Qu'elle est belle la fleur qui, du sein des ruines,
Du voyageur ému vient frapper les regards;
Sur cette vieille tour, dont les débris épars
Couvrent au loin le flanc de ces collines,
Brille son disque d'or comme, au printemps nouveau,
Un rayon de soleil qui luit sur un tombeau.
Vierges! cueillez la rose aux couleurs purpurines,
Je préfère la fleur qui croît sur ces ruines.
Fleur de la solitude! honneur des monuments,
Toi seule viens parer les débris éloquents
De ces marbres brisés par la fureur des âges!
Sur ces créneaux détruits par les vents, les orages,
Tu braves les autans,
Et ta tige remplit chaque fente que creuse
De sa faux envieuse
L'inexorable temps.
. . . . . . . .