Pour connaître les mœurs d'un siècle, il faut consulter les ouvrages
écrits par des femmes, presque toujours modelés uniformément sur
une situation commune à toutes; les femmes sentent et pensent
beaucoup moins d'après leur jugement personnel que d'après les
habitudes que leur ont données la place qu'elles occupent dans la
société et le rôle qu'elles sont appelées à y jouer. L'indépendance
et l'originalité sont nécessairement rares chez des êtres dont
l'existence est renfermée dans un cercle étroit et dont les intérêts
sont semblables. Sauf les observations qu'elle aura pu faire
sur elle-même, fécond et important sujet de réflexions, il y a
toujours lieu de croire que ce que pense une femme est ce qui sera
généralement reçu par les femmes de son temps, et de ce que les
femmes pensent dans un temps quelconque on peut aisément inférer ce
qu'elles y sont.