au moins superficielles (Chevalier).]
[Note 58 : Capitaine Lelean, _Geological Magazine_, I, 1904, p. 290.]
[Note 59 : Le puits de Tabrichat (30 m.), voisin de Tabankort,
contenait 8 mètres d’eau en mars 1904 (Combemorel).]
[Note 60 : Ormaïort est à une demi-journée au nord de
Bémba. Combemorel, _Rens. col. Bull. Comité Afr. fr._, janvier
1909.]
[Note 61 : _Rens. col. Bull. Comité de l’Afr. fr._, 1907.]
[Note 62 : Cortier écrit Lernachiche.]
[Note 63 : Cortier, _La Géographie_, 1906. —
Cauvin. _Bull. Soc. Géogr. commerciale_, 1908.]
[Note 64 : _Amer. Journal of Sc._, XIX, 1905, p. 171.]
[Note 65 : Les premières ont été rapportées par le commandant
Gadel. — De Lapparent, _C. R. Ac. Sc._, CXXXV, 1903, p. 1298. Le
capitaine Cauvin en a donné quelques-unes au Muséum.]
[Note 66 : M. Choffat (_in litteris_) n’ose pas affirmer que
les échantillons que je lui ai soumis rentrent bien dans cette
espèce. Il faudrait, pour être certain, des matériaux abondants.]
[Note 67 : _Nouvelles données sur la zone littorale
d’Angola_. Lisboa, 1905.]
[Note 68 : De Lapparent, _C. R. Ac. Sc._, 1901, CXXXII, 388.]
[Note 69 : _La Géographie_, XVII, 15 février 1908.]
[Note 70 : _Beiträge zur Geologie von Kamerun_. Stuttgard, 1904,
p. 85-241.]
[Note 71 : De Lapparent, _C. R. Ac. Sc._, CXXXVI, 1903, p. 1118.]
[Note 72 : Ce poste est habituellement désigné sous le nom de
Guidambado, village situé à 3 kilomètres à l’est de Bouza.]
[Note 73 : De Lapparent, _C. R. Ac. Sc._, 26 déc. 1904.]
[Note 74 : Au sud de Tahoua, à Mogguer, une dépression importante
est tapissée de concrétions ferrugineuses qui ont peut-être une
origine lacustre.]
[Note 75 : Cette observation de Hubert (_Thèse_, p. 10 et 376) est
exacte, mais le fait a si peu d’importance que j’avais jugé
inutile de le signaler. Le même auteur nie l’âge éocène des
grès du Niger, sans fournir d’arguments sérieux.]
[Note 76 : C’est un débris végétal informe. — Stanislas
Meunier, _C. R. Congrès des Sociétés Savantes_, 1904, p. 156.]
[Note 77 : Choffat, _Nouvelles données sur la zone littorale
d’Angola_, Lisboa, 1905.]
[Note 78 : Bullen Newton, _Ann. and Magazine of Natural History_,
[7], XV, 1905, p. 83-91.]
[Note 79 : Bather, _Geological Magazine_, [5], 1, 1904, p. 292. —
Lambert, _Bull. Soc. Géol. de France_, [4], 6, 1906, p. 693 ;
contrairement à la tendance générale, Lambert place les couches
de Tahoua dans l’Éocène inférieur.]
[Note 80 : Cottreau, _Bull. Soc. Géol. de France_, Séance du 21
déc. 1908.]
[Note 81 : W. Wolff, in Bornhardt, _Zur Oberflächengestaltung und
Geologie Deutsch-Ostafrikas_. Berlin, 1900, p. 572. Wolff fait une
nouvelle espèce (_Op. africana_) qui ne me semble pas distincte de
_O. canalifera_.]
[Note 82 : _Bull. Soc. Géol. de France_, [4], VII, 1907, p. 334.]
[Note 83 : Chautard, _Bull. Soc. Géol. de France_, [4], VI, 1906. —
_État actuel de nos connaissances sur les formations sédimentaires
de l’Afrique occidentale Française_, Dakar, 1906 (extrait du
_Journal officiel de l’A. O. F._, 20 janvier). Bibliographie
étendue.]
[Note 84 : _Beiträge zur Geologie von Kamerun_, p. 245-285, et
communication verbale.]
