compl._, t. VI, p. 575. Paris, édit. du _Siècle_, 1867-1870.)
[72] Page 410. (Paris, Lemerre, 1889.)
[73] _Grammaire des arts décoratifs_, p. 336. (Paris, Laurens, s. d.)
[74] Cette même sentence se rencontre sous la plume d'un autre
historien, critique et polygraphe, M. JULES CLARETIE, et avec les
légitimes restrictions suivantes: «_Dis-moi ce que tu lis, et je te
dirai qui tu es._ L'axiome peut être vrai pour un particulier qui
choisit selon ses goûts, pour un amateur qui se compose une
bibliothèque comme on composerait un bouquet... mais la vérité n'est
plus stricte lorsqu'il s'agit d'un homme de lettres, tenu à tout
garder, après avoir tout lu.» (_Causerie sur ma bibliothèque_, in
_Annales littéraires des bibliophiles contemporains_, 1890, p. 5.)
C'est dans la même _Causerie_ (p. 21) que se trouve cette très belle
profession de foi, que je me reprocherais de passer sous silence:
«J'aime les Lettres, je les aime uniquement, profondément,
passionnément, et je les aime par-dessus tout. Je les aime sous
toutes leurs formes, avec toutes leurs luttes, toutes leurs
rancœurs, tous leurs déboires. Elles consolent même des tristesses
qu'elles font naître, comme cette lance d'Achille qui guérissait les
blessures qu'elle pouvait faire. «La littérature mène à tout, disait
Villemain, à la condition qu'on en sorte.» Quel paradoxe! La
littérature peut ne mener à rien, mais elle rendra heureux jusqu'à
la fin celui qui l'adore, à la condition qu'il n'en sorte jamais.»
[75] Ou le marquis d'Argenson? Dans ses _Mémoires_ (t. V, p.
255.--Paris, P. Jannet, 1857-1858), il s'attribue la même
proposition de la même plaisante devise: _Multi vocati, pauci
lecti_.
[76] _Ap._ MOURAVIT, _le Livre_, pp. 170-172.
[77] _L'Art de former une biblioth._, pp. 152-153.
[78] Paris, Aug. Aubry, s. d.--LORENZ (_Catalogue général_, t. VI, p.
309) donne 1870 comme date de publication, et ajoute que ce livre
n'a été tiré qu'à 200 exemplaires. C'est ce qui en explique le peu
de diffusion et la rareté.
[79] Pages 3-4.
[80] _Loc. cit._, pp. 403-404.
[81] _Ibid._, pp. 341-342.
[82] _Ibid._, p. 362.
[83] Cardinal Bessarion, Lettre au doge et au sénat de Venise
(1468).--Cf. _supra_, p. 10.
[84] _Bulletin du bibliophile_, 17e sér., p. 323.
[85] _Ibid._, pp. 356-357.
[86] Parmi les écrivains modernes qui ont le mieux célébré le livre et
l'amour de la lecture, il nous faudrait citer encore: GOETHE,
_Entretiens avec Eckermann_;--ALEXANDRE VINET, _Études sur la
littérature française_, etc., et X. DOUDAN, _Mélanges et Lettres_,
etc. (deux noms peu connus, mais chers à tous les amis des
Lettres);--CHARLES ASSELINEAU, dont l'opuscule _le Paradis des Gens
de Lettres_ contient un vrai chant de triomphe du livre;--ERNEST
LEGOUVÉ, _l'Art de la lecture_ et _la Lecture en action_;--Mgr
LANDRIOT, _Conférences sur l'étude des Belles-Lettres_,
etc.;--ANTONY MÉRAY, _les Diverses Façons d'aimer les livres_ (in
_Annuaire du bibliophile_, 1861, pp. 142-157);--FRANÇOIS FERTIAULT,
_les Amoureux du livre_, sonnets d'un bibliophile; _les Légendes du
livre_ (autre recueil de sonnets); _Drames et Cancans du livre_,
anecdotes bibliographiques, dont le meilleur chapitre est intitulé:
Comment j'aime mes livres;--GABRIEL HANOTAUX, _la Seine et les
Quais, promenades d'un bibliophile_;--ALBERT COLLIGNON, _la Vie
littéraire_, notes et réflexions d'un lecteur;--etc.
