La division de la Religion comprenait d'abord 53 articles, qui, plus

tard, ont été portés à 69; l'Histoire, 140; les Sciences et Arts, 60;

les Belles-Lettres, 93. On remarque, dans cette dernière division:

_les Femmes illustres_, de Scudéry; _la Princesse de Clèves_ et

_Zaïde_, de Mme de la Fayette; _les Aventures de Télémaque_; les

_Mémoires du Chevalier de Grammont_, par Hamilton; _Gil-Blas_; les

_Contes moraux_, de Marmontel; presque tous les romans de Mme

Riccoboni; _Robinson Crusoé_, _Gulliver_, _Tom Jones_, de Fielding;

_Clarisse Harlowe_ et _Grandisson_, de Richardson; les _Contes_ _de

fées_, de Mme d'Aulnoy; la traduction de Shakespeare, par Letourneur;

etc.

La COMTESSE D'ARTOIS, Marie-Thérèse de Savoie, seconde fille du duc

Victor-Amédée III, mariée en 1773 au comte d'Artois, futur Charles X,

sœur de la comtesse de Provence (1756-1805).

Sa bibliothèque, une des plus importantes de l'époque, fut formée par

les soins du littérateur François-Félix Nogaret, l'auteur du _Fond du

sac_. Ses livres étaient reliés en maroquin rouge, avec un simple

«trois filets», comme ceux de sa sœur, avec lesquels on les confond

souvent[416].

[416] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 335.

Le duc de DEVONSHIRE, William (1748-1811), épousa en premières noces

la fille du comte Spencer, GEORGINA (1757-1806), et en secondes noces

la fille de lord Hervey, ÉLISABETH (1759-1824), qui, toutes les deux,

montrèrent un vif penchant pour les lettres et les livres[417].

[417] Cf. LAROUSSE, _ouvrage cité_, article Devonshire.

LOUISE-ADÉLAÏDE DE BOURBON-CONDÉ, tante du duc d'Enghien (1757-1824).

Elle témoigna toute sa vie d'une austère piété, fut abbesse de

Remiremont, et vécut pour ainsi dire dans les couvents,--ce qui ne

l'empêcha pas d'entretenir, en 1786 et 1787, avec un jeune officier,

M. de la Gervaisais, une correspondance galante, qui a été publiée, en

1834, par Ballanche[418].

[418] Cf. Ludovic LALANNE, _Dictionnaire historique de la

France_, article Condé.

On l'a dite aussi amie des livres.

MADAME ÉLISABETH, Philippine-Marie-Hélène de France, sœur de Louis

XVI (1764-1794).

Sa bibliothèque était «la plus considérable après celle de la reine»

(Marie-Antoinette).

Madame Élisabeth, qui périt sur l'échafaud, après son frère, «vécut

retirée, fuyant les plaisirs, s'appliquant avec ardeur à l'étude des

mathématiques»: elle composa même une table de logarithmes très

ingénieuse, admirée par le savant Lalande[419].

[419] Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 298,

note 1.

«Madame Élisabeth, écrit de son côté Eugène Asse[420], avait reçu une

éducation sévère, sous la surveillance de la comtesse de Marsan,

gouvernante des Enfants de France, et surtout de la baronne de Mackau,

sous-gouvernante. C'est à leurs soins patients que fut due la

transformation qui eut lieu dans le caractère de la jeune princesse,

née emportée et violente: ce fut une répétition de ce qu'autrefois

Fénelon avait fait pour le duc de Bourgogne... Toutefois il est juste

de dire, en ce qui concerne Madame Élisabeth, que si l'éducation en

fit la plus vertueuse des princesses, elle laissa subsister en elle

une énergie qu'on aurait souhaitée à son frère.

[420] _Ouvrage cité_, p. 129 et suiv.

