Il y a cependant une nuance importante : chez les Touaregs, il

existe une caste noble et un chef commun, un amenokal qui dirige

un grand nombre de tribus. Hanoteau et Letourneux[154] avaient

déjà fait remarquer que cette forme « monarchique », anormale

dans une société berbère, devait pouvoir s’expliquer par des

causes extérieures.

L’épithète « monarchique » n’est pas tout à fait exacte ;

il n’y a pas d’amenokal par droit héréditaire ; le chef est

choisi dans certaines familles seulement, mais entre les compétiteurs

possibles, l’élection prononce en dernier ressort : en 1903,

Ismaguel avait été investi du commandement, chez les Oulimminden

de l’est, par les autorités françaises, bien qu’il n’eût

pas la majorité parmi ses électeurs ; cette méconnaissance

des coutumes locales a réuni autour du tambari[155] Rézi, dont

les partisans étaient plus nombreux, une foule de mécontents,

dont les manœuvres furent longtemps une source de difficultés et

d’inquiétudes pour nos administrateurs.

L’amenokal, pas plus que les autres chefs, n’est nommé à vie ;

lorsqu’il est en désaccord avec ses électeurs, lorsqu’il a

cessé de plaire, il est déposé et remplacé par un chef plus

populaire [Cortier, _D’une rive à l’autre_, p. 282 ; Jean,

_Les Touaregs du S.-E._, p. 159 et 162].

Il n’y a donc pas, à proprement parler, de royauté, mais il

existe à coup sûr une sorte de régime féodal ; on trouve partout

une caste guerrière de qui dépendent, à des degrés divers de

servitude, tous les habitants des terrains de parcours de la tribu

noble. Cette organisation semble être un résultat immédiat

de la pauvreté du pays ; chez les Kabyles, les vallées sont

vraiment fertiles, les villages, qui trouvent facilement de bonnes

positions défensives à portée des cultures, sont assez peuplés

pour n’avoir pas besoin de protection ; les Arabes des Hauts

Plateaux, dont beaucoup sont Berbères, rencontrent presque partout

des pâturages et leurs campements restent assez rapprochés pour

qu’ils se puissent entr’aider. Les habitants du Sahara central

n’ont à leur disposition que quelques oueds à maigre végétation

et éloignés les uns des autres ; ils ne peuvent vivre que par

petits groupes, et doivent profiter de toutes les aubaines. Lorsque

par hasard, un oued du tanezrouft a coulé, ils n’hésitent pas à

s’y installer et savent, lorsque le pâturage est vert, se passer

d’eau pendant plusieurs semaines : une chamelle donne environ six

litres de lait par jour et dans un bon pâturage peut rester plusieurs

mois sans boire ; ce lait suffit à tous les besoins des pasteurs.

Dans ces conditions, il est impossible aux Touaregs du nord, Ahaggar

et Azdjer, de vivre rassemblés et de s’occuper à la fois de

l’élevage et de la défense de leurs troupeaux. La sécurité du

pays ne peut être assurée que par des forces de police toujours

mobiles ; cette méthode est nécessaire, nous avons dû l’adopter

pour nos confins sahariens ; elle justifie amplement l’existence

d’une caste guerrière, toujours en route, chez les Touaregs

du nord.

Parce qu’elle est d’accord avec les conditions géographiques,

la suprématie des tribus nobles et les droits qu’elle entraîne

ne sont guère discutés chez les Ahaggar. Dans les pâturages plus

riches de la zone sahélienne, l’organisation féodale, qui est

moins nécessaire, est supportée avec impatience ; les imr’ad et

les bellah se détachent des nobles et ne veulent plus reconnaître

pour chef que l’autorité française [R. Arnaud, _Rens. col.,

Comité Afr. fr._, 1907, p. 96].

Les caractères ethniques des Touaregs sont assez contradictoires ;

leur genre de vie actuel les rapproche des primitifs, et Gautier

[I, p. 333] les considère, au point de vue social, comme en pleine

sauvagerie. C’est, je crois, une exagération. Leur respect de la

femme, leur curiosité pour les choses nouvelles, même leur vague

littérature indiquent un certain degré de culture et d’évolution.

