(1773-1827)
Elle eut des débuts très intéressants. Douée d'un réel talent
littéraire, arrivée à Paris ruinée, elle écrivait sous un pseudonyme,
dans les _Débats_, des courriers pour venir en aide à sa mère,
lorsqu'elle tomba dangereusement malade; ce fut pour elle un cruel
souci que de penser qu'elle perdait son gagne-pain. Quel ne fut pas
l'étonnement de ces dames quand elles apprirent que les courriers
étaient arrivés régulièrement au journal, et qu'elles pouvaient
émarger; un jeune et timide inconnu qui avait aperçu Pauline chez M.
Suard, leur ami et protecteur, avait su les difficultés dans lesquelles
elles se trouvaient, et avait eu l'heureuse inspiration d'imiter son
style et de la remplacer. Elles tinrent à connaître leur bienfaiteur,
qui n'était autre que M. Guizot, le futur ministre, alors débutant,
et que Pauline de Meulan épousa en 1802; quoique plus âgée que son
mari de quelques années, le mariage fut des plus heureux, les deux
époux étant en concordance de sentiments et d'idées; elle n'en jouit
malheureusement que quinze années, car elle mourut en 1817, âgée de
quarante-trois ans.
Elle laissa nombre d'ouvrages dont: _Essais de littérature et de
morale_, _les Enfants_, _l'Écolier, ou Raoul et Victor_, _l'Éducation
domestique_, _Nouveaux contes_, _Idées de droit et de devoir_, _De
l'anarchie et du pouvoir_, etc.
Ses livres pour les enfants sont excellents et ont tous eu de
nombreuses éditions. Ses pensées philosophiques s'inspirent des idées
les plus élevées.