de la parfaicte et loyalle amitié que, devant Dieu et les hommes,
ilz se sont sainctement et fort solemnellement jurée l'un à
l'autre, que, comme il a eu, et a, et ne veult cesser d'avoir,
durant tout son règne, ung singulier respect à tout ce qui pourra
en quelque sorte concerner Sa Majesté et tous les poinctz de leur
mutuelle ligue et le repos de son royaulme, qu'il luy plaise, de
son costé, avoir le mesmes esgard vers luy; et que, sans
s'arrester aux persuasions des gens passionnez, ny aux inventions
controuvées pour luy engendrer des scrupules et deffiances dans le
cueur, elle veuille persévérer ez bons termes de la vraye et
inthime amitié qui est commancée entre eux, comme, de sa part, il
y demeurera immuable à jamais, et qu'elle vueille passer oultre à
l'aultre unyon qui s'en fera indissoluble par ceste plus estroicte
alliance, laquelle luy et la Royne, sa mère, et tous ceux de leur
couronne persistent de desirer plus instamment que jamays, et y
ont plus d'affection qu'à chose qui soit aujourdhuy au monde.
_Réponse._--Sur le 6e, qu'ayant le comte de Montgommery escript à
Sa Majesté, dez le commancement, bien au long, son infortune et
callamité, et prié de permettre qu'il vînt devers elle, Sa dicte
Majesté le luy auroit reffuzé, et qu'estant cejourduy venu le dict
comte en ceste dicte ville, il ne sçayt pourquoy ni à quelles
fins;--Et pour le regard de ces capitaynes françoys, qui ont
équipé en guerre quelques vaysseaulx par deçà, que Sa Majesté n'en
a rien sceu, et que icelluy milord de Bourgley prie Monsieur
l'Ambassadeur de luy nommer tant les dicts capitaines que les
portz et hâvres où ilz se sont équipez, pour en fère fère telle
poursuyte et punition contre les gardiens et aultres qui auroient
baillé faveur ou permission de ce fère que le dict Sieur
Ambassadeur en sera contant.--En ce qui concerne l'aultre unyon,
que Sa Majesté entend du mariage, qu'elle a naguières receu
lettres, et le dict Sr Bourgley aussi, de Mr de Walsingam, par
lesquelles il mande que, en une audience qu'il a eu de la Royne
Mère, parlant de ce faict, et expressément de l'entreveue, il a
trouvé la dicte Dame si réfroydie sur ce point qu'il luy semble le
faict estre à n'en plus parler.
_Art._ 7. Qu'il est très marry qu'on ayt rapporté aux seigneurs du
conseil d'Angleterre qu'il ayt commandé faire ny le massacre de
Rouan ny les aultres qui ont suivy depuis ez aultres lieux; car
c'est la plus grande imposture et la plus faulce calomnye qui ayt
esté jamais mise sus à nul prince, ayant au contraire, par
plusieurs foys, escript à ses lieutenantz et gouverneurs et
nommément au Sr de Carouges à Rouan, qu'ilz eussent à prendre très
soigneusement garde que ces désordres n'advînsent; lesquelz l'on
craignoit assez, veu l'insolence d'aucunes meschantes personnes
qui avoient le cueur au sang et au pillage, et qui n'ont espargné
les biens des Catholicques non plus que des Huguenotz; et que
Dieu, devant lequel il chemyne, luy est tesmoing qu'il a ung
mortel regret que pas ung de ceulx qui n'avoient intelligence avec
les chefz de la conspiration ayent souffert, et que bientost l'on
onyra parler de la punition exemplaire qui sera faicte à Rouan et
aultres lieux contre les autheurs de ces violances.
_Réponse._--Sur le 7e que Sa Majesté s'en remect au Roy.