Le matriarcat est commun chez beaucoup de peuples primitifs, mais il

n’est pas certain que chez les Touaregs il ait le même caractère

que chez les sauvages ; il est lié, chez eux, au mariage individuel

et à la monogamie ; pour les héritages habituels, le partage se

fait entre les enfants du mort. Ce n’est que pour les héritages

politiques, pour le droit au commandement, que la parenté maternelle

intervient nettement. Encore ceci n’est-il pas général : chez

les Ifor’as de l’Adr’ar’, à la mort d’un amenokal, le

choix se porte sur ses frères ou sur ses fils et non sur ses neveux

[Cortier, _l. c._, p. 282]. Ce n’est que chez les Touaregs du

nord que le droit au tobol est transmis uniquement par les femmes

aux fils des sœurs ou des tantes, et cet usage paraît récent ;

il ne remonterait qu’à six générations, d’après l’étude

détaillée que Benhazera [_l. c._, p. 94] a faite de la question,

confirmant ainsi une anecdote que Duveyrier a racontée longuement

[_Les Touaregs du Nord_, p. 398].

Cette coexistence de faits qui rappellent les mœurs primitives

avec d’autres qui indiquent une demi-civilisation peut sans doute

s’expliquer par l’histoire. Des monuments, comme la tombe de Tin

Hinan à Abalessa, comme les constructions funéraires de Tit, sont

la preuve qu’une société berbère assez policée, assez riche, a

vécu autrefois dans l’Ahaggar. Les puits souvent bien aménagés du

Sahara, dont l’établissement serait actuellement à peine possible,

sont, eux aussi, un souvenir de ces temps plus heureux. Réduits à

la misère par l’asséchement progressif de leurs vallées, les

Touaregs se sont contentés de se maintenir vivants, ne conservant

que quelques traits de leur ancienne civilisation ; en même temps

que leur pays devenait moins habitable, leurs mœurs évoluaient,

donnant l’exemple, assez rare en ethnographie, d’une civilisation

régressive.

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXX.

[Illustration : Cliché Posth

57. — FEMME KEL TADELÉ.

Imr’ad des Kel Ferouan.]

[Illustration : Cliché Posth

58. — FEMMES HOGGAR.

Imr’ad des Kel R’arous.]

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXXI.

[Illustration : Cliché Posth

59. — LE RASTAMALA, REPRÉSENTANT DU CHEF DES KEL FEROUAN AUPRÈS

DU SULTAN D’AÏR.

Natif d’Agadez. Se dit d’origine tebbou.]

[Illustration : Cliché Posth

60. — FEMME D’OANELLA, CHEF DES HOGGAR.

Imr’ad des Kel R’arous (Groupe des Ikazkazan).

Probablement de race pure.]

On peut espérer, d’ailleurs, que les légendes recueillies chez

les différentes confédérations permettront de débrouiller un peu

l’histoire de ces tribus ; un assez grand nombre de ces traditions

ont déjà été publiées et fourniront probablement des recoupements

intéressants, mais je crois que ce travail de contrôle ne peut être

fait utilement que sur place ; trop d’éléments d’information

font encore défaut pour qu’on puisse le tenter de loin.

Autant que l’on en peut juger sans mensurations précises, les

Touaregs, Kel Oui mis à part, paraissent constituer une race très

homogène et très pure. Les Taïtoq, les Kel Ahaggar, les Azdjer,

les Ifor’as, les Oulimminden et les Kel Gress, et probablement

aussi les Touaregs de Tombouctou, se ressemblent beaucoup entre eux

et ressemblent beaucoup aussi à certaines races européennes ; on

doit, provisoirement tout au moins, les rattacher aux populations

dolichocéphales brunes, si fréquentes autour de la Méditerranée

occidentale, populations que l’on rencontre en Aquitaine et en

Espagne aussi bien qu’aux Canaries et qu’en Afrique mineure,

où elles forment la majeure partie des tribus indigènes. Le nom de

Berbère est d’ailleurs équivoque ; il ne définit qu’un groupe

linguistique assez hétérogène au point de vue anthropologique ; en

dehors du domaine de la philologie, ce mot n’a aucun sens précis.

