mise et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque_, p. 14.
[167] L. DELISLE, _loc. cit._, p. 14, n. 1.
[168] _Loc. cit._, p. 297.
[169] Voir sur ce mot _infra_, pp. 107-109
[170] Cf. _Catalogue de la librairie Hachette_, Littérature générale,
février 1901, p. 41: «_Histoire de la littérature française..._, 5e
édition... (_Vingt-cinquième mille_)..., par M. G. Lanson...»
[171] Bien que nous ne nous occupions pas des livres rares et des
curiosités de bibliophiles, quelques renseignements sommaires sur
les incunables ne paraîtront sans doute pas ici superflus.
On appelle _incunables_ (du latin _incunabulum_, berceau), ou
encore, mais plus rarement, _paléotypes_ (παλαιός, ancien, et τύπος,
modèle, type), les livres imprimés depuis l'origine de l'imprimerie
(1450 environ) jusqu'en l'an 1500 inclusivement.
Les incunables ont pour caractères distinctifs:
1º L'épaisseur, l'inégalité et la teinte jaunâtre du papier.
2º L'irrégularité et la grossièreté des caractères typographiques,
très frappantes notamment dans les types romains sortis des presses
italiennes; mais ces défauts ne subsistèrent pas longtemps et les
caractères acquirent bientôt un degré de perfection qui n'a pas été
surpassé.
3º L'absence de signes de ponctuation.
4º L'absence de _signatures_, de _réclames_ (voir _infra_, pp. 70 et
78-79, la signification de ces mots), de pagination, et, dans les
plus anciens incunables, de _registre_, c'est-à-dire de la table
indicatrice des cahiers composant l'ouvrage: ces cahiers étaient
indiqués par les premiers mots de leur première page.
5º L'absence de titre séparé ou frontispice (Frontispice: «Titre
orné de figures gravées ou imprimées»). [LITTRÉ.] (Voir _infra_, pp.
115-116.): le titre, ou plutôt le sujet du livre, se trouvait énoncé
au début du texte, dans ce qu'on nomme la _suscription_ ou
l'_incipit_; c'est par ce dernier mot, ou par son équivalent: _Cy
commence..._ que commençait le plus souvent le texte.
6º L'absence du nom de l'imprimeur, du lieu et de la date de
l'impression: ces indications ne tardèrent pas à figurer à la
dernière page des volumes dans un paragraphe final appelé
_souscription_ ou _explicit_ (qui signifie finit, se termine, est
déroulé; sous-entendu le mot volume, et par allusion aux anciens
manuscrits, qui avaient la forme de rouleaux: c'est par ce mot
_explicit_ ou _Cy finist..._ que ce dernier paragraphe commençait
d'ordinaire), opposé à _suscription_ et à _incipit_; la souscription
porte aussi les noms d'_adresse_ et de _colophon_ (κολοφών,
achèvement). M. BOUCHOT (_le Livre_, pp. 33, 36, 56, 103) et après
lui M. ROUVEYRE (_Connaissances nécessaires à un biblioph._, 5e
édit., t. II, p. 204) emploient aussi dans ce sens le mot
_signature_, qui, en bibliographie, désigne spécialement les lettres
ou chiffres placés en pied de la première page de chaque feuille, et
peut, par conséquent, prêter ainsi à confusion.
7º La quantité d'abréviations: un _z_ pour la conjonction _et_; une
sorte de 3 ou de 9 pour la particule latine _cum_ ou la particule
française _con_, et pour la finale de certains mots: _neqʒ_,
_neque_; _quibʒ_, _quibus_; _no9_, nous; _vo9_, vous; etc.; le _q_
avec la partie inférieure traversée par un trait en forme de croix
pour signifier _quam_ ou _quod_; la fréquente suppression de
certaines lettres: _bōs_ pour bons, _presēt_ ou même _pr̅s̅t_ pour
présent, _leq̄l_ pour lequel, _Dn̄s_ pour _Dominus_, etc. Ces modes
d'abréviation provenaient des manuscrits, où ils étaient en nombre
bien plus considérable encore. Une partie des syllabes, parfois
toutes les lettres d'un mot, sauf la première, étaient supprimées.