_Art._ 8. Que, au regard de ce que Mr le cardinal de Lorrayne a
faict inscripre à Romme sur la porte de l'hostel Sainct
Louys[142], ce n'est chose où l'on doibve avoir esgard, car l'on
sçayt assez que ce n'est ny du sceu ny du commandement du Roy, qui
n'a accoustumé de négocier ses affaires au dict lieu que par son
ambassadeur.
[142] Voyez le texte de cette pièce, ci-dessus, page 341.
_Réponse._--Sur le 8e, que Sa Majesté trouve ceste responce fort
froyde, toutesfoys qu'elle la reçoit, puisqu'elle vient du Roy; et
qu'elle ne peult croyre qu'estant le dict Sr cardinal de Lorrayne
le premier éclésiastique, premier du conseil du Roy, et premier de
la noblesse de France, qu'il ayt tant présumé de soy que d'ozer
rien faire publier à Rome sans le sceu et commandement du Roy.
_Art._ 9. Et quant aux françoys qui ont passé en ce royaulme,
lesquelz monstrent s'y estre retirez pour cause de leur religion,
qu'il desire qu'ilz s'en retournent paisibles en leurs maisons, et
qu'ilz y seront bien traictez, et que, sur son honneur et sur la
foy et vérité qu'il doibt à Dieu, il ne le leur sera faict aucun
tort ny desplaisir.
_Réponse._--Sur le 9e, que Sa Majesté desire infinyement qu'ilz
s'en retournent en leurs maysons et qu'ilz rendent toute
obéyssance au Roy; mais que, de les y contraindre, elle s'en
sentiroit grandement chargée en sa conscience, si ilz y avoient
mal, et en penseroit estre cause; mais qu'elle gardera bien que
eulx ny aultres, quelz qui soyent, ny attempteront ny pratiqueront
rien contre le Roy et son honneur, ny de faict ny de parolle.
_Art._ 10. Qu'il a faict expédier au Sr de Walsingham les lectres
patentes et provisions qu'il luy a demandées pour l'accommodement
des affaires des Angloix en son royaulme, et qu'il prie la Royne
d'Angleterre, sa bonne sœur, de croire qu'en nulle part de la
terre habitable, ses marchandz et subjectz ne trouveront de plus
seur accez, plus de faveur, plus de bon recueil, plus de bon et
libre commerce, plus de bonne expédition de justice et tout bon
traictement qu'ilz feront en la France et en tous les endroictz
d'icelle; et qu'il a plaisir que la flotte pour les vins soit
allée à Bourdeaux, y ayant mandé de la bien et favorablement
recueillir; et il suplie aussi la dicte Dame, sa bonne sœur, de
commander une semblable bonne expédition de justice à ses subjectz
par deçà; car il en reçoit tous les jours beaucoup de plainctes.
_Réponse._--Sur le 10e, que Sa Majesté n'a encores rien entendu de
ses merchandz, qui sont allez à Bourdeaux, comme ilz ont esté
traictez, et qu'estans de retour, sellon ce qu'ilz rapporteront à
Sa Majesté du trettement qu'ilz y auront receu, elle randra
responce au dict Sieur Ambassadeur.
CXXXVIII
LE ROY A LA ROYNE D'ANGLETERRE.
--du XIXe jour de novembre 1572.--
Remerciemens à raison de l'acceptation qu'a faite Élisabeth du
titre de marraine.
Très haulte, etc., nous avons tousjours tant estimé de la bonne
affection que vous nous portés et au bien de noz affaires, que vous ne
recepvrés jamais que plaisir de ce qui nous pourra apporter
contantement; mais encores en avons nous tant plus de témoiniage par
la démonstration de l'aize que vous avés faicte sur la nouvelle que
vous avés eue que Dieu nous a donné une fille, ainsi que nous avons
sceu par les dernières lettres que nous a escriptes le Sr de La Mothe
Fénélon, nostre ambassadeur par dellà, qui nous faict croire que vous
feriés tenir en vostre nom, avec l'Impératrice, sur les sainctz fondz
de batesme nostre dicte fille, et en donnerés la charge à personne
convenable; dont nous vous prions tant et si affectueusement que fère
pouvons, ne desirans rien davantage que la continuation et
fortiffication de nostre mutuelle amityé; à quoy nous adjousterons, de
nostre part, tout ce que nous penserons y pouvoir servir, ainsi que
vous dira plus particullièrement le Sr de Mauvissière, chevallier de
nostre ordre, que nous envoyons exprès par dellà, lequel nous vous
prions croire de ce qu'il vous en dira de nostre part comme feriez à
nous mesmes; priant Dieu, très haulte, etc.
