juste titre comme un présent du ciel». CRAPELET, _loc. cit._, p. 2,
écrit de même: «L'art typographique... cette admirable invention,
qui était regardée comme l'œuvre de la Divinité même...». Et VICTOR
HUGO, _Notre-Dame de Paris_, liv. V, chap. 2: «L'invention de
l'imprimerie est le plus grand événement de l'histoire. C'est la
révolution mère. C'est le mode d'expression de l'humanité qui se
renouvelle totalement... Sous la forme imprimerie, la pensée est
plus impérissable que jamais;» etc.
[230] On se sert aussi, ou plutôt on s'est servi de plâtre, pour
prendre ces empreintes. Ce qui a fait préférer au clichage au plâtre
le clichage dit _au papier_ ou _au flan_, c'est la rapidité
d'exécution et l'économie de ce dernier procédé; mais le plâtre
avait l'avantage de donner des empreintes plus complètes et
meilleures. (Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 533-534.)
[231] Théoriquement, le mot _clichage_ est synonyme de l'ancien mot
_stéréotypie_: ils signifient tous les deux l'action de «créer,
d'après une composition unique formée par l'assemblage des
caractères mobiles, une ou plusieurs autres planches solides et
identiques». (LECLERC, _loc. cit._, p. 533.) Mais _clichage_ est
l'expression moderne, actuellement en usage, et désignant
l'opération dont nous venons de parler, qui débute par la prise des
empreintes au moyen de plâtre ou de _flans_. La _stéréotypie_
(στερεός, solide; τύπος, type), s'applique plus particulièrement au
procédé imaginé en partie par Firmin Didot vers la fin du XVIIIe
siècle, et qui consistait en ceci: «Après avoir composé une page en
caractères plus bas que ne le sont les caractères ordinaires, et
fondus avec un alliage particulier, plus dur que les autres, on la
renfermait dans un mandrin; puis, à l'aide d'un balancier, on
l'enfonçait dans une plaque de plomb de même dimension, fondue et
dressée avec soin. Cette opération donnait pour premier produit une
matrice où la lettre est en creux; cette matrice, placée dans un
mandrin et abattue au moyen d'un mouton sur de la matière en fusion,
procurait un cliché saillant... sur lequel on pouvait tirer à dix,
quinze ou vingt mille exemplaires sans qu'il y parût.» (LOUIS DE
VILLOTTE, _De la stéréotypie_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I,
pp. 9-10.) Cf. aussi l'article _Stéréotypie_ par STARK, in
_Encyclop. moderne_, Complément, t. XII, col. 438-442. Les Didot
utilisèrent leur invention en publiant une nombreuse collection de
petits volumes à bon marché,--la collection «stéréotype»--contenant
tous les chefs-d'œuvre des littératures classiques, qui obtint une
très grande vogue, et peut se comparer à la collection de la petite
«Bibliothèque nationale», commencée par l'imprimeur Dubuisson en
1863, et qui se continue encore. Seulement, le papier des
«stéréotypes» de Didot, qui, au bout d'un siècle, est encore intact,
est de beaucoup supérieur à celui des petits volumes de Dubuisson,
déjà tout piqués et jaunis.
Mentionnons encore, parmi les modes de reproduction typographique,
le procédé dit _anastatique_ (ἀνάστασις, résurrection), applicable
non seulement aux livres, mais aux gravures, planches, etc. Il
consiste à transporter sur une plaque de métal le texte ou la
gravure à reproduire; on encre ensuite cette plaque, et l'on procède
au tirage. Ce transport, qui s'effectuait jadis par des moyens
chimiques, imaginés en 1844 par M. Baldermus, de Berlin (cf.
LAROUSSE, _Grand Dicionn._, et _Grande Encyclop._, art.
Anastatique), s'opère actuellement à l'aide de la photographie.
Relativement coûteux et peu expéditif, ce procédé ne convient que
pour les tirages à petit nombre: on l'emploie, par exemple, pour
remplacer les pages manquantes dans un ouvrage ancien, dans un livre
de valeur, dont on possède un exemplaire complet.
