MARIE-ANNE CHRISTINE DE BAVIÈRE, femme du Grand Dauphin, fils de Louis
XIV et de Marie-Thérèse (....-1690).
Elle avait des goûts sérieux, aimait les lettres, et elle protégea
Racine[279].
[279] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 415.
MARIE-CATHERINE LE CAMUS DE NICOLAI (....-1698)[280].
[280] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 189.
CHARLOTTE D'ALBERT D'AILLY DE CHAULNES, religieuse à
l'Abbaye-aux-Bois, puis à Poissy (....-1707)[281].
[281] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 130.
LOUISE-ISABELLE D'ANGENNES DE RAMBOUILLET, religieuse, abbesse de
Saint-Étienne de Reims, décédée presque nonagénaire (....-1707)[282].
[282] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 132.
Mme FRANÇOISE DOUJAT, Madeleine Tiraqueau, dont le mari était maître
d'hôtel du roi (....-1709)[283].
[283] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 151.
La MARQUISE DE LAMOIGNON-BAVILLE, Marie-Jeanne Voysin, mariée, en
1674, à Chrétien-François Lamoignon, marquis de Baville (....-1727).
Conseiller au Parlement, puis avocat général, puis président à
mortier, Chrétien-François Lamoignon fut nommé membre de l'Académie
des inscriptions, en 1704. Comme son père, il était lié avec les beaux
esprits du temps, et c'est à lui que Boileau a adressé sa sixième
épître. La bibliothèque du président Lamoignon, qui renfermait
d'importants manuscrits, est passée en Angleterre[284].
[284] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 169:--et
Ludovic LALANNE, _Dictionnaire historique de la France_.
* * * * *
DIANE-FRANÇOISE D'ALBRET, abbesse de Sainte-Croix de Poitiers de 1650
à 1680 (XVIIe siècle)[285].
[285] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 130.
La COMTESSE DE BERLAYMONT, Marguerite de Lalaing (XVIIe siècle)[286].
[286] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 137.
Mme NICOLAS BOUCOT, née Néthine (XVIIe siècle)[287].
[287] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 138.
La MARQUISE DE BULLION-WIDEVILLE, Marie-Catherine de Beauveau (XVIIe
siècle).
Sa bibliothèque contenait une fort belle collection d'œuvres
dramatiques[288].
[288] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 141.
HONORÉE DE BUSSY (XVIIe siècle)[289].
[289] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 406.
Mme DUGAS DE BOIS-SAINT-JUST, née Maindestre (XVIIe siècle).
Son mari était échevin de la ville de Lyon en 1658 et prévôt en
1696[290].
[290] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 153.
Mme LOUISE DE DURFORT, fille de Jean de Durfort, mariée, en 1683, à
Jean-Louis de Durfort, son cousin (XVIIe siècle)[291].
[291] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 153.
La MARQUISE DE FOUQUET, Marie-Jeanne Guyon (XVIIe siècle)[292].
[292] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 161.
N. DE GROSSOLLES DE FLAMARENS, abbesse des Bénédictines (XVIIe
siècle)[293].
[293] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 165.
La PRINCESSE DE GUÉMÉNÉ, mariée, en 1617, à Louis VII de Rohan, prince
de Guéméné, son cousin germain (XVIIe siècle)[294].
[294] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 399.
La DUCHESSE DE LA ROCHEFOUCAULD, femme de l'auteur des _Maximes_
(XVIIe siècle)[295].
[295] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. II, p. 406.
MADELEINE DE LÉRIS (XVIIe siècle)[296].
[296] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. II, p. 408.
ERNESTINE DE LIGNE, mariée à Jean, comte de Nassau-Dillenbourg-Siegen,
général de la cavalerie de Flandre (XVIIe siècle)[297].
[297] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 178.
CLAUDE DE LORRAINE, fille du duc Henri II de Lorraine, mariée en 1634
(XVIIe siècle)[298].
[298] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 404.
Mme THÉVENOT, femme de Melchisédech Thévenot, garde de la Bibliothèque
du roi (XVIIe siècle).
Melchisédech Thévenot (vers 1620-1692), qui avait beaucoup voyagé,
avait rapporté en France quantité de livres rares et de manuscrits
précieux. Il tenait, dans sa maison d'Issy, des réunions périodiques,
où chaque invité rendait compte des expériences et découvertes
scientifiques qu'il faisait: ce fut là, dit Ménage, l'origine de
l'Académie des sciences.