La race à laquelle appartiennent les Touaregs dérive d’une race

qui, à l’époque quaternaire, dès le milieu du Paléolithique,

occupait le bassin de l’Aquitaine ; les crânes anciens de

Laugerie et de Chancelade, ceux de Cro-Magnon sont les témoins

authentiques de sa présence à cette époque lointaine. C’est

la race de « Cro-Magnon » définie par Broca dès 1868, la race

« méditerranéenne » de Houzé, la race « littorale » ou

« atlanto-méditerranéenne » de Deniker.

J’aurais voulu, à l’appui de cette affirmation, apporter des

arguments précis, et à défaut de mensurations, tout au moins des

photographies ; malheureusement, je n’ai pu réunir que peu de

documents ; je n’ai pas pu me procurer de photographie des Touaregs

du nord. Pour l’Adr’ar’ des Ifor’as, Cortier [_l. c._,

p. 218] donne celles de son guide, Fenna, et de quelques femmes.

Le capitaine Pasquier m’a remis un groupe d’Oulimminden

[Pl. XXVIII, phot. 53] ; malheureusement le voile, le litham, est

bien gênant et ne permet guère de se rendre compte du type.

Le capitaine Posth m’a procuré une série provenant de l’Aïr

[Pl. XXIX à XXXI]. Ces photographies, prises dans les tribus les

plus blanches et par suite les plus pures, montreront combien le

type est européen, quoique seule, la femme Hoggar de la planche XXXI

(fig. 60) paraisse vraiment de race non mélangée. Toutes les autres

femmes ont le bout du nez arrondi, et ceci est un trait soudanais

et non caucasique.

On ne sait pas au juste à quelle époque cette race de Chancelade,

franchissant la Méditerranée, est venue occuper le nord de

l’Afrique, où elle paraît beaucoup plus récente qu’en

Europe. On sait encore moins à quelle date elle s’est répandue

dans le Sahara ; les traditions touaregs ne remontent pas à plus

de quelques siècles ; depuis Tin Hinan, les Kel Ahaggar énumèrent

péniblement une dizaine de générations ; Sidi ag Keradji affirme

connaître quinze aïeux ; les sultans d’Agadez auraient été

envoyés, il y a un millier d’années, par Constantinople, pour

mettre un peu d’ordre dans les affaires des Touaregs qui étaient

déjà en pleine anarchie.

Ces dates si rapprochées de nous ne peuvent évidemment pas être

prises au sérieux, d’autant que les Touaregs renient toute

parenté avec les constructeurs de chouchets, malgré l’identité

évidente de ces tombes anciennes avec les tombes modernes [cf. t. I,

chap. III].

De nombreuses traditions, relatives à l’origine des Touaregs,

ont déjà été recueillies ; quelques-unes les font descendre des

Philistins ou de la reine de Saba ; beaucoup de familles cherchent

à se rattacher au Prophète ou à ses premiers disciples[156] :

il y a peu à tenir compte de ces indications ; elles valent à

peu près celles qui nous faisaient descendre de Francus, fils de

Priam. D’autres traditions plus précises se rapportent au Fezzan

(anciennement Targa) et au Sud marocain ; elles semblent d’accord

avec les données anatomiques et méritent d’être prises au

sérieux.

Elles sont confirmées par une observation très intéressante

d’Ascherson, dont Grisebach [_La Végétation du Globe_, II, p. 135]

a bien fait ressortir l’importance. Les mauvaises herbes des oasis

du désert de Libye, ces plantes que l’homme cultive malgré lui,

proviennent toutes de la Méditerranée ; elles différeraient de

celles que l’on trouve dans la vallée du Nil. La migration aurait

donc eu lieu du nord au sud et jamais de l’est à l’ouest ;

les routes caravanières suivent encore la même direction.

