HIC JACET
GABRIEL BONNOT DE MABLY,
GRATIANOPOLITANUS,
JURIS NATURÆ ET GENTIUM
INDICATOR INDEFESSUS, AUDAX, FELIX
DIGNITATIS HUMANÆ VINDEX,
ORBIS UTRIUSQUE SUFFRAGIIS ORNATUS,
POLITICIS SCRIPTIS NULLI SECUNDUS;
EVENTUM PRÆTERITORUM CAUSAS DETEXIT,
FUTUROS PRÆNUNCIAVIT,
QUÆ AD PRÆPARANDOS, QUÆ AD AVERTENDOS
DOCUIT;
RECTI PERVICAX
QUID PULCHRUM, QUID TURPE,
QUID UTILE, QUID NON,
DIXIT:
VIR PAUCORUM HOMINUM,
CENSU BREVI NIHIL RERUM INDIGUS
HONORES, DIVITIAS,
OMNIMODA SERVITII VINCULA
CONSTANTER ASPERNATUS;
VITA INNOCUUS, RELIGIONIS CULTOR,
ÆQUISSIMO ANIMO
OBIIT 23â. D. APR. 1785. NAT. 14â.
D. MART. 1709.
H. M.
MODICUM ET MANSURUM,
AMICO ÆTERNUM FLEBILI,
TESTAMENTI CURATORES POSUERE.
Les mêmes amis de l’abbé de _Mably_, qui ont si bien caractérisé
son ame et ses écrits, avoient formé le projet de consacrer à sa
mémoire un modeste monument dans l’église où il a été inhumé;
tout alloit être exécuté, quand des ordres émanés des supérieurs
ecclésiastiques ont tout arrêté. On a refusé un tombeau au moderne
Phocion; c’est une ressemblance de plus avec le Phocion d’Athènes.
Ces amis, vraiment dignes de ce nom, ont voulu perpétuer
ses traits: on ne pouvoit du moins leur envier cette douce
satisfaction. L’abbé de _Mably_, différent des gens de lettres, qui
commencent par gratifier le public de leurs gravures, en attendant
qu’ils soient illustres, n’avoit pas souffert qu’on gravât son
portrait pendant sa vie; mais après sa mort, ils le firent exécuter
par un artiste habile, Pugos, et ce portrait est parfaitement
ressemblant. Tous les traits de l’homme de bien y sont vivans; la
vertu sévère y respire: au bas, on lit ce vers de _Juvénal_, qui
semble fait pour lui: