P. 45, l. 1: outrée.--_Ms. A 8_: oultre. Fº 286.
P. 45, l. 6: Nazres.--_Ms. A 8_: Nazares.
P. 45, l. 6: couroit.--_Ms. A 8_: court.
P. 45, l. 18: encauchier.--_Le ms. A 8 ajoute_: gens.
P. 45, l. 22: li plus.--_Ms. A 8_: les pluseurs. Fº 286 vº.
P. 45, l. 23: rade.--_Ms. A 8_: roide.
P, 45, l. 31: devers.--_Ms. A 8_: dedens.
P. 46, l. 6: où pillart.--_Ms. A 8_: et pilliée: si.
P. 46, l. 18: disent.--_Ms. A 8_: disoient.
P. 46, l. 20: rouge.--_Ms. A 17_: rogier. Fº 350 vº.
§ =585=. Apriès le desconfiture.--_Ms. d’Amiens_: Apriès le
desconfiture de le bataille de Nazares, li prinches, pour recueillier
ses gens qui repairoient de le cache, s’en vint sus une petitte
montaingne. Là fist il lever se bannierre contremont, à laquelle
touttes mannierres de gens de leur costé se radrechièrent. Si fu il
moult tart, ainschois que tout fuissent revenu. Adonc avala li prinches
moult ordounneement, sa bannierre devant lui, et s’en vint ens ès
logeis dou roy Henri. Si y trouva, et ossi fist toutte son host, de
touttes pourveanches à grant fuisson, dont il furent bien servi et
bien aisiet. Si se desarmèrent et appareillièrent, chacuns sires par
soy et entre ses gens, et entendirent li pluisseur à mettre à point
chiaux qui blechiés et navrés estoient. Adonc s’en vint li rois dans
Pierres deviers le prinche, et le volt enclinner, mès li prinches
ne le consenti mies. Se li dist li rois: «Mon chier cousin, je vous
doy mout remerchiier, car par vous est toutte m’onneur recouvrée, et
m’avés hui tant fait que jammais ne l’aray desservi.» Adonc respondy li
prinches et dist: «Sire roys, ne m’en donnés nulle loenge, mès à Dieu
princhipaument, car de li vient ceste belle aventure que nous avons.»
Adonc entrèrent il en autres parolles. Si fu li souppers, ens ou logeis
dou prinche, appareilliés mout grans et moult biaux. Et y dounna
li prinches à souper le roy dam Pierre et le roy de Maiogres, et
monsigneur Martin de le Kare, qui representoit le roy de Navarre, et
le comte d’Ermignach et ung comte dou royaumme d’Arragon qui estoit
prisounniers, que on noummoit le comte de Dunne. Et enssi en ses logeis
chacuns sires dounna à soupper à ses prisounniers, qui prisounnier
avoit, moult convignablement. Et passèrent le nuit en grant joie et en
grant deduit, car il avoient bien de quoy, vivrez à grant fuisson, et
trouvet ossi grant plantet de vaissellemence d’or et d’argent et de
bons rices jewiaux, çaintures, draps et mantiaux; car li rois Henris et
touttes ses gens estoient là venus moult estoffeement et bien pourvueu
de tout bon. Fº 148.
P. 46, l. 27 et 28: remontière.--_Ms. A 8_: remontée. Fº 286 vº.
P. 46, l. 28: mettre.--_Ms. A 8_: tenir.
P. 46, l. 31: le cache.--_Ms. A 8_: la chace.
P. 47, l. 4: recuellier.--_Ms. A 8_: recueillir.
P. 47, l. 7: Maiogres.--_Ms. A 8_: Maillogres.
P. 47, l. 18: venant.--_Ms. A 8_: venir.
P. 47, l. 30: leurs.--_Ms. A 8_: ses.
P. 48, l. 8: li dit logeis estoient.--_Ms. A 8_: le dit logeis estoit.
P. 48, l. 15: cinq mil.--_Mss. A 7, 8_: cinq cens. Fº 283 vº.--_Ms. A
17_: six cens. Fº 351.