Un neveu de Melchisédech Thévenot, Jean de Thévenot (avec la particule
nobiliaire) (1633-1667), qui fut aussi un infatigable voyageur et qui
mourut en Arménie, passe pour être l'introducteur du café en
France[299].
[299] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 202, et t.
II, p. 447-448;--MICHAUD, _Biographie universelle_;--Ludovic
LALANNE, _Dictionnaire historique de la France_;--etc.
VI
La reine MARIE LESZCZYNSKA, femme de Louis XV (1703-1768).
Cette princesse, victime résignée, vertueuse, se réfugia dans la
religion et aussi dans le culte des arts. Le roi, dans sa froideur
était avec la reine «d'une régularité impitoyable. D'Argenson écrit:
Il lui fit sept enfants sans lui dire un mot.[300]»
[300] MICHELET, _Histoire de France_, t. XVIII, chap. VII, p. 119
(Paris, Marpon et Flammarion, 1879).
Non seulement elle s'occupait de peinture, de gravure et de musique,
mais elle lisait beaucoup, même des ouvrages ardus, principalement des
livres pieux et des récits historiques. Sa bibliothèque, peu
nombreuse, était composée de volumes traitant surtout de ces deux
sujets: religion et histoire. Ses livres, reliés par Padeloup, sont
conservés pour la plupart à la Bibliothèque nationale[301].
[301] Cf. Eugène ASSE, _ouvrage cité_, p. 118.
La reine Marie Leszczynska avait fait établir une petite imprimerie
dans son cabinet, et elle se plaisait à composer et à imprimer de
jolis livres de piété, dont elle faisait cadeau à son entourage. Elle
avait ainsi fait de l'imprimerie un amusement, et mis cet amusement à
la mode[302].
[302] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 40
et suiv. et p. 97, note 1.--Voir aussi Antony VALABRÈGUE, _les
Princesses artistes_, p. 18 et suiv. (Paris, Dupret, 1888).
La DUCHESSE D'ORLÉANS, Auguste-Marie-Jeanne de Bade, femme de Louis,
duc d'Orléans, belle-fille du Régent, bisaïeule du roi Louis-Philippe
(1704-1726)[303].
[303] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 443.
La DUCHESSE DE BOUFFLERS, plus tard DUCHESSE ET MARÉCHALE
DE MONTMORENCY-LUXEMBOURG, ou MARÉCHALE DE LUXEMBOURG,
Madeleine-Angélique de Neufville de Villeroy (1707-1787)[304].
[304] Cf. Joannis GUIGARD, ouvrage cité, t. I, p.
187;--_Correspondance de Mme du Deffand_, t. III, p. 475, et
_passim_ (édition Sainte-Aulaire);--etc.
Mariée en 1721, à quatorze ans, à Joseph-Marie, duc de Boufflers,
mort en 1747, Madeleine-Angélique de Neufville de Villeroy épousa
en secondes noces, en 1750, Charles-François-Frédéric de
Montmorency-Luxembourg, maréchal de France[305]. C'est sur elle
que le comte de Tressan fit la fameuse chanson:
Quand Boufflers parut à la cour,
On crut voir la mère d'Amour;
Chacun s'empressait à lui plaire,
Et chacun l'avait à son tour[306].
[305] Sainte-Beuve, qui la qualifie d'«arbitre souverain de
l'usage et de la politesse», dit qu'«elle l'avait pour amant déjà
(le maréchal de Luxembourg), depuis quelques années, et n'en
faisait point mystère: on a des couplets d'elle, où elle s'en
vante à la face de la première duchesse de Luxembourg, laquelle
avait pour ami, de son côté, Pont-de-Veyle, de même que Mme du
Châtelet avait Voltaire. Toutes ces passions, toutes ces liaisons
se mêlaient, s'entre-croisaient, et à ciel découvert... Les
mœurs de Mme de Boufflers furent celles du grand monde de son
temps, c'est-à-dire plus que légères.» (_Nouveaux Lundis_, t. IV,
p. 7 et 8.)
[306] Pour que ce quatrain fût régulier, il faudrait une rime à
_plaire_; aussi a-t-on proposé diverses corrections, celles-ci,
par exemple:
/*
On croyait voir d'Amour la mère;
*/
ou bien:
/*
Venant de l'île de Cythère.
*/
(Cf. _l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_, 7 juillet 1899,
col 2.)
