LES DESSEINS DE L'ALLEMAGNE SUR LA BELGIQUE

«Si le chancelier désire connaître pourquoi il y eut des conversations sur

des sujets militaires entre officiers britanniques et belges, il peut

en trouver la raison dans un fait bien connu de lui, savoir: que les

Allemands avaient établi un réseau préparé de chemins de fer stratégiques,

conduisant du Rhin à la frontière belge et traversant une contrée nue et

très peu peuplée, chemin de fer délibérément construit pour permettre une

attaque soudaine sur la Belgique, telle que celle qui s'est produite en

août dernier. Ce fait seul justifiait toutes les conversations entre la

Belgique et les autres puissances en vue de décider que la neutralité

belge ne serait violée que dans le cas où une autre puissance l'aurait

violée auparavant. La Belgique n'a jamais eu des communications sur

d'autres bases que celles-là.

«En dépit de ces faits le chancelier allemand parle de la Belgique comme

ayant par ce moyen «abandonné» et «aliéné» sa neutralité, et dit qu'il

n'aurait pas parlé de l'invasion allemande comme d'un tort ou d'une

injustice s'il avait connu alors les conversations de 1906 et 1911. Il

paraît découler de cela que, selon le code de Herr von Bethmann-Hollweg,

une injustice devient un droit, si la partie qui doit être la victime de

cette injustice en prévoit la possibilité et se prépare à y résister.

Ceux qui se contentent d'un idéal plus vieux et plus généralement accepté

seront plutôt de l'avis du cardinal Mercier; il dit dans sa lettre

pastorale: «La Belgique était engagée d'honneur à défendre son

indépendance. Elle a gardé son serment. Les autres puissances étaient

tenues de respecter et de protéger sa neutralité. L'Allemagne a violé son

serment, l'Angleterre y est fidèle. Voilà les faits.»

La Presse Clandestine dans la Belgique Occupée · 第 93 / 112 题