XXII

Douceurs prodiguées à Galilée.--On le conduit en litière.--Lettre à

Diodati. Contradictions de Galilée.--Ses illusions.

Tous les efforts tentés par ses protecteurs pour le soustraire à la

juridiction du saint Office devaient être inutiles. En vain Niccolini

produisit des attestations de médecins qui témoignaient de la maladie de

Galilée. On se souciait peu de celui qu’on avait résolu de sacrifier aux

rancunes et aux intrigues. Qu’il vécût assez pour subir la honte d’une

condamnation, c’était tout ce qu’on voulait.

Galilée était malade; raison de plus pour que la haine se hâtât; la

victime pourrait échapper. En vain les cardinaux Antonio Barberini et

Ginetti s’adressèrent, en faveur de Galilée, au pape lui-même:

«Sa Sainteté, dit Niccolini, m’a donné pour réponse qu’elle avait lu la

lettre de Galilée; que ce dernier ne pouvait être dispensé du voyage à

Rome. Du reste, qu’il n’avait qu’à venir lentement, dans une litière et

avec toutes commodités; qu’il était indispensable qu’il fût entendu en

personne.--«Que Dieu lui pardonne, ajoutait Sa Sainteté, la faute de

s’être volontairement jeté dans une complication comme celle-ci, après

que, du temps de mon cardinalat, je l’ai une fois tiré d’un pareil

embarras!»

Tendre aménité! touchante précaution! La litière est prête! Le monde

social est si délicat! N’ayez crainte qu’il rudoie les gens mal à

propos. Il lui suffit de les tuer doucement. A Dieu ne plaise qu’on

fasse violence à Galilée pour le conduire à Rome! La violence est

inutile, quand l’obéissance est certaine. D’ailleurs on a des formes, et

l’on mêle agréablement la politesse à la rigueur, la précaution à la

vengeance. Les gens raffinés ont le cœur sensible. Galilée est un

coupable, dont on veut la conversion et non autre chose. On ne peut le

soustraire au châtiment qu’il a mérité, mais on lui épargnera les

courbatures. Il marchera au supplice moral qui lui est savamment

préparé, mais on l’y conduira en litière. En litière! comprenez la grâce

du procédé.

Le Pape sévit à regret; le grand-duc voudrait sauver le philosophe;

Niccolini s’y emploie; Bali Cioli porte l’infortuné dans son cœur.

Partout convenances, bonne grâce, révérences amènes, obéissance

acceptée, une régularité accomplie. De justice et d’équité pas un mot.

La France, la Hollande, l’Allemagne, étaient remplies d’admirateurs et

d’amis de Galilée; les plus savants, les plus nobles, les plus honnêtes,

les plus éclairés de ceux qui vivaient alors: Peiresc, Gassendi, Lucas

Holstenius, Diodati. Venise qui l’avait honoré dans sa jeunesse et qui

lui devait tant l’aurait reçu à bras ouverts. S’il l’eût voulu, s’il eût

poussé un cri de détresse et se fût réfugié à Venise ou à Leyde,

l’Europe intelligente se serait soulevée en sa faveur. Et voilà ce que

l’on craignait: par de perfides ménagements, d’espérance trompée en

espérance trompée, abusant de sa faiblesse, triomphant de son humilité,

ses rivaux achevaient de l’accabler. Galilée, qui avait su les irriter,

ne savait ni les deviner ni les déjouer, ni les combattre ni les fuir.

Il espérait obéir aux supérieurs en désobéissant à la vieille doctrine;

éluder l’autorité sans révolte--et s’insurger en se soumettant; cette

intention double se manifeste dans toutes ses lettres.--«Il s’obstine,

dit Niccolini. Il veut se faire théologien; il résiste à ses amis qui

lui conseillent de _prendre l’air_ et d’éviter la lutte.»

Que ne s’enfuit-il à Venise? Que ne le voit-on proclamer bravement sa

doctrine à la face du monde? Il lui serait si facile d’aller se joindre

à Sarpi, à Campanella et aux autres exilés!