Quelques faits linguistiques indiquent aussi des relations avec

le monde romain : pour les mois, il y a une double nomenclature ;

celle qui se rapporte à l’année solaire est visiblement latine

[Motylinski, _Dictionnaire_, p. 280] : février, mars, avril et

mai, sont devenus fobraier, mars, ibrir, maio [I, p. 254]. Dans

l’Adr’ar des Ifor’as, quelques mots semblent d’origine

chrétienne [Cortier, _l. c._, p. 283].

_L’habitation._ — Les modèles d’habitation usités au Sahara

et au Soudan sont suffisamment connus ; la case carrée (Pl. XXXVI,

XXXVII) à toit en terrasse, des ksour et des oasis, se retrouve

dans l’Ahaggar, à Arouan, à Tombouctou et chez les Bambaras ;

la case ronde, la hutte soudanaise existe un peu dans l’Ahaggar ;

dans l’Aïr, elle devient commune, et tend à supplanter la demeure

carrée, fréquente surtout dans les ruines.

Ces huttes rondes varient un peu suivant les pays ; dans les villages

stables la partie cylindrique est souvent en terre ; l’abondance

ou la rareté du bois entraîne aussi quelques modifications de

détail. Tout cela a été discuté et figuré cent fois ; on en

retrouvera quelques reproductions dans les photogravures ; il est

inutile de s’arrêter à un sujet aussi connu.

Il faut cependant consacrer quelques lignes aux cases très spéciales

des campements tebbous du nord du Koutous ; elles sont d’un modèle

inusité ailleurs (fig. 67). En plan, ce sont des rectangles longs

de 7 à 8 mètres, larges de 3 ; la porte est dans un des angles,

et une cloison, parallèle au petit côté, délimite une sorte de

couloir, de vestibule qui met la chambre d’habitation à l’abri

des indiscrets. Un foyer, constitué par trois pierres, se trouve

au fond de la hutte. Une charpente soutient le faîte à 2 mètres

du sol ; le tout est recouvert de paillassons grossiers faits en

tiges de mil et de grandes graminées, comme ceux qu’emploient

nos jardiniers. L’ensemble a un aspect arrondi, rappelant assez

bien certaines serres.

Auprès de chaque case se trouvent quelques constructions analogues

mais plus petites, servant de magasins ou de demeure aux captifs. Tout

ce qui appartient à un même chef de famille est enclos d’une

haie en branchages. Toutes les cases sont établies à mi-côte

ou au sommet d’une dune, à faible distance, quelques cents

mètres, du puits. Toutes les ouvertures, les portes, et, quand

elles existent, les fenêtres, sont dirigées vers le puits pour

faciliter la surveillance ; leur orientation varie d’un hameau à

l’autre. Dans nombre de villages du Soudan, au contraire, autour

du Tchad notamment, les huttes rondes ont toutes leurs portes vers

l’ouest pour se défendre du sable charrié par les vents d’est.

Auprès du puits, chaque chef de case à un abreuvoir particulier

formé d’un bassin de 4 à 5 mètres carrés de surface, limité

par un rebord d’argile. Ces abreuvoirs que l’on remplit à

loisir, avant l’arrivée des troupeaux, sont séparés les uns

des autres par des haies d’épines. Les Touaregs au contraire,

en vrais nomades, se servent d’abreuvoirs portatifs en cuir.

[Illustration : Fig. 67. — Campement tebbou, au nord du Koutous.]

Les hameaux ainsi construits sont assez nombreux au nord du Koutous ;

j’en ai vu 5 (Garagoa, Dalguian, Boulloum, Boulakendo, Tassr), sur

une longueur de 35 kilomètres. A Garagoa, il y a une soixantaine

de chefs de cases, et Tassr m’a paru un peu plus important ; les

trois autres villages étaient abandonnés au moment de mon passage

(avril 1906).