Ainsi, dans un manuscrit connu sous le nom de _Virgile d'Asper_,
qu'on date du XIe siècle et actuellement à la Bibliothèque
nationale, le texte est écrit de telle sorte qu'il faut, pour le
lire, le connaître par cœur. Le premier vers des _Bucoliques_ y est
représenté sous cette forme:
Tityre, t. p. r. s. t. f.
pour:
Tityre, tu patulæ recubans sub tegmine fagi.
Ces abréviations, où une ou deux lettres initiales servent à
exprimer un mot entier, portent le nom de _sigles_ (de _siglæ_,
contracté de _singulæ_: _singulæ litteræ_. Les sigles étaient très
fréquemment usités non seulement dans les manuscrits, mais dans les
inscriptions lapidaires, sur les médailles, etc. Quant aux _notes
tironiennes_, ce sont aussi de simples lettres, initiales ou
médianes, employées pour figurer des mots entiers et abréger
l'écriture. Ce nom vient de Tullius Tiro, affranchi de Cicéron, qui
perfectionna ce système de sténographie. (Cf. LALANNE, _Curiosités
bibliogr._, pp. 46 et suiv.).
8º La rareté des alinéas et des chapitres.
9º L'absence de lettres capitales au commencement des chapitres ou
divisions: dans les premiers temps, les imprimeurs laissaient en
blanc la place de ces grandes lettres, qui étaient mises à la main
par des calligraphes et _rubricateurs_ (_rubricare, rubrum facere_
[Ducange], peindre en rouge; de _rubrica_, rubrique, sanguine, craie
rouge, etc.).
10º Des traits obliques au lieu de points sur les _i_.--Etc.
Les anciens imprimeurs avaient tous des _marques_ typographiques,
allégoriques le plus souvent, dont ils ornaient les titres et
frontispices de leurs livres. Beaucoup d'éditeurs d'aujourd'hui ont
des marques analogues, monogrammes ou vignettes, qu'ils placent
au-dessus de leur _firme_ (de l'angl. _firm_ [du bas-latin _firma_,
convention], maison de commerce, raison sociale.
DAUPELEY-GOUVERNEUR, in _le Compositeur et le Correcteur
typographes_, p. 180, écrit à tort «le firme»; ce mot est du
féminin: cf. LITTRÉ, _Dictionn._, Supplément), c'est-à-dire du nom
et de l'adresse de leur maison.
Il n'est pas inutile non plus de connaître les principales de ces
marques des anciens imprimeurs:
Les Alde Manuce avaient pour marque une _Ancre_, autour de laquelle
était enroulé un dauphin;
Les Elzevier, un _Arbre_ ou une _Minerve_;
Rigault avait pour emblème un _Arrosoir_;
Wechel, un _Caducée_;
Nicolas Chesneau, un _Chêne_;
Nivel et Cramoisy, une _Cigogne_;
Les Plantin, un _Compas_;
Lean Lecoq, un _Coq_;
Etienne Dolet, une _Doloire_ (sorte de hachette);
Antoine Vérard, un _Écusson_ fleurdelisé supporté par deux anges;
Simon de Colines, des _Lapins_;
Simon Vostre, deux _Léopards_ à tête de lévrier;
Jehan Ghèle, des _Lévriers_;
Thielman Kerver, deux _Licornes_;
Galiot du Pré, une _Galée_ ou _Galère_;
Les Gryphe, un _Griffon_;
Philippe Le Noir, trois _Nègres_;
Robert Estienne, un _Olivier_;
Guiot Marchant, une _Portée de plain-chant_ et _deux Mains
entrelacées_;
Geoffroy Tory, un _Pot cassé_;
Vascosan, une _Presse typographique_;
Gilles Corrozet, une _Rose dans un Cœur_;
Philippe Pigouchet, deux _Sauvages_ (homme et femme);
Ulrich Gering, un _Soleil_;
Jehan Temporal, le _Temps_ armé de sa faux;
Etc., etc.
