Dans le train

Quelques notes griffonnées pour clore ce journal.

Promenade matinale. Nous suivons des rues aux noms évocateurs. Nous

pénétrons dans la rue Cour-de-Gand à la recherche de vieilles maisons

intéressantes. Et voilà que, soudain, nous nous trouvons devant celle

qui porte -- indûment, paraît-il -- le nom de "Maison de Memling".

-- Oh! ai-je dit, quelle belle vieille chose! J'aurais regretté de ne

pas voir cette maison...

Mais cette réplique est arrivée sur moi, vite, comme si elle

s'échappait:

-- Elle est historique... Fabrice de mauve y a fait des achats...

-- Comment le savez-vous?

-- Vous me l'avez dit vous-même, à Vichy, en me racontant que de Mauve

vous avait beaucoup parlé de Bruges... et que votre rêve était d'y

aller un jour... -- Vous avez bonne mémoire... ai-je murmuré.

C'était méchant de m'avoir parlé de Fabrice de Mauve!... Kerjean l'a

compris. Il s'est approché de moi doucement et a passé son bras sous le

mien.

...Je n'aime plus Bruges... Oh! Fabrice, pourquoi me l'aviez-vous fait

aimer?

Le train court dans la nuit. Depuis qu'installés en tête à tête dans un

wagon où la complaisance rémunérée du chef de train nous défend des

intrus, nous roulons vers Paris, je retrouve mon grand ami Kerjean. Il

a son bon visage souriant... du temps où il n'était pas encore

Guillaume.

Adieu! Bruges... sans regrets!

La passagère · 第 25 / 50 题