[87] Et tant de fois altérée et faussée, car cette admirable page a eu
le sort des _Provinciales_ et des _Pensées_ de Pascal, «qu'on
tronque toujours quand on le cite», selon la piquante réflexion de
M. FERDINAND BRUNETIÈRE (_Histoire et Littérature_, t. I, p. 314).
Comme exemples de ces inexactitudes et déformations, cf. FONTAINE DE
RESBECQ, _Voyage litt. sur les quais de la Seine_, p.
134;--ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e
édit., t. II, pp. 163-164;--etc. Le pieux JEAN DARCHE a fait mieux:
il s'est approprié le texte, l'a démarqué et rebaptisé, puis l'a
terminé en sermon: «Mais, ô mon Dieu! rien n'est stable en ce monde!
et ce sera bien ma faute si... Amen!» (_Essai sur la lecture_, pp.
374-375.)--Cet article de SILVESTRE DE SACY a paru dans le _Journal
des Débats_ du 25 octobre 1853, et il fait partie des _Variétés
littéraires, morales et historiques_ de cet écrivain (Paris,
Didier-Perrin, 1884; 2 vol. in-12; 5e édit.: la 1re édit. est de
1858), t. I, pp. 242-255. «L'article mémorable... chef-d'œuvre de M.
de Sacy, a été celui du mardi 25 octobre 1853, sur le _Catalogue de
la bibliothèque de feu J.-J. de Bure_.» (SAINTE-BEUVE, _Caus. du
lundi_, t. XIV, p. 191.)
[88] Cf. le mot du sage Valincour (1653-1730), à qui Boileau a dédié
sa satire XI, sur _l'Honneur_. Ayant perdu sa bibliothèque, détruite
par un incendie, Trousset de Valincour répondait à ses amis qui le
plaignaient: «Je n'aurais guère profité de mes livres, si je n'avais
appris d'eux à m'en passer». (Cf. CHARLES NODIER, _Mélanges tirés
d'une petite bibliothèque_, Préface, p. III; et SAINTE-BEUVE, _Caus.
du Lundi_, t. XII, p. 465.)
[89] CHEVILLIER, _Origine de l'imprimerie de Paris_, p. 60.
[90] _Loc. cit._, pp. 158-159.
[91] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 162-163.
[92] Dans son récit _la Nouvelle Ecbatane_, in _Bagatelles_, par le
Comité de la Société des Gens de Lettres, p. 302. (Paris, Dentu,
1892.)
[93] Cf. les journaux de février 1896, principalement _l'Événement_ du
19, et _l'Éclair_ du 23 février. Cf. aussi la _Revue scientifique_
du 4 février 1899, pp. 153-154, les _Papiers dangereux_ et leur
désinfection. Voici un extrait de ce dernier article: «Le _Bulletin
mensuel de l'Œuvre des enfants tuberculeux_ nous apprend que la
Caisse d'épargne de Bruxelles vient d'installer un service pour la
désinfection des livrets et autres papiers qui affluent dans
l'établissement. Tous les documents sont exposés maintenant pendant
quelques heures aux vapeurs de l'aldéhyde formique... Mais il est un
danger de contamination beaucoup plus grand encore, et dont le
public ne semble pas s'émouvoir: c'est celui que présentent les
livres des bibliothèques publiques ou des cabinets de lecture. Tel
roman populaire, tel bouquin à succès passe par mille ou quinze
cents paires de mains, avant d'être absolument trop crasseux ou trop
fripé pour être hors d'usage. Dans ce nombre de lecteurs, il y a des
convalescents, des malades, des tuberculeux. Or le papier est un
excellent véhicule à microbes, et un livre, passant de main en main,
peut apporter dans une famille un choix très complet de maladies
transmissibles, depuis la rougeole, la scarlatine et la variole,
jusqu'au choléra asiatique et la peste, en passant par le typhus, le
croup et la diphtérie, la coqueluche, la gale, le charbon, les
septicémies, les affections puerpérales et la tuberculose
pulmonaire. Il y a là des mesures à prendre d'urgence, et nous nous
étonnons que les services compétents n'y aient pas encore songé,
d'autant plus que le remède est d'application facile, comme le
prouve l'expérience de la Caisse d'épargne de Bruxelles.» Nous
reparlerons, dans le chapitre IX, de l'emploi de l'aldéhyde formique
(p. 325), et des risques de propagation de la tuberculose par les
livres (pp. 371-373).