«Elle reçut de Guillaume Le Blond des leçons d'histoire et de

géographie, suivit même assidûment les cours de physique de l'abbé

Nollet. Le docteur Le Monnier, médecin des Enfants de France, et le

docteur Dassy lui apprirent la botanique, dans les longues excursions

qu'ils faisaient avec elle dans la forêt de Fontainebleau, pendant les

séjours de la cour dans cette résidence royale. La fille de la célèbre

Mme Geoffrin, la marquise de la Ferté-Imbault, lui avait donné un

goût très vif pour Plutarque, en composant pour elle une analyse des

_Vies des hommes illustres_.

«Devenue, à quatorze ans (1778), maîtresse de ses actions, elle

s'était arrangé dans sa maison de Montreuil, près de Versailles, une

vie toute d'étude et de charité pratique.

«Elle a, pour secrétaire ordinaire et de cabinet, Chamfort

l'académicien; pour page, ce jeune Adalbert de Chamisso de Boncourt,

que l'émigration jettera en Allemagne, et qui écrira plus tard le

roman de _Pierre Schlemihl_ (1814).

«Madame Élisabeth aima les livres. Ceux de sa bibliothèque étaient

élégamment reliés, timbrés d'un écusson en losange[421] aux armes de

France, surmonté d'une couronne ducale. La Bibliothèque de l'Arsenal

en possède un, l'_Office de Saint-Symphorien_, qui rappelle les

habitudes pieuses de la jeune princesse, et qui a dû l'accompagner

bien souvent dans ses visites à sa paroisse. Cette église de

Saint-Symphorien était celle de Montreuil: église très simple, assez

laide, au style de temple grec, surmontée d'une sorte de pigeonnier

carré, où sonnait une unique cloche, dont Madame Élisabeth avait été

la marraine. Comme la maison de Montreuil n'avait pas de chapelle, la

princesse s'y rendait à pied par les ruelles, souvent «par une crotte

indigne», car l'accès en était difficile aux carrosses.»

[421] Voir ci-dessus, p. 180, note 3.

C'est à propos de cette église que Madame Élisabeth écrivait à Mme de

Raigecourt, un lundi de Pâques:

«J'ai l'air d'une vraie campagnarde: c'est que je suis à Montreuil

depuis midi. J'ai été à vêpres à la paroisse. Elles sont aussi longues

que l'année dernière, et ton cher vicaire chante _O Filii_ d'une

manière aussi agréable. Des Essarts a pensé éclater [de rire], et moi

de même.»

Les vraies fêtes, les seules fêtes même de l'humble château de

Montreuil étaient celles de l'étude et de l'amitié. Entre Mme de

Mackau et son vieux maître Le Monnier, qui tous deux habitaient dans

le voisinage, «la princesse passait des heures délicieuses». «Le

Monnier, raconte Mme d'Armaillé, associait Madame Élisabeth à ses

recherches de botanique dans son jardin, à ses expériences de physique

dans son cabinet. Le jeune Chamisso y assistait souvent à la suite de

la princesse, et il en acquit des connaissances qui, plus tard, ne

furent pas inutiles à sa carrière et à sa réputation.

«Chez elle, nous voyons souvent Madame Élisabeth adonnée à de vrais

plaisirs de bibliophile. Plus d'une de ses matinées est occupée par le

rangement de ses livres.

«Ma bibliothèque est presque finie, écrit-elle à Mme de Raigecourt;

les tablettes se placent; tu n'imagines pas quel joli effet font les

livres[422].»

[422] Cf. Eugène ASSE, _ouvrage cité_, p. 133.

La DUCHESSE DE MONTESQUIOU-FEZENSAC, Louise-Joséphine de la Live

(1764-1832)[423].

[423] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 185.

CHARLOTTE CORDAY, Marianne-Charlotte de Corday d'Armans ou d'Armont,

qui assassina Marat (1768-1793).

Elle était arrière-petite-nièce de Corneille et fut élevée à Caen, à

l'abbaye des Dames.

