LE PRIX D'UNE ENTENTE ANGLO-ALLEMANDE

«Le chancelier allemand a parlé à un correspondant américain de ses

efforts durant des années pour amener une entente entre l'Allemagne et

l'Angleterre, «entente, ajoute-t-il, qui devait absolument garantir la

paix de l'Europe». Il omettait de mentionner ce que M. Asquith a rendu

public dans son discours à Cardiff; que l'Allemagne requérait, comme

prix de cette entente, un engagement sans conditions de la neutralité de

l'Angleterre. Le Gouvernement britannique était prêt à s'engager à ne

prendre part à aucune agression contre l'Allemagne; il n'était pas préparé

à engager sa neutralité en cas d'agression par l'Allemagne.

«Une entente anglo-allemande dans ces derniers termes n'aurait pas donné

une garantie absolue pour la paix de l'Europe, mais elle aurait donné une

absolue liberté d'action à l'Allemagne, en ce qui concernait l'Angleterre,

pour rompre la paix de l'Europe.

«Le chancelier disait que dans sa conversation avec l'ambassadeur

britannique en août dernier il «pouvait avoir été un peu excité en voyant

ses espérances et le travail de toute sa carrière de chancelier aller

à rien». Si l'on considère qu'à la date de la conversation (4 août)

l'Allemagne était déjà en guerre avec la France, la conclusion naturelle

est que le naufrage des espérances du chancelier consistait, non dans le

fait d'une guerre européenne, mais dans le fait que l'Angleterre n'avait

pas accepté de n'y point prendre part.

La Presse Clandestine dans la Belgique Occupée · 第 95 / 112 题