À LA VICOMTESSE D'HESPEL.

«Ma chère, ma bien-aimée tante, que vais-je vous écrire? hélas! que

puis-je vous écrire? Je ne saurais me justifier, moins encore

accuser personne. Je connais ma faute, je la déplore; j'en souffre

et j'en souffrirai jusqu'à ma dernière heure. Mais du moins qu'il

me soit permis de repousser de toutes mes forces le reproche

d'ingratitude, d'indifférence ou d'oubli que vous me faites

peut-être. Non, ma chère tante, rien n'est effacé dans mon coeur;

vos bontés maternelles, vos indulgences infinies, tout s'y grave

chaque jour en traits plus profonds. Je n'ose me flatter de vous

revoir; ma destinée me condamne à l'isolement; mais laissez-moi

espérer que, si nous ne devons plus nous retrouver en ce monde, nos

prières du moins se rencontreront aux pieds du Seigneur. Je

m'estimerai bien heureuse d'avoir parfois de vos nouvelles, et vous

me combleriez de reconnaissance si vous ne me les faisiez point

trop attendre.»

Nélida; Hervé; Julien · 第 30 / 70 题