(Cf. SILVESTRE, _Marques typographiques..._;--P. DELALAIN,
_Inventaire des marques d'imprimeurs et de libraires_;--BRUNET,
_Manuel du libr._, principalement t. V, col. 1569 et suiv.;--A.-F.
DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 736 et
suiv.;--E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI,
pp. 598 et suiv.;--etc. Voir surtout le grand ouvrage de Mlle
PELLECHET, «chef-d'œuvre de la nouvelle école bibliographique», a
dit M. L. DELISLE (_Catalogue général des livr. imprim. de la
Biblioth. nation._, Introduction, t. I, p. LXXVI), _Catalogue
général des incunables des bibliothèques de France_, dont le tome I
a paru chez A. Picard en 1897.
[172] On appelle _feuillet_ «chaque partie d'une feuille de papier
formant deux pages», recto et verso (Littré). La feuille, par
conséquent et comme on va le voir, donne toujours un nombre de pages
double du chiffre indicatif du format.
[173] Voir sur ces termes _supra_, p. 44.
[174] «Lorsque _in-4_, _in-8_, _in-12_, etc., sont abrégés, on ne les
fait pas suivre d'un º supérieur.» (_Règles typographiques..._
_Hachette_, p. 51.) «L'usage moderne, que nous adoptons, préfère
supprimer l'º dans _in-4_ et _in-8_.» (DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc.
cit._, p. 101.) Voir aussi LECLERC, _Typographie_, p. 162.
[175] L'in-24 est un format «assez incertain et qu'on peut confondre
avec l'in-32. Pour le déterminer sûrement, il faut voir si la
_signature_ se trouve à la page 49 ou à la page 65.» (J. COUSIN,
_loc. cit._, p. 97.) Si elle se trouve à la page 49 (48 + 1), le
format est in-24; à la page 65 (64 + 1), il est in-32.
[176] Cela est si vrai que, depuis quelque temps, de fortes maisons
d'édition, la maison Hachette, entre autres, ont imaginé d'employer,
pour les ouvrages qu'elles font tirer à très grand nombre, des
papiers d'un format particulier et de vastes dimensions, dit format
_drap de lit_, dont chaque feuille peut contenir, par exemple, 96
pages in-8 cavalier. Grâce à une _imposition_ spéciale (c'est-à-dire
au rangement dans la forme ou châssis des pages composées et prêtes
à être tirées, rangement effectué dans un ordre particulier, de
façon qu'après l'impression et le pliage ces pages se suivent selon
leurs numéros d'ordre), on n'a ensuite qu'à sectionner ces grandes
feuilles _drap de lit_ et à procéder au pliage: on obtient pour
chacune d'elles six feuilles in-8 (96 pages = 16[ = 8 × 2] × 6),
portant toutes leur respective _signature_ et paraissant avoir
toujours été séparées, indépendantes les unes des autres.
[177] C'est ce que demande M. Édouard Rouveyre (voir _infra_, p. 85),
et ce qui se fait sur les fiches dressées selon les règles de la
classification décimale (voir chap. VIII, _De la classification_, p.
313).
[178] _Barêmes ou Devis de travaux de reliure_, Annexe: Tableau des
formats en usage dans la librairie française.--Ce tableau, où sont
tracées les dimensions de la plupart des formats, offre un bon moyen
de déterminer immédiatement le format d'un livre; il suffit
d'appliquer les bords de ce livre sur les lignes délimitatrices du
format qui s'y rapporte: le nom et les dimensions sont inscrits sous
l'une de ces lignes. Je dois prévenir néanmoins que les chiffres
donnés par M. Bosquet ne sont pas toujours théoriquement exacts.