[94] Larcher, qui travaillait alors à sa traduction d'Hérodote, reçut
un jour un ouvrage des plus rares, et précieux pour ses études, que
Langlès venait d'acquérir et qu'il s'empressait de lui communiquer.
Se retournant vers le porteur du message et lui rendant le livre
avec humeur: «Remportez cet ouvrage, dit le docte bibliomane:
apprenez que je n'ai pas l'habitude de travailler avec «des livres
qui ne sont pas ma propriété». (MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 125-126.)
[95] Cf. LALANNE, _loc. cit._, p. 286.
[96] _Le Livre_, p. 264.
[97] GUSTAVE BRUNET, _Fantaisies bibliogr._, p. 293, donne: _Ingratis
servare nephas_.
[98] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, col 402.
[99] Cf. GUSTAVE BRUMET, _loc. cit._, pp. 271 et 296. De même, M. J.
Gomez de la Cortina, dont plusieurs volumes se trouvent à la
bibliothèque universitaire de Douai, faisait graver sur le plat de
ses livres, au-dessus de ses armoiries: _J. Gomez de la Cortina et
amicorum_, et au-dessous: _Fallitur hora legendo_. (Cf. JULES
COUSIN, _De l'organisation... des biblioth._, p. 160, n. 1.) Et
Jacques Denyau, bibliophile angevin: _Sum Jacobi Denyau et amicorum,
non omnium_. (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879,
col. 390.)
[100] Cf. PEIGNOT, _Dictionn. raisonné de bibliol._, t. II, p. 361.
C'est en l'honneur de Michel Bégon et en souvenir du bon accueil
qu'avait reçu de lui le botaniste Plumier que celui-ci donna le nom
de _bégonia_ à un genre de plantes d'Amérique.
[101] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, col. 401.
[102] Cf. GUSTAVE BRUNET, _Dictionn. de bibliol._, col. 519.
[103] UZANNE, _Du prêt des livres_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I.
p. 37.
[104] _Loc. cit._, p. 71.
[105] FERTIAULT, _Drames et Cancans du livre_, p. 264.
[106] _Du prêt des livres_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I, pp.
35-40.
[107] UZANNE, _loc. cit._, pp. 38-39.
[108] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 août 1893, col. 127.
[109] L'épithète est de M. OCTAVE UZANNE, _loc. cit._, p. 36.
[110] Cf. UZANNE, _ibid._;--JULES RICHARD, _l'Art de former une
biblioth._, p. 41;--ÉDOUARD FOURNIER, _l'Esprit des autres_, p. 295
(5e édit.);--_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879,
col. 401;--etc.
[111] Voir, entre autres, pour cette attribution à Condorcet: JULES
JANIN, _l'Amour des livres_, pp. 60-61;--ROUVEYRE, _Connaissances
nécessaires à un biblioph._, 3e édit., t. I, p. 92;--YVE-PLESSIS,
_Petit Essai de biblio-thérapeutique_, p. 20;--etc. Sur la paternité
de Colletet, voir l'_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 et 25
février 1878, col. 65 et 122. A part une épître _A un jeune Polonais
exilé en Sibérie_, Condorcet, qui s'est surtout occupé de science et
de politique, n'a jamais écrit de vers.
