chapitre: Des cartonnages à la Bradel, p. 252.
[305] «Un livre qui n'a pas été suffisamment battu s'ouvre facilement,
bâille et devient ainsi un réceptacle à poussière et à vermine.»
(GRAESEL, _loc. cit._, p. 374.)
[306] Voir _supra_, p. 129.
[307] Ne pas confondre le mot «charnière» ainsi employé avec la
_charnière_--synonyme de _mors_--du plat des livres, dont il a été
question ci-dessus, p. 128.
[308] «La grecque..., méthode pernicieuse, qui gâte presque autant de
livres qu'on en relie.» (LESNÉ, _loc. cit._, p. 113.) Cf. aussi
LENORMAND et MAIGNE, _loc. cit._, p. 130; BLANCHON, _loc. cit._, p.
39; LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Reliure; etc.
[309] Sur la couture _à point arrière_ et _à point devant_, cf.
_Magasin pittoresque_, septembre 1874, p. 284.
[310] Page 129.
[311] _Loc. cit._, p. 130. Voir aussi LESNÉ, _loc. cit._, note 6 du
chant I, p. 115, où les mêmes remarques se trouvent formulées à peu
près dans les mêmes termes.
[312] Non pas «malgré», mais conformément à ces recommandations. Cette
tricherie est admise et pratiquée ostensiblement dans tous les
ateliers de reliure. (A. C.)
[313] Je regrette de ne pouvoir citer, parmi ces inventeurs, aucun nom
français; mais, comme on l'a remarqué avant moi, nos
mécaniciens-constructeurs semblent «se désintéresser de la
fabrication des machines à l'usage des relieurs, et ne paraissent
pas se rendre compte des besoins et des nombreux vides à combler...
S'ils faisaient pour la reliure» ce qu'on a fait et ce qu'on fait
journellement pour l'imprimerie, «nul doute que notre outillage
tiendrait actuellement la première place, et que nos praticiens ne
seraient pas forcés de demander à l'étranger ce qui leur est parfois
indispensable.» (BOSQUET, _la Reliure_, p. 26, note 1.)
[314] Renseignements fournis par la maison de reliure Engel.
[315] MAIRE, _loc. cit._, p. 99, n. 1.
[316] _Loc. cit._, notes, pp. 116 et 135.
[317] LENORMAND et MAIGNE, _loc. cit._, p. 371. Cf. aussi BLANCHON,
_loc. cit._, p. 43.
[318] _Loc. cit._, p. 125.
[319] Page 68.
[320] GRAESEL (_loc. cit._, p. 363), estime que, «pour un train d'une
importance moyenne, quinze jours, au maximum, sont largement
suffisants». Cela dépend de ce qu'il faut entendre par «importance
moyenne». En France, la plupart des relieurs trouveraient
certainement ce délai insuffisant pour un train composé seulement de
vingt ou trente volumes. Bien que s'appliquant en partie à des
reliures de luxe, les considérations de M. JULES LE PETIT (_l'Art
d'aimer les livres_, p. 182) me semblent plus justes: «En général,
il faut que vous ayez la patience d'attendre au moins six mois à un
an pour des reliures pleines en maroquin, bien faites, et au moins
deux mois pour des demi-reliures. En voici la raison: les bons
relieurs n'ont pas autant d'ouvriers que les relieurs de commerce...
Ensuite ils commencent leurs reliures par séries d'un même genre,»
etc.
[321] Je rappelle qu'il n'est question ici que d'une bibliothèque
particulière et fermée, ne servant qu'à une seule personne. Pour une
bibliothèque publique, il est préférable, voire indispensable, que
chaque tome soit relié séparément, afin d'éviter d'en immobiliser
deux en même temps dans la même main.
[322] J. LE PETIT, _loc. cit._, p. 185.
[323] LESNÉ, _loc. cit._, chant IV, p. 59.
[324] LESNÉ, _loc. cit._, notes du chant IV, p. 170.
[325] ID., _ibid._, mêmes notes, p. 172.