P. 48, l. 24: le nombre.--_Ms. A 8_: compte. Fº 287.
P. 48, l. 27: Bien.--_Le ms. A 8 ajoute_: avoient de quoy et.
P. 48, l. 28: plentiveusement.--_Ms. A 8_: plantureusement.
§ =586=. Le dimence.--_Ms. d’Amiens_: Quant che vint le diemenche au
matin et que li prinches eult oy messe, li rois dans Pierres vint
deviers lui, emfourmés et advisés de quoy il devoit parler: che fu
qu’il requist au prinche c’on li delivrast le comte Sansse son frère,
le maistre de Caletraive, messire Gomme Garil, le grant prieur de
Saint Jehan, le grant maistre de Saint Jame et tous chiaux d’Espaingne
c’on tenoit pour prisounniers, car il les volloit faire morir comme
traiteurs et mauvais contre lui. Quant li prinches l’oy et vit quelle
affection il avoit, se li requist ung don: «Quel don, dist li rois
dans Pierres, mon chier cousin, vollés vous avoir? Ja savés vous
que tout chou que j’ay est vostre sans nul moiien, et vous acorde à
faire vostre vollenté dou tout.»--«Je vous pri et requier, dist li
prinches, que vous voeilliés pardounner à tous chiaux que vous tenés
pour prisounniers, vostre mautalent, et à tout le demorant dou pays
ossi, si vous vollés estre ne demourer rois de Castille.» Adonc s’avisa
li rois dans Pierres et dist: «Chiers cousins, pour l’amour de vous je
l’acorde, et je leur pardounne bonnement tout, excepté ce faux traiteur
Gomme Garilz qui m’a fait plus de maux que tout li autre.»--«Cesti,
dist li prinches, vous acorde jou bien.» Dont furent mandé tout li
chevalier d’Espaingne qui prisounnier estoient, en l’ost; et là,
present le prinche et moult de grans signeurs, leur pardounna li rois
dans Pierres tous mautalens, et baisa son frère le bastart le comte
Sansse, en nom de pais, et tous les aultres. Apriès, li fu delivrés à
faire son plaisir messires Gommes Garils. Il n’en eult nulle pité, tant
fort le haioit pour les grans contraires que chils li avoit fais et le
fist decoller, voiant tous chiaux qui veoir le peurent. Fº 148.
P. 48, l. 31: devant.--_Ms. A 8_: hors de. Fº 287.
P. 49, l. 13: car.--_Le ms. A 8 ajoute_: moult.
P. 49, l. 26: vo.--_Ms. A 8_: vostre.
P. 50, l. 4: eurent en couvent.--_Ms. A 8_: encouvenancièrent.
P. 50, l. 6: si.--_Ms. A 8_: ses.
P. 50, l. 8: li fist.--_Ms. A 8_: leur fist.
P. 50, l. 8 et 9: recogneut et desservi.--_Ms. A 8_: recongnurent et
desservirent.
P. 50, l. 27: clore.--_Mss. B 4 et A_: clore ne tenir. Fº 285.
P. 50, l. 29: le ville.--_Le ms. B 6 ajoute_: bien cinq lieues.
P. 51, l. 4: Barbesque.--_Ms. B 6_: Barbestre.
P. 51, l. 10: ne bien aisiet.--_Ms. A 8_: aisieement.
§ =587=. Li princes de Galles.--_Ms. d’Amiens_: Che dimenche, tout
le jour, demoura li prinches ens ès logeis, qu’il avoit concquis et
trouvez de ses ennemis, et eurent là en dedens consseil coumment il se
maintenroient. Le lundi apriès messe et boire, li rois dans Pierres se
parti dou prinche à grant fuison de gens d’armes, et chevaucha devers
le grosse ville de Burghes, et li prinches et li demorans de ses gens
s’en vinrent logier à Barbeske. Sitost que li bourgois et li hommes
de Burghes entendirent que li rois dans Pierres venoit celle part,
il yssirent tout contre lui moult honnerablement, et le rechurent
comme leur seigneur et leur roy, et le menèrent dedens Burghes moult
solempnement. Au tierch jour apriès, vint li princes devant Burghes,
où il fu requeilliés ossi moult grandement, et se logièrent touttes
ses gens là environ. Adonc vint à Burghes veoir le roy dom Pierre son
seigneur et le prinche de Ghalles, chilx chevaliers espagnols qui point
ne s’estoit tournés deviers le roy Henri, dans Ferrans de Castres.
