DÉSIGNATION DES ARÈNES ET DES ARÈNES FRANCHES.

Je ne parlerai ici que des arènes principales, de celles qui

ont leurs cours et leur district dans la partie du pays de

Liége, où s'exploitent les mines de houille les plus

importantes. Cette partie commence à Jemeppe et se termine à

Oupeye; le premier village est à 5 kilomètres au-dessus de la

ville de Liège, et le second à 8 kilomètres au-dessous.

Les villages compris dans cette partie, rive gauche de la Meuse,

sont : Montegnée, Grâce, Berleur, Nicolas, Ans, Glain,

St-Gilles, la ville de Liége et ses faubourgs de

Ste-Marguerite, de St-Laurent, d'Avroy,

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de Hocheporte, de Xhovémont, de Ste-Walburge et Vivegnis puis

les Tawes, Thier-à-Liége, Bernalmont, Morenvaux, Herstal et

Oupeye : entre cette dernière commune et celles de Haccourt et

Hermal, la mine se perd.

L'amont pendage, c'est-à-dire, l'élévation de la mine est à

l'ouest, du côté de la Hesbaye; elle se perd également dans

les parties supérieures des communes de Hollogne-aux-pierres,

d'Ans et de Vottem.

Le canton le plus abondant et que l'on peut considérer comme le

centre du bassin, est bien celui de Saint-Gilles. Là, la

première veine est à 21 pieds de profondeur.

En suivant cette Zone houillière d'amont en aval, on trouve :

1°. l'arène Dordenge, 2°. l'arène Blavier, 3°. l'arène

Falloise et Borret, 4°. l'arène de St-Hubert, 5°. l'ancienne

arène d'Avroy, 6°. l'arène Gersonfontaine, 7°. l'arène du

Val St-Lambert, 8°. l'arène de la Cité, divisée en deux

branches, l'une dite _Chevron_, l'autre dite _Delle-Haxhe_, 9°.

l'arène messire Louis Douffet, 10°. l'arène de

Richonfontaine, 11°. l'arène Brosdeux, 12°. l'arène

Brandesire, 13°. l'arène de l'Aventure, 14°. l'arène du

Marteau, 15°. l'arène dite Xhorré-Godin. L'ordre dans lequel

je viens de désigner ces quinze arènes, indique aussi entre

elles le degré de leur niveau; c'est-à-dire, que la première

est supérieure à la seconde, la seconde à la troisième et

ainsi de suite. Il existait anciennement d'autres arènes

intermédiaires, savoir : une à Sclessin, une dite Constant

Lambermont, qui avait son oeil,

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dans le bien des Guillemins sur Avroi; les monastères du

Val-Benoît, de Robermont, de Vivegnis avaient aussi leur arène.

Parmi les arènes dont la nomenclature précède, il en est

quatre que l'on désigne sous le nom d'arène _franches_, parce

que, fournissant les eaux aux fontaines de la ville de Liége,

elles étaient placées plus spécialement sous la Sauve-Garde

des Lois. La ville de Liége avait un syndic chargé de

poursuivre devant les Tribunaux, les atteintes que la

malveillance ou la cupidité y auraient portées.

Les quatre arènes franches, sont celles du Val St-Lambert, de

la Cité, de messire Louis Douffet et de Richonfontaine. Les

droits de leurs propriétaires sont les mêmes que ceux des

autres arènes que l'on a distinguées par la dénomination

singulière d'arènes _Bâtardes_.

La plus inférieure des arènes franches, celle de

Richonfontaine, a son bassin de décharge dans la rue de la

Mère-Dieu, près de l'église St-Antoine. Ses eaux sont

conduites sur les fontaines publiques et privées des rues

Hors-Château, Feronstrée, la Batte et St-Léonard. Elle est

séparée de l'arène Brosdeux et de l'arène messire Douffet,

par deux failles qui lui servent de limites naturelles. Le

district de cette arène est fort étendu par la raison, disent

les Voir-Jurés, "qu'elle a existé avant nulle autre." (1)

(1) L'arène Blavier qui existait avant 1471, a aussi un

district plus étendu.

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L'arène de Richonfontaine domine le faubourg de Ste-Walburge,

Pierreuse, la Citadelle, Hors-Château, le faubourg Vivegnis,

les Tawes, le tout en de-çà de la faille qui la sépare de

l'arène Brosdeux, les terreins du ci-devant collège des

Jésuites Anglais, et va finir vers l'occident à l'endroit dit

: _Molenvaux_, commune d'Ans, où se trouve à proximité des

arènes du Val-St-Lambert et de la Cité.

