LES HOMMAGES DE «L'AMI DE L'ORDRE» A SON EXCELLENCE VON HIRSCHBERG...

_L'Ami de l'Ordre_ qui continue à paraître à Namur sous le contrôle de

l'autorité allemande a publié il y a quelques jours l'entrefilet suivant:

«S. Exc. le baron von Hirschberg, gouverneur militaire de la position

fortifiée et de la province de Namur, entre aujourd'hui dans sa soixante

et unième année.

«Notre situation réciproque ne nous permet pas de formuler à l'adresse du

représentant de l'autorité occupante les félicitations et les voeux de

circonstance, mais nous ne croyons manquer à aucun de nos devoirs,

à aucune de nos convictions, en reconnaissant qu'il a apporté, dans

l'exercice des hautes fonctions qu'il remplit ici depuis plus d'un an, de

la bonne volonté, du tact, de la délicatesse. Sous son gouvernement, rares

ont été dans notre région les incidents sensationnels qui ont ému d'autres

provinces.

«Nous souhaitons que finisse au plus tôt la situation actuelle, mais, tant

qu'elle dure, nous espérons que M. le baron von Hirschberg continuera

toujours dans l'avenir un régime de justice et de tolérance à notre ville

et notre province qui ont tant souffert de l'horrible guerre mondiale.»

Il faut lire et relire ce morceau pour en savourer l'indicible platitude.

Que de mots charmants, que d'euphémismes délicieux! Son Excellence, notre

situation réciproque, hautes fonctions, bonne volonté, tact, délicatesse,

incidents sensationnels, régime de justice et de tolérance, tout est

vraiment touchant dans ce chef-d'oeuvre où le nom de l'Allemagne n'est

même pas prononcé.

On se demande si on rêve quand on songe que le journal qui tresse ces

couronnes au représentant du Kaiser paraît à Namur, à quelques pas des

ruines amoncelées par les Boches, à quelques kilomètres de Dinant,

d'Andenne, de Tamines, trois villes qui, à elles seules, ont vu massacrer

plus d'un millier de civils inoffensifs, quand on se souvient que cette

feuille doit sa fortune passée à un clergé dont une trentaine de membres

ont été fusillés et plus de deux cents maltraités, au témoignage de leur

évêque.

Voilà ce qu'imprime _L'Ami de l'Ordre_ imposé comme moniteur officiel à

toutes les communes des provinces si horriblement ravagées de Namur et du

Luxembourg.

Reproduits dans la presse allemande, des articles comme celui-là serviront

d'argument contre les malheureux du pays de Namur et contre tous les

Belges. Car nous n'avons pas appris que Namur ait échappé à la nouvelle

contribution mensuelle de 40 millions dont la Belgique a été frappée et

nous avons d'autre part reproduit l'autre jour trois longues colonnes

de condamnations infligées pour les motifs les plus futiles ou les plus

patriotiques à une foule d'habitants du pays de Namur.

Tout cela n'empêche pas les rédacteurs de _L'Ami de l'Ordre_ de proclamer

que le régime sous lequel vit la province de Namur est un régime de

justice et de tolérance...

Les rares journaux belges qui ont reparu sous la censure allemande ont

prétendu se justifier en déclarant qu'ils étaient nécessaires pour

réconforter la population et qu'ils n'écriraient jamais une ligne qui pût

faire tort à la cause belge.

On voit par l'exemple de _L'Ami de l'Ordre_--et il y en aurait bien

d'autres à citer--comment les feuilles KK se conforment à ce programme. Si

elles louent tant l'autorité allemande, c'est qu'elles ont besoin de sa

protection contre l'indignation populaire. Nous ne sommes pas bien sûrs

qu'elles souhaitent tant que cela «que finisse au plus tôt la situation

actuelle»...

(_Le XXe Siècle_, 30 janvier 1916.)