Escript à Paris, le XIXe jour de novembre 1572.
Vostre bon frère et cousin.
CHARLES. PINART.
CXXXIX
LA JEUNE ROYNE A LA ROYNE D'ANGLETERRE.
--du XIXe jour de novembre 1572.--
Prière à la reine d'Angleterre pour qu'elle consente à tenir
l'enfant du roi sur les fontz de baptême.
Très haulte, etc., le Roy, nostre très honnoré Seigneur et espoux,
envoyant le dict Sr de Mauvissière, chevallier de son ordre, présent
porteur, par delà, pour vous prier, de sa part, d'estre contante de
faire tenir en vostre nom, sur les sainctz fonds de batesme, la belle
petite fille qu'il a pleu à Dieu nous donner, nous avons bien voulleu
par luy mesmes vous faire pareille requeste, de nostre costé, avec
ceste asseurance que vous l'aurés bien agréable. Nous vous prions donc
que vous veuillés estre l'une des marraines de nostre dicte fille, et
envoyer de deçà personne convenable pour cest effect. En ce faisant,
nous recepvrons ceste faveur à grand et singullier plaisir pour nous
en revancher en toutes les occasions qui s'en pourront jamais
présenter, oultre que ce sera pour, de plus en plus, fortiffier ceste
vraye et parfaicte amitié qui est de présent, et espérons en Dieu que
continuera à tousjours, entre ceste couronne et la vostre, comme vous
entendrés plus avant du dict Sr de Mauvissière, sur lequel nous en
remettant, nous prierons Dieu, très haulte, etc., vous avoir en sa
très saincte et très digne garde.
Escript à Paris le XIXe jour de novembre 1572.
CXL
LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du IIIe jour de décembre 1572.--
Prochaine arrivée du seigneur envoyé d'Allemagne par l'empereur
et l'impératrice pour le baptême.--Desir du roi qu'Élisabeth
envoie promptement le seigneur qui doit la
représenter.--Arrivée du légat du pape; protestation du roi que
la reine d'Angleterre n'a rien à craindre de la négociation
dont il est chargé.--Délibération au sujet de l'Écosse.--Envoi
fait à l'ambassadeur d'un livre pour être distribué
secrètement.
Monsieur de La Mothe, en attendant que je vous renvoye Sabran,
j'accuseray la réception de voz deux dépesches, des IXe et XVe du mois
passé[143], et vous diray par ceste cy qu'ayant ci devant envoyé
devers l'Empereur, Monsieur mon beau père, et l'Impératrice, Madame ma
belle mère, pour les advertir de la grâce qu'il a pleu à Dieu me faire
de me donner une belle fille, et pour prier ma dicte belle mère de la
tenir sur les sainctz fondz de baptesme, j'ay eu nouvelles qu'ilz ont
dépesché et envoyé par deçà le Sr de Caen, grant escuyer du dict Sieur
Empereur, pour faire cest office en son nom; lequel est party et
s'achemine pour estre bientost icy; qui me faict desirer et prier que
vous faciés en sorte que la Royne d'Angleterre, Madame ma bonne sœur
et cousine, envoye aussy, pour ce mesme effect, bientost par deçà,
celluy qu'elle advisera pour y arriver ainsi et en mesmes temps que le
dict grand escuyer, affin que le baptesme de ma dicte fille se face,
comme je desire, incontinent après la prochaine feste des Roys;
auquel jour j'ay aussy escript à mon oncle, Monsieur de Savoye, se
trouver pour estre le compère.