[179] Les chiffres de ce tableau sont obtenus de la manière suivante,
qui est des plus simples. Il suffit de diviser les dimensions de la
feuille de papier (dimensions qui sont inscrites respectivement en
tête de chaque colonne) par le nombre des plis de cette feuille dans
le format que l'on veut déterminer. Ainsi la feuille colombier ayant
pour dimensions 0,63 × 0,90, et la feuille in-folio étant pliée en 2
une seule fois, pour connaître la dimension du format _in-folio
colombier_, on divisera par 2 le nombre 0,90, et l'on aura: 0,63 ×
0,45, ou, puisque, comme nous l'avons dit p. 52, il est de règle de
placer le plus petit nombre le premier: 0,45 × 0,63. La feuille in-4
étant pliée en 2 d'un côté et en 2 de l'autre (4 = 2 × 2), le format
_in-4 colombier_ sera de (0,63 ÷ 2 et 0,90 ÷ 2) 0,315 × 0,45. La
feuille in-8 étant pliée en 4 d'un côté et en 2 de l'autre (8 = 4 ×
2), le format _in-8 colombier_ sera de (0,90 ÷ 4 et 0,63 ÷ 2) 0,225
× 0,315. La feuille in-12 étant pliée en 4 d'un côté et en 3 de
l'autre (12 = 4 × 3), le format _in-12 colombier_ sera de (0,63 ÷ 4
et 0,90 ÷ 3) 0,158 × 0,30. Si, par hypothèse, cette feuille in-12
était pliée en 6 d'un côté et en 2 de l'autre, on calculerait de
même ces nouvelles dimensions. La feuille in-18 étant pliée en 6
d'un côté et en 3 de l'autre (18 = 6 × 3), on aura pour le format
_in-18 jésus_ (0,70 ÷ 6 et 0,55 ÷ 3) 0,117 × 0,183; etc. Pour tout
ce qui touche les différents modes de pliage des feuilles et le
nombre de ces modes, ou, ce qui revient au même, les différentes
dispositions des pages dans les châssis selon les formats,
c'est-à-dire l'_imposition_, voir TH. LEFEVRE, _Guide pratique du
Compositeur_, t. I, pp. 299-418, où se trouvent de nombreux tableaux
graphiques d'impositions. Voir aussi DARUTY DE GRANDPRÉ, _Vade-mecum
du biblioth... Instruction raisonnée sur le format des livres_, pp.
27-64.--Nous rappelons ce que nous avons dit p. 53 (Tableau des
papiers) que le format actuel de la couronne servant aux _labeurs_
(impressions de livres) est un peu plus grand (0,37 × 0,47) que
celui de la couronne destinée aux cahiers et registres (0,36 ×
0,46).
[180] Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 327.
[181] Au début de l'imprimerie, l'_imposition_ était des plus simples,
ou plutôt elle n'existait pas et ne pouvait exister, puisque, par
suite des petites dimensions des presses, on ne pouvait tirer à la
fois que deux pages in-folio. Les imprimeurs suivaient donc
l'exemple des copistes; ils pliaient en deux un certain nombre de
feuilles, 1, 2, 3, par exemple; la feuille 1 était formée des deux
premières pages et des deux dernières (1, 2, 11 et 12); la feuille
2, composée des pages 3, 4, 9 et 10, entrait dans la feuille 1; et
la feuille 3, comprenant les pages 5, 6, 7 et 8, entrait dans la
feuille 2. Ce premier cahier portait pour signature, au bas, à
droite, la lettre A; les cahiers suivants recevaient respectivement
pour signatures les lettres B, C, D... En outre, afin d'éviter les
confusions et de faciliter le placement des feuilles, les pages
étaient, de deux en deux, marquées d'un numéro d'ordre en chiffres
romains, placé à côté de la signature. Ainsi la 1re page du premier
cahier portait Aj; la 3e page Aij; la 5e Aiij; la 7e Aiv. On avait
de même pour le deuxième cahier: Bj, Bij, Biij, Biv, etc. Au lieu de
chiffres romains, on a employé aussi les chiffres arabes: A, A2, A3,
A4, etc. (Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 285; et DARUTY DE GRANDPRÉ,
_loc. cit._, p. 25, n. 1.)
[182] Certains _cartons_ ou _encarts_, plus longs que larges, «formant
une bande relativement étroite», portent le nom de _feuilletons_.