Malgré la sévérité de la censure, des farceurs parviennent à introduire

dans les journaux «belges» des articles dont les Allemands n'aperçoivent

pas la signification. Voici un acrostiche qui fut glissé subrepticement

dans _L'Ami de l'Ordre_:

La Guerre.

Ma soeur, vous souvient-il qu'aux jours de notre enfance,

En lisant les hauts faits de l'histoire de France,

Remplis d'admiration pour nos frères gaulois,

Des généraux fameux nous vantions les exploits?

En nos âmes d'enfants, les seuls noms des victoires

Prenaient un sens mystique, évocateur de gloires;

On ne rêvait qu'assauts et combats: à nos yeux

Un général vainqueur était l'égal des dieux.

Rien ne semblait ternir l'éclat de ces conquêtes;

Les batailles prenaient des allures de fêtes,

Et nous ne songions pas qu'aux hourras triomphants

Se mêlaient les sanglots des mères, des enfants.

Ah! nous la connaissons, hélas, l'horrible guerre,

Le fléau qui punit les crimes de la terre,

Le mot qui fait trembler les mères à genoux

Et qui sème le deuil et la mort parmi nous.

Mais où sont les lauriers que réserve l'Histoire

A celui qui demain forcera la victoire?

Nul ne les cueillera: les lauriers sont flétris;

Seul un cyprès s'élève aux tombes de nos fils.

(_L'Ami de l'Ordre_, 29 novembre 1914.)

Les suites furent grotesques. Lisez l'avis affiché sur les ordres du doux

baron von Hirschberg:

Avis au public.

_L'Ami de l'Ordre_, le seul journal qui ait reçu l'autorisation de

paraître à Namur, a osé publier dans son édition du 29 novembre, à la

première page et précisément à l'endroit réservé pour les communications

de l'autorité allemande, un poème injurieux et outrageant pour la nation

allemande.

J'exprime mon indignation, et en présence de sentiments aussi vilains que

lâches, j'ordonne:

1° La publication du journal _L'Ami de l'Ordre_ est suspendue;

2° Le numéro visé doit être détruit; quiconque sera trouvé en possession

d'un exemplaire sera poursuivi;

3° Le directeur et le rédacteur sont arrêtés;

4° Des poursuites judiciaires sont introduites; les coupables subiront les

peines les plus sévères, conformément aux lois martiales;

5° Il est défendu, jusqu'à une date ultérieure, de répandre et de vendre

des journaux non allemands, et ceci dans toute la place fortifiée de

Namur;

6° Je fais l'obligation à toute la population de Namur de me dénoncer

les coupables et de porter à ma connaissance tout soupçon sérieux, qui

pourrait amener l'arrestation des coupables, mettant toute une population

en danger.

Baron VON HIRSCHBERG,

_Lieutenant général et Gouverneur

de la position fortifiée de Namur_.

(Affiché à Namur le 3 décembre 1914.)

Mais, dès le 8 décembre, _L'Ami de l'Ordre_ reçut l'autorisation de

reparaître; les Allemands avaient trop grand besoin de cette feuille qui

leur sert à répandre de fausses nouvelles dans le public namurois. Quand

nous disons que les Allemands lui permirent de reparaître, nous faisons

sans doute erreur: il faudrait dire qu'ils le forcèrent à reparaître, car

c'est en effet sous la contrainte que les rédacteurs de _L'Ami de l'Ordre_

publient leur feuille. Eux-mêmes l'ont avoué ouvertement dans les numéros

du 7 octobre 1914 et du 6 novembre 1914 [21]. Quoi qu'il en soit, dans le

numéro qui suivit la suspension, _L'Ami de l'Ordre_ s'humilia avec toute

la componction désirable.

[Note 21: Voir _Comment les Belges résistent..._, p. 313.]