«Ses vrais amis étaient ses livres, écrit d'elle Michelet[424]. La

philosophie du siècle envahissait les couvents. Lectures fortuites et

peu choisies. Raynal pêle-mêle avec Rousseau. «Sa tête, dit un

journaliste, était une furie de lectures de toutes sortes.»

[424] _Histoire de la Révolution française_, livre XII, chap. IV,

t. VII, p. 321 et suiv. (Paris, Marpon et Flammarion, 1879).

En quittant le domicile de sa tante, à Caen, pour se rendre à Paris et

y exécuter son sinistre dessein, «elle distribua ses livres, sauf un

volume de Plutarque, qu'elle emporta avec elle», ajoute Michelet, et,

la veille du 13 juillet, où elle assassina Marat, «elle passa le jour

à lire tranquillement les _Vies_ de Plutarque, la bible des forts».

On a trouvé un volume ayant appartenu à Charlotte Corday: _Typus

mundi..._, dont le feuillet de garde porte son nom: C. CORDAY

DARMONT[425].

[425] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 462.

MADAME ROYALE, Marie-Thérèse-Charlotte de France, dite Madame Royale,

fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, mariée en 1799 à son cousin

le duc d'Angoulême (1778-1851).

Elle est mise aussi au rang des bibliophiles par

Quentin-Bauchart[426].

[426] Cf. _ouvrage cité_, t. II, p. 459.

Dans ses _Mémoires d'outre-tombe_, particulièrement dans le tome VI,

pages 139 et suivantes (édition Edmond Biré), Chateaubriand donne

d'abondants et curieux détails sur la duchesse d'Angoulême.

Mme SWETCHINE, née Anne-Sophie Soymonoff (1782-1857). «C'était une

grande liseuse, et qui (chose rare chez son sexe) savait lire, ne

perdant rien de ses lectures, crayonnant, écrivant à la marge du

livre, prenant des notes, copiant des extraits, rédigeant des résumés,

tenant des journaux intimes, se formant des recueils de renseignements

et d'arguments», dit le critique Jules Levallois[427].

[427] _La Piété au dix-neuvième siècle_, p. 21 (Paris, Michel

Lévy, 1864). On possède trente-cinq de ces cahiers d'extraits de

lectures, nous apprend Sainte-Beuve qui a consacré à Mme

Swetchine deux importants articles (_Nouveaux Lundis_, t. I, p.

209-254).

M. de Falloux a raconté la vie et publié la correspondance et diverses

œuvres de Mme Swetchine, qui, de son vivant, a joui d'une grande

réputation dans le monde religieux: il a même été question de la

canoniser. Elle poussait la piété jusqu'au plus singulier mysticisme,

à l'hallucination ou à l'enfantillage, et nombre d'anecdotes ont

couru à ce sujet. Elle obligea un jour son mari, de vingt-cinq ans

plus âgé qu'elle, à se priver d'une montre à laquelle il tenait

beaucoup: «Il faut vous mortifier!» lui déclara-t-elle. Une mouche

tombait-elle dans sa baignoire, elle la retirait de l'eau, la mettait

au soleil, lui faisait reprendre vie: «N'est-ce pas une petite

créature du bon Dieu?[428]»

[428] Cf. Jules LEVALLOIS, _ouvrage cité_, p. 31-32;--et

SAINTE-BEUVE, _ouvrage cité_, t. I, p. 254.

MARIE-AMÉLIE DE BOURBON, femme de Louis-Philippe Ier, roi des Français

(1782-1866), est aussi classée au nombre des bibliophiles[429].

[429] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 100.

De même, HORTENSE DE BEAUHARNAIS, mariée, en 1802, à Louis Bonaparte,

roi de Hollande (1783-1837)[430].

[430] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 123.

Mme DE TRACY, Sarah ou Sara Newton (1789-1850), femme en premières

noces du colonel puis général Le Tort, et en secondes noces du marquis

Alexandre-César-Victor-Charles Destutt de Tracy, qui fut ministre de

la marine en 1848-1849 et protesta contre le coup d'État de Napoléon

III.