Se le vit li prinches moult vollentiers, et le festia et honnoura
grandement, et ossi fissent tout li seigneur qui là estoient.
Environ ung mois, sejournèrent li rois dans Pierres et li prinches en
le ville de Burghes. Là en dedens vinrent au dit roy faire feaulté et
hoummaige tout chil de Castille, des villes, des cités et des castiaux,
et aussi tout gentil homme, seigneur, chevalier et escuier, de
Portingal, de Seville, de Toulète, de Corduan, de Lion, de Galise et de
touttes les marches, loing et priès, et jurèrent tout solempnellement,
present le prinche de Galles et pluisseurs grans signeurs ad ce
appiellés, à tenir et obeir au roy dam Pierre comme leur droit signeur
souverain. Avoecq tout chou, li prinches de Galles tint son jugement
et son gage de bataille devant Burghes, siques on puet bien dire tout
notoirement que toutte Espaingne, par concquès, fu à lui et à son
coummandement.
Quant li prinches eut tenu ses Paskes et ses festes à Burghes avoecq le
roy dam Pierre et là sejourné plus d’un mois, et que on ne savoit ne
sentoit mès nuls rebelles ens ou pays que tout ne fuissent obeissant
au dit roy, il y eut grans parlemens entre le roy et le prinche
et leurs conssaux; et là à ces dis parlemens furent renouvellet
li sierment, les proummesses, li couvens, les ordounnances et les
obligations qui estoient jurées et escriptes entre l’un et l’autre,
très le coummencement dou voiaige. Et dubt li roys dam Pierres partir
du prince et aller ent se voie deviers Seville, en instanche de che
que d’assambler or et argent pour paiier le prinche et ses gens, et li
prinches le devoit attendre ou Val d’Olif; et devoit retourner li dis
rois dedens un certain jour deviers le prinche. Sur ce, il se parti et
s’en alla à Seville et là où bon li sambla, car tous li pays estoit
ouvers contre lui et appareilliés à son coummandement. Et li prinches
et ses gens l’atendirent plus de trois mois oultre le jour qu’il devoit
retourner. Si eurent là en dedens tamainte souffreté de pain et de vin
et de tous autres vivres, car il estoient grant gens, et si trouvoient
chiaux dou pays durs et mal amis à yaux, et si ne pooient par couvent
les gens le prinche assaillir nulle fortrèche: enssi estoit il
ordounné; mès, se il ewissent tenu ceste ordounnance, il fuissent tout
mort de famine, car li rois dans Pierres les faisoit trop sejourner.
Si prist li prinches Haulte Mousque où il trouva de tous vivres
assés largement pour vivre, lui et son host, environ ung mois, et
puis s’em parti et vint à Medine de Camp, une bonne grosse ville et
bien avitaillie. Si l’asiega li prinches tant seullement pour avoir
les vivres. Quant chil de le ville de Medine se virent asegiet, si
doubtèrent que de force il ne fuissent pris et perdissent corps
et biens. Si se composèrent deviers le prinche et ses gens, et
avitaillièrent l’ost assés plentiveusement. Et se tinrent encorres là
environ, atendans que li rois dans Pierres revenist ou qu’il en oyssent
bonnes nouvelles; mès il le faisoit trop long, dont moult en desplaisi
au prinche et à son consseil, et en le deffaulte de lui il convint
les Compaingnes espardre sus le pays pour avoir vivres. Si y fissent
pluisseurs contraires et y prissent pluisseurs villes et castiaux
rebelles à yaux; et quant il les avoient pris par forche avoecques les
vivres, il les pilloient tous et y faisoient moult de destourbiers.
En ce temps fu delivré li rois Carles de Navarre de prison, par le
pourcach de madamme la roynne sa femme, et monsigneur Martin de le
Kare et l’evesque de Panpelune, et revint arrierre en son royaumme de
Navare, dont li prinches fu moult liez. Fº 148 rº et vº.
P. 51, l. 18: plus de trois sepmainnes.--_Ms. A 8_: environ trois
sepmainnes et plus. Fº 288.
P. 51, l. 19: En ce sejour.--_Ms. A 8_: Et ce jour de Pasques.
P. 52, l. 1: mès.--_Les mss. A 7, 8 ajoutent_: nul empeschement ne. Fº
284.