[112] «Un volume une fois sorti de l'intérieur d'une bibliothèque est
exposé à toutes les chances, sinon de perte, du moins de dégradation
et d'avarie, de la part des maladroits, des négligents et des
malpropres; il ne rentre ordinairement qu'à la volonté de
l'emprunteur, qui le garde pendant des années et souvent même tout à
fait, parce que le principe que _garder un livre n'est pas un vol_
est malheureusement adopté par beaucoup de personnes.» (CONSTANTIN,
_Bibliothéconomie_, p. 68.)
[113] TALLEMANT DES RÉAUX, _Historiettes_, Du Moustier, t. III. p.
139. (Paris, Techener, 1862. 6 vol. in-18.)
[114] _Ap._ JULES JANIN, _loc. cit._, pp. 59-60.
[115] _Loc. cit._, p. 61.
[116] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _Mélanges bibliogr._, p. 5.
[117] _Mélanges d'histoire et de littérature_, _ap._ LALANNE,
_Curiosités bibliogr._, pp. 302-303.
[118] Cf. JULES RICHARD, _l'Art de former une biblioth._, p. 30; etc.
[119] Page 13.
[120] Page 37.
[121] _Catalogue de la librairie A. Lemerre_, 1899, pp. 20-21.
[122] J. DARCHE, _Essai sur la lecture_, p. 15. Comme nous le verrons
plus loin (p. 106), un autre roi de France, Louis XII, usait de la
même hyperbole en parlant de l'imprimerie, d'origine «plus divine
qu'humaine», elle aussi.
[123] Et cette fabrication ou plutôt ces essais de fabrication
multiples remontent assez loin, puisqu'«on voit au British Museum un
livre écrit en langue hollandaise et publié en 1772, imprimé sur 72
sortes de papiers provenant d'autant de matières différentes». (CH.
LABOULAYE, _Dictionn. des arts et manufactures_, art. Papier.)
[124] _Magasin pittoresque_, avril 1860, p. 135.
[125] Cf. PAUL CHARPENTIER, _le Papier_ (t. X de l'_Encyclopédie
chimique_ publiée sous la direction de M. Fremy), _passim_;--DELON,
_Histoire d'un livre_, pp. 105 et suiv.;--MAIRE, _Manuel prat. du
biblioth._, pp. 371 et suiv.;--ÉMILE LECLERC, _Typographie_ (Manuels
Roret), pp. 542 et suiv.;--LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Papier,
t. XII et 2e supplément;--CH. LABOULAYE, _loc. cit._;--etc.; et
_passim_, _le Magasin pittoresque_, _la Nature_, la _Revue des
bibliothèques_, la _Revue biblio-iconographique_, etc.--«La science
a découvert de belles et grandes choses, et elle en a inventé aussi
de bien jolies; entre autres, la fabrication rapide du papier à très
bon marché. Elle l'extrait aujourd'hui du bois et de la paille;
demain, elle le tirera de la houille; elle trouvera bientôt un moyen
de le façonner avec la terre où pourriront nos corps. C'est sur
cette ordure qu'on vous imprime, et voilà une fameuse leçon pour
l'orgueil de nos constructeurs de monuments! Ces feuilles faites
avec rien se décomposent en quelques années, se tachent, s'usent, se
déchirent, redeviennent poussière et cendre et rentrent avec avidité
dans le néant dont elles n'auraient jamais dû sortir.» (PAUL
STAPFER, _Quatre Consolations aux auteurs_, in _Bibliothèque
universelle_. Lausanne, janvier 1901, p. 111.) Cf. aussi VOLTAIRE,
_la Guerre civile de Genève_, poème héroïque, chant IV:
Tout ce fatras fut du chanvre en son temps;
Linge il devint par l'art des tisserands,
Puis en lambeaux des pilons le pressèrent;
Il fut papier: cent cerveaux à l'envers
De visions à l'envi le chargèrent;
Puis on le brûle, il vole dans les airs,
Il est fumée, aussi bien que la gloire.
De nos travaux, voilà quelle est l'histoire;
Tout est fumée, et tout nous fait sentir
Ce grand néant qui doit nous engloutir.
[126] En termes d'imprimerie, on appelle aussi _maculatures_ (du lat.