On a publié d'elle trois volumes d'_Essais, Lettres et Pensées_[431],

auxquels Sainte-Beuve a consacré un très intéressant article[432].

[431] Paris, Plon, 1852; non mis en vente.

[432] _Causeries du lundi_, t. XIII, p. 189-209.

Mme de Tracy, qui appartenait à la famille du grand Newton, avait la

passion de la lecture et de l'étude, et dissertait longuement sur ce

double sujet avec son amie Mme de Coigny. «Mme de Coigny me donne des

leçons de prononciation, de ponctuation, et me recommande de faire des

notes sur tout ce que je lis, et d'écrire tous les jours ce que je

pense: c'est une façon de savoir si on est bête[433].»

[433] Cf. SAINTE-BEUVE, _ouvrage cité_, t. XIII, p. 195.

C'est à Mlle Newton que l'helléniste Boissonade adressait un jour ce

reproche et ces très sagaces conseils:

«Vous ne savez pas lire. _Vous lisez comme si vous mangiez des

cerises._ Une fois la lecture faite, vous ne pensez plus à ce que vous

avez lu, et il ne vous en reste rien. Il ne faut pas lire toutes

sortes de choses au hasard; il faut mettre de l'ordre dans ses

lectures, y réfléchir, et s'en rendre compte[434].»

[434] Cf. SAINTE-BEUVE, _ouvrage cité_, t. XIII, p. 195-196.

Les notes recueillies par Mme de Tracy sont, au point de vue de

l'étude et de la lecture, très dignes d'attention, des plus

fructueuses, et prouvent bien qu'elle était loin d'«être bête».

«J'ai organisé mon travail, et je suis décidée à traduire tout de bon

le livre des _Offices_ de saint Ambroise, dont je n'avais fait que de

courts extraits. Quel bonheur d'avoir de la volonté et de l'aptitude

pour une occupation quelconque. Que de charme à voir là, devant moi,

cette multitude de gros volumes que je n'aurai jamais le temps de lire

jusqu'au bout!»

«...Je retire chaque jour de mes lectures un fruit inappréciable. Je

goûte le bonheur d'avoir devant moi une occupation plus longue que la

vie. _Ne pas savoir se créer une occupation sérieuse lorsque la

vieillesse commence, c'est vouloir mourir d'une mort anticipée._ Que

font de leur vie les femmes oisives, quand elles ne peuvent plus la

dépenser dans le monde? elles la passent dans leur lit. La vieillesse

est pour elles comme l'Enfer de Dante, à la porte duquel on laisse

toutes les espérances[435].

[435] Cf. SAINTE-BEUVE, _ouvrage cité_, t. XIII, p. 203-204.

«La vraie philosophie, écrit-elle encore[436], c'est de préférer ce

qu'on a, et de voir toutes choses du bon côté. De même, le vrai

Christianisme consiste à faire à tous les êtres animés, bêtes et gens,

le plus de bien possible, et à attendre la mort sans crainte comme

sans impatience.»

[436] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. XIII, p. 207.

Une étrange particularité à signaler à propos de cette femme

remarquable: «elle regretta si vivement son premier mari, le général

Le Tort, qu'elle s'obstina à garder, assure-t-on, le cercueil du mort

dans sa chambre à coucher, jusque dans les premiers temps de son

second mariage[437]».

[437] ID., _ouvrage cité_, t. XIII, p. 209, note 1.

La PRINCESSE D'ISENGHIEN, Marguerite-Camille Grimaldi

(1790-....)[438].

[438] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 166.

La DUCHESSE DE BERRY, Marie-Caroline, fille du roi de Naples Ferdinand

Ier, mariée, en 1816, à Charles-Ferdinand de Bourbon, duc de Berry,

deuxième fils du comte d'Artois, depuis Charles X (1798-1870).