[232] L'épithète est de JULES RICHARD, _l'Art de former une
bibliothèque_, p. 6: «On n'a jamais fait de plus vilaine librairie».
[233] Relativement à l'influence du public sur la qualité des livres,
voir CRAPELET, _loc. cit._, pp. 225-226: «Il n'est pas douteux que
ceux qui ont les moyens d'acheter des livres, et qui ne considèrent
que le bon marché dans leurs acquisitions, ne peuvent pas employer
plus mal leur argent. Les libraires (éditeurs), entraînés par le
goût du public, le servent à son gré, en épuisant toutes les
combinaisons pour lui donner de la marchandise à bas prix, mais qui
ne conserve pas la moindre valeur: car on n'a jamais bon marché d'un
livre incorrect, altéré, tronqué, et imprimé sur du mauvais
papier... Henri Estienne dit: «L'avarice, fléau plus redoutable à
l'art typographique qu'à aucun autre: _Avaritia, malum in arte
typographica magis quam in alia ulla formidandum_».
[234] Anciennement même «chaque ouvrage avait un correcteur
particulier. Les livres de religion étaient lus par des théologiens;
les livres de droit par des jurisconsultes; l'astronomie, la
médecine, par ceux qui possédaient ces sciences;» etc. (CRAPELET,
_loc. cit._, p. 155.) D'après le règlement donné à l'imprimerie de
Paris par François Ier, en 1539, et cité par le même bibliographe
(p. 181), «si les maistres imprimeurs des livres en latin ne sont
sçavans et suffisans pour corriger les livres qu'ils imprimeront,
seront tenus avoir correcteurs suffisans, sur peine d'amende
arbitraire; et seront tenus lesdicts correcteurs bien et
soigneusement de corriger les livres, rendre leurs corrections aux
heures accoutumées d'ancienneté, et en tout faire leur devoir...».
Ces dispositions furent confirmées et maintenues par les successeurs
de François Ier. Néanmoins, le règlement de 1649 reproche à
l'imprimerie de Paris d'avoir beaucoup perdu de son ancien éclat, et
impose aux libraires (éditeurs) l'obligation de prendre un
certificat de correction pour certains livres. (Voir CRAPELET, _loc.
cit._, pp. 181-182.) D'après le règlement de 1686, les imprimeurs
devaient faire imprimer les livres «en beaux caractères, sur de bons
papiers et bien corrects»; on exigeait même qu'ils ne pussent ouvrir
boutique à moins d'être «congrus en langue latine et de savoir lire
le grec». Quiconque était empêché de vaquer à la correction de ses
ouvrages devait avoir des correcteurs capables; et, ajoute
l'ordonnance de 1728, les feuilles mal corrigées par eux seraient
réimprimées à leurs frais.» (LOUISY, _le Livre_, p. 234.)
[235] Nous n'avons pas à nous occuper, dans cette étude consacrée à la
connaissance, à l'usage et à l'amour du Livre, des rapports des
auteurs avec les éditeurs et les imprimeurs. Nous ne faisons
qu'effleurer ici, à propos de la netteté et de l'intégrité du texte,
cette très intéressante et très complexe question: la correction des
épreuves, qui a fait et fera toujours le tourment des écrivains, qui
sera toujours leur «enfer»,--leur «paradis» étant de rêver à leur
œuvre et de l'exécuter en imagination, et leur «purgatoire» de la
coucher par écrit,--pour peu qu'ils aient la haine de l'à peu près,
la passion de l'exactitude, de l'ordre et de la clarté. «Je me
soucie moins que vous ne pourriez croire du succès de mes ouvrages,
écrivait lord Byron à son imprimeur Murray, _mais la moindre faute
de typographie me tue_... Corrigez donc si vous ne voulez me forcer
à me couper la gorge.» (_Ap._ CRAPELET, _loc. cit._, p. 304.) Nous
dirons seulement aux auteurs qu'une écriture bien lisible et soignée
n'est pas toujours, comme on serait tenté de le croire, une garantie
du bon travail de l'imprimeur: _au contraire_, paraît-il. Un
manuscrit artistement calligraphié ou seulement d'une parfaite
lisibilité exige moins d'attention de la part du compositeur, qui
souvent alors compose «à vue de nez». Cette opinion est confirmée
par l'auteur anonyme d'un petit _Manuel du libraire_, qui adresse,
après Gilles Ménage, cet «Avis aux auteurs»: «Si vous voulez qu'il
n'y ait point de fautes dans les ouvrages que vous ferez imprimer,
ne donnez jamais de copies bien écrites, car alors on les donne à
des apprentis, qui font mille fautes; au lieu que si elles sont
difficiles à lire, ce sont [les bons ouvriers ou] les maîtres qui y
travaillent eux-mêmes». (_Manuel du libraire, du biblioth. et de
l'hom. de let._, par un libraire. Paris, Emler, 1828, p. 142. Cf.