P. 52, l. 6: com plus.--_Ms. A 8_: tant plus.
P. 52, l. 19: plaisi.--_Ms. A 8_: fut plaisant.
P. 52, l. 23 et 24: sur le.... portoit.--_Ms. A 8_: en entencion avoir
grant argent, ainsi que encouvenancié l’avoit. Fº 288.
P. 52, l. 26: s’espardirent.--_Ms. A 8_: s’espandirent.
§ =588=. P. 53, l. 4: Nazres.--_Ms. A 8_: Nazares. Fº 288.
P. 53, l. 21: place.--_Ms. A 8_: la place.
P. 53, l. 25: de Claiekin.--_Ms. A 8_: du Guesclin.
P. 53, l. 25: d’Audrehen.--_Le ms. A 17 ajoute_: le Bègue de
Villainnes. Fº 352 vº.
P. 53, l. 29: delivrer.--_Le ms. A 17 ajoute_: plus pour doubte qu’il
ne retournast en Espaingne deffaire ce que le prince avoit fait que
pour autre chose. Fº 352 vº.
P. 53, l. 30: n’i pressoit.--_Ms. A 7_: n’y prisoit. Fº 284 vº.
§ =589=. Li rois Henris.--_Ms. d’Amiens_: Et encores ne savoit on
nulle verité dou roy Henry en l’ost dou prinche, se il estoit mors ou
vis. Bien dissent li pluisseur que on l’avoit veu sus le fin de le
bataille moult vaillamment combattre, mès on n’en savoit plus avant,
et tenoient li aucun adonc mieux qu’il fuist mors que vis. Touttefois,
à parler justement de ce roy Henri, quant il vit le desconfiture et
qu’il n’y avoit nul recouvrier, il se sauva sagement et ne se bouta ne
encloï en nulle fortrèce d’Espaingne, mès prist ses adrèches et son
chemin deviers le royaumme d’Arragon. Et envoiea vistement certains
messaigez deviers sa femme et ses enfans qui se tenoient à Burghes,
qu’il partesissent tantost et se retrayssent deviers Arragon, siques,
quant la damme oy les nouvelles de le desconfiture de Nazres, si fu
moult effraée et courouchie, che fu bien raisons. Nonpourquant, elle
tourssa et s’adrecha deviers son mari qui s’estoit retrais à Vallenche
le Grant. Or vous parlerons dou prinche et dou roy dant Pierre coumment
il persevera. Fº 148.
.... En ce tamps estoit li dessus dis rois Henris li escachiés afuis,
si comme vous avés oy, ens ou royaumme d’Arragon, durement courouchiés
et tourblés sus le prinche et son pays, et c’estoit bien raisons,
car il l’avoient mis jus et arrierre de grant signourie et de grant
noblèce. Et se tint en Arragon jusques à tant que il eut entendu
coumment la besoingne alloit; et quant il sceut que messires Bertrans
de Claiequin estoit prisounniers, si en eut grant joie, car bien penssa
qu’il fineroit par argent. Si se parti li dis rois Henris d’Arragon,
et s’en vint à Toulouse dallés le duc d’Ango qui le rechupt liement.
Tantost li rois Henris assambla ses compaignons, et fist tant qu’il
eult trois cens armures de fier, et entra en la terre dou prinche et
prist une ville que on appelle Baniers, et fist grandement guerre
au prinche. Si avoit aucuns gens, guerrieurs et amis, et acqueroit
encorres tous les jours, pour guerriier le ducé d’Acquittainne et
le terre dou prinche, et aussi les terres des signeurs de Giane qui
avoecq le prinche estoient en ce voiaige et qui ce destourbier li
avoient porté. Si ewist vollentiers veu li rois Henris que li jonnes
comtes d’Auçoire, de Franche, qui ungs grans guerrières estoit et bien
amés de gens d’armes, se fuist boutés en celle guerre avoecq lui et
fuist entrés en Acquittainne au lés deviers Poito, et ars et courut le
pays. Mès quant li connissance en vint au roy Carle de Franche que li
comtes d’Auçoire estoit priès moult aigrement des ungs et des autres
pour entrer en le terre dou prinche, si ne le veut mies conssentir;
et deffendi à son chevalier le comte d’Auchoire qu’il ne fuist tels
ne si hardis, sus à perdre tout chou qu’il tenoit ou pooit tenir ou
royaumme de Franche, qu’il se mesist en celle chevaucie. Et, pour
estre plus asseurs dou dit comte, il le fist adonc aller tenir prisson
ens ou castiel dou Louvre dedens Paris, et le fist garder bien et
songneusement. Che fu environ le Nostre Damme my aoust l’an de grace
mil trois cens soissante et sept. Fº 148 vº.
