas vespres.--_Mss. A 8, 9_: et furent basses

vespres.

Chroniques de J. Froissart, tome 05/13 · 第 21 / 50 题