aussi CRAPELET, _loc. cit._, pp. 289-290.) Henri de Latouche,
l'auteur de _Fragoletta_, partageait l'avis de Gilles Ménage, et il
affirme également que «plus le manuscrit sera clair et lisible»,
moins le compositeur y apportera d'attention. (Cf. CRAPELET,
_ibid._) Ajoutons encore que, tout en traitant ces assertions de
paradoxes, l'érudit imprimeur G.-A. Crapelet, un des écrivains qui
ont le mieux connu tous les détails de la typographie et qui en ont
le mieux parlé, les confirme et les appuie de sa haute autorité.
«... La nécessité où se trouve l'ouvrier d'apporter une attention
soutenue à la lecture des manuscrits de cette espèce (mal écrits et
surchargés de ratures et de renvois) donne à sa composition un
certain degré d'exactitude et de correction, quelquefois
surprenant.» (_Loc. cit._, pp. 264 et 290.) Rappelons enfin, pour ne
décourager personne, que la perfection, typographique ou autre,
n'est pas de ce monde, et qu'_il n'existe aucun livre sans faute_,
typographiquement parfait. «Un livre sans faute est une chimère...»
(CRAPELET, _loc. cit._, p. 222.) _Typographica ars nimis est
erroribus obnoxia._ (ANGE ROCCA, _ap._ CRAPELET, _loc. cit._, p.
221.) Ainsi le _Virgile_ in-folio, imprimé au Louvre par Pierre
Didot en 1798, et qui, comme le _Racine_ de la même provenance, est
réputé un des chefs-d'œuvre de la typographie, contient un j dont le
point manque, s'est détaché à la pression. (Cf. A-F. DIDOT,
_Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 858-859.)
[236] N'avoir pas de correcteurs, ou n'en employer que d'incapables, a
été réputé _crime en matière d'imprimerie_ par le philologue
italien, bibliothécaire du Vatican, Ange Rocca, mort en 1620. (Cf.
CRAPELET, _loc. cit._, p. 176.)
[237] _L'Art de former une biblioth._ pp. 81-82.
[238] Crapelet observe que cette anecdote bien connue n'a pas grand
fondement. «On rapporte, écrit-il, que Robert Estienne exposait des
épreuves devant sa maison, voisine du Collège de Beauvais, et des
Écoles du Droit Canon, situées rue Saint-Jean-de-Beauvais, et qu'il
donnait une récompense aux écoliers qui y découvraient des fautes.
Si ce moyen a été employé par Robert Estienne, il n'a pu lui sauver
que des incorrections très légères, car ce savant imprimeur avait lu
et relu ses épreuves avant de les exposer, et les écoliers n'étaient
pas de force à découvrir des fautes graves après la lecture d'un
homme aussi habile et aussi exercé dans ce genre de travail.