«Quand Mme de Boufflers chantait plus tard ce couplet, elle s'arrêtait
au dernier vers et disait: _J'ai oublié le reste_. Un jour, elle se
mit à marmotter cette chanson devant M. de Tressan lui-même, en
disant: «Connaissez-vous l'auteur? Elle est si jolie que non seulement
je lui pardonnerais, mais je crois que je l'embrasserais.» Tressan y
fut pris comme le corbeau de la fable, et il dit: «Eh bien, c'est
moi!» Elle lui appliqua deux bons soufflets[307].»
[307] SAINTE-BEUVE, _Nouveaux Lundis_, t. IV, p. 11.
Il est très fréquemment question de la maréchale de Luxembourg dans
les _Confessions_ de Jean-Jacques, qui l'avait connue alors qu'elle
était la duchesse de Boufflers, et à qui elle témoigna un vif intérêt.
Trois grandes dames du dix-huitième siècle, toutes trois grandes amies
des galants plaisirs mais aussi des livres et des lettres, ont porté
le nom de Boufflers[308].
[308] J'en trouve même une quatrième, bibliophile tout au moins
celle-ci, la DUCHESSE DE BOUFFLERS, Marie-Anne-Thérèse-Philippe
de Montmorency-Laval (....-....), mariée, en 1747, à
Charles-Joseph de Boufflers, né en 1731, et mort en 1751, à vingt
ans. Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 138.
«Il y eut trois femmes du nom de Boufflers fort célèbres et très à la
mode dans le grand monde et dans le même temps, écrit Sainte-Beuve[309]:
la duchesse de Boufflers... qui échangea plus tard son nom contre celui
de maréchale-duchesse de Luxembourg. Ce fut la dernière figure tout à
fait en vue de vieille femme et de grande dame imposante dans l'ancienne
société...
[309] _Nouveaux Lundis_, t. IV, p. 164-165.
«Il y avait encore la marquise de Boufflers, la digne mère du léger et
spirituel chevalier, l'amie du bon roi Stanislas, et qui faisait les
beaux jours de la petite Cour de Lunéville à l'époque où Mme du
Châtelet et Voltaire y étaient invités. C'est à elle que le bon vieux
roi disait un soir en la quittant et en lui baisant plusieurs fois la
main, devant son chancelier, qui passait pour en être lui-même
amoureux: «Mon chancelier vous dira le reste.» On citait de sa façon
maint couplet, des impromptus de société, des épigrammes, et peu de
personnes, nous dit La Harpe, ont mis dans ces sortes de bagatelles
une tournure plus piquante. Mais... femme aimable et qu'on aime à
rencontrer dans ce monde-là, elle n'a pas, dans l'histoire de la
société d'alors, le degré d'importance des deux autres.
«La comtesse de Boufflers, qu'on a souvent confondue avec la
précédente, et qui, sans qu'on veuille en rien faire tort à celle-ci,
lui était, au dire de bons témoins, «supérieure en figure, en
agréments, en esprit et en raison»; qui avait aussi, il faut en
convenir, plus de prétentions qu'elle au bel esprit et à l'influence,
a pour qualité distinctive d'avoir été l'amie du prince de Conti,
celle de Hume l'historien, de Jean-Jacques, du roi de Suède Gustave
III; elle est perpétuellement désignée dans la Correspondance de Mme
du Deffand sous le nom de _l'Idole_: le prince de Conti ayant dans sa
juridiction le Temple en qualité de grand-prieur, la dame favorite qui
y venait, qui même y logeait et y avait son jardin et son hôtel
attenant, s'appelait tout naturellement _l'Idole du Temple_ ou, par
abréviation, _l'Idole_.»
Voici, toujours empruntées à Sainte-Beuve, quelques anecdotes sur la
comtesse de Boufflers:
«Un jour, oubliant qu'elle était la maîtresse du prince de Conti, il
lui échappa de dire qu'elle méprisait une femme qui avait (c'était le
mot d'alors) un prince du sang. Comme on lui faisait sentir
l'inconséquence: «Je veux, dit-elle, rendre à la vertu par mes paroles
ce que je lui ôte par mes actions.»
«Un autre jour, elle reprochait vivement à son amie la maréchale de
Mirepoix de voir Mme de Pompadour, et, se laissant emporter à la
vivacité de l'altercation, elle alla jusqu'à dire: «Ce n'est, au bout
du compte, que la première fille du royaume.»--«Ne me forcez pas de
compter jusqu'à trois», répliqua la maréchale. La seconde, en effet,
eût été Mlle Marquise, maîtresse du duc d'Orléans, et, par ordre de
rang ou de préséance, Mme de Boufflers venait la troisième. La
repartie était cruelle»[310].