.... Or vous parlerons ung petit de le marce dou roy Henry et coumment
il est revenus sus et à le courounne et hiretaige des pays, et de le
mort dou roy dam Pierre son frère, et puis retourrons à autre matère
dou duc d’Ango et dou ducq de Berri et as chevauchies qu’il fissent en
le langhe d’ock et sour le terre dou prince.
Apriès ce que le desconfiture eut estet devant Nazres, si comme il est
chi dessus contenus en ceste histoire, ly roys Henris se sauva et s’en
afui en Arragon jusques à tant que il eut entendu coumment la besoingne
alloit. Et quant il seut que messires Bertrans de Claequin estoit
prisounniers, si en ot grant joie, car bien penssa qu’il fineroit
parmy argent. Si se parti li dis roys Henris d’Arragon et s’en vint
à Toulouse dallés le duc d’Ango qui le rechut liement. Tantost li
roys Henris assambla des compaignons et fist tant qu’il en eult trois
cens armures de fier et entra en le tierre dou prinche et prist une
ville que on appelle Baniers et fist grandement guerre au prinche.
Quant li prinches fu retournés en son pays, li rois Henris se parti de
Baniers et entra en Arragon et rassambla grans gens, Bretons, Alemans,
Bourgignons, et touttes mannierres de gens qui venoient à lui estoient
rechus, et entra de rechief en Castille et y fist grant gerre. Fº 167
vº.
P. 54, l. 5 et 6: hasteement.--_Ms. A 8_: hastivement. Fº 288 vº.
P. 54, l. 9: lequele.--_Mss. B 4 et A_: lequel. Fº 286.
P. 54, l. 14: se mesescance.--_Ms. A 7_: ses mesaventures. Fº 284
vº.--_Mss. B 4 et A 8_: ses meschances. Fº 286.
P. 55, l. 6: princeté.--_Ms. A 8_: prinçauté.
P. 55, l. 11: vinrent.--_Ms. A 8_: furent envoiées. Fº 289.
P. 55, l. 21: poroit.--_Ms. A 8_: pourroient.
P. 55, l. 23: quoiteusement.--_Ms. A 8_: hastivement.
P. 55, l. 26: heriier.--_Ms. A 8_: guerroier.
P. 56, l. 7 et 8: quatre cens Bretons.--_Ms. B 6_: mil combatans.
P. 56, l. 10: Richon.--_Le ms. B 6 ajoute_: Pons de la Court.
P. 56, l. 12: Alains.--_Ms. A 17_: Raoul. Fº 353.
P. 56, l. 12: Saint Pol.--_Le ms. A 17 ajoute_: monseigneur Eustace de
la Houssoye, monseigneur Bertran de Guité. Fº 353.
P. 56, l. 16: Baniers.--_Ms. A 8_: Banières.
P. 56, l. 27 à 29: qui.... anoieus.--_Ces mots manquent dans les mss.
A._
§ =590=. Quant li princes.--_Ms. d’Amiens_: Or revenrons à le matère
dou prinche qui estoit adonc en Espaingne. Quant li prinches et ses
gens eurent sejourné et atendu le roy dant Pierre plus de six mois
et enduret tamainte mesaise de fain, si eut consseil li dis prinches
qu’il envoieroit certains messaiges par deviers li. Si y envoiea trois
chevaliers des siens, monsigneur Ghuiçart d’Angle, monsigneur Richart
de Pontcardon et monsigneur Neel Lorinch. Si chevauchièrent tant li
dessus dis qu’il vinrent à Seville deviers le roy dam Pierre qui les
rechupt pour l’ounneur et amour dou prinche assés liement. Li chevalier
dessus noummet moustrèrent au dit roy pour quoy il estoient là venu, et
ossi que li prinches et ses conssaux estoient tout esmervilliet de che
quil n’avoit tenu son jour de retourner deviers le prinche, enssi que
proummis l’avoit.