D'ailleurs le fait en lui-même, qui n'est rapporté que comme un
on-dit par Jans. Almeloveen, dans sa _Dissertatio de Vitis
Stephanorum_, me paraît fort douteux, et pourrait bien n'être qu'une
fiction pour enseigner qu'on ne saurait prendre trop de précautions
pour assurer la correction des livres.» (CRAPELET, _loc. cit._, pp.
213-214.)
[239] _Histoire de France_, t. IX, la Renaissance, chap. XI, p. 299
(Paris, Marpon et Flammarion, 1879). Cf. aussi LAROUSSE, _loc.
cit._, art. Estienne (Robert).
[240] On appelle _titre courant_ le titre, soit de l'ouvrage, soit des
chapitres, qui se trouve répété et «court», pour ainsi dire, au
sommet des pages. On distingue encore, comme nous allons le voir
(page suivante, note 241), trois autres espèces de titres: le _faux
titre_, le _titre_ ou _grand titre_, et le _titre de départ_.
[241] C'est cependant ce que font souvent les imprimeurs anglais: ils
numérotent toutes les pages, excepté celles des _trois titres par
lesquels tout livre débute généralement_: 1º _faux titre_ (la toute
première page du livre: le titre, ordinairement abrégé, et sans nom
d'auteur, est placé au milieu de cette page); 2º _titre_ proprement
dit, ou _grand titre_ (titre complet, avec le nom de l'auteur, et,
au bas de la page, le nom et l'adresse--la _firme_--de l'éditeur; le
grand titre portait aussi autrefois le nom de _frontispice_: ce nom
est aujourd'hui réservé aux titres ornés de vignettes ou
d'encadrements, ou encore à la gravure placée en regard du
titre--portrait de l'auteur, par exemple,--et dont le sujet se
rapporte de près ou de loin à l'ouvrage); 3º _titre de départ_
(placé en haut de la page: c'est sur cette page--la première, à vrai
dire,--que commence le texte de l'ouvrage);--excepté ces feuillets
de début, toutes les pages de l'intérieur du volume, les pages de
titre d'article et les belles pages comme les autres, sont
foliotées: voir _Encyclop. britannica_, t. III, p. 173 (let. B); t.
VI, p. 756 (let. D); t. VII, p. 588 (let. E), etc. Ces belles pages
n'ont pas de titre courant, et leur folio se trouve placé au sommet
médial. L'effet de ce foliotage n'est nullement désagréable à l'œil.
[242] F. SARCEY, _Gare à vos yeux!!_ préface, p. V. (Paris,
Ollendorff, 1884).--«MM. H. Griffing et Shepherd J. Franz étudient
depuis un certain temps l'influence que peuvent avoir, sur la
facilité de la lecture, le format, le dessin des caractères
d'imprimerie, l'intensité de la lumière, sa qualité, celle du
papier, l'interlignage (c'est-à-dire l'espacement des lignes
d'impression). Ils arrivent à cette conclusion que l'élément
principal de la fatigue visuelle, ce sont les dimensions des
caractères: il ne faudrait jamais employer des caractères de moins
de 1 millimètre 1/2 de hauteur, et encore la fatigue augmente-t-elle
avant même qu'on ait affaire à des lettres d'un format aussi réduit.
Par rapport à ce côté de la question, l'éclairage n'est que tout à
fait secondaire.» (_La Nature_, 23 juillet 1898, p. 126.)
[243] A propos des formats, p. 90.
[244] In _Musée des familles_, 1er mars 1896, p. 158.
[245] _Ap._ BOUCHOT, _le Livre_, p. 297.
[246] G. NAUDÉ, _loc. cit._, chap. V, p. 70. (Paris, Liseux, 1876.)
[247] _Loc. cit._, chap. VIII, p. 98
[248] ED. TEXIER, _ap._ MOURAVIT, _le Livre_, p. 220.
[249] LESNÉ, _loc. cit._, p. 113.
[250] _Ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, p. 209.