[326] C'est également le conseil donné par l'_Instruction générale
relat. au service des biblioth. universitaires_: «N'admettre la
rognure que pour les ouvrages usuels; interdire de rogner pour les
autres, en les faisant seulement rogner et jasper en tête, pour les
préserver de la poussière.» (_Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 445.)
[327] _Ap._ ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e
édit., t. I, p. 88.
[328] Le bibliophile JACOB (Paul Lacroix), _ap._ ROUVEYRE, _loc.
cit._, p. 87.
[329] Page 37.
[330] Préservés en queue et sur les marges extérieures, mais non en
tête: la tête, comme nous l'avons dit il y a un instant, doit
toujours être rognée, pour empêcher autant que possible l'intrusion
de la poussière.
[331] Lorsque ces excédents de marge ont été laissés par mégarde dans
le cours d'un livre, par suite du pli accidentel d'un feuillet, ils
portent le nom de _larrons_. Les relieurs sont tenus d'éviter les
_larrons_, qui sont des défauts, tandis que les _témoins_, toujours
laissés à dessein, sont un des détails des reliures artistiques.--On
appelle aussi _larron_ en typographie tout «morceau de papier qui,
se trouvant sur la feuille à imprimer, reçoit l'impression» (la
prend en quelque sorte comme un voleur, un larron) «et laisse un
blanc» (LITTRÉ); et encore tout «pli qui se trouve dans une feuille
de papier mise sous la presse, et qui cause une défectuosité dans
l'impression». (ID.)
[332] Sur les couvertures imprimées des livres brochés, voir
_l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_, 1879 et 1886, _passim_.
Au XVIe et au XVIIe siècle, les livres se vendaient presque toujours
reliés; les rares livres non reliés s'appelaient livres _en blanc_.
(Cf. L. DELISLE, _Catalogue général des livr. impr. de la Biblioth.
nation._ Introduct., t. I, p. IV, n. 4.)
[333] «Une attention à laquelle les bibliophiles sont sensibles, c'est
que le prénom de l'écrivain ne soit pas séparé de son nom, lorsque
la gloire ou la notoriété ont rendu le nom et le prénom
inséparables. Un relieur qui mettrait sur le titre de _la Légende
des siècles_: V. HUGO (au lieu de VICTOR HUGO), serait un barbare.»
(CHARLES BLANC, _Grammaire des arts décoratifs_, p. 360.)
[334] La peau servant à faire des _pièces_ a très peu d'épaisseur;
c'est de la basane sciée: on sait que certaines peaux, et la basane
est du nombre, se divisent, se scient aisément dans le sens de leur
longueur.
[335] «La règle est que les pièces ne doivent jamais être plus claires
que le dos. Toutefois, quelques amateurs, et je suis de ceux-là,
aiment une pièce verte ou rouge ou bleue sur un dos noir.» (JULES
RICHARD, _loc. cit._, p. 60.) Le même bibliographe recommande (_loc.
cit._, p. 62) de «ne pas oublier de faire toujours placer la date de
l'édition en bas du dos de la reliure, sous le dernier nerf. Cela a
tout à fait bon air,» ajoute-t-il. Il dit encore (_ibid._) qu'il
convient de joindre aux volumes qu'on fait relier tout ce qui peut
en augmenter le prix, par exemple, «un portrait de l'auteur, soit en
gravure, soit en photographie; s'il se peut, un autographe; des
suites de gravures faites pour d'autres éditions, soit avant la
lettre, soit en divers états...» Mais ce sont là des conseils
quelque peu en dehors de notre programme, et qui s'adressent plus
aux fastueux et fantaisistes collectionneurs qu'aux dévoués mais
modestes amis des livres et de l'étude.
[336] Cf. chap. III, p. 76.
[337] Supplément au nº 3 du journal _la Reliure_, «organe et propriété
du syndicat patronal des relieurs, brocheurs, cartonneurs, doreurs
sur cuir, doreurs sur tranches et marbreurs,» 7, rue Coëtlogon,
Paris. Je donne ces chiffres, parce qu'ils émanent d'un journal qui
fait autorité dans la question, d'un document quasi officiel; mais
je ne dois pas dissimuler que ces prix sont de beaucoup majorés, et
que les reliures auxquelles ils se rapportent, faites convenablement
et chez de bons relieurs, coûtent environ 20 pour 100 moins cher. Il
faut donc diminuer ces chiffres de cette somme, pour avoir le prix
réel et acceptable.
