«A l'appui de la seconde partie de la thèse du chancelier allemand,
savoir, que l'Allemagne a sérieusement saisi ses responsabilités envers
les États neutres, il allègue seulement qu'il a parle franchement de
l'injustice commise par l'Allemagne en envahissant la Belgique.
«Qu'un homme connaissant ce qui est juste commette l'injustice, cela n'est
ordinairement pas accepté comme une preuve de sérieuse délicatesse de
conscience.
«La nature réelle du point de vue allemand au sujet de «ses
responsabilités envers les États neutres», peut être apprise par une
autorité qui ne peut être discutée, la lecture du _Livre Bleu_ anglais.
«Si ces responsabilités étaient réellement prises au sérieux par
l'Allemagne, pourquoi a-t-elle refusé de répondre, quand on lui a demandé
de respecter la neutralité belge si elle était respectée par la France?
«Quand on a posé à la France la question correspondante, elle a accepté.
Ceci aurait garanti l'Allemagne de tout danger d'une attaque par la
Belgique.
«La raison du refus de l'Allemagne est donnée par le collègue de Herr von
Bethmann-Hollweg. Cela peut être paraphrase dans la glose bien connue
sur Shakespeare: «Il est armé trois fois celui qui a une querelle juste,
quatre fois s'il a porté le premier coup.» «Ils devaient avancer en
France, dit Herr von Jagow, par la route la plus courte et la plus facile,
afin d'être bien en tête pour leurs opérations et d'essayer de frapper un
coup décisif aussitôt que possible.»
«L'attitude réelle de l'Allemagne envers la Belgique fut ainsi franchement
donnée par le secrétaire des Affaires étrangères allemand à l'ambassadeur
britannique, et le chancelier allemand, dans son discours au Reichstag,
réclamait le droit de commettre une injustice en vertu de la nécessité
militaire de «tailler une route au travers». Le traité qui défendait
l'injustice était en comparaison un «simple chiffon de papier». La vérité
fut dite dans ces premières déclarations des deux ministres allemands.
Toutes les apologies et les arguments qui ont suivi sont des réflexions
tardives faites pour excuser et expliquer une flagrante injustice.
D'ailleurs toutes attaques contre la Grande-Bretagne par rapport à ce
sujet et toutes les conversations touchant les «responsabilités envers
les États neutres» viennent vraiment mal de l'homme qui le 20 juillet
demandait à la Grande-Bretagne de conclure un marché qui ferait excuser la
violation de la neutralité de la Belgique.