[143] Voyez CCLXXXIVe et CCLXXXVe dép., tom. V, pag. 196 et 200.
Je vous diray, au demeurant, que le léguat de Nostre Sainct Père le
Pape est, despuis huict ou neuf jours, arrivé en ceste ville. Il me
vint hier veoir, l'ayant honnorablement receu, estant le respect que
mérite la personne de celluy de la part de qui il est envoyé. Je
m'asseure que son arrivée pourra bien apporter quelque nouveau doubte
à ma bonne sœur et cousine, la Royne d'Angleterre, pour les discours
et faulx bruictz que font courrir ceux qui desirent altérer nostre
amityé; mais je vous prie l'asseurer, et ses ministres, que je suis si
fermement résolu à persévérer en l'amityé d'entre elle et moy, et
entrettenir entièrement nostre dernier traicté, qu'elle se peut
asseurer que, de mon costé, il ne sera jamais faict chose qui y puisse
rien diminuer ni innover.
Je feray bientost une résolution sur les affaires d'Escosse et vous
renvoyeray incontinant le dict Sabran; priant Dieu, etc.
Escript à Paris, le IIIe jour de décembre 1572.
CHARLES.
Monsieur de La Mothe, je vous envoyé une douzaine de livres d'une
espistre faicte par Carpentier, que je desire qui soit secrètement
publiée et faicte courir de main en main, sans que l'on saiche que
cella vienne de vous ny de moy; mais que l'on dye et croye qu'elle a
esté imprimée en Allemaigne. Je vous y en envoyerai, d'icy à quelque
temps, qui seront en françois, dont il faudra que faciés de mesme.
CHARLES. PINART.
NOTA.--A partir de cette époque, la correspondance du roi avec la
Mothe Fénélon se trouve imprimée dans les _Additions aux Mémoires
de Castelnau_, tom. III, pag. 263 à 283. Nous ne donnerons, ici,
que les lettres inédites. On peut consulter, dans le recueil
précité, les lettres du roi des 9, 10, 19, 22 et 23 décembre
1572, et une lettre du duc d'Anjou, en date du 19 décembre,
pièces nos I à VIII.
CXLI
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du Xe jour de décembre 1572.--
Espoir que le baptême sera l'occasion d'un renouvellement
d'alliance.--Desir de Catherine de Médicis pour que
l'ambassadeur fasse tous ses efforts afin de ramener à la
soumission les protestans réfugiés en Angleterre.
Monsieur de La Mothe Fénélon, j'espère, comme vous, que, s'il y a
espérance que la Royne d'Angleterre, ma bonne sœur et cousine, doibve
demeurer en amitié avec nous, qu'il se verra aisément en l'occasion
qui se présente d'envoyer par deçà pour le baptesme de ma petite
fille, que je prie Dieu qui soit ocazion de renouer, à bon essiant, le
propos du mariage d'elle et de mon filz le Duc, qui en est infiniment
servitteur affectionné, et est devenu grant et fort, de sorte qu'il
est tout homme et ne dispariroit plus, comme elle craignoit, auprès
d'elle; car il est fort changé depuis qu'elle disoit que l'on l'eust
prins pour son filz. Je vous prie, Monsieur de La Mothe, adviser, par
ous les bonst moyens que pourrés, remettre si bien ce propos que nous
y puissions voir clair bientost, car, si elle veult espérer d'avoir
des enfans, il est temps de se résouldre à se marier.
Nostre baptesme ne se peust faire qu'ung peu après les Roys, d'autant
que Monsieur de Savoye, qui y viendra en personne, ne sauroit estre
guières devant ce temps là par deçà, et cepandant, si vous pouviés
remettre le dict propos de mariage, et que celluy qui viendra par
deçà pour cest effect eust quelque charge pour en négocier avecque
nous, ce seroit ung grand bien et ung grand heur que deux si bonnes
œuvres se peussent faire ensamble. Je vous asseure que nous ne
faudrions pas de vous envoyer moyen de fère force présentz et grâces à
ceulx qui nous y aideront, si nous cognoissons que l'on y marche de
bon pied et franchement.