Adonc s’escuza li rois dans Pierres et dist que il n’avoit mies tenut
à lui, mès à ses gens, et qu’il estoit moult desirans et engrans de
tenir et acomplir tous les couvens qu’il avoit au dit prinche, et que
moult y estoit tenus; mès ses gens lui avoient respondut, quant il leur
en parloit, que, tant que li prinches et les Compaingnes se logeroient
sour le pays, il ne poroient faire argent. Si prioient li rois et ses
gens au prinche que il se volsissent retraire, fust en Navarre ou en
le principauté, et il querroient, sans fallir et moult hasteement,
or et argent pour paiement, et s’acquitteroient deviers lui et ossi
deviers touttes les cappittainnes et les Compaingnes. Che fu toutte
la responsce qu’il peurent adonc avoir dou roy dam Pierre et de son
consseil. Si s’en retournèrent deviers le prinche, qui se tenoit à
Medine de Camp, et li recordèrent tout chou qu’il avoient trouvet. Fºs
148 vº et 150.
P. 57, l. 3: merancolieus.--_Ms. A 8_: melencolieux. Fº 289.
P. 57, l. 4: quel cose.--_Ms. A 8_: quelle chose.
P. 57, l. 8: couvent.--_Ms. A 8_: couvenant.
P. 57, l. 9: priiet.--_Ms. A 8_: prestz. Fº 289 vº.
P. 57, l. 16 et 17: tout.... estoient.--_Ms. A 8_: ainsi que enchargié
leur estoit.
P. 57, l. 20 et 21: en couvent.--_Ms. A 8_: couvenancié.
P. 58, l. 3: li messagier.--_Ms. A 8_: les chevaliers.
P. 58, l. 9: couvent.--_Ms. A 8_: couvenances.
P. 58, l. 11: ajut.--_Ms. A 8_: acoucha.
P. 58, l. 13: courouciés.--_Le ms. B 6 ajoute_: car il fist grant folie
et le volloit ramener; mais le roy ne s’en volt partir, anchois demora
là: dont il s’en repenty, si comme vous orés recorder temprement en
ches croniques. Et sachiés que en che voiage d’Espaigne le prinche de
Galles conchut et engenra une maladie qui oncques puis ne le laissa,
pour le grant calleur de l’air et du soleil et des boires d’Espaigne
qui ne sont mies conditionné à chieus de Franche et d’Engleterre.
P. 58, l. 27: Baniers.--_Ms. A 8_: Banières.
P. 58, l. 27: herioit.--_Ms. A 8_: harioit.
P. 58, l. 29: Bertran.--_Le ms. A 8 ajoute_: du Guesclin.
P. 58, l. 29: n’estoit pas.--_Ms. A 8_: ne fu mie. Fº 289 vº.
P. 58, l. 30: tout.--_Le ms. A 8 ajoute_: ce.
§ =591=. Quant li princes.--_Ms. d’Amiens_: Quant li prinches de
Galle eut entendu les nouvelles dou roy dant Piere, si en fu tous
esmervilliés, et congnut assés qu’il n’estoit mies telx qu’il le
supposoit à trouver. En ce temps qu’il estoit en ces variations, li
vinrent nouvelles d’Acquittainne, de par madame la princesse et le
pays, que li roys Henris volloit entrer et amenner gens d’armes en son
pays pour gueriier, ardoir et essillier toutte sa terre d’Acquittainne.
Adonc eut li prinches consseil de retourner. Si se mist au retour par
deviers Madrigay, et chevaucha tant qu’il vint ou val de Sorrie,
et là sejourna, et touttes ses hos, bien un mois. Endementroes eut
grans conssaux entre monsigneur Jehan Camdos et le consseil dou roy
d’Arragon; car la terre où li prinches sejournoit marcist assés priès
de là. Si entendi que consseil se porta enssi adonc que li roys
d’Arragon ne ses gens ne devoient de riens grever ne contrariier le
prinche ne ses gens, et ossi on ne devoit noient fourfaire au royaumme
d’Arragon. Apriès ce, s’en revinrent messires Jehans Camdos et messires
Martins de le Kare deviers le roy de Navarre, et pourcachièrent tant
que li rois de Navarre acorda à rapasser le prinche et touttes ses gens
parmy son royaumme, bien paiiant tout chou qu’il prenderoient.
