Née à Évreux, morte à Paris; fille du général Bache, elle épousa
le fils du célèbre peintre Vien, le maître de David. Elle mérite
d'être signalée par sa connaissance, assez rare chez les femmes, des
langues grecque et latine. Nouvelle Mme Dacier, elle s'est appliquée
à des traductions d'ouvrages de ces deux langues mortes. Nous avons
d'elle une très remarquable traduction d'_Anacréon_ (1825),--et une
de _Basia_ de Jean Second (1832).--Elle a écrit des poésies de son
chef d'une facture très classique et d'un style très pur. On cite
particulièrement, _la Statue de Saint-Victor_, légende du moyen âge,
_les Deux Chevaliers_, et enfin _la Romance de minuit_, bien connue à
l'époque et dont voici quelques stances:
J'entends sonner la douzième heure,
Et dans ma paisible demeure
Le doux sommeil entre sans bruit;
Il est minuit...
Avant de clore la paupière,
La tendresse attire une mère
Vers l'enfant que berce la nuit;
Il est minuit.