[251] _Ibid._ C'est à peu près ce que dit aussi JULES RICHARD, _l'Art
de former une biblioth._, p. 139: «Un bibliophile ne conserve pas
les livres qu'on lit une fois, mais seulement ceux qu'on _relit_
avec plaisir, et que, par conséquent, on _relie_ plus ou moins
richement.»
[252] CHARLES BLANC, _Grammaire des arts décoratifs_, la Reliure, p.
342.--Cf. _infra_, chap. IX, p. 322.
[253] «Ce genre de reliure... permet au livre de se tenir ouvert sur
une table ou sur un pupitre, parce qu'on a supprimé la résistance
qu'oppose le dos de la couverture quand il adhère aux cahiers.»
(ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, t. IV, p.
66.)
[254] S. LENORMAND et MAIGNE, _Manuel du relieur_ (Manuels Roret), p.
64.--«... Ouvrir complètement le volume, et à plat, ce qui ne peut
se faire avec les livres reliés.» (Dr GRAESEL, _Manuel de
bibliothéconomie_, p. 373.) C'est en grande partie pour ce motif,
afin que le livre puisse mieux s'ouvrir, que nous conseillons, pour
les volumes inférieurs à l'in-8, le cartonnage bradel.
[255] La largeur du format, voilà surtout ce qui, avec la flexibilité
de la garniture du dos, permet au livre de s'ouvrir aisément et de
rester de lui-même ouvert. Exemple: un volume oblong, un album.
Prenez, au contraire, un livre de format étroit, comme les in-12
elzevieriens (in-12 couronne: 0,09 × 0,157) de certaines collections
modernes: relié, il est indispensable de tenir ce petit volume à la
main pour qu'il demeure ouvert, et il a toujours tendance à se
refermer de lui-même, comme mû par un ressort. C'est que, dans le
premier cas, le cas de l'album, la feuille étant plus large pèse
davantage sur son extrémité libre, retombe d'elle-même, et oppose
ainsi un contrepoids supérieur à la résistance de la couture et du
dos; dans le second cas, pour l'étroit petit elzevier, c'est cette
résistance qui l'emporte. Remarquons aussi que plus le papier est
fort et rigide, plus la résistance du dos est énergique. Le papier
des anciens petits elzeviers était du papier de fil, souple et peu
épais: aussi ces gracieux petits volumes sont-ils autrement
maniables et «complaisants» que les prétendus elzeviers modernes à
papiers rigides.
[256] CHARLES BLANC, _loc. cit._, p. 337.
[257] _Loc. cit._, p. 337.
[258] Cf. BLANCHON, _l'Art et la Pratique en reliure_, p. 18.
[259] Cf. BLANCHON, _loc. cit._, p. 17.
[260] Cf. BLANCHON, _loc. cit._, p. 18; et S. LENORMAND et MAIGNE,
_loc. cit._, p. 73.--Sur les reliures en cuir de Russie, cf.
_infra_, chap. IX, pp. 368 et 369.
[261] Sur la fabrication et l'emploi du parchemin, voir de curieux
renseignements dans LECOY DE LA MARCHE, _les Manuscrits et la
Miniature_, pp. 27-36. Voir aussi MAIRE, _Manuel prat. du
biblioth._, pp. 377-378; et BLANCHON, _loc. cit._, p. 18.
[262] Cf. _supra_, chap. II, p. 55.
[263] Chap. II, p. 56.
[264] Cf. MAIRE, _loc. cit._, p. 340.
[265] «A Venise, à Florence... Voilà le vrai berceau de la reliure...
Les plus beaux exemplaires des reliures de ce temps se trouvaient
dans la bibliothèque du célèbre bibliophile italien Maoli (Maïoli),
qui a dû vivre de 1510 à 1560...» (BLANCHON, _loc. cit._, p. 117.)