Je vous prie de fère, aussy dextrement que avés acoustumé, ce que vous
est commandé envers ceulx des subjectz du Roy, Monsieur mon filz, qui
sont par deçà, qu'ilz reçoivent les honnestes et raisonnables
conditions qui leur sont offertes, et que s'asseurent, sur nostre
honneur, qu'il ne leur sera faict mal ny déplaisir ez personnes ny
biens, et aussy que la dicte Royne n'assiste ceux de la Rochelle. Vers
les susdictz l'on uze tousjours de tous les honnestes et gracieux
moyens dont l'on se peust asseurer pour les atirer à se recognoistre
et à accepter les asseurances qu'il est possible de desirer de leurs
vies et biens et repos, à jamais, se conformant à la volonté du Roy,
Mon Seigneur et filz.
Escript à Paris, le Xe jour de décembre 1572.
CATERINE PINART.
CXLII
LE DUC D'ALENÇON A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
(_Lettre escripte de la main de Monseigneur le Duc._)
--du Xe jour de décembre 1572.--
Vive assurance de reconnaissance envers
l'ambassadeur.--Protestation de dévouement envers la reine
d'Angleterre.
Monsieur de La Mothe Fénélon, je n'auray jamais tant de bien que
celluy, que j'attendz tous les jours, d'avoir cest heur que je puisse
sçavoir que la Royne d'Angleterre m'ait en sa bonne grâce, et qu'elle
pregne en bonne part l'afection et délibération que j'ay de luy faire
toute ma vie service. Vous pouvés beaucoup en cella; car j'ay esté
asseuré qu'elle et ses principaux ministres, vous aymans et estimans
comme ilz ont occasion, pour avoir esté ung sy honneste et agréable
ministre du Roy, Mon Seigneur et frère, auprès d'elle, feront beaucoup
pour vous, si vous voulés soigneusement, comme je vous en prie, à
toutes occasions asseurer ceste princesse de ma grande et perfectement
vraye affectionnée bonne volonté envers elle, et la supplier de me
départir ses bonnes grâces et me recepvoir en icelles, comme son bon
et loyal serviteur, et à ce propos, luy baiser les mains de ma part,
toutes et quantes foys qu'en verrés l'occasion; et je prieray Dieu,
etc.
Escript à Paris, le Xe jour de décembre 1572.
Votre bien bon amy. FRANÇOIS.
NOTA. Les lettres suivantes, datées de 1573, étaient inédites.
Elles complètent la correspondance publiée par Le Laboureur, dans
les _Additions aux Mémoires de Castelnau_. Voyez ce que nous
avons déjà dit à ce sujet dans les prolégomènes, tom. 1, pag.
XLI, et dans l'avis qui précède ce volume.
Voici la liste des lettres datées de 1573, et imprimées par Le
Laboureur, tom III, pag 283 à 372, nos VIII à LXXXII.
_Lettres du roi_ des 23 janvier; 5, 7, 13, 23 février; 1er, 4,
17, 19, 21, 26, 29 mars; 21, 24, 25, 29 avril; 18, 24, 25 mai;
23, 29 juin; 1er, 6, 15, 20 juillet; 5 août; 15 octobre; 4, 11,
24, novembre; 2, 5, --, 14 et 29 décembre 1573.
_Lettres de la reine-mère_ des 23 janvier; 5, 7, 13, 23 février;
30 mars; 21, 29 avril; 23 juin; 15 juillet; 28 novembre; 22 et 29
décembre 1575.
_Lettres du roi de Pologne_ des 18, 20 juillet; 23 septembre
et -- _novembre_ 1573.