[338] Voir SÉNÈQUE, _De la tranquillité de l'âme_, IX, 9. (Pour
abréger, je me dispense, ici et plus bas, de citer le texte latin.)
«Avoir des livres sans les lire, c'est avoir des fruits en
peinture,» disait Diogène. (_Ap._ FERTIAULT, _les Légendes du
livre_, p. 156.)
[339] Voir SÉNÈQUE, _Lettres à Lucilius_, lettre II. Cf.
_l'Ecclésiaste_, XII, 12: «Ne recherchez rien davantage, mon fils.
Il n'y a point de fin à multiplier les livres.»
[340] PLINE LE JEUNE, _Epist._, VII, 9.
[341] _Non legendos libros, sed lectitandos._ (_Epist._, II, 17.)
[342] _Ap._ MOURAVIT, _le Livre_, p. 137.
[343] _Ap._ FERTIAULT, _loc. cit._, p. 20.
[344] Pages IX et 7.
[345] VOLTAIRE, _Articles de journaux_, I, Conseils à un
journaliste... (_Œuv. compl._, t. IV, p. 615. Paris, édit. du
_Siècle_, 1867-1870.)
[346] _Manuel du biblioph._, t. I, p. 11.
[347] _Loc. cit._, p. 312.
[348] _Ap._ SAINTE-BEUVE, _Nouveaux Lundis_, t. IV, p. 403. Cf. le mot
de Royer-Collard à Alfred de Vigny: «Je ne lis plus, monsieur, je
relis». (SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. XI, p. 524.)
[349] En 1886, dans le journal _l'Estafette_: voir LAROUSSE, _Grand
Dictionn._, 2e supplément, art. Larousse.
[350] _Ap._ DEROME, _le Luxe des livres_, p. 59.
[351] A. DE BOISLISLE, _Mémoires de Saint-Simon_, Avertissement, t. I,
p. LXXI (Collect. des _Grands Écrivains de la France_).
[352] A. DE BOISLISLE, _loc. cit._
[353] Elle comprend actuellement (1901) 31 volumes et s'arrête au XVe
siècle.
[354] GUYOT-DAUBÈS, _l'Art de classer les notes..._, chap. X, pp.
108-109.
[355] «... les bibliothèques ne pouvans mieux estre comparées qu'au
pré de Sénèque où chaque animal trouve ce qui luy est propre: _Bos
herbam, canis leporem, ciconia lacertum._» (GABRIEL NAUDÉ, _Advis
pour dresser une biblioth._, chap. III, p. 24.)
[356] Voir SAINTE-BEUVE, _Portraits littér._, t. II, p. 437.
[357] _Loc. cit._, p. 120.
[358] _Loc. cit._, p. 121.
[359] Parmi ces réclamations, je rappellerai celle du bibliographe
A.-A. Renouard, dans cette description de sa propre bibliothèque,
qu'il a publiée sous le titre de _Catalogue de la bibliothèque d'un
amateur_: «Il faudrait destiner nos imprimeries à l'emploi qui de
tous me semble le plus utile et aussi le plus honorable, la
fabrication très soignée d'éditions presque de luxe, quoique d'un
prix à peu près ordinaire; de livres à l'usage de ceux qui, sans
être curieux amateurs, ni possédés du démon de la bibliomanie,
savent cependant très bien distinguer et préférer l'édition la plus
nette et la plus élégante.» (RENOUARD, _ap._ MOURAVIT, _loc. cit._,
p. 181.) Voilà un programme excellent en tous points:
malheureusement, ce n'est qu'un programme.