Que le lecteur ne s'étonne pas de ce que les Allemands obligent les

journaux à paraître. Voici, dit _La Métropole_, citée par _La Belgique_

(de Rotterdam), ce qui s'est passé à Ostende:

Le 25 mai, MM. Elleboudt et Verbeeck, directeurs respectivement des

journaux _Le Littoral_ (catholique) et _L'Écho d'Ostende_ (libéral),

qui avaient été invités à faire reparaître leur journal sous la censure

allemande, mais avaient énergiquement refusé, furent condamnés pour

insubordination à l'autorité allemande, M. Elleboudt à trois mois et M.

Verbeeck à deux mois de prison. (_La Belgique_ [de Rotterdam], 27 juin

1916, p. 2, col. 3.)

Rien ne montre mieux la servitude où croupissent ces journaux que leurs

attaques contre ceux qui se permettent de ne pas être de leur avis.

Qu'il nous suffise de citer un article paru dans _Le Bruxellois (journal

quotidien indépendant_, dit le sous-titre):

Nos patriotards.

Certain patriotard pointu répand certaines calomnies dans l'arrondissement

de Dinant, contre _Le Bruxellois_ et contre son correspondant. Ce

tartufe base ses critiques simplement sur ceci: Les journaux paraissant

actuellement en Belgique, sont tous vendus à l'ennemi (_sic_)... et je

suis correspondant de ces feuilles «mensongères»... (_resic_).

Ce «patriote» si éclairé est-il certain de ne rien avoir sur la

conscience? D'ailleurs il est seul «à penser» de cette façon; car toute la

population dinantaise, depuis le début de l'occupation, est convaincue que

les quelques journaux qui n'ont pas cessé de paraître, et ceux qui ont vu

le jour depuis, ont rendu de grands et réels services au peuple belge, en

facilitant les relations entre la population de province et les autorités,

en ranimant la vie commerciale, et surtout en coupant les ailes à ces

canards ridicules qui se répandaient chez nous.

Ce dresseur trop intéressé de listes noires tombe sous l'application

immédiate d'un arrêté récent et mérite d'être puni. Il fera bien de

ne plus l'oublier, sinon c'est nous qui le lui rappellerons.

(_Le Bruxellois_, 13 octobre 1915.)

L'arrêté dont il menace son contradicteur est ainsi conçu:

Arrêté concernant la répression des abus commis au préjudice des

personnes germanophiles.

ART. 1.--Quiconque tente de nuire à d'autres personnes en ce qui concerne

leur situation pécuniaire ou leurs ressources économiques (par exemple

leur gagne-pain), en les inscrivant sur des listes noires, en les menaçant

de certains préjudices ou en recourant à d'autres moyens du même genre,

parce que ces personnes sont de nationalité allemande, entretiennent des

relations avec les Allemands ou font preuve de sentiments germanophiles,

est passible d'une peine d'emprisonnement de deux ans au plus ou d'une

amende pouvant aller jusqu'à 10.000 marks. Les deux peines pourront être

réunies.

Est passible de la même peine tout qui offense ou maltraite une autre

personne pour une des raisons susmentionnées et tout qui, en menaçant de

certains préjudices ou en recourant à d'autres procédés analogues, tente

d'empêcher une autre personne de faire montre de sentiments germanophiles.

Si un des actes répréhensibles prévus aux premier et deuxième alinéas est

commis en commun par plusieurs personnes qui se sont entendues à cette

fin, chaque membre d'un tel groupement sera considéré comme contrevenant.

Dans ce cas, le maximum de la peine pourra être porté à cinq ans

d'emprisonnement.

ART. 2.--Les infractions au présent arrêté seront jugées par les tribunaux

militaires.

Bruxelles, le 4 septembre 1915.