Je ne sais quelle est l’extension géographique de ce type

spécial d’habitation : Nachtigal [_l. c._, p. 190] a indiqué,

dans le Tibesti, des paillottes rectangulaires, mais à toit plat,

qui paraissent différentes.

Les Tebbous de Tassr et de Garagoa ne semblent pas former une race

homogène ; ils se donnent d’ailleurs, pour des raisons politiques

probablement, comme des Azas ou Dazas, tout à faits différents

des Tebbous véritables et ne pratiquant pas comme eux le vol

des troupeaux de leurs voisins (?). Ils affirment même, quoique

nous ayons eu la preuve du contraire, n’avoir pas de relations

d’amitié avec eux.

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXXII.

[Illustration : 61. — TENTE TOUAREG.

Chez les Oulimminden.

Un bouclier est appuyé à la tente.]

[Illustration : 62. — CAMPEMENT DE BELLAH.

Bords du Niger.]

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXXIII.

[Illustration : Cliché Posth

63. — CAMPEMENT DE BELLAH.

Boucle du Niger.]

[Illustration : Cliché Pasquier

64. — CAMPEMENT DE BELLAH.

Près de Gao.]

Pour les tentes, il y a à signaler surtout la grande simplicité des

installations touaregs ; la photographie (Pl. XXXII, phot. 61) montre

à quoi elle se réduit en route ; le bouclier, appuyé contre la

tente, et le méhari, indiquent suffisamment le peu de hauteur de ce

logement qui ne sert qu’à donner de l’ombre. Lorsque le campement

est installé pour quelques semaines, on conserve le toit de cuir,

mais placé plus haut (2 m.), et on ferme les côtés au moyen de

nattes ; la porte est habituellement au sud. L’installation reste

cependant toujours assez primitive chez la plupart des Touaregs ;

elle devient à peine un peu plus confortable dans la boucle du Niger,

tout en se rattachant au même type (Pl. XXXIII).

[Note 106 : Chevalier, _C. R. Ac. Sciences_, 30 avril 1900. —

La végétation de la région de Tombouctou, _Actes du Congrès

international de botanique_, 1900, p. 248. — _La Géographie_,

XVII, 3, 1908, p. 201-210, etc.]

[Note 107 : On trouvera de bonnes reproductions des aspects de

la végétation de ces diverses zônes dans Karsten et Schenk,

_Vegetationsbilder_, Iena, 1906 et sv., en particulier, pour

le Soudan, [4], Pl. 23 à 30 et, pour le Sahara algérien, [6],

Pl. 19-24.]

[Note 108 : _Timetr’in_ est le pluriel du mot _tamtek’_,

équivalent tamachek de _r’aba_, la forêt.]

[Note 109 : A. Chevalier, _Ass. française Av. Sc._, Paris, 1900,

p. 642-656.]

[Note 110 : Ces beaux liserons forment, dans toutes les parties

humides de la zone sahélienne, des fourrés très verts avec de

grandes fleurs rouges, épanouies seulement le matin. C’est une

plante toxique pour tous les troupeaux. Le poste d’Agadez l’a

vérifié à ses dépens, ses chameaux, qui n’étaient pas du pays,

ayant brouté ces liserons.]

[Note 111 : ἔδαφος = sol. Schimper, _Plant-Geography upon

a physiological basis_, Oxford, 1903, p. 3. — Ce néologisme

s’applique aussi bien aux particularités botaniques qui dépendent

de détails topographiques, qu’à celles qui ont pour cause la

constitution physique ou chimique du sol.]

[Note 112 : Cosson a donné, épars dans diverses autres notes,

de nombreux renseignements sur la flore du Sahara.]

[Note 113 : Un genre de Scrophulariées, _Lafuentea_, n’était

connu que par une seule espèce d’Andalousie. Battandier a décrit

récemment une seconde espèce de ce genre (_L. ovalifolia_)

de l’Adr’ar’ des Ifor’as, qui est bien loin de la

Méditerranée.]