«Au commencement du XVIe siècle, les Italiens trouvent une voie
nouvelle sous l'influence des Aldes, qui avaient probablement joint
à leur imprimerie un atelier de reliure. Venise fut alors pour
l'Italie l'école de la reliure, et, pour la première fois, les
motifs en plein or des Aldes servirent de remplissages dans les
premières reliures à entrelacs... L'Italie donne alors le ton à
l'Europe. Les reliures à la Salamandre de François Ier, conservées
dans nos bibliothèques publiques, sont presque toutes dans le goût
italien. Les Italiens furent donc nos initiateurs; mais on ne
saurait méconnaître toutefois la grande part qu'ont eue, dans
l'histoire de l'art et de la reliure en particulier, les artistes
français de la Renaissance, notamment Nicolas Ève et son fils
Clovis, célèbres libraires-relieurs de Henri III et de Henri IV.»
(SPIRE BLONDEL, _l'Art intime et le Goût en France_, pp. 318-319.)
[266] Déjà au XVIe siècle, malgré la vogue de Venise, BONAVENTURE DES
PERIERS faisait dire à Mercure, au début de son _Cymbalum Mundi_ (p.
304. Paris, Delahays, 1858. Nouv. édit. avec des notes et une notice
par P. L. JACOB, bibliophile [Paul Lacroix]): «Où est-ce que l'on
relie le mieux? A Athènes (_id est_ en France, à Lyon, d'après le
bibliophile JACOB, _ibid._), en Germanie, à Venise ou à Rome? Il me
semble que c'est à Athènes.» C'est ce qui a permis au comte DE
LABORDE d'avancer que «la Reliure est un art tout français». (_Le
Palais Mazarin_, _ap._ P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 1.) «La
_reliure d'art_ française occupe la première place en Europe, et, à
l'appui de ce que nous avançons, nous pourrions citer les prix
toujours plus hauts qu'atteignent, dans les ventes, non seulement
les reliures anciennes, mais aussi les travaux modernes.» (BLANCHON,
_loc. cit._, avant-propos, p. V.)
[267] «C'est au célèbre bibliophile Jean Grollier (_sic_) que semble
de droit appartenir l'honneur d'avoir créé la reliure française.»
(P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 2.).
[268] On écrit aussi Derome ou Deromme: l'orthographe donnée par JAL,
_Dictionn._, pp. 1082-1084, est de Rome, les de Rome.
[269] Outre les ouvrages déjà cités dans ce chapitre, voir sur
l'historique de la reliure: ÉD. FOURNIER, _l'Art de la reliure en
France aux derniers siècles_;--OCTAVE UZANNE, _la Reliure moderne
artistique et fantaisiste_;--HENRI BOUCHOT, _les Reliures d'art à la
Bibliothèque nationale_, _passim_;--JULES LE PETIT, _l'Art d'aimer
les livres_, pp. 161-186;--LUDOVIC LALANNE, _Curiosités bibliogr._,
pp. 282-291;--et les ouvrages de MM. LÉON GRUEL, ÉMILE BOSQUET,
MARIUS MICHEL, etc.
[270] La peau de morue a donné en reliure de très bons résultats.
(Renseignement fourni par la maison de reliure Engel.)
[271] Voir _Intermédiaire des cherch. et cur._, 30 nov. 1900, col.
917-918.
[272] Journal _la Halle aux cuirs_, in _Intermédiaire des cherch. et
cur._, 10 avril 1886, col. 202.--Mais les avis diffèrent, et le même
_Intermédiaire_, dans son numéro du 30 décembre 1900, col. 1111,
affirme, par la plume de M. MARCELLIN PELLET, que «la peau humaine
n'est pas belle en reliure; il est très difficile, sinon impossible,
de la dégraisser complètement».
[273] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 233.--Un autre médecin anglais, le
célèbre John Hunter (1728-1794), fit relier de même en peau humaine
un traité sur les maladies de la peau. (_Dictionn. de la
Conversation_, art. Reliure.)
[274] _Revue encyclop._, 11 juin 1898, p. 542.
[275] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 25 mai 1879, col. 295, et
10 juillet 1882, col. 396; et _Revue encyclop._, _loc. cit._
[276] _Revue encyclop._, _loc. cit._
[277] _Ibid._
[278] _Revue encyclop._, _loc. cit._, p. 542; et ALFRED FRANKLIN, _les
Anciennes Bibliothèques de Paris_, t. I, p. 297.