_Le Gouverneur général en Belgique,_

Baron VON BISSING,

_Général-Colonel._

Citons encore deux faits qui mettent en évidence l'abjection des journaux

domestiqués. A la mort du tant regretté Émile Waxweiler, les feuilles

censurées relatèrent sa vie et ses occupations comme directeur de

l'Institut de Sociologie et comme professeur à l'Université de Bruxelles;

elles parlèrent de ses ouvrages et de ses cours d'Extension; mais de tout

ce qu'il accomplit pendant la guerre, pas un mot; ses deux livres, _La

Belgique neutre et loyale_ et _Le Procès de la Neutralité belge_, ne sont

pas même mentionnés: silence d'autant plus significatif que ces ouvrages

sont parfaitement connus en Belgique; le premier y a même été réimprimé

(voir p. 8).

Enfin, dernier degré de l'avilissement, _Le Bruxellois_ publie

journellement le nom et l'adresse des jeunes gens qui sont soupçonnés

d'avoir passé la frontière pour aller s'enrôler dans l'armée belge.

* * *

A côté des feuilles qui se disent libres de toute attache avec

l'ennemi,--et qui sont par conséquent les plus dangereuses,--il en

est qui sont directement inspirées ou rédigées par des créatures de

l'Allemagne. Citons parmi les quotidiens qui se vendent à Bruxelles:

_L'Information, De Gazet van Brussel, Het Vlaamsche Nieuws_ (d'Anvers),

_De Vlaamsche Post_ (de Gand). _La Libre Belgique_ (nos 45 et 46) a donné

quelques indications au sujet de ce dernier journal (plus communément

appelé _De Vlaamsche Pest_) [22].

[Note 22: Voir aussi _Comment les Belges résistent_..., p. 318.]

_De Vlaamsche Post_ a succombé au printemps de 1916. Auto-intoxication

probablement.

Voici un détail intéressant relatif aux journaux allemands d'expression

belge. Par jugement rendu le 25 juin 1915, le tribunal de première

instance de Bruxelles a déclaré qu' «il n'existe plus actuellement, en

Belgique, de journaux belges, les feuilles paraissant depuis l'occupation

étrangère sous la censure allemande ne pouvant prétendre à ce titre».

Le jugement a paru au complet dans le n° 35 de _La Libre Belgique_ mais

celle-ci l'avait déjà commenté dans son n° 34:

Il n'y a plus de journaux belges en Belgique.

Le tribunal de première instance de Bruxelles, répondant à un plaideur qui

demandait l'insertion d'un jugement dans des journaux «belges», vient

de proclamer: «Il n'y a plus en Belgique de journaux «belges», depuis

l'occupation allemande, _les feuilles qui paraissent quotidiennement dans

le pays ne méritant pas ce titre [23]_.»

[Note 23: Cet article, qui nous parvient en dernière heure, est

forcément incomplet. Ce jugement, important à plus d'un point de vue,

a été précédé d' «attendus» remarquables. _La Libre Belgique_, qui ose

revendiquer le titre de journal; «belge», est disposée à faire exception

dans ce cas à la règle qu'elle s'est imposée de ne pas accepter

d'annonces, et d'insérer le prononcé du jugement _in extenso_ à titre de

«réparation judiciaire». (Pour conditions, s'adresser dans nos bureaux,

aux heures habituelles.) Si, contre toute attente, notre journal n'avait

pas l'honneur de cette insertion, nous nous verrions obligés de mettre

sous les yeux de nos lecteurs le prononcé tel que notre sténographe l'a

pris à l'audience.]

Justement pensé et exprimé en termes excellents. Mais que vont dire ces

bons journaux qui ont accepté la censure de l'autorité allemande, dont ils

sont devenus les instruments serviles? Gageons qu'ils ne vont pas cesser

pour cela d'inonder le pays de leurs intéressants numéros. Ne faut-il pas

encaisser de beaux billets de mille? Quant à servir la cause patriotique,

c'est bien le cadet des soucis des rédacteurs de ces tristes papiers. Le

pis est qu'ils font un mal énorme, car ils trompent le pays sur la réalité

des événements. Les communiqués allemands, autrichiens et turcs s'y

étalent avec la complaisance que l'on sait, tandis que les communiqués des

Alliés sont falsifiés, tronqués de façon à en élaguer le plus possible

les éléments favorables. Que dire des articles tendancieux, des nouvelles

habilement présentées, de ces lignes perfides par lesquelles, délibérément

et sans souci du mal qu'ils causent, ces consciencieux journalistes

s'évertuent à semer l'erreur et le découragement?