Si se parti li prinches dou val de Sorrie, et s’aceminna parmy Navarre.
Et li roys de Navarre li faisoit grant feste et grant honneur, et le
rafresqissoit tous les jours de nouvelles pourveanches, et le conduisi
et mena tout parmy le royaumme de Navarre et à la ville de Saint Jehan
dou Piet des Pors; là prissent il congiet li ungs de l’autre. Si
rapassa li prinches, et ossi fissent touttes ses gens, les destrois de
Navarre, et s’en vint li dis prinches à Baione, et li dus de Lancastre,
ses frères. Là les rechuprent li bourgois de Baionne moult grandement,
et honnourèrent et festiièrent. Si sejournèrent là li dessus dis
prinches, li dus de Lancastre et li aucun seigneur bien un mois, et
s’y rafresqirent. Si dounna li prinches à touttes mannierres de gens
d’armes congiet, et remerchia bellement et sagement les capitainnes, et
leur dist qu’il venissent, dedens un certain jour qu’il leur nomma, à
Bourdiaux querre leur paiement, et que là seroient il paiiet pour yaux
et pour leurs gens. Si se comptentèrent bien li compaignon des parolles
dou prinche, et dissent que ses paiemens estoit assés appareilliez.
Enssi se departirent touttes mannières de gens d’armes, qui ens ou
voiaige d’Espaigne avoient estet, et se traissent par deviers les
landes de Bourdiaux et illuecq environ. Et li prinches, quant il se
fu rafreschy en le cité de Bayone, il s’em parti à tout son aroy, et
s’en vint vers le bonne chité de Bourdiaux, où il fu recheus à grant
feste et grant pourcession, et vint madamme la princesse contre lui,
qui amenoit et faisoit aporter Edouwart, son ainnet fil. Dont, quant
il s’entrecontrèrent, il se conjoïrent et festiièrent grandement, et
descendirent li prinches et les dammes et li signeur en l’abbeie de
Saint André, à telle solempnité que vous m’avés oy recorder. Si se
tint là li prinches ung grant temps, entendans à ses besoingnes et
regardans à ses paiemens pour paiier et lui acquitter deviers les
Compaignes, où il estoit grandement tenus. Si paieoit les aucuns, et
as autres il acreoit tant qu’il fuist mieux aisiés de paiier, environ
le Saint Remy. Apriès, prist congiet li dus de Lancastre au prinche,
son frère, et à madamme la princesse, et se parti de Bourdiaux et s’en
revint arrierre en Engleterre. Fº 149.
.... En ce meysme temps, passa li dus Aubiers, ad ce donc baus de
Haynnau, de Hollande et de Zellandes, et vint en Engleterre, en grant
aroy de chevaliers et d’escuiers de son pays, pour veoir le roy englès
son oncle et madamme la roynne Phelippe, sa ante et ses chiers cousins
leurs enfans. Si fu des dessus dis bien conjoïs et festiiés à Londres
et ou castiel de Windesore. Et quant il eut là esté quinze jours,
il s’em parti et prist congiet au roy et à le roynne qui li dounna
pluisseurs biaux jeuuiaux et à ses chevaliers ossi. Si rapassa li dis
dus Aubers la mer à Douvres et arriva à Callais, et revint arrière au
Kesnoy en Haynnau, dont il estoit premierement partis, deviers madame
Marguerite, la duçoise sa femme....
Quant li prinches fu retournés en son pays, li roys Henris se parti
de Baniers et entra en Arragon et rassambla grant gent, Breton,
Allemant et Bourghignon; et touttes mannierres de gens qui venoient à
lui estoient recheus, et entra de rechief en Castille et y fist grant
guerre. Fº 167 vº.
P. 58, l. 31: escusances.--_Ms. A 8_: excusacions. Fº 289 vº.
P. 59, l. 1: pensieus.--_Ms. A 8_: pensifz.
P. 59, l. 5: pesans.--_Ms. A 8_: pensis.