Mais non. Quand le Pape l’appelle à Rome, il reste où il est. Au lieu

d’aller _prendre l’air_ il proteste de sa soumission aveugle, et n’obéit

pas. Pendant trois mois entiers il parlemente, sollicite, tergiverse;

son attitude embarrassée et sa pénitence à contre-cœur, ses prières

infinies et ses atermoiements éternels découragent ses amis.

Déjà, le 9 novembre, Bali Cioli écrivait à Rome: «Le grand-duc a reçu

communication de la position des sign. Mariano Alidosi (arrêté à

Florence pour crime d’hérésie) et Galilée. Cette nouvelle l’a plongé

dans un tel trouble, que je ne sais comment la chose finira. Mais _ce

que je sais, c’est que Sa Sainteté n’aura jamais aucun motif de se

plaindre des ministres de Son Excellence, et que jamais ils ne donneront

aucun mauvais conseil_.»

La défection commençait. Bientôt Bali Cioli se tourna tout à fait contre

Galilée et Niccolini n’osa plus le défendre. Le 11 janvier 1633, Galilée

reçoit l’ordre définitif de venir à Rome; il promet encore, mais sans

s’exécuter. Alors le grand-duc lui fait écrire:

«11 janvier,

«C’est avec chagrin que j’apprends qu’un nouvel ordre impératif vous est

intimé de partir immédiatement pour Rome. S. A. à qui j’ai communiqué

votre lettre prend une véritable part à votre affaire. Mais, en fin de

compte, il est de toute nécessité que l’_autorité supérieure soit

obéie_, et S. A. regrette de se trouver dans l’impossibilité de vous

épargner ce voyage. Afin que vous puissiez le faire commodément, S. A.

mettra à votre disposition une de ses litières et son conducteur. Il

vous permet aussi d’aller demeurer chez son ambassadeur, le signor

Niccolini.»

La lettre était impérative. Elle atténuait, comme de coutume, la dureté

de l’injonction; et par un beau déploiement de sollicitude elle se

mettait en règle avec la charité. Pour la seconde fois la question de la

litière reparaît sur la scène. Le Pape n’avait parlé que de litière en

général. Le grand-duc pousse plus loin la sensibilité et parle de _sa_

litière qu’il veut bien prêter au savant. Noble façon d’honorer le

génie! Ce n’est pas tout. Pour que Galilée ne soit pas réduit à loger à

l’auberge, S. A. après avoir pourvu aux moyens de transport s’occupe du

billet de logement, et permet à Galilée d’occuper un coin du palais de

Son Excellence l’ambassadeur Niccolini.

Devant cette double injonction les hésitations de Galilée ne pouvaient

se prolonger. Il s’occupa des préparatifs de son départ. Deux lettres

qu’il écrivit pendant les jours qui précédèrent ce départ nous font

connaître la situation d’esprit dans laquelle il se mit en route.

La première lettre est adressée à Élie Diodati, jurisconsulte et avocat

au Parlement, qui habitait alors Paris et qui fut un des plus zélés

admirateurs du grand astronome. La voici:

«J’ai à répondre à deux lettres, l’une de votre main, monsieur, et

l’autre du signor Pietro Gassendo (Gassendi); quoique écrites le premier

novembre dernier, elles ne me sont parvenues qu’il y a dix jours. Comme

mes occupations et mes soucis me laissent peu de temps, permettez que la

présente serve de réponse à ces deux lettres qui me viennent d’amis

intimes et traitent le même sujet, à savoir la réception de nos

dialogues et l’approbation qui les a tout d’abord accueillis. Je vous en

remercie et vous en suis fort obligé. J’attendrai toutefois un jugement

plus raisonné et plus libre, résultat d’une lecture réfléchie: car je

crains qu’il ne se trouve dans ce livre bien des choses sujettes à

contestation. Je regrette que les écrits de Morin et de Fromont ne me

soient arrivés que six mois après la publication de mes dialogues; sans

cela j’aurais eu occasion de faire leur éloge et même de toucher à

certaines particularités contenues dans l’un et l’autre de ces écrits.