[310] SAINTE-BEUVE, _Nouveaux Lundis_, t. IV, p. 178-179.
Si inconstante et légère qu'elle fût, dans sa jeunesse du moins, la
comtesse de Boufflers est l'auteur d'un curieux code de morale
mondaine et de sagesse virile, voire stoïque, qui ne laisse pas
d'étonner sous sa plume, et dont, souvent et certainement, elle aurait
dû mieux faire elle-même son profit:
«Dans la conduite, simplicité et raison.
«Dans l'extérieur, propreté et décence.
«Dans les procédés, justice et générosité.
«Dans l'usage des biens, économie et libéralité.
«Dans les discours, clarté, vérité, précision.
«Dans l'adversité, courage et fierté.
«Dans la prospérité, modestie et modération.
«Dans la société, aménité, obligeance, facilité.
«Dans la vie domestique, rectitude et bonté sans familiarité.
«S'acquitter de ses devoirs selon leur ordre et leur importance.
«Ne s'accorder à soi-même que ce qui vous serait accordé par un tiers
éclairé et impartial.
«Éviter de donner des conseils; et, lorsqu'on y est obligé,
s'acquitter de ce devoir avec intégrité, quelque danger qu'il puisse y
avoir.
«Lorsqu'il s'agit de remplir un devoir important, ne considérer les
périls et la mort même que comme des inconvénients et non comme des
obstacles.
«Tout sacrifier pour la paix de l'âme.
«Combattre les malheurs et la maladie par la tempérance.
«Indifférent aux louanges, indifférent au blâme, ne se soucier que de
bien faire, en respectant, autant qu'il sera possible, le public et
les bienséances.
«Ne se permettre que des railleries innocentes, qui ne puissent
blesser ni les principes ni le prochain.
«Mépriser le crédit, s'en servir noblement et mériter la
considération[311].»
[311] Dans SAINTE-BEUVE, _Nouveaux Lundis_, t. IV, p. 227-228.
La DUCHESSE DE MIREPOIX, Anne-Marguerite-Gabrielle de Beauveau-Craon
(1707-1791)[312].
[312] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 183;--et la
_Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p. 351,
article de M. Maurice Tourneux sur _les Bibliothèques féminines
au XVIIIe siècle_.
La DUCHESSE DE MONTMORENCY-BOUTEVILLE, Anne-Angélique de Harlus de
Vertilly (1709?-1769)[313].
[313] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 186.
La DUCHESSE DE RUFFEC, Marie-Jeanne-Louise Bauyn d'Angervilliers,
veuve en premières noces du président de Maisons, ami de Voltaire, et
en second lieu d'Armand-Jean de Saint-Simon, duc de Ruffec, pair de
France, maréchal de camp, grand d'Espagne de première classe
(1711?-1761).
Très instruite dans l'histoire et les lettres, douée d'un esprit vif
et d'un jugement sûr, la duchesse de Ruffec avait rassemblé une
collection de livres qui passait, avec raison, pour l'une des plus
remarquables de son temps.
La vente de cette importante bibliothèque eut lieu à Paris, le 8 mars
1762 et jours suivants, peu après le décès de la duchesse[314].
[314] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 198;--et la
_Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p. 349,
article de M. Maurice Tourneux.
La DUCHESSE DE BRANCAS ou DE VILLARS-BRANCAS, Louise-Diane-Françoise
de Clermont-Gallerande (1711-1784).
Sa bibliothèque, composée de 3000 à 4000 volumes, tous d'un très bon
choix, bien conditionnés, dont beaucoup étaient reliés en maroquin, et
qui contenait «quelques livres d'histoire naturelle enluminés avec
soin», fut mise en vente à Paris, après le décès de la duchesse, le 28
décembre 1784 et jours suivants[315].
[315] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 140;--et la
_Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p. 350,
article de M. Maurice Tourneux.
La DUCHESSE DE BRANCAS-LAURAGUAIS, Diane-Adélaïde de Mailly
(1714-1769).
Sa bibliothèque fut mise en vente à Paris le 21 mai 1770[316].
[316] _Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p.
350, article de M. Maurice Tourneux.
Mme DE WATTEVILLE (ou VATTEVILLE), Marie-Louise-Rosalie Phelypeaux de
Pontchartrain, marquise de Conflans (1714-....)[317].
[317] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 205.