[360] «Jouaust était de la famille des grands éditeurs, hommes de goût
et véritablement hommes de lettres par le soin qu'ils prennent de
faire valoir les œuvres qu'ils publient, et de les présenter aux
amateurs sous le séduisant aspect qu'assurent un papier de choix,
des types élégants et bien lisibles, une correction impeccable,
illustrées de gravures finement en harmonie avec le texte, et
d'autant plus précieuses qu'elles sont moins encombrantes. Son nom
sera cité dans l'histoire de son art à la suite des maîtres qui en
ont fait la gloire à travers les âges.» (G. BERARDI, _l'Indépendance
belge_, in _Ultima_, notes et chroniques, p. 9. Paris, imprim.
Jouaust, 1891. In-18, 78 pp.)--«Pendant trente ans, il (Jouaust) a
fait la joie des lettrés; il leur a donné de fins joyaux, que les
amateurs du siècle prochain se disputeront avec passion...» (AD.
BRISSON, _les Annales politiques et littér._, _ibid._, pp.
14-15.)--«Il (Jouaust) a été un lettré et un artiste avant d'être un
commerçant. Il avait recueilli et il a su continuer parmi nous les
traditions des Elzevir et des Plantin Moretus...» (J. CORNELY, _le
Matin_, _ibid._, p. 18.)
[361] Cette très intéressante collection est continuée par l'éditeur
Ernest Flammarion, qui y a récemment ajouté _les Confessions_ de
J.-J. Rousseau.
[362] Sur la collection Jannet-Picard, voir _supra_, chap. II, p. 38.
[363] Cf. LOUISY, _le Livre_, p. 270.
[364] Voir _supra_, chap. II, p. 43.
[365] Cf. _supra_, chap. V, p. 158.
[366] M. GABRIEL HANOTAUX, dans l'avant-propos de son livre _la Seine
et les quais, promenades d'un bibliophile_ (p. III), a très
justement et joliment dit: «Paris est la seule ville du monde qui
ait sa bibliothèque en plein air. Les boîtes des quais font partie
de nos perspectives. Elles accompagnent les profils du Louvre et
font un premier plan aux galeries et aux tours de Notre-Dame.»
[367] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _les Amateurs de vieux livres_, p.
56.
[368] Paris, Furne, 1857 (et 1864). 1 vol. in-16.
[369] _Loc. cit._, pp. 3-4. Glissons ici à ce propos cette touchante
réflexion de S. DE SACY (_Variétés littér._, t. I, p. 250, Catalogue
de la biblioth. de J.-J. de Bure): «Je deviendrais aveugle que
j'aurais encore, je le crois, du plaisir à tenir dans mes mains un
beau livre. Je sentirais du moins le velouté de sa reliure, et je
m'imaginerais le voir. J'en ai tant vu!»
[370] Voir dans _les Amateurs de vieux livres_, par P. L. JACOB, p.
34, un curieux portrait du marchand bouquiniste-étalagiste: «...
L'_étalagiste_ est d'ordinaire Normand, comme le vendeur de salade;
il connaît mieux le prix des pommes que celui des livres; il ne juge
guère sa marchandise que d'après le premier venu qui la marchande;
il surprend dans vos yeux l'envie qui vous émeut à la vue de ce
livre, et il le taxe à proportion de cette envie, qu'il démêle dans
un geste d'empressement, même dans une indifférence composée. Le
seul _Manuel du libraire_ qu'il étudie, c'est la physionomie des
acheteurs: l'un sourit, l'autre soupire, celui-ci fronce les
sourcils, celui-là pince les lèvres; un cinquième, plus exercé,
touchera vingt volumes avant de mettre la main sur le volume qu'il
lorgne; tous enfin se trahissent d'une façon particulière, qui
n'échappe pas à l'_étalagiste_, aussi fin, aussi astucieux qu'un
diplomate du cabinet de Saint-James.»--En général, comme l'a
remarqué L. DEROME (_le Luxe des livres_, p. 66), les livres anciens
coûtent moins cher chez les libraires parisiens de la rive gauche
que chez ceux de la rive droite, «qui ont une clientèle princière et
la confiance des riches amateurs étrangers, tandis que les marchands
de la rive gauche sont réduits à celle des savants et des lettrés,
qui connaissent mieux la valeur des livres et ne peuvent se
permettre certaines folies». Etc.