«Quant à Morin, je m’étonne qu’il attribue tant de valeur à l’ancienne

méthode de combat judiciaire, et que par des conjectures qui me semblent

fort incertaines il essaye de prouver la solidité de l’astrologie. Ce

sera en vérité une chose merveilleuse s’il tient sa promesse et s’il

réussit à faire de l’astrologie la plus certaine de toutes les sciences

humaines. J’attends avec impatience un résultat aussi étonnant. Quant à

Fromont, qui fait preuve aussi de bien de l’esprit, j’aurais désiré

qu’il se fût épargné une faute assez grave selon moi, quoique assez

fréquente; et qu’en essayant de réfuter le système de Copernic il n’eût

pas commencé par railler et insulter amèrement ceux qui tiennent ses

opinions pour vraies. Il me paraît ensuite fort inconvenant qu’il se

serve de l’autorité de la Bible pour combattre ses adversaires, les

décrier et les inculper d’hérésie. Que cette manière d’agir ne peut être

approuvée, cela me semble évident; car, si je demande à Fromont:--«De

qui le soleil, de qui la lune et la terre, leur position et leur

mouvement sont-ils l’œuvre?» je pense qu’il me répondra: «Ce sont les

œuvres de Dieu.» Ensuite si je lui demande de quelle inspiration

provient la sainte Écriture, il me répondra: «De l’inspiration du

Saint-Esprit», c’est-à-dire de Dieu lui-même. Il suit de là que le monde

est l’_œuvre_, et la sainte Écriture la _parole_ de Dieu. Si je lui pose

cette autre question:--«Le Saint-Esprit emploie-t-il jamais des paroles

qui sont en apparence contraires au vrai parce qu’elles sont d’accord

avec la grossièreté et proportionnées à l’intelligence vulgaire du bas

peuple?» il me répondra certes, d’accord avec les Pères de l’Église, que

l’on ne trouve pas autre chose dans l’Écriture sainte; que c’est son

style propre, et que dans plus de cent endroits le simple sens littéral

donnerait, je ne dis pas des hérésies, mais des blasphèmes, puisque Dieu

lui-même y est représenté capable de colère, de repentir, d’oubli et de

négligence, etc. Vais-je lui demander si Dieu, pour mettre son œuvre à

la portée de la foule sotte et sans entendement, a jamais modifié sa

création; si la nature, servante de Dieu, mais indocile à l’homme et que

nul de ses efforts ne peut changer, n’a pas toujours conservé la même

marche et ne suit pas le même cours par rapport aux mouvements, à la

forme et à la disposition des parties de l’univers? si je lui adresse

cette question, je suis convaincu qu’il me répondra que la lune a

toujours été une sphère, bien que le peuple pendant longtemps l’ait

prise pour un disque blanc; bref, il avouera que la nature n’a jamais

rien changé pour nous plaire; que jamais elle ne s’est amusée à modifier

ses œuvres conformément au désir, à l’opinion et à la crédulité des

humains. S’il en est ainsi, pourquoi donc, voulant connaître le monde et

ses parties constitutives, irions-nous préférer, pour régler notre

examen, à l’_œuvre_ même de Dieu la _parole_ de Dieu? L’_œuvre_ est-elle

moins parfaite et moins noble que la _parole_? Supposez que Fromont ou

d’autres parvinssent à établir qu’il y a hérésie à dire que la terre

tourne; supposez que plus tard les observations, la critique, la

cohésion et l’ensemble des faits vinssent attester comme irréfragable le

mouvement de la terre; n’aurait-il pas fort compromis l’Église et

lui-même? Consentez au contraire à n’assigner que la seconde place à la

_parole_, toutes les fois que l’_œuvre_ semble s’éloigner absolument de

la _parole_; vous ne faites aucun tort à l’Écriture. En effet, si, pour

se mettre à la portée de l’entendement populaire, l’Écriture attribue

quelquefois à Dieu lui-même des qualités et des propriétés tout à fait

indignes de lui, pourquoi voudrions-nous que la sainte Écriture, à

propos du soleil et de la lune, se fût soumise à une loi plus sévère;