[279] _Revue encyclop._, _loc. cit._
[280] _Ibid._
[281] _Revue encyclop._, _loc. cit._
[282] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 octobre 1883, col.
585-586, et _Revue encyclopéd._, _loc. cit._
[283] LALANNE, _loc. cit._, p. 288.
[284] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 233.
[285] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 402.
[286] BLANCHON, _loc. cit._, p. 128. On lit dans la _Revue
universelle_ (ex-_Revue encyclopédique_) du 13 avril 1901, p. 337:
«Ce fut à Mme Drouet qu'il (Victor Hugo) donna _les Châtiments_
reliés en maroquin pourpre, avec, sur le plat, enchâssée dans le
cuir, une abeille du manteau impérial de Napoléon III, prise par M.
Jules Claretie, lors du sac des Tuileries.»
[287] _Ibid._
[288] CHARLES BLANC, _loc. cit._, p. 348.
[289] P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 19.
[290] _Loc. cit._, pp. 68-69.
[291] A.-F. DIDOT, _l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à
l'Exposit. univers. de 1851_, Rapport du XVIIe jury, pp. 72-73.
[292] Pages 346 et 359.
[293] Une des meilleures couleurs usitées en reliure est la couleur
dite _Lavallière_ (ou _La Vallière_:--allusion à la robe de
Carmélite de Mlle de la Vallière [cf. LITTRÉ, _Dictionn._,
supplém.];--mais, dans cette acception, on écrit le plus souvent ce
nom en un seul mot). C'est une couleur de gamme assez étendue,
allant du brun clair au brun foncé.
[294] BLANCHON, _loc. cit._, p. 123. «On donne ce nom (de _reliures
jansénistes_) aux reliures qui n'ont aucun ornement extérieur, _pas
même un simple filet_, et pas d'autre dorure que le titre du livre
sur le dos,» dit M. A. CLAUDIN, _Intermédiaire des cherch. et cur._,
10 juin 1875, col. 348.
[295] BOUCHOT, _le Livre_, pp. 284 et 286.
[296] ÉD. FOURNIER, _l'Art de la reliure en France_, in _Intermédiaire
des cherch. et cur._, 25 mars 1879, col. 190.
[297] «Rien de plus commun que l'S barré dans les lettres, manuscrits
et reliures, de 1560 environ à 1640. Il est possible qu'on en ait
fait parfois un rébus (_fermesse_ [S fermé], c'est-à-dire
_fermeté_), ou un monogramme; mais c'est la plupart du temps... une
fioriture, un paraphe, et, sur les reliures ou les panneaux, un
ornement.» (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 25 avril 1881, col.
281; et 25 mai 1888, col. 297 et suiv.)
[298] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 241-242.
[299] Ou plutôt il devrait y avoir, car cette règle ne s'observe plus
toujours, et ces deux modes de reliure, cartonnage et emboîtage,
finissent par se confondre.
[300] MAIRE, _loc. cit._, pp. 296-297. D'autres font remonter
l'existence et l'invention du relieur Bradel jusqu'à la seconde
moitié du XVIIIe siècle. «Bradel avait, fin XVIIIe siècle, son
atelier rue d'Écosse (Paris, Ve arrondissement), en une maison
appartenant au collège Sainte-Barbe... Cet atelier fut ensuite
occupé par Chichereau, aussi relieur, qui s'y trouvait encore en
1792.» (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 22 juin 1901, col.
1073.)
[301] GRAESEL, _loc. cit._, p. 373.
[302] LESNÉ, _la Reliure_, notes, p. 131.
[303] ÉMILE DEBRAUX, _Chansons complètes_, t. III, p. 61, les
Relieurs. (Paris, s. n. d'édit., imprim. P. Baudoin, 1836, 3 vol.
petit in-32.)