L'arène franche de messire Douffet, dont l'embouchure et la

décharge sont dans le bassin qui existe dans la Ruelle

_Chabot_, contigue à la Table de Pierre, a un district

très-borné comparativement à celui des autres. Elle est

resserrée entre les arènes de la Cité et de Richonfontaine.

D'après le plan qui fut levé judiciairement et qui fut

produit, en l'an 1734, contre les maîtres de la Conquête et

aussi d'après les registres des propriétaires de cette arène,

on la vit dominer depuis la faille de Faucompierre au fond

Pirette, cotoyant l'arène de Richonfontaine dans les jardins du

ci-devant collège des Jésuites Anglais, dans Pierreuse, la

Volière, les jardins des Frères Célites et des Capucins,

terreins qui, avant l'érection de ces établissements, se

nommaient _Fawèchamps_, puis en l'endroit dit _Roya_, dans les

jardins du couvent de Ste-Claire, dans la rue Agimont,

Hocheporte, le Bas-Rieux, les endroits dits _Mabiet_,

_Longthier_, et finalement les fonds d'Ans et Mollin.

Pour que cette arène ait étendu de la sorte son district en

de-çà des remparts et dans l'intérieur de

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la Ville, nul doute que l'on ait exploité dans ces endroits :

c'est aussi ce que confirme les registres de la Cour des

Voir-Jurés. On y voit qu'il a existé plusieurs bures, tant

dans ces jardins que dans les endroits dits _Roya_,

_Fawéchamps_, etc. mais aussi il a fallu que l'on ait reconnu

les suites désastreuses de ces travaux, pour que, le

gouvernement liégeois se soit déterminé à interdire toute

extraction _intra muros_ et pour avoir rigoureusement maintenu

cette interdiction.

Enfin, l'arène franche messire Douffet, avoisinant au faubourg

Ste-Marguerite l'arène de la Cité, bénéficiait en 1525 la

houillère _Delle Geneisse_ et celle _du Forre_ à proximité de

laquelle est aujourd'hui établie, celle de MM. Orban et

associés.

L'arène de la Cité a son bassin de décharge dans la rue de

St-Severin, et fournit les eaux aux fontaines du Palais, du

Marché et des rues adjacentes.

Ce paragraphe concernant les arènes serait incomplet si je ne

parlois des _Bolleux_.

_Bolleux_, ainsi s'appelaient les trous de sonde pratiqués dans

le roc pour procurer une décharge aux eaux des arènes. Ces

bolleux par où jaillissaient les eaux, faisaient connaître

l'état de situation des arènes. Les Voir-Jurés les visitaient

fréquemment pour s'assurer que les eaux n'éprouvaient aucune

diminution. S'ils y eussent remarqué une diminution notable,

ils en tiraient l'induction que les atteintes étaient portées

aux Serres séparatoires, et à l'instant ils

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s'empressaient de constater le délit qui, pour les arènes

franches, emportait la peine capitale.

L'arène franche de Richonfontaine avait ses Bolleux ou jets

d'eau, au bure des Sept Journaux, qui est au delà de la

Citadelle, à côté de la ruelle _Delle Chaîne_ (1).

L'arène franche de messire Douffet, avait ses Bolleux au bure

du _Crampon_, au dessus du faubourg Ste-Marguerite.

L'arène franche de la Cité avait deux branches, l'une dite de

_Lardier_ ou _Chevron_, l'autre dite _Delle Haxhe_ ou _Douflot_

: Elle avait ses Bolleux pour la première branche, dans la Bure

dit Chevron, qui est dans le parc ou pré de St-Laurent, et pour

la seconde au bure du Chaudron, au faubourg Ste-Marguerite. (2)

Enfin, avant son abattement sur l'arène de la Cité, l'arène

du Val-St-Lambert, avait ainsi que je l'ai dit précédemment,

son embouchure dans le fond d'Ans et Mollin, un peu plus haut

que l'endroit dit Mabiet. C'était à cette embouchure que se

faisait la reconnaissance de ses eaux.

(1) Suivant le mineur liégeois, le mot _bure_ est du genre

masculin.

(2) Il y a longtemps que la branche de l'arène de la Cité,

dite _Chevron_, a été abattue sur l'arène de Gersonfontaine,

ainsi que l'avait prédit Louvrex.

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§ VII

Traité des Arènes construites au Pays de Liége, pour l'écoulement et l'épuisement des eaux dans les ouvrages souterrains des exploitations de mines de houille · 第 15 / 36 题