(DARUTY DE GRANDPRÉ, _loc. cit._, p. 20.) On donne encore le nom de
_cartons_ à des feuillets supplémentaires d'impression qu'on est
quelquefois obligé de faire, pour remplacer des pages d'un livre qui
contiennent soit des erreurs qu'on veut réparer, soit des passages
qu'on désire supprimer. Ces feuillets supplémentaires une fois tirés
sont cousus ou collés à la place des pages enlevées. Un carton se
compose toujours de quatre pages qui se tiennent. Mais on peut
n'avoir besoin d'apporter des modifications que dans une seule page,
de ne changer qu'une ligne ou qu'un mot: cette page réimprimée (et
qui forme un feuillet naturellement, puisqu'elle comprend un recto
et un verso), destinée à remplacer la page primitive, s'appelle
_onglet_ (LECLERC, _loc. cit._, p. 110), du nom de la mince bande de
papier cousue dans le volume et sur laquelle on la colle (cf.
_infra_, chap. V, _De la reliure_, p. 151). Enfin on donne aussi le
nom de _cartons_ aux cartes de détail placées dans les angles d'une
grande carte géographique.
[183] Pour plus de développements, voir TH. LEFEVRE, _loc. cit._, t.
I, p. 433, et chap. IX, Plan des impositions, pp.
299-418;--DESORMES, _loc. cit._, pp. 45 et suiv.;--LECLERC, _loc,
cit._, pp. 215 et suiv., et 329 et suiv.;--et DARUTY DE GRANDPRÉ,
_loc. cit._, pp. 27-64. Rien que pour le format in-18, Lefevre
indique treize modes différents d'imposition; Leclerc en donne sept:
1º en 1 cahier sans coupure; 2º en 1 cahier avec coupure en
longueur; 3º en 1 cahier avec coupure en largeur; 4º en 2 cahiers,
chacun sans coupure; 5º en 2 cahiers avec coupure et carton dedans;
6º en 3 cahiers, chacun sans coupure; 7º en 3 cahiers avec coupure
et carton dedans.
[184] On remarquera que les lettres J et U, qui anciennement se
confondaient avec l'I et le V, ne figurent pas parmi les signatures.
[185] Page 197.
[186] _Instruction générale relat. au service des biblioth.
universitaires ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 433.
[187] ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 5e édit.,
t. II, p. 52.
[188] Voir _infra_, chap. VIII, p. 313.
[189] «Au début de l'imprimerie, les formats employés étaient
généralement l'in-folio et l'in-quarto, et certains auteurs ont
supposé qu'aucun livre, avant 1480, n'avait été imprimé sous un
format plus petit.» (Trad. de l'_Encyclop. Britannica_, t. III, p.
652, col. 1.) Néanmoins, PEIGNOT, dans son _Dictionnaire raisonné de
bibliologie_, art. Format, mentionne des éditions des plus petits
formats antérieures à 1480; mais on peut considérer ces «petits
livres» comme des exceptions.
[190] Cf. LALANNE, _Curiosités bibliogr._, p. 293.
[191] ID., _Ibid._
[192] BOUCHOT, _le Livre_, p. 110.
[193] Cf. BOUCHOT, _ibid._;--LECLERC, _loc. cit._, p. 289. En 1513, le
pape Léon X accorda à Alde Manuce un privilège analogue d'une durée
de quinze ans, «... sous les peines d'excommunication et d'amende de
cinq cents ducats d'or envers les contrefacteurs». (CRAPELET,
_Études prat. et litt. sur la typographie_, t. I, pp. 65-66.)
[194] _Loc. cit._, p. 170.
[195] LALANNE, _loc. cit._, p. 293.
[196] Tome II, p. 130.
[197] _Loc. cit._, t. II, p. 421.