[Note 114 : Massart, Un voyage botanique au Sahara, _Bull. de la

Soc. Bot. de Belgique_, XXXVII, 1898, p. 202-339, 7 planches.]

[Note 115 : Le règne végétal en Algérie. _Revue Scientifique_,

[2], XVI, 1879, p. 1205-1217.]

[Note 116 : Grisebach, _La Végétation du Globe_, trad. Tchiatcheff,

1878, II, p. 111. — O. Drude, _Manuel de Géographie botanique_,

trad. Poirault, 1897, p. 426.]

[Note 117 : Battandier et Trabut, _L’Algérie_, Paris, 1898,

p. 355.]

[Note 118 : _N’si_, graminées de petite taille, du groupe des

Stipées. — _Acheb_, toutes les autres plantes dont la venue est

à la merci d’une averse.]

[Note 119 : Maury, _Assoc. franç. Av. Sciences_, Toulouse, 1887. —

Massart, _l. c._, et La Biologie de la végétation sur le littoral

belge, _Bull. Soc. Bot. de Belgique_, XXXII, 1893.]

[Note 120 : _Mentha sylvestris_ est le _na’na’_ des Arabes qui

joue un grand rôle dans la préparation du thé. Le mot tamahek,

_ennar’nar’_ qui est visiblement le même, semble bien indiquer

que la plante a été introduite.]

[Note 121 : Les cryptogames du Sahara sont encore moins connus que les

phanérogames ; on trouvera, dans le _Bull. de la Soc. Mycologique

de France_, plusieurs notes de Patouillard sur les champignons du

grand désert africain. Un pyrénomycète (_Poronia_) est connu en

Nubie et sur le littoral atlantique.]

[Note 122 : Je laisse complètement de côté ce qui a trait au

karité et aux lianes à caoutchouc, dont l’aire d’habitat est

plus méridionale. — Les cultures vivrières ont d’ailleurs un

intérêt plus immédiat ; elles seules permettent un accroissement

rapide de la population quand un pays est vraiment peuplé, tout le

reste vient facilement.]

[Note 123 : G. Rolland, _Hydrologie du Sahara Algérien_. — _Mission

A. Choisy_, 1895, p. 7.]

[Note 124 : Ou tekhaouit, selle de femme. On en trouvera un croquis

et une description détaillée dans Benhazera (_Six mois chez les

Touaregs_, p. 39).]

[Note 125 : Foureau, _Essai de catalogue des noms arabes et berbères

de quelques plantes, arbustes et arbres algériens et sahariens_,

Paris, 1896.]

[Note 126 : D’après Foureau (Cat., p. 29), mrokba ou merkeba

désignerait aussi le _Scabiosa camelorum_ Coss., plante du Sud

algérien qui n’est pas connue au Sahara. Elle s’éloigne,

par tous ses caractères, des graminées précédentes.]

[Note 127 : En dehors des ouvrages relatifs au Sahara et au Soudan

cités plus haut, j’ai pris quelques renseignements dans Bentham

et Hooker, _Genera plantarum_, et dans Engler-Prantl, _Pflanzen

Familien_.]

[Note 128 : A. Chevalier, _Bull. Soc. Bot. de France_, IV, 6, 1906,

p. 480-496.]

[Note 129 : La véritable « myrrhe » provient d’une espèce

voisine.]

[Note 130 : _Bull. Soc. Bot. de France_, [IV], 7, 1907, p. 252-257.]

[Note 131 : D’après Cosson, le dattier serait originaire des

Canaries, où une sous-espèce, le _Phœnix canariensis_ Hort, est

considérée comme spontanée par Webb et Berthelot. La présence de

quelques végétaux canariens au cap Blanc, les Helix fossiles des

dépôts d’estuaire de Port Étienne, semblent en effet indiquer

que, jusqu’au début du Quaternaire, l’archipel canarien était

réuni à l’Afrique. Cependant de Saporta affirme reconnaître,

parmi les Phœnix tertiaires de la Haute Italie, l’ancêtre direct

du dattier.]

