J’ai vécu longtemps sur ces deux poèmes et j’y attachais un grand prix.
C’était mon testament métaphysique en cas d’improbable accident. Ils
devaient répondre de moi, peut-être devant Dieu, certainement devant les
hommes. Je faillis, un soir de danger, les envoyer à André G..., pour
qu’il n’ignorât pas quel changement s’était opéré dans mon âme. Ils
valent ce qu’ils valent. Mais je le dis, jamais cri plus sincère, plus
spontané, plus impossible à contenir, n’était sorti de moi. C’est pour
cela que je les aime.