[198] Constantin est moins exclusif. «Celui, écrit-il, qui veut se
former une bibliothèque de quelques centaines de volumes seulement,
fera bien de les prendre tous du même format. Une pareille
collection d'une reliure de bon goût, et renfermée dans un corps de
bibliothèque élégant, fait un très joli objet d'ameublement, et est
d'un usage commode. Il n'est pas difficile de trouver dans la
librairie un bon choix d'ouvrages de 300 à 800 volumes imprimés
d'une manière uniforme, in-8, in-12 ou in-18.» (_Bibliothéconomie_,
p. 48.)
[199] _Loc. cit._, p. 294.
[200] Cf. WERDET, _De la librairie française_, p. 177.
[201] Voir sur ces termes _infra_, p. 107.
[202] Nous rappelons ce que nous avons dit p. 76, que nous entendons
toujours par in-18 l'in-18 jésus (0,117 × 0,183), et par in-8 l'in-8
cavalier (0,155 × 0,23).
[203] Cf. BOLLIOUD-MERMET, _De la bibliomanie_, pp. 48-49 (Paris,
Jouaust, s. d.). Cette référence est indiquée par Mouravit, mais il
est à noter que le texte de l'opuscule de Bollioud-Mermet, en cet
endroit ou ailleurs, ne se rapproche que bien vaguement de la
remarque de Mouravit sur le choix et la convenance des formats.
[204] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 197.
[205] Cf. _supra_, pp. 87 et suiv., les appréciations que nous avons
citées à propos de l'in-8, et les motifs qui nous font préférer
l'in-18.
[206] LECLERC, _loc. cit._, p. 288.--Nous avons déjà noté plus haut
(p. 76) que certains in-12, in-16 et in-18 ont les mêmes dimensions,
et peuvent être considérés comme «synonymes». Inutile de faire
observer que, dans les deux citations précédentes de Mouravit et de
M. Leclerc, les formats mentionnés manquent de précision, qu'il eût
été bon de dire de quel in-4, de quel in-8, in-12, in-16, etc., il
s'agit, puisqu'un in-4 peut être plus petit qu'un in-8 (in-4 écu <
in-8 colombier), un in-8 plus petit qu'un in-12, etc. (voir _supra_,
p. 76 et le tableau de la page 77). Mais, encore une fois, l'usage
est fréquent de désigner les formats par le nombre seul des plis de
la feuille, sans faire connaître les dimensions de cette feuille, la
_sorte_ de papier employée: jésus, raisin, colombier, etc., et de ne
donner ainsi de ces formats qu'une idée approximative.
[207] L'invention du point typographique est due à Pierre-Simon
Fournier, _alias_ Fournier le Jeune (vers 1737); mais la mesure
initiale dont s'était servi cet imprimeur et graveur était
conventionnelle, partant sujette à discussions et à erreurs (cf.
LECLERC, _Typographie_, pp. 40 et 42). Le «point Fournier» fut
modifié en 1753 par F.-Ambroise Didot, qui prit pour base la mesure
légale d'alors, le _pied de roi_, dont il divisa la ligne en six
parties égales, en six points. Un caractère d'imprimerie ayant
exactement pour longueur ces six points se nomme le _six_; s'il a un
point de plus, c'est-à-dire sept points, le _sept_; huit points, le
_huit_; etc. (Cf. A.-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art.
Typographie, t. XXVI, col. 846.)--C'est Fournier le Jeune qui a dit
que «la théorie d'un art si utile (l'imprimerie) ne devrait être
ignorée d'aucun de ceux à qui l'usage des livres est familier», et
qu'«il serait à souhaiter que tout homme de lettres fût en état de
juger sainement de la mécanique de ses productions.» (_Manuel
typographique_, t. I. p. IX.)
[208] LECLERC, _loc. cit._, p. 48.
[209] ID., _ibid._, p. 46.
[210] Cf. THÉOTISTE LEFEVRE, _Guide pratique du compositeur
d'imprimerie_, t. I, p. 425;--DAUPELEY-GOUVERNEUR, _le Compositeur
et le Correcteur typographes_, p. 5;--E. DESORMES, _Notions de
typographie_, p. 500;--LECLERC, _loc. cit._, pp. 41-42. Les listes
de concordance des anciens noms avec les nombres de points données
par ces ouvrages offrent de fréquentes divergences.