[Note 132 : Gravier, _Bulletin du Muséum_, 1907, no 3, p. 218-224,

une carte.]

[Note 133 : Foureau, _Doc. Scient. de la Mission Saharienne_,

t. II, p. 1055-1059 ; — De Joannis (Lépidoptères), _Bull. de

la Soc. entomologique de France_, 1908, p. 82-83 ; — Van der

Weele (Névroptères), _id._, 1908, p. 154 ; — Du Buysson

(Hyménoptères), _id._, 1908, p. 131-135 ; — Lesne, _Lyctus

hipposideros_ nv. sp., _Bull. du Muséum_, 25 nov. 1908.]

[Note 134 : Pucheran, _Revue et Magazine de Zoologie_, 1865.]

[Note 135 : J’ai trouvé un beau varan, long de 0 m. 60, au milieu

du tanezrouft de Timissao.]

[Note 136 : Massart, _l. c._, 1898 ; — _Travaux du laboratoire de

Wimereux_, t. VII, 1899, p. 446-451.]

[Note 137 : La bibliographie des mollusques africains est déjà

très riche. On trouvera l’indication des principaux mémoires dans

L. Germain, _Les Mollusques terrestres et fluviatiles de l’Afrique

Centrale Française_, in Chevalier, _L’Afrique Centrale Française_,

1908, p. 459-617. — Voir aussi Pallary, _Mollusques tertiaires

fluviatiles d’Algérie_, _Mém. Soc. Géol. Paléont._, 1901.]

[Note 138 : R. Anthony, _Ann. de la Soc. royale Zoologique et

Malacologique de Belgique_, XLI, 1906, p. 322-430, pl. XI et XII.]

[Note 139 : On les désigne très improprement au Soudan sous le

nom de bancs d’huîtres. Les Ætheria appartiennent à la famille

des Unionidæ, qui ne renferme que des formes d’eau douce, très

éloignées par leurs caractères anatomiques des Huîtres qui,

de plus, sont essentiellement marines.]

[Note 140 : La grosse vipère de l’Ahaggar appartient à un genre

voisin (_Bitis_). Elle est au moins très proche de la vipère du

Gabon. Elle cause des accidents mortels même pendant les mois les

plus froids (Guilho-Lohan).]

[Note 141 : J’emprunte ces déterminations à Maclaud : _Notes

sur les Mammifères et les Oiseaux de l’Afrique Occidentale_,

Paris, 1906.]

[Note 142 : Duveyrier signale à l’Ahaggar, d’après des

renseignements indigènes, la _taourit_ qu’il croit une sorte

de loup. Je n’ai pu avoir aucune confirmation de l’existence

d’un loup. Cortier [_l. c._ p. 362] pense que la taourirt est une

hyène. — La seule rencontre dangereuse que l’on puisse faire

dans l’Ahaggar est celle des hyènes qui, lorsqu’elles sont en

bande, attaquent parfois des isolés. On ignore la limite nord de

_H. crocuta_ Erx. qui est, paraît-il, vraiment dangereuse.]

[Note 143 : _Catalogus mammalium tam viventium quam fossilium_,

Berlin, 1897-1899.]

[Note 144 : Jean [_l. c._, p. 148] émet des doutes sur l’existence

du lion en Aïr. Les indigènes sont très affirmatifs. Von Bary

le mentionne expressément et indique qu’il a une crinière ;

Foureau en a vu des traces (_D’Alger au Congo_, p. 344, 359).]

[Note 145 : Pierre et Monteil, _L’élevage au Soudan_, Paris,

1905. — Dechambre, _Rev. Col._, 1905, p. 335 et 458.]

[Note 146 : De Franco, _Études sur l’élevage du cheval en Afrique

occidentale, Gorée_.]

[Note 147 : Dinaux, _Rens. coloniaux publiés par le Comité de

l’Afrique française_, 1907, p. 64.]

Missions au Sahara, tome 2 · 第 21 / 32 段