Mme DUREY DE NOINVILLE, Marie-Suzanne-Françoise-Pauline de Simiane
(1715-....)[318].
[318] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 153.
La DUCHESSE DE BEAUVILLIERS DE SAINT-AIGNAN, Marie-Suzanne-Françoise
de Creil de Bournezeau (1716-....).
«Pieuse et riche, dit le duc de Luynes, la duchesse de Beauvilliers
avait réuni un grand nombre d'ouvrages, la plupart sur des matières
religieuses[319].»
[319] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 136.
La PRINCESSE DE LA TOUR D'AUVERGNE, Louise-Henriette-Gabrielle de
Lorraine, dite Mademoiselle de Marsan (1718-....)[320].
[320] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p.
443;--et Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 172.--Marsan
était une branche de la maison de Lorraine: cf. Ludovic LALANNE,
_Dictionnaire historique de la France_, article Marsan.
Mme THIROUX D'ARCONVILLE, Marie-Geneviève-Charlotte Darlus
(1720-1805).
Mariée à quatorze ans à Thiroux, conseiller au Parlement, elle fut
atteinte de la petite vérole à vingt-trois ans, et on la vit alors
abandonner les plaisirs du monde, prendre le costume d'une vieille
femme, et ne plus s'occuper que des plaisirs de l'esprit. Elle étudia
l'histoire, la médecine, la physique, la chimie, etc., suivit les
cours d'anatomie et de botanique du Jardin du roi, et acquit des
connaissances aussi étendues que variées. Elle réunissait dans son
salon les hommes les plus distingués de son temps, et elle a publié de
nombreux ouvrages: romans, histoire, morale, etc.[321].
[321] Joannis GUIGARD (_ouvrage cité_, t. I, p. 203) donne à Mlle
Marie-Geneviève-Charlotte Darlus le nom de Thiroux de Lailly et
la fait mourir en 1766.--Cf. Ludovic LALANNE, _Dictionnaire
historique de la France_:--MICHAUD, _ouvrage cité_;--LAROUSSE,
_ouvrage cité_;--etc.
Comme la reine Marie Leszczynska, sa rivale auprès du roi, la MARQUISE
DE POMPADOUR (1721-1764) avait le goût des arts, s'amusait à dessiner
et à graver, et on avait constaté que le burin de la maîtresse
triomphait de celui de l'épouse[322].
[322] Cf. Antony VALABRÈGUE, _ouvrage cité_, p. 25.
La marquise de Pompadour aimait aussi les livres et la lecture. Elle
protégea les artistes, les philosophes, les savants, et elle a été
l'inspiratrice du goût artistique de son époque.
Sa bibliothèque était considérable: «la partie du théâtre est la plus
complète qui ait existé avant La Vallière»[323]. Ses livres, bien
choisis, «habillés avec soin par Biziaux, qui fut plus tard le relieur
de Beaumarchais, sont tous fort recherchés. Quelques-uns portent une
inscription qui fait sourire quand on pense à la favorite qui les
posséda la première. On lit au-dessus de ses armes: _Menus plaisirs du
Roi!_ C'est un souvenir de leur passage dans l'établissement où fut
portée, après la mort de Mme de Pompadour, une partie de sa
bibliothèque[324].»
[323] Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 65.
[324] Édouard FOURNIER, _ouvrage cité_, p. 193. Encore une
remarque empruntée au grand ouvrage d'Ernest Quentin-Bauchart
(Avertissement, p. 3): «Diane de Poitiers, Catherine de Médicis,
au XVIe siècle,--la Grande Mademoiselle et la comtesse de Verrue,
au XVIIe,--Mme de Pompadour, au XVIIIe,--sont les seules qui
aient laissé de véritables bibliothèques; et si d'autres, telles
que Marie de Médicis, Anne d'Autriche, la duchesse de Bourgogne,
la marquise de Maintenon, etc., ont possédé des livres qui
jouissent également d'une grande faveur auprès des amateurs,
c'est moins à leur valeur intrinsèque que cette faveur est due
qu'à la beauté de leur reliure et à leur origine.»