_Lettres du duc d'Alençon_ des -- _avril_; -- _septembre_; 4
novembre; 22 et 29 décembre 1573.
CXLIII
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
(_Post-scriptum inédit._)
--du XXIIIe jour de janvier 1573.--
Vive assurance d'amitié de Catherine de Médicis à l'égard
d'Élisabeth.
(_Adjousté de la main de la Royne._)
Je vous prie faire mes recommandations à la bonne grâce de la Royne
d'Angleterre, et luy dire que je ne croyrai jamais que, pour avoir le
Roy, mon filz, mis sa vie et son royaulme en seuretté, qu'elle ne nous
ayme et ne nous soit la bonne sœur et asseurée amie que nous luy
voullons estre, et que je la prie que, à ce coup, nous cognoissions,
par sa résolution sur le propos de mon fils le Duc, sa bonne volonté.
CATERINE.
CXLIV
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du XXIIe jour de febvrier 1573[144].--
Instances pour que l'ambassadeur empêche Élisabeth de déclarer la
guerre.--Recommandation pour les affaires d'Écosse.
Monsieur de La Mothe, le Roy, Monsieur mon filz, vous esclarsit si
amplement de son intention qu'il n'est besoin vous en faire redire.
Aussy ne sera ceste ci que pour vous prier presser le plus que vous
pourés le faict du mariage, et toutesfois si à propos que nous y
puissions voir clair le plus tost qu'il sera possible; et au
demeurant, entretenir si bien la Royne d'Angleterre que, si elle
estoit persuadée, et qu'elle eust quelque mauvaise volonté de nous
faire entretenir à la guerre, qu'elle puisse changer sa délibération,
et se résouldre à nous aymer comme nous l'aymons, de nostre part, de
tout bon cueur, et qu'elle et nous observions et entretenions nostre
dernier traicté entièrement. Je vous recommande aussy les affaires
d'Escosse, à quoy il est nécessaire qu'ayés soigneusement l'œil, et
nous sera plaisir que nous donniés incontinent advis de l'estat où s'y
retrouvent toutes choses; priant Dieu, etc.
Escript à Paris, le XXIIe jour de febvrier 1573.
CATERINE. PINART.
[144] Le Laboureur n'a donné, sous cette date, que le
post-scriptum de cette lettre.
CXLV
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du Ier jour de mars 1573.--
Desir du roi de conserver la paix avec Élisabeth et les princes
protestans d'Allemagne.--Nécessité de découvrir leurs projets
afin de se tenir prêt à la guerre, si elle devenait nécessaire.
Monsieur de La Mothe, voz deux dernières dépesches des XIIIe et XVIe
du mois passé[145], nous mettent en peyne pour ce que, par l'une, nous
ne sçaurions desirer plus d'honnestes parolles de la continuation de
l'amitié d'entre la Royne d'Angleterre et le Roy, Monsieur mon filz,
et, par l'aultre, qui est la dernière, vous nous représantés beaucoup
de choses qui nous font craindre le contraire; avecque les autres
advis que nous avons d'ailleurs.
[145] Voyez CCCe et CCCIe dép., tom. V, pag. 253 et 258.