[371] En revanche, il faut reconnaître qu'il y a de ces catalogues qui
sont très bien faits et dignes d'intéresser tous les amateurs de
livres, par exemple, les catalogues de la librairie ancienne A.
Claudin, qui paraissent actuellement (1901, 14e année, neuvième
série) tous les mois, sous le titre d'_Archives du bibliophile_.
[372] Chap. III, pp. 27-30. (Trad. de H. Cocheris.)
[373] _Musæi sive biblioth..._, Lugduni, 1635, in-4, lib. III, p. 468,
_ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 65-66. Cf. _infra_, chap. VIII, p.
257.
[374] _Loc. cit._, p. 139. Cf. _supra_, chap. V, p. 123.
[375] L'appréciation est de M. JULES LE PETIT, _l'Art d'aimer les
livres_, p. 40.
[376] JULES JANIN, _loc. cit._, p. 14.--A propos des ouvrages
nouveaux, JULES JANIN (_ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, p. 109) donne
aussi ce conseil: «N'achetez que le livre dont vous avez fait la
lecture cinq ou six semaines auparavant,»--c'est-à-dire le livre
dont vous avez eu loisir de vérifier et éprouver la valeur. «En ce
temps de réclame, combien ont pu expérimenter la sagesse de ces
paroles!» ajoute Mouravit.
[377] JULES JANIN, _loc. cit._, p. 15.
[378] _Loc. cit._, p. 40.
[379] _Loc. cit._, pp. 40-41.
[380] _Essais_, III, 3: t. III, p. 366. (Paris, Charpentier, 1862.)
[381] Il s'appelait Boulard (Antoine-Marie-Henri) (1754-1825). Il fut
l'exécuteur testamentaire de La Harpe, et c'est par ses soins que
fut publiée la partie du _Cours de littérature_ relative à la
philosophie du XVIIIe siècle. Il ne faut pas le confondre avec son
homonyme Boulard (Sylvestre), imprimeur, libraire et écrivain
(1750-1819?), auteur d'un _Traité élémentaire de bibliographie_.
(Paris, Boulard, 1804. In-8. 140 pp.)
[382] «Une biographie ne lui en accorde que 280 000; mais un autre
renseignement va jusqu'à notre chiffre de 600 000 (volumes). La
différence est importante. Les deux documents sont-ils précis? On
peut choisir.» (FERTIAULT, _Drames et Cancans du livre_, p. 107.)
[383] Cf. _le Cousin Pons_, principalement chap. II, p. 11 (Paris,
Michel Lévy, Librairie nouvelle, 1870): «... Il possédait son musée
pour en jouir à toute heure, car les âmes créées pour admirer les
grandes œuvres ont la faculté sublime des vrais amants; ils
éprouvent autant de plaisir aujourd'hui qu'hier; ils ne se lassent
jamais, et les chefs-d'œuvre sont, heureusement, toujours jeunes...
Vous tous qui ne pouvez plus boire à ce que, dans tous les temps, on
a nommé _la coupe du plaisir_, prenez à tâche de collectionner quoi
que ce soit (on a collectionné des affiches!), et vous retrouverez
le lingot du bonheur en petite monnaie.»
[384] «J'aime mes livres comme je les aimais à vingt ans; je les aime
peut-être même avec plus d'ardeur, car, tout bien considéré, je les
connais mieux, et il n'arrive point, dans l'amour des livres, ce qui
arrive, hélas! trop souvent dans l'autre amour, savoir que,
lorsqu'on est parvenu à bien connaître l'objet de sa flamme, on est
tenté de l'aimer un peu moins... Parmi les goûts si divers que la
Providence a départis aux humains, l'amour des livres est celui qui,
après avoir donné, pendant la prospérité, les plus grandes, les plus
véritables jouissances, ménage, pour toutes les peines de la vie,
les plus douces, les plus pures, les plus durables consolations.»
(TENANT DE LATOUR, _Mémoires d'un biblioph._, pp. 250-252.)