[211] Le texte du présent livre est imprimé en caractère romain Didot
corps dix petit œil; les notes sont en romain Didot corps huit, les
sommaires des chapitres en romain Didot corps sept, et la préface en
romain Didot corps onze.
[212] L'Imprimerie nationale a, elle, un indice spécial: ses _l_,
dites _l barrées_, portent un imperceptible trait, une barre
minuscule, au milieu de leur longueur (l l).
[213] Cf. BOUCHOT, _le Livre_, p. 174.
[214] Voir _supra_, p. 86.
[215] En romain Didot. Remarquez que ce romain est plus petit d'œil
que l'elzevier du corps correspondant.
[216] Du nom de l'habile graveur et imprimeur français Nicolas Jenson,
qui alla s'établir à Venise vers 1469. (Cf. LALANNE, _Curiosités
bibliogr._, p. 84.)
[217] Sur les _lettres grises_, cf. DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._,
p. 68.
[218] LECLERC, _loc. cit._, pp. 64.
[219] ID., _ibid._
[220] «... les formes arrondies de l'onciale (d'où est issue la lettre
tournure).» (LECOY DE LA MARCHE, _les Manuscrits et la Miniature_,
p. 153.) Notons encore qu'on nomme lettres _filigranées_ des
initiales particulières de même aux anciens manuscrits, majuscules
ornées de fioritures très déliées, d'une sorte de filigrane, «fil
ténu, capricieusement enroulé et engendrant des espèces de graines
ou de petites boules». (ID., _loc. cit._, pp. 154-156); lettres
_dragontines_, appelées aussi _saxonnes_, d'autres initiales
d'anciens manuscrits «terminées par des têtes et des queues de
serpents, bordées de points, garnies, dans leurs massifs, de perles,
d'entrelacs et de monstres enchevêtrés». (ID., _loc. cit._, p. 263.)
Rappelons enfin que les caractères gothiques des premiers livres
portent le nom de _lettres de forme_ et de _lettres de somme_,
celles-ci moins anguleuses, moins hérissées de pointes que
celles-là. C'est de _lettres de somme_ que se servirent Gutenberg,
Fust et Schoeffer, les inventeurs de l'imprimerie. (Cf. LALANNE,
_loc. cit._, p. 103.)
[221] La casse française renferme 54 cassetins dans le bas de casse,
et 98 dans le haut de casse. Des casses moins grandes, partant moins
encombrantes, et d'un seul morceau, notamment la casse dite
_parisienne_, sont actuellement en usage: on en a retranché les
petites capitales, relativement peu employées, et qui sont placées à
part.
[222] Sur la casse, voir DELON, _Histoire d'un livre_, pp. 135 et
suiv.;--MAIRE, _Manuel prat. du biblioth._, pp. 304 et
suiv.;--LECLERC, _loc. cit._, pp. 70 et suiv.; etc. Je suis
également redevable de nombreux renseignements typographiques à
l'obligeance de M. Jattefaux, prote de l'imprimerie Lahure.
[223] Voir cette liste complète dans TH. LEFEVRE, _loc. cit._, t. I,
p. 430.
[224] MAIRE, _loc. cit._, p. 353.
[225] CRAPELET, _Études prat. et litt. sur la typographie_, p. 145.
[226] Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 531-532.
[227] _L'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à l'Exposit.
univers. de 1851_, p. 62.
[228] _Ibid._
[229] LOUISY, _le Livre_, p. 221. «Typographia, Deorum manus et munus,
imo ipsa, cum mortuos in vitam revocet, omnino diva est.» (C. KLOCK,
_ap._ CRAPELET, _loc. cit._, avant-propos, p. ij.) En tête de son
_Manuel typogr._ (t. I, p. iv), FOURNIER LEJEUNE a inscrit--et
modifié comme il suit--les vers bien connus de _la Pharsale_ de
Brébeuf:
C'est de Dieu que nous vient cet art ingénieux
De peindre la parole et de parler aux yeux.