Voilà pourquoy Mon dict Sieur et filz vous faict entandre le desir
qu'il a d'en estre esclairsi; et, de ma part, je vous prie mettre
peyne de voir clair, et nous en advertir incontinent; car, si la dicte
Royne se vouloit déclairer, ou que, sans y mettre son nom, elle y
employât ses subjectz, vaysseaulx et moyens, soubs prétexte de noz
subjectz mal affectionnés, il seroit très nécessayre que pourveussions
d'heure à l'armement de quelques vaysseaulx, oultre ce qui est du
costé de la Rochelle, pour l'expugnation de laquelle il ne se pert une
seule minute d'heure de temps, comme vous escript bien amplement Mon
dict Sieur et filz, qui me gardera de vous en faire redite. Mais, vous
priant, pour la fin, que vous regardiés surtout le moyen qu'il y a de
mettre quelque bonne fin en la négociation du propos de mariage; car,
continuant, il n'y a chose que nous desirions plus, ni qui soit tant
nécessaire pour le bien des affaires de la dicte Royne et de ses
principaulx ministres, que cella, ny aussy, à vous dire vray, qui nous
confirme plus d'amitié avec les princes de la Germanye comme nous
desirons, délibérant Mon dict Sieur et filz de faire aussy envers eux,
pour establir une vraye et parfaicte amitié, ce qu'il pourra, affin de
leur oster l'oppinion mesmes qu'avoit icelle Royne que ayons faict
ligue pour leur coure sus; chose à quoy je ne consentiray jamois,
desirant l'amitié des princes et princesses, noz voisins et voysines,
plus que nul aultre chose. Mais aussy, après que nous avons faict tout
ce qui se peut pour ceste occazion, si nous recognoissions que l'on
contemnast nostre dicte amitié, je ne serois pas d'advis de nous
soucier guières de ceux qui n'en feroient poinct de cas.
Pénétrés le plus avant que vous pourrés ez occazions des voyages que
se font fère si fréquentement, de l'ung à l'aultre, la dicte Royne et
les dictz princes, et nous en donnés advis et aussy des aultres
occazions; priant Dieu, etc.
Escript à Saint Léger, le premier jour de mars 1573.
CATERINE. PINART.
CXLVI
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du XIVe jour de mars 1573.--
Affaires d'Écosse.--Nécessité de protéger Édimbourg.--Inquiétudes
sur le silence de Mr de Vérac.--Recommandation de la
négociation du mariage.
Monsieur de La Mothe, je vous prie, suivant ce que le Roy, Monsieur
mon filz, vous escript[146], regarder de faire tout ce que pourrés
pour conforter ceux qui sont dedans le chasteau de Lislebourg, car il
est bien à craindre que le comte de Morton les force, s'ilz n'ont esté
secoureus de ce que le frère du lair de Granges a receu pour leur
porter, dont je vous prie nous escripre au vray des nouvelles; et
pareillement de l'arivée de Vérac, auquel vous ne devés faire
difficulté d'escripre que nous sommes bien esbahis d'estre si
longtemps sans avoir de ses nouvelles et que nous en sommes en peyne.
J'estime que la Royne d'Angleterre ne vous refuzera pas ung passeport
pour envoyer quelqu'ung qui ayt entendement devers les Anglois. Vous
manderés, de bouche, ce que verrés qui sera à propos, et luy vous en
mandera aussy, de sa part; ou bien, si voyés qu'il n'y eût poinct de
danger, vous vous escriprés l'ung à l'aultre en chiffre. Il est très
nécessaire d'avoir l'œil de ce costé là, suivant ce que vous mesmes
escripvés. Voylà pourquoy je vous prie de rechef y fère tout ce qu'il
vous sera possible, et nous escripre, le plus tost et le plus souvant
que vous pourrés, les responces que vous avés eues sur les lettres que
vous avons escriptes par Vérac pour le faict du mariage, pour lequel
je vous prie uzer de tous les moyens qu'il vous sera possible affin
que en ayons l'heureuze fin que desirons, car toutz les aultres
affaires ne sauroient que bien aller si cestuy là réussist; priant
Dieu, etc.
Escript à Paris, le XIIIIe jour de mars 1573.
CATERINE. PINART.
[146] Voyez Castelnau, tom. III, pag. 309.
CXLVII
LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du XXIIIe jour d'apvril 1573.--
Audience accordée au docteur Dale, nouvel ambassadeur.--Audience
de congé donnée à Walsingham.--Nouvelles de l'expédition de
Montgommery.--Plaintes contre les secours qui lui ont été
fournis en Angleterre.--Surveillance qu'il importe d'exercer
sur les projets des protestans.--Desir du roi que Mr de Vérac
ou Sabran puissent passer en Écosse.