XXVI

Condamnation de Galilée.--Il écoute, résigné, à genoux, sa sentence.

L’arrêt était porté, avant qu’on le prononçât. Une lettre du 18 juin

dans laquelle Niccolini rend compte de la réponse que lui fit Urbain

VIII, fatigué de ses intercessions en faveur de Galilée, le prouve

assez:

«En ce qui concerne le point principal, m’a répondu le Pape, il est

indispensable que cette opinion soit interdite, parce qu’elle est

erronée et contraire à l’Écriture qui a été dictée _ex ore Dei_. Quant à

la personne de Galilée, il faut que, selon la règle ordinaire, il garde

quelque temps la prison pour avoir contrevenu à la défense de 1626. Le

Pape ajouta que, dès que la sentence serait rendue, il me verrait de

nouveau et tâcherait d’arranger l’affaire de façon à ménager Galilée le

plus possible et à lui épargner les souffrances; que cependant cela ne

pouvait se passer sans une _démonstration_ (sic) sur sa personne, et

qu’il était indispensable de _faire un exemple_. Alors je le priai de

nouveau de traiter avec sa clémence habituelle un bon vieillard de

soixante-dix ans qui le méritait par sa sincérité. Mais il m’assura

qu’il ne croyait pas que cela pût se terminer sans qu’on l’enfermât

temporairement dans un couvent, par exemple à Santa Croce de Florence.»

On le voit, la résolution de frapper Galilée était irrévocablement

prise, et la vengeance prononçait son: _Non possumus!_ Le 21 juin, la

condamnation fut prononcée dans la quatrième séance. Le 26, Niccolini

écrit que la sentence a été rendue le soir du lundi précédent.

Plus tard, le 2 juillet, le jugement devint public. Il portait la

signature des cardinaux Gasparo Borgia, Felice Centino, Antonio et

Francesco Barberini, Landivi Sacchia, Berlinghero Gessi, Fabrizio

Veraspi, Martino Ginetti, Bentivoglio et Scaglia. Galilée, réintégré

depuis deux jours dans la prison de l’Inquisition, fut conduit de

nouveau devant le tribunal, et là, à genoux, il prononça la déclaration

suivante:

«Moi, Galilée, dans la soixante-dixième année de mon âge, étant

constitué prisonnier et à genoux devant Vos Éminences, ayant devant

les yeux les saints Évangiles que je touche de mes propres mains,

j’abjure, maudis et déteste l’erreur et l’hérésie du mouvement de la

terre.»

Son livre, en outre, fut sévèrement prohibé.

Galilée lui-même fut condamné à l’incarcération dans les prisons du

Saint-Office selon le bon plaisir de Sa Sainteté.

Les Grassi et les Firenzuola l’emportaient; le Passé avait son triomphe;

la science était frappée; l’envie était satisfaite, Simplicio était

vengé.

Galileo Galilei: sa vie, son procès et ses contemporains · 第 37 / 51 题