Elle avait un esprit très vif et l'amour des lettres et des

arts, remarque Eugène Asse, dans son étude sur _les Bourbons

bibliophiles_[439]. Même après l'assassinat de son mari, frappé d'un

coup de poignard par Louvel, à la porte de l'Opéra, en 1820, elle

resta la protectrice des artistes et des gens de lettres. Sa

collection de tableaux et la bibliothèque qu'elle s'était formée au

château de Rosny, près de Mantes, furent également célèbres. Les

événements de 1830 les dispersèrent l'une et l'autre.

[439] Page 134.

«La bibliothèque du château de Rosny fut une des mieux choisies, des

plus élégantes par ses exemplaires et par ses reliures, que l'on ait

comptées dans la première moitié du dix-neuvième siècle. Les livres en

étaient presque tous timbrés sur le plat recto aux armes de la

duchesse: _de France à la bordure engrêlée de gueules qui est de

Berry, accolé des Deux-Siciles_; sur le plat verso, de son chiffre C

couronné[440].»

[440] Eugène ASSE, _ouvrage cité_, p. 134-135.

La vente de cette bibliothèque eut lieu en 1837. Le _Catalogue_, où

figurent, sur la feuille de titre, les armes de la duchesse, très

finement gravées en taille-douce, entourées de la cordelière des

veuves et de deux branches de lis, comprend 2578 numéros pour les

livres et 74 pour les estampes. La théologie y est représentée par 141

articles, la jurisprudence par 36, les sciences et arts par 445, les

belles-lettres par 565, l'histoire par 1163; les manuscrits sont au

nombre de 86 et les lettres autographes de 54.

L'auteur de la préface de ce _Catalogue_[441] considère comme

«superflu» l'éloge de cette bibliothèque, où chaque article annonce

presque toujours le plus bel exemplaire, enrichi de gravures, de

portraits ou d'une somptueuse et élégante reliure. Les manuscrits

doivent exciter la curiosité à un très haut degré. Depuis plus de

trente ans, ajoute l'auteur de cette préface, il ne s'est pas présenté

de collection aussi précieuse sous le rapport de l'antiquité

historique; une grande partie de ces richesses proviennent du célèbre

Pithou et ont été recueillies par lui.

[441] Paris, Bonange père, Techener et Bataillard, in-8, 264

pages.

Parmi ces manuscrits nous mentionnerons: le _Code Théodosien_, du

sixième siècle, qu'une note de Pithou (XVIe siècle) dit avoir servi à

Cujas pour sa publication des Codes;--le _Roman de la Rose_, manuscrit

sur vélin, du treizième siècle;--le _Roman de Gaides_, en vers,

manuscrit de la fin du treizième siècle.

Quelques années avant la mort de la duchesse de Berry, survenue en

1870, eut lieu une seconde vente de manuscrits lui ayant appartenu.

Cette collection avait été distraite de la première, et ne comprenait

que 35 articles. La vente produisit 98.085 francs. Un seul _Livre

d'heures_--l'incomparable _Livre d'heures_ de Henri II et de Catherine

de Médicis,--fut adjugé au prix de 60.000 francs pour le Musée des

Souverains[442].

[442] Cf. Eugène ASSE, _ouvrage cité_, p. 139;--et Joannis

GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 106-107.

La COMTESSE DE CHESSY-FOURCY, Madeleine Boucherat (....-1714).

Son mari était prévôt des marchands de Paris en 1684[443].

[443] Cf. ID. _ouvrage cité_, t. I, p. 161.

La DUCHESSE DE DURFORT DE DURAS, Marguerite-Félicité de

Lévis-Ventadour (....-1717)[444].

[444] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 154.

Mme DE SÉGUR, Charlotte-Émilie Le Fèvre de Caumartin, femme du

président de Ségur (....-1729)[445].

[445] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 201.

La DUCHESSE DE NOAILLES, Françoise-Charlotte-Amable d'Aubigné, nièce

de Mme de Maintenon, épouse du duc de Noailles, maréchal de France

(....-1739)[446].