[385] Cf. LALANNE. _Curiosités bibliogr._, p. 146 ;--PAUL LACROIX, ÉD.
FOURNIER et F. SERÉ, _Histoire de l'imprimerie_, p. 42;--BOUCHOT,
_le Livre_, pp. 79, 258 et 268;--LOUISY, _le Livre_, p.
191;--_Grande Encyclop._, art. Bibliothèque, t. VI, p. 667, fig.
7;--etc.
[386] Cf. BOUCHOT, _loc. cit._, p. 268.
[387] A Leyde, comme le fait voir une gravure de 1610, les livres
étaient rangés debout, mais avec le dos tourné vers le fond du rayon
et la _gouttière_ ou tranche en avant: les titres étaient donc
inscrits sur la tranche. (Cf. MAIRE, _Manuel prat. du biblioth._, p.
58.)
[388] Cf. LALANNE, _loc. cit._, p. 284. C'était Pétrarque lui-même qui
avait copié ces lettres de Cicéron et composé ce manuscrit.
[389] GRAESEL, _Manuel de bibliothéconomie_, p. 11.
[390] _Ap._ GRAESEL, _loc. cit._, p. 41.
[391] _Ap._ GRAESEL, _loc. cit._, p. 384.
[392] «... Sans cet ordre et disposition, tel amas de livres que ce
peut estre, fust-il de cinquante mille volumes, ne mériteroit pas le
nom de bibliothèque, non plus qu'une assemblée de trente mille
hommes le nom d'armée, s'ils n'estoient rangez en divers quartiers
sous la conduitte de leurs chefs et capitaines, ou une grande
quantité de pierres et matériaux celui de palais ou maison, s'ils
n'estoient mis et posez suivant qu'il est requis pour en faire un
bastiment parfait et accomply.» Etc. (GABRIEL NAUDÉ, _Advis pour
dresser une biblioth._, chap. VII, pp. 86-87.)
[393] Ce que dit là Gabriel Naudé se trouve déjà dans VITRUVE, _De
Architectura_, III, 2: «Cubicula et bibliothecæ ad orientem spectare
debent; usus enim matutinum postulat lumen. Item in bibliothecis
libri non putrescent; nam in his, quæ ad meridiem et occidentem
spectant, a tineis et humore vitiantur, quod venti humidi
advenientes procreant eas et alunt, infundentesque humidos spiritus
pallore volumina corrumpunt.»
[394] GABRIEL NAUDÉ, _Advis pour dresser une biblioth._, chap. VI, pp.
81-85.
[395] «Pour ce qui est du nord, il a, lui, les bises sifflantes, les
rigueurs persistantes de l'hiver, les brumes, qui donnent aussi
l'humidité. Au contraire, l'orient apporte un air doux et
fortifiant, pur, tiède et léger, suffisamment sec et tempéré par une
suave fraîcheur: l'orient, c'est la vie en sa jeunesse; il donne la
vigueur, égaie le cœur et rend à l'homme le travail agréable et
facile. En même temps, cette exposition permettra de faire pénétrer
souvent l'air à l'intérieur, et cet air, abondant et assez chaud,
sans être brûlant comme celui du midi, sera toujours extrêmement
avantageux à la conservation des livres.» (J. COUSIN, _De
l'organisation des biblioth._, p. 6.)
[396] NAMUR, _Manuel du biblioth._, p. 38.
[397] ALKAN aîné, _les Livres et leurs ennemis_, p. 9.
[398] _Loc. cit._, p. 144.
[399] Voir _infra_, chap. IX, pp. 317 et 368.
[400] _L'Art de former une biblioth._, p. 56.
[401] «La base du mobilier dans toute bibliothèque est le rayonnage.»
(MAIRE, _loc. cit._, p. 60.)
[402] PEIGNOT y ajoute le cèdre, et écrit (_Manuel du biblioph._, t.
II, p. 419): «Si l'on a une bibliothèque composée de livres
précieux, il est à propos de prendre du bois de cèdre, ou au moins
du chêne très sec et très sain, pour en faire le meuble et les
tablettes destinées à recevoir les ouvrages. Le cèdre, par son
odeur, le chêne, par sa dureté, sont plus propres à écarter les vers
et autres insectes...»