Belle besogne, en vérité! Ces gens-là jouent un rôle méprisable, indigne,

leurs productions devraient être conspuées, mises à l'index par tous; ils

ne perdront, en tout cas, rien pour attendre et nous leur promettons, au

jour de la libération prochaine, un magistral coup de balai.

(_La Libre Belgique_, n° 34, juillet 1915, p. 3, col. 2.)

L'Allemagne aurait-elle honte de laisser voir à l'étranger ce qu'elle a

fait des journaux domestiqués? Toujours est-il que leur exportation est

défendue à partir de novembre 1915:

Arrêté.

Par ordre du Gouvernement général allemand, les restrictions suivantes

entreront immédiatement en vigueur pour ce qui concerne l'expédition par

la poste de journaux, de revues, de livres et de musique.

L'expédition par la poste des journaux n'est autorisée dans les limites du

Gouvernement général et à destination des pays neutres admis jusqu'ici au

service postal avec la Belgique: le Danemark, le Luxembourg, la Hollande,

la Suisse, la Suède et la Norvège, que:

a) Si l'envoi est fait par l'éditeur ou l'imprimeur du journal ou de

la revue en question; b) si les envois sont adressés aux autorités

allemandes, à des fonctionnaires ou à des militaires allemands ou s'ils

sont expédiés par ceux-ci.

Aucun autre envoi de journaux ou de revues ne pourra se faire par la poste

dans les limites du Gouvernement général.

Est exclu également du service postal tout échange de musique et de livres

avec les pays neutres susmentionnés.

Pour les correspondances avec l'Allemagne et les pays alliés à

l'Allemagne--l'Autriche-Hongrie, la Bosnie-Herzégovine et la Turquie--il

n'est apporté aucun changement. On pourra, par conséquent, continuer

à envoyer dans ces pays, par la poste, des journaux, des revues, des

imprimés et de la musique, sans aucune restriction. De même, les journaux

que l'on se fait envoyer par abonnement postal ne sont nullement compris

dans les restrictions susmentionnées, aussi bien pour le service a

l'intérieur de la Belgique que pour la correspondance de la Belgique avec

les autres pays.

Ce qui est remarquable, c'est que l'Allemagne a honte de montrer qu'elle

a honte. Cet arrêté, en effet, n'interdit pas franchement l'expédition

de journaux: «l'envoi doit être fait par l'éditeur ou l'imprimeur».

Seulement, comme on ne peut pas s'abonner à ces feuilles,--aucune

condition d'abonnement n'y est indiquée,--vous voyez que cela correspond à

une défense absolue.

Disons encore que, depuis mars 1916, on peut se procurer librement à

Bruxelles un journal soi-disant belge et indépendant, _La Belgique

indépendante_, publié à Genève. Sa vente est autorisée en Belgique par les

Allemands, et les journaux d'outre-Rhin lui font de fréquents emprunts: ce

double châtiment est plus que suffisant; ne l'accablons pas davantage. _La

Belgique indépendante_ a cessé de paraître en mai 1916.

Plusieurs journaux allemands d'expression belge servent à la propagande

allemande à l'étranger. Ainsi, _De Gazet van Brussel_ est régulièrement

introduit en Hollande par les soins de l'autorité occupante. Quant au

_Bruxellois_ qui est envoyé gratuitement en Suisse, il y soulève le dégoût

général (_L'Impartial de Délémont_, 1er juin 1916, cité par _L'Écho

belge_, 15 juillet 1916).

La Presse Clandestine dans la Belgique Occupée · 第 40 / 112 题