Mme de Pompadour s'est, tout comme Marie Leszczynska, occupée
d'imprimerie. «Elle fit imprimer à Versailles, dans sa chambre, sous
ses yeux, le _Cantique des Cantiques_ et le _Précis de l'Ecclésiaste_
paraphrasés par Voltaire; elle fit aussi imprimer _Rodogune, princesse
des Parthes_, AU NORD, 1760, in-4, pour l'édition de laquelle M. de la
Fizelière rapporte la curieuse note de M. de Marigny, qui se trouvait
sur l'exemplaire du comte d'Ourche, de Nancy:
«Ma sœur eut un jour la curiosité de voir imprimer. Le Roi fit venir
un petit détachement de l'Imprimerie royale, et l'on fit imprimer dans
la chambre de Mme de Pompadour, à Versailles, et sous ses yeux, la
présente tragédie de _Rodogune_. Il en a été tiré très peu
d'exemplaires.»
«Comme l'appartement de ma sœur était situé au Nord, on a mis pour
lieu d'impression: _Au Nord_.
«Elle a gravé elle-même à l'eau-forte, d'après Boucher, la planche
qu'on voit en tête du volume[325].»
[325] Edmond et Jules DE GONCOURT, _Mme de Pompadour_, p. 255,
note 1 (Paris, Firmin Didot, 1888, in-4).
La DUCHESSE DE FLEURY, Anne-Madeleine-François (sic) d'Auxy de
Monceaux (1721-....)[326].
[326] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 160.
La MARQUISE DE GAMACHES, Jeanne-Gabrielle de la Mothe-Houdancourt,
chanoinesse d'honneur du chapitre des dames de Neufville, diocèse de
Lyon (1723?-1777)[327].
[327] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 162.
MARIE-LOUISE DE MONTMORENCY-LAVAL, dernière abbesse de l'abbaye de
Montmartre (1723-1794).
Elle périt sur l'échafaud, durant la Révolution, et comme elle était
d'une surdité complète, Fouquier-Tinville fit sur elle ce sinistre jeu
de mots:
«Elle a dû conspirer, mais elle a conspiré sourdement[328].»
[328] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 448.
La MARQUISE DE LA CROIX DE CASTRIES, Marie-Louise-Angélique de Talaru
de Chalmazel (1723-....)[329].
[329] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 166.
Mme DE CLERMONT, Alison ou Alise Tranquille (1724-1752)[330].
[330] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 147.
MARIE-AMÉLIE-CHRISTINE DE SAXE, fille de Frédéric-Auguste II, électeur
de Saxe et roi de Pologne, mariée, en 1738, à Charles III, roi
d'Espagne (1724-1760)[331].
[331] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 127.
La DUCHESSE DE NOAILLES, Catherine-Françoise-Charlotte Cossé-Brissac,
morte sur l'échafaud (1724?-1793)[332].
[332] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 191.
Mme D'ÉPINAY, Louise-Florence-Pétronille d'Esclavelle de la Live,
marquise d'Épinay (1725-1783).
Elle avait épousé un fermier général, et a été l'amie de J.-J.
Rousseau, de Voltaire, de Diderot, de Duclos, de Grimm, de
Saint-Lambert, de l'abbé Galiani, etc. Elle a laissé des _Mémoires_,
qui, a-t-on dit, «sont peut-être l'ouvrage qui nous fait le mieux
connaître la société polie du dix-huitième siècle[333]».
[333] Paul BOITEAU, Introduction aux _Mémoires de Mme d'Épinay_,
t. I, p. 1 (Paris, Charpentier, s. d.).--Cf. aussi Ernest
QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 449.
MARIE-THÉRÈSE-ANTOINETTE D'ESPAGNE, première femme du Dauphin, Louis
de France, fils de Louis XV (1726-1746)[334].
[334] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. II, p. 448.
La MARQUISE DE VASSÉ, Louise-Madeleine Courtarvel de Pezé
(1727-1763)[335].
[335] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 205.
La MARQUISE DE DURFORT-CIVRAC, Marie-Françoise de Pardaillan de
Gondrin d'Antin (1728-1764)[336].
[336] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 154.
La PRINCESSE DE GRIMALDI, Marie-Christine-Chrétienne de Saint-Simon de
Rouvray (1728-1774)[337].
[337] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 165.
La DUCHESSE DE NOAILLES, Anne-Claude-Louise d'Arpajon, duchesse de
Mouchy et de Noailles; morte, ainsi que son mari, sur l'échafaud
(1728?-1794)[338].
[338] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 191;--et Ernest
QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 450.
La CHEVALIÈRE ou plutôt le CHEVALIER D'ÉON,
Charles-Geneviève-Louis-Auguste-André-Timothée de Beaumont d'Éon
(1728-1810), célèbre aventurier, a laissé une bibliothèque
intéressante[339].
[339] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. II, p. 451-452.