[403] M. MAIRE (_loc. cit._, p. 61) donne 1 mètre pour la longueur
maximum de cette portée; M. GUYOT-DAUBÈS (_l'Art de classer les
notes_, p. 88), 1 m. 50.
[404] «Les rayons mobiles n'ont pour ainsi dire plus leur raison
d'être dans une bibliothèque universitaire et même dans la plupart
de nos bibliothèques de France, où les livres sont posés selon leur
hauteur.» (MAIRE, _loc. cit._, pp. 61-62.) «Les rayons s'appuient,
soit sur des crémaillères, ou, plus pratiquement et plus
économiquement, sur des tasseaux fixés à demeure sur les montants.»
(GUYOT-DAUBÈS, _loc. cit._, pp. 88-89.)
[405] Le docteur GRAESEL (_loc. cit._, p. 131) déclare que «l'emploi
des rayons mobiles a été reconnu comme préférable à celui des rayons
fixes... Ils sont, en effet, infiniment plus commodes, la mobilité
des tablettes permettant, suivant les besoins, de diminuer ou
d'augmenter leur hauteur sans aucune difficulté.» M. ÉD. ROUVEYRE
(_loc. cit._, 5e édit., t. I, p. 137) est d'avis qu'on doit «ne se
servir de tablettes fixes qu'à la dernière extrémité... qu'il est
toujours préférable d'adopter des tablettes mobiles».
[406] «Un homme de lettres ne devrait jamais déménager, même pour être
mieux,» déclare nettement RESTIF DE LA BRETONNE (_Monsieur Nicolas_,
5e époque, t. VIII, p. 15, note. Paris, Liseux, 1883). Il est
certain qu'on ne profite bien de ses collections de livres et de
notes qu'à la condition de parfaitement connaître leur place, et,
par conséquent, de ne pas changer souvent cette place.--A propos de
déménagements de livres, rappelons le curieux procédé imaginé par
Antoine-Alexandre Barbier (1765-1825), bibliothécaire du Conseil
d'État sous l'Empire. Ayant reçu l'ordre de l'Empereur d'enlever
sans aucun retard les trente mille volumes de la bibliothèque du
Conseil d'État et de les ranger dans un local peu éloigné, dont le
rayonnage était déjà effectué, Barbier demanda cent vingt grenadiers
«un peu intelligents», leur fit faire la chaîne, et, en deux jours,
les trente mille volumes, passés de main en main tout le long de la
chaîne, se trouvèrent transportés dans leur nouvelle résidence et
remis exactement aux mêmes places qu'ils occupaient dans l'ancienne.
(Cf. CONSTANTIN, _loc. cit._, p. 46.)
[407] Il est même plus pratique et plus simple de percer ces trous,
non dans les montants mêmes, mais le long de bandes de bois,
analogues à celles des crémaillères, mais un peu plus épaisses, pour
que les trous aient une profondeur suffisante (de 1 à 2
centimètres), et qu'on adapte ensuite, comme précédemment, aux deux
bords intérieurs de chaque montant.
[408] GRAESEL, _loc. cit._, p. 134.
[409] L'emploi des échelles et escabeaux présente de continuels
inconvénients, voire de graves dangers, surtout lorsque les parquets
sont cirés. Parmi les savants morts des chutes qu'ils ont faites
dans leurs bibliothèques, on cite le célèbre bibliothécaire de
Dresde F. A. Ebert (1791-1834) (cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 15); le
marquis de Morante, bibliophile espagnol (1808-1868) (cf. FERTIAULT,
_les Légendes du livre_, pp. 64 et 193); «le zélé Rover, mort à
quatre-vingt-deux ans, d'une chute qu'il fit en prenant un de ces
volumes au milieu desquels il passa sa vie dans la plus sauvage
retraite» (MOURAVIT, _loc. cit._, p. 136, note 2); etc.
[410] ROUVEYRE, _loc. cit._, 5e édit., t. I, pp. 134-136.