_maculare_, tacher) les feuilles de papier qui ont reçu un excédent
d'encre et qu'on a mises au rebut pour servir de sous-main ou
d'enveloppe.--LAROUSSE (_Grand Dictionn._, art. Papier, 2e
supplément, p. 1671) dit qu'en Angleterre et en Amérique on
recueille les vieux papiers «beaucoup plus soigneusement qu'en
France», et qu'après un lessivage au sel de soude et autres
opérations, on en fabrique un papier «d'excellente qualité».
[127] BOUANT, _Dictionn. des sciences usuelles_, art. Papier.
[128] LECLERC, _loc. cit._, p. 546. Voir aussi _la Nature_, 27 mars
1897, p. 270: «Dans un volume de l'«Encyclopédie Léauté», _les
Succédanés du papier_, M. V. Urbain, répétiteur à l'École centrale,
montre avec quelle intensité on défriche pour se procurer la pâte à
papier. «Pendant le cours de l'année 1895, dit-il, on a constaté que
la France et l'Angleterre avaient manufacturé plus de 400 000 tonnes
de pâte chimique, avec des bois importés de Suède et de Norvège. Ce
chiffre doit attirer l'attention des économistes, car il représente
le rendement en cellulose de pins ou de sapins, âgés de trente ans
au moins. Un pin de trente-cinq à quarante ans de belle venue ne
cube pas plus de 1 mètre cube. Lorsqu'il aura été ébranché, écorcé,
etc., il ne pourra donc former plus de 150 kilogrammes de pâte
mécanique, propre à la papeterie. Il en résulte qu'un journal à
grand tirage absorbe, à lui tout seul, une centaine d'arbres par
numéro, en attribuant à son papier moitié de pâte de bois chimique
et moitié de pâte de bois mécanique. Dans un demi-siècle, si l'on
n'y prenait garde, toutes les forêts d'Europe seraient fauchées et
imprimées à fond; le bocage serait sans aucun mystère et les
rossignols de muraille seraient le dernier souvenir de leur poétique
espèce. Au point de vue statistique, la consommation du papier, dans
le monde entier, a atteint, en 1895, 1 500 000 000 de kilogrammes.
Le chiffon est devenu une rareté, et il faut recourir à la paille, à
l'alfa, à l'aloès et à l'ortie.»
Un article de _l'Illustration_, analysé dans le _Mémorial de la
librairie française_ (22 novembre 1900, p. 622), prétend, au
contraire, que cette disparition des forêts et leur transformation
totale en papier n'est nullement à redouter. «Les forêts du Canada,
lit-on dans cet article, sont avec celles de la Sibérie les plus
vastes du monde. On les trouve partout, du Pacifique à l'Atlantique,
et, se renouvelant tous les vingt ans, elles sont pour ainsi dire
inépuisables. Une des régions de la province de Québec peut, à elle
seule, fournir plus de 500 000 tonnes de papier par an et cela
pendant un temps indéfini.»
C'est être vraiment trop optimiste, et l'opinion précédente nous
semble plus juste. D'abord il faut plus de vingt ans à une forêt
pour se renouveler et se reconstituer; ensuite la bouteille
inépuisable est tout aussi chimérique que le mouvement perpétuel.
[129] «... Les feuillets sortis de leurs presses (des anciens
imprimeurs) se montrent tout brillants de jeunesse, à côté de nos
impressions ternes, à demi éclipsées sur les pages jaunies de nos
livres nés d'hier.» (MOURAVIT, _le Livre_, p. 191.)
[130] Cf. A.-F. DIDOT, _l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à
l'Exposit. univers. de 1851_, p. 86.
[131] Cf. P. CHARPENTIER, _loc. cit._, _passim_;--HENRI BOUCHOT, _le
Livre_, chap. VII, pp. 253 et suiv.;--DELON, _loc. cit._, pp. 106 et
suiv.;--etc.
[132] _Frisquette_ est aussi un terme d'imprimerie désignant le
châssis qui, au moment du tirage, s'applique sur les marges du
papier pour les maintenir d'aplomb et les empêcher de se maculer.