[446] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 190.

ÉLISABETH DE LA ROCHEFOUCAULD DE ROYE DE ROUCY, religieuse, abbesse de

Saint-Pierre de Reims (....-1744)[447].

[447] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 170.

La MARQUISE D'ARGOUGES, Françoise Le Pelletier (....-1745)[448].

[448] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 133.

ÉLISABETH-ÉLÉONORE DE LA TOUR D'AUVERGNE, abbesse de Thorigny, en

Normandie (....-1746)[449].

[449] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 172.

La DUCHESSE DE MONTMORENCY-LUXEMBOURG, Marie-Sophie-Honorate Colbert

de Seignelay (....-1747)[450].

[450] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 187.

MARIE-ANNE DE LA VIEFVILLE, abbesse de Gomerfontaine (....-1751)[451].

[451] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 424.

La DUCHESSE D'AUMONT, Victoire-Félicité de Durfort-Duras

(....-1753)[452].

[452] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 133.

La MARQUISE DE MONTMORENCY-LAVAL, Marie-Thérèse de Hautefort

(....-1753)[453].

[453] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 188.

La COMTESSE ou MARQUISE D'ANGENNES, Marie-Françoise de Mailly

(....-1760).

La vente de ses livres eut lieu à Paris, après son décès, le 21

juillet 1760[454].

[454] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 132;--et la

_Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p. 349,

article de M. Maurice Tourneux.

La MARQUISE DE GALLIFET ou GALLIFFET, Marie-Denise-Élisabeth Pucelle

(....-1761)[455].

[455] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 162.

La DUCHESSE DE LUYNES ET DE CHEVREUSE, Marie Bruslart ou Brûlart

(....-1763)[456].

[456] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 179.

Mme THIROUX DE LAILLY, Claude Buffaut de Millery (....-1766), femme de

Jean-Louis-Lazare Thiroux de Lailly, seigneur d'Arconville

(1682-1742), fermier général, puis trésorier général de la maison du

Roi, qu'elle avait épousé en 1709 et dont elle eut trois fils.

La vente de ses livres eut lieu à Paris, après son décès, le 12 mai

1766 et jours suivants[457].

[457] Cf. la _Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule

IV, p. 349, article de M. Maurice Tourneux.--Il ne faut pas

confondre, comme on l'a fait parfois, Mme Thiroux de Lailly, née

de Millery, décédée en 1766, avec Mme Thiroux d'Arconville, née

Darlus (1720-1805), ni non plus Mme Thiroux de Crosne, née de la

Michodière (1747-....).

La MARQUISE DE MANCINI, Gabrielle-Yolande-Claude-Martine de Polastron

(....-1773?)

La vente de sa bibliothèque eut lieu à Paris, et sans doute après son

décès, le 26 juillet 1773 et jours suivants[458].

[458] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 182;--et la

_Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p. 350,

article de M. Maurice Tourneux.

Mme DE LA HAYE, Marie-Adélaïde-Victoire Bouret de Valroche

(....-1776).

Son mari était fermier général[459].

[459] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 168.

Mme DE L'ÉPINETTE LE MAIRAT ou DE LESPINETTE DE MEIRAT,

Marie-Thérèse-Geneviève, marquise de Bruyères, Pecquot de

Saint-Maurice (....-1783).

Son mari était président à la Cour des comptes en 1755[460].

[460] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 177.

La DUCHESSE DE DURFORT-CIVRAC, Anne-Marie de la Faurie de Monbadon (ou

Monbardon?) (....-1786)[461].

[461] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 155.

La COMTESSE DE VERGENNES, Anne de Vivier (ou du Vivier?)

(....-1787)[462].

[462] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 206.

La CITOYENNE MONTESQUIEU; peut-être Françoise-Catherine de

Narbonne,--ou Jeanne-Marie Hocquart (....-1793).

