3º. _Observation sur les Grecs._

Un volume, Genève, 1749.

..... _Rerum cognoscere causas._ VIRGILE.

(Page 16 de l’Éloge.) Dans une épitre dédicatoire à un ami, et il

n’en fit jamais d’autres, l’auteur donne lui-même ses motifs. «Je

cherche les causes de la prospérité et de la décadence de la Grèce.

L’histoire, envisagée sous ce point de vue, devient une école de

philosophie; on y apprend à connoître les hommes; on y enrichit, on

y étend sa raison, en mettant à profit la sagesse et les erreurs

des siècles passés.»

C’étoit faire pour les Grecs ce qu’un grand homme venoit d’exécuter

pour les Romains. Aussi dit-on alors de cet ouvrage que c’étoit une

espèce de pendant de Montesquieu. (Voyez les 5 années littéraires,

tom. 1, pag. 268.)

Ce en quoi il s’est le plus éloigné de son modèle, dont il ne parle

d’ailleurs qu’avec les égards que l’on doit même aux erreurs d’un

homme de génie, c’est à l’occasion du systême des climats, systême

plus brillant que solide, imaginé par Bodin, et que l’auteur de

l’esprit des lois a revêtu de tout l’éclat de son imagination vive

et féconde.

En effet, tous les climats ont vu tour-à-tour naître, tomber et

renaître la liberté et l’oppression: le despotisme a successivement

promené sa faulx dévorante sur la surface du globe, et sur

le sol brûlant de l’Asie et dans les marais glacés du Nord.

La constitution politique, l’éducation et les lois ont fait

alternativement germer dans le même pays ou des héros ou des

esclaves, et il n’est point de lieux que la liberté n’ait honorés

de sa présence.

Collection complète des oeuvres de l'Abbé de Mably, Volume 1 (of 15) · 第 12 / 92 题