[133] Le mot «_flotre_ est une altération de _feutre_». (LITTRÉ,
_Dictionn._, art. Flotre.)
[134] LALANNE, _loc. cit._, p. 108.
[135] Cf. P. CHARPENTIER, _loc. cit._, _passim_;--LECLERC, _loc.
cit._, pp. 544 et suiv.;--DELON, _loc. cit._, pp. 114 et
suiv.;--RENEL, _la Fabrication actuelle du papier_, in _la Nature_,
18 janvier et 15 février 1890, pp. 99-103 et 167-170;--V. MORTET,
_le Papier_, et _le Papier au moyen âge_, in _Revue des
bibliothèques_, 1891, pp. 195-207, et 1892, pp. 349-350;--etc.
[136] BOUILLET, _Dictionn. universel des sciences..._ Nouvelle édit.,
refondue sous la direction de MM. J. Tannery et É. Faguet, art.
Papier.
[137] Cf. RENEL, _loc. cit._, in _la Nature_, 18 janvier 1890, p. 102.
Voir aussi P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 112.
[138] On fait souvent de papier _brouillard_ le synonyme absolu de
papier _buvard_ (cf. LITTRÉ, HATZFELD, LAROUSSE, _Dictionn._). On
désigne cependant plus particulièrement sous le nom de papier
_brouillard_ un papier non collé mais calandré, d'ordinaire plus
mince et plus léger que le papier _buvard_ habituel, et d'ordinaire
aussi de couleur brune, jaunâtre ou grise, qui s'emploie en
pharmacie et thérapeutique (pansements), et sert en outre tout
spécialement à confectionner les papillotes. Une sorte de papier
buvard et de papier à filtrer a reçu, en raison de sa couleur, le
nom de _papier gris_.
[139] P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 173.
[140] Glacé après l'opération dont il va être question, après le
_couchage_.
[141] Voir sur le _papier couché_ le _Mémorial de la librairie
française_, 26 juillet 1900, p. 420.
[142] Nº du 3 juin 1899, p. 696.
[143] Pas toujours: voyez les elzeviers. (A. C.)
[144] Cf. _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 décembre 1898, col.
808-809.
[145] _La Nature_, 13 décembre 1890, p. 30.
[146] «Les reflets verts étant facilement supportés par les yeux, on
conseille aux hommes d'étude de les préférer à tout autre (tentures,
rideaux, abat-jour verts), par suite emploi du papier vert pour
écrire, comme a l'habitude de le faire l'un de nos écrivains les
plus féconds, M. Claretie, de l'Académie française. Ce papier a
cependant un inconvénient, c'est de faire paraître l'écriture
rougeâtre et peu distincte quand on a à se relire. Les papiers
_jaunes_ font admirablement ressortir l'écriture et ont des reflets
plus doux que ceux du papier blanc. Plusieurs mathématiciens,
notamment l'amiral Jonquière, font usage de papier jaune, lorsqu'ils
ont à effectuer des calculs longs et compliqués. Les autres
couleurs: bleu, rouge, violet, ne donnent pas de bons résultats.»
(_La Nature_, 13 décembre 1890. p. 30.)
[147] Ces chiffres ne sont pas toujours rigoureusement fixes, et
présentent parfois, dans la réalité, de légères différences en plus
ou en moins, comme on peut s'en convaincre en consultant: P.
CHARPENTIER, _loc. cit._, pp. 259-260;--DESORMES, _Notions de
typogr._, p. 499;--LECLERC, _loc. cit._, p. 286;--MUNIER, _Nouveau
guide illustré de l'imprimerie..._, p. 10;--MAIRE, _loc. cit._, p.