Quel que soit le nom véritable de cette femme, elle a laissé une

importante bibliothèque dont Quentin-Bauchart donne la liste des

ouvrages[463].

[463] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 461.

Mme DE PÉRUSSE D'ESCARS (ou DE PEYRUSSE DES CARS), Marie-Élisabeth de

Lastic (....-1793)[464].

[464] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 192.

Mme D'ALIGRE, Madeleine-Catherine Boivin de Bonnetot, mariée, en 1711,

à Étienne d'Aligre (XVIIIe siècle)[465].

[465] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 131.

MARIE DE BASTARD DE LA FITTE, abbesse du monastère royal de Favas,

diocèse de Comminges, en 1722 (XVIIIe siècle)[466].

[466] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 134.

Mme DE BAUYN D'ANGERVILLIERS, née Mathefelon (XVIIIe siècle)[467].

[467] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 135, qui ne donne aucune

date relative à cette bibliophile.

ANNE-MARIE-LOUISE DE BELZUNCE (ou BELSUNCE), grande prieure de

l'abbaye de Saintes, puis abbesse du Roncerai, à Angers, vers 1709

(XVIIIe siècle)[468].

[468] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 136.

La VICOMTESSE DE BELZUNCE (ou BELSUNCE), N. de la Live d'Épinay

(XVIIIe siècle)[469].

[469] Cf. ID., _ibid._

Mme BLONDEL D'AUBERS, Marie-Anne de Calonne, sœur du ministre de

Louis XVI (XVIIIe siècle)[470].

[470] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 138.

HENRIETTE DE BOURBON DE LA GUICHE, dite Mademoiselle de Verneuil,

fille naturelle et légitimée de Louis-Henri de Bourbon,--prince de

Condé, premier ministre de Louis XV (XVIIIe siècle)[471].

[471] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 168.

Mme GUILLAUME DE BURE, mère des deux libraires de Bure (XVIIIe

siècle).

«Deux classes de livres surtout composaient sa précieuse bibliothèque:

les livres de piété et les livres espagnols», écrit Silvestre de

Sacy[472].

[472] _Variétés littéraires, morales et historiques_, t. I, p.

246 (Paris, Didier-Perrin, 1884, 2 vol. in-12, 5e édition).

Mme CAMUS DE PONTCARRÉ, Angélique-Élisabeth, fille de Geoffroy-Macé

(XVIIIe siècle)[473].

[473] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 142.

La DUCHESSE DE CHATILLON, Adrienne-Félicité de la Baume Le Blanc de la

Vallière, fille unique du célèbre bibliophile, le duc Louis-César de

la Vallière, petit-neveu de la maîtresse de Louis XIV, et qui, mort en

1780, à soixante-douze ans, rassembla, dans son château de Montrouge,

«la plus riche bibliothèque que jamais particulier ait possédée en

France[474]». La duchesse de Châtillon avait ainsi reçu le goût des

livres en héritage[475] (XVIIIe siècle).

[474] Ludovic LALANNE, _Dictionnaire historique de la France_. Le

duc de la Vallière aimait tellement les livres qu'il passe pour

ne pas s'être toujours montré fort scrupuleux sur les moyens de

s'en procurer, du moins dans sa vieillesse et lorsque sa passion

était devenue manie. «N'est-il pas arrivé maintes fois que son

valet de chambre reportât le lendemain aux divers marchands les

bijoux (bibliographiques) qu'il trouvait dans les poches de son

maître sans que celui-ci les eût achetés?» (Paulin PARIS, _Notice

sur Tallemant des Réaux_, les Historiettes, t. VI, p. 427, Paris,

Techener, 1862).

[475] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 145-146.

La MARQUISE CROZAT DU CHATEL; Marguerite Legendre, mariée, en 1696, à

Antoine Crozat, marquis du Châtel, receveur des finances à Bordeaux

(XVIIIe siècle)[476].

[476] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 147.

Mme VEUVE DIEZ (XVIIIe siècle)[477].

[477] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 150.

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