qu’elle eût cessé dans cette occasion d’abaisser ses paroles au niveau

de la foule ignorante, et qu’elle se fût abstenue de représenter les

œuvres de la création comme placées dans des dispositions conformes à

l’apparence, mais éloignées de la réalité et de la nature? S’il est vrai

que le soleil soit immobile et que la terre se meuve, cela ne porte

aucune atteinte à l’Écriture sainte, qui ne s’exprime que d’une manière

conforme à l’apparence telle qu’elle frappe les yeux du vulgaire.

«Il y a plusieurs années, au début de ce grand vacarme contre Copernic,

je rédigeai un mémoire assez détaillé, dédié à Christine de Lorraine,

dans lequel, m’appuyant sur l’autorité de la plupart des Pères de

l’Église, j’essayai de démontrer qu’il y avait un grave abus à faire

intervenir si souvent dans les questions scientifiques et d’observation

l’autorité de l’Écriture sainte. Je demandais que l’on s’abstînt à

l’avenir d’employer de telles armes dans les discussions de ce genre.

Aussitôt que je serai moins assiégé d’inquiétudes, je vous ferai tenir

une copie de cet écrit; mais je suis à la veille de me rendre à Rome par

ordre du Saint-Office, qui vient d’arrêter la vente de mon Dialogue. Je

tiens en outre des meilleures sources que nos révérends Pères jésuites

se sont donné beaucoup de peine pour démontrer que mon livre est encore

plus abominable et plus dangereux pour la sainte Église que les écrits

de Luther et de Calvin; le tout malgré le soin que j’ai pris de me

rendre en personne à Rome afin d’obtenir le permis d’imprimer; et

quoique j’aie remis le manuscrit entre les mains du sacré Collége qui

l’a revu avec la plus grande attention, et qui, après avoir opéré des

changements, soustractions et additions de toute nature, l’a renvoyé à

Florence pour qu’un nouvel examinateur le relût de nouveau. Celui-ci, ne

trouvant plus rien à modifier, s’est borné, pour prouver son zèle

consciencieux, à remplacer quelques mots par des synonymes; il a mis

_univers_ au lieu de _nature_, esprit _sublime_ au lieu de _divin_; et

pour excuser ces dernières modifications, il m’a annoncé que j’aurais

fort à faire, que je rencontrerais des adversaires acharnés, et que je

pouvais m’attendre à une persécution furieuse; ce qui est arrivé. Le

libraire qui a publié mon ouvrage est désolé; la prohibition de le

débiter lui a fait perdre un bénéfice de plus de deux mille scudi; car

la vente non-seulement d’une première édition, mais d’une seconde deux

fois plus importante que la première, était assurée. Quant à moi, au

milieu de tant de douleurs et d’embarras, ce qui m’afflige le plus c’est

qu’il me faille renoncer à préparer pour l’impression et à continuer mes

autres travaux, et que je ne doive plus espérer les voir paraître de mon

vivant, spécialement mon ouvrage sur le _Mouvement_.

«J’ai lu avec beaucoup de plaisir le mémoire du signor Pietro Gassendi

contre la philosophie de Fludd, ainsi que son Appendice d’observations

astronomiques. Ni Mercure ni Vénus ne pouvaient, à cause de la pluie,

être observés sous le soleil; mais depuis longtemps je suis persuadé de

leur petitesse, et je me réjouis que le signor Gassendi l’ait trouvée

réelle. Accordez-moi la faveur de communiquer la présente audit signor,

que je salue cordialement, ainsi que son respectable ami le père

Mersenne, en vous baisant les mains de tout mon cœur, et en vous

souhaitant toute espèce de prospérité.»

Cette lettre nous fournit une preuve de plus des contrastes singuliers

que présentait le caractère de Galilée. Nous l’avons vu tout à l’heure

s’abîmer dans sa douleur, protester de ses bonnes intentions, se

prosterner, trembler devant ses persécuteurs, enfin oublier sa dignité

pour ne songer qu’au fléau qui peut mettre sa vie en péril. Puis

soudain, au moment suprême, à la veille, comme il le dit, de partir pour

comparaître devant ses juges, il relève la tête et s’exalte au souvenir

de ses luttes et de ses travaux. Le savant et le philosophe reprennent

le dessus et empêchent le vieillard de songer à ce qui le menace. Il en

parle bien en passant, mais dans quelques lignes seulement. Le reste de

sa longue lettre est consacré à la science; le nom de Gassendi le

rappelle au sentiment de sa propre gloire. Il se voit devant l’avenir;

et pour l’honneur de la science il veut faire bonne contenance;

commentant tel ouvrage, réfutant tel autre, traitant des questions

astronomiques avec une sérénité qui devait, hélas! être bien loin de son

cœur. Non content de cette preuve d’indépendance d’esprit, il ose

revenir à ses doctrines favorites et entreprend de concilier les

Écritures avec le système auquel il a voué sa vie et qu’il doit renier

si douloureusement.

* * * * *

Cette protestation _in extremis_ ne donne-t-elle pas une idée vive des

combats qui devaient se livrer en lui? N’est-ce pas dans ces soubresauts

d’énergie, précédés et suivis de crises d’abattement qu’on saisit

l’homme tout entier;--homme double s’il en fut, nature dramatique et

complexe?

N’est-ce pas là aussi ce qui peut justifier la tradition, qui a mis dans

sa bouche les mots si dramatiques: _E pur si muove_? Jamais ces mots ne

furent prononcés, nous l’avons déjà dit; mais ils sont implicitement

contenus dans chacune des phrases de cette lettre, écrite en quelque

sorte sur le seuil de l’exil.--On l’accuse; on le contraint d’aller

devant le Saint-Office abjurer ses erreurs;--et cependant le texte des

Écritures n’est pas infaillible. _E pur si muove!_ Fromont a taxé

d’hérésie les défenseurs de Copernic:--qu’il y prenne garde, ceux qu’il

outrage pourraient bien défendre la vérité. _E pur si muove!_ La haine

des jésuites le poursuit; on le compare à Luther et à Calvin; on veut le

noter d’infamie;--et pourtant il est innocent de mensonge comme

d’hérésie. _E pur si muove!_ Oui, le cri héroïque semble retentir à

chaque ligne de cette lettre; on le devine, on l’entend; on plaint

amèrement le vieillard, et l’on n’a plus la force de lui reprocher ses

défaillances.

Le même jour où il écrivait à Diodati, Galilée adressait le billet

suivant au cardinal de Médicis, oncle du grand-duc:

«Je suis sur le point d’entreprendre le voyage de Rome. Je sais que

Votre Éminence en connaît le motif, et ces lignes n’ont d’autre but que

de lui annoncer le jour de mon départ, fixé au 20 du mois courant; afin

que, si Votre Éminence voulait m’honorer de ses commissions, une

pareille faveur pût m’être accordée. Je n’ignore pas quel intérêt vous

prenez à mon malheur, et que vous connaissez la méchanceté de mes

persécuteurs; je puis en conclure que vous apprendrez avec joie ma

justification, et sinon la punition de mes astucieux adversaires, du

moins leur confusion. Je supplie à genoux Votre Éminence de me garder

comme précédemment sa bonté et sa protection, et de se tenir pour

persuadée que cette protection est accordée à l’innocence, à laquelle la

récompense divine ne peut manquer. Je m’incline humblement devant Votre

Éminence, et demande au ciel, pour elle, toutes les prospérités.»

* * * * *

Galilée espérait encore. Il espérait confondre ses adversaires, et

peut-être obtenir leur châtiment!

Ce fut dans ces sentiments que, le 20 janvier, il se mit en route pour

Rome.

Galileo Galilei: sa vie, son procès et ses contemporains · 第 33 / 51 题