375, où se trouve un «Tableau des dimensions et des poids des
papiers de France établis avant le système décimal en pouces et en
lignes»;--etc. M. Manquest, de la maison Darblay, a bien voulu me
fournir aussi d'utiles renseignements sur les dimensions et les
modes d'emploi des papiers. J'ai eu recours également, pour tout ce
qui touche le _papier_, le _format_ et l'_impression_, à la
compétence de M. Lebreton, chef du service des impressions de la
librairie Flammarion.--Pour exprimer les dimensions des papiers, il
est d'usage de mentionner le plus petit nombre le premier; ex.:
Raisin = 0,50 × 0,65 (et non 0,65 × 0,50).
[148] On a conservé l'habitude d'écrire _Whatman_ avec une majuscule.
[149] Un autre papier, employé spécialement pour le dessin, est le
papier _Canson_: c'est un beau papier fort et lisse, qui se fabrique
à Annonay.
[150] Et aussi à sa légèreté. (A. C.)
[151] _Le Livre du bibliophile_, pp. 32-33. (Paris, Lemerre, 1874.)
[152] Sur la fabrication du papier du Japon, voir CH. LABOULAYE,
_Dictionn. des arts et manufactures_, art. Papier;--_le Magasin
pittor._, avril 1877, pp. 114 et 122;--_la Nature_, 5 octobre 1889,
p. 291;--P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 249;--MAIRE, _loc. cit._,
p. 373.
[153] Sur le parchemin ordinaire et proprement dit, voir _infra_,
chap. V, p. 131.
[154] LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Papier, t. XII, p. 150, col.
3.--Ajoutons qu'on se sert actuellement en Angleterre d'un papier
également très mince, analogue au papier pelure, mais suffisamment
opaque pour supporter l'impression. Il est connu sous le nom de
_papier indien_, et sort de la papeterie de l'Université d'Oxford (à
Wolvercote, près d'Oxford). Par son peu d'épaisseur, son extrême
ténuité, ce papier convient particulièrement aux livres dont on a
besoin de réduire le plus possible la masse et le poids (volumes
contenant un très grand nombre de pages et qu'on ne peut scinder;
dictionnaires de poche, guides de voyage, aide-mémoire, vade-mecum,
etc.). Le papier indien d'Oxford, qu'on cherche en ce moment à
propager en France, est malheureusement d'un prix assez élevé.
[155] LECLERC, _loc. cit._, p. 551.
[156] P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 307.
[157] ID., _ibid._
[158] ID., _loc. cit._, p. 308.
[159] Numéro du 12 juillet 1900, p. 398. Voir aussi numéro du 29
novembre 1900, p. 633.
[160] In _la Nature_, 29 décembre 1894, p. 74.
[161] C'est à peu près ce qu'a dit l'éminent administrateur de notre
Bibliothèque nationale, M. LÉOPOLD DELISLE, dans son discours
d'ouverture du Congrès international des Bibliothécaires, tenu à
Paris en 1900: «C'est par milliers qu'il faut compter les volumes
modernes que la mauvaise qualité du papier a voués fatalement à une
mise hors d'usage dans un avenir plus ou moins rapproché.»
(_Courrier des bibliothèques_, 28 février 1901, p. 52.)
[162] _Revue biblio-iconographique_, in _Intermédiaire des cherch. et
cur._, 15 février 1900, col. 275-278. On a proposé aussi, dans une
intention analogue, de demander aux ministères et établissements
publics de ne comprendre sur leurs listes d'achat que les ouvrages
tirés sur bon papier et convenablement édités.
[163] _Cosmos_, Revue des sciences et de leurs applications, 15
septembre 1900, p. 320; et _Revue biblio-iconographique_, avril
1901, pp. 206-207.--Le _Mémorial de la librairie française_, 29 août
1901, p. 492, indique le procédé suivant pour distinguer du papier
confectionné à la machine le papier fabriqué à la main: «Découper
des rondelles de six à huit centimètres dans le papier à essayer et
faire ensuite flotter ces rondelles sur l'eau d'une cuvette: le
papier à la machine s'enroulera de deux côtés dans la direction du
centre de la rondelle, tandis que les rondelles du papier à la main
se relèveront en forme de bords d'assiette.»
[164] LITTRÉ, _Dictionn._, art. Format.
[165] _Dictionn._, art. Tome.