[Note 85 : On a fort peu de renseignements sur les Touaregs de la
rive droite du Niger, encore à peine soumis.]
[Note 86 : Ces tombeaux se trouvent aussi au nord de Tahoua, dans
la région des mares et dans l’Azaouak (Pasquier).]
[Note 87 : Il faut probablement rapprocher ce mot de Garamante.]
[Note 88 : Les Mousgou ou Kel Azoua sont une tribu des Oulimminden.]
[Note 89 : Gadel, Notice sur la résidence de Zinder, _Revue des
troupes coloniales_, 1903, 2e sem., p. 614.]
[Note 90 : Le dernier sultan, à la suite d’un complot heureusement
étouffé, a été déposé et banni en 1906.]
[Note 91 : Jusqu’en 1906, d’importantes caravanes Kel Oui, de
5 à 6000 chameaux, ont été enlevées à quelques kilomètres du
Damergou. Voir, pour les détails, Jean et Gadel.]
[Note 92 : Ces puits sont la demeure de nombreuses chauves-souris ;
le 18 avril 1906, à Marthium, un peu avant le coucher du soleil,
elles ont mis près de dix minutes à sortir du puits, en vol serré.]
[Note 93 : Le village de Moa, au sud de l’Alakhos, est encore de
langue béribéri ; à l’ouest, commence le domaine du haoussa.]
[Note 94 : Flye Sainte Marie, Le commerce et l’agriculture au
Touat. _Bull. Soc. Géogr. d’Oran_, XXIV, 1904.]
[Note 95 : Nieger, _La Géographie_, XVI, 1907, p. 375.]
[Note 96 : Verneau, _La Géographie_, XVII, 1908, p. 116.]
[Note 97 : Destenave, _Revue Générale des Sciences_, XIV, 1903,
p. 717.]
[Note 98 : Freydenberg, _Le Tchad et le bassin de Chari_, 1908,
p. 155.]
CHAPITRE III
MÉTÉOROLOGIE
Le Climat. — La Brume.
I. — =LE CLIMAT=
Un chapitre sur la météorologie du Sahara central ne peut guère
être qu’un constat de carence.
On possède seulement plusieurs séries d’observations, de
trop courte durée en général, et de valeur souvent médiocre,
pour quelques stations du pourtour du désert. Malgré le peu de
sécurité qu’offrent la plupart de ces observations, elles mettent
bien en évidence l’allure essentiellement différente des saisons,
au nord et au sud du Sahara.
[Illustration : Fig. 46. — Moyennes des températures à Ghardaïa.
Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.]
Dans la région algérienne ou tunisienne, les courbes thermiques
présentent un seul maximum en juillet, parfois en août ; les
différences entre les moyennes des maxima et celles des minima
sont considérables dans l’intérieur ; les chiffres relatifs
à Ghardaïa sont suffisamment caractéristiques à cet égard ;
la figure se rapporte à la moyenne de cinq années 1887-1892 ;
les températures extrêmes observées pendant cette période
ont été + 50° en juillet 1892 et − 1° en décembre 1889 et
janvier 1891. Ghardaïa (32°,35′ Lat. N., 1°,20′ Lat. E.) est
à 500 mètres d’altitude environ, au fond d’une large vallée,
entourée de plateaux calcaires.
[Illustration : Fig. 47. — Tozeur.
Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.]
[Illustration : Fig. 48. — Bizerte.]
Lorsque l’on se rapproche du littoral, l’amplitude des variations
diminue, mais conserve à peu près les mêmes caractères comme en
témoignent les courbes de Tozeur (fig. 47) et de Bizerte (fig. 48)
empruntées à Ginestous[99]. Les températures extrêmes observées
à Bizerte ont été 0° et + 44°,8 ; à Tozeur − 4° et + 49°. A
Paris, les variations journalières sont beaucoup moins amples et
beaucoup moins fixes : si on les calcule, comme dans les exemples
précédents, sur la moyenne des maxima et des minima, on trouve
5°,4 en janvier et 11°,9 en juillet. A Ghardaïa l’amplitude
est toujours supérieure à 20° et approche parfois de 30°.
[Illustration : Fig. 49. — Kayes.]
[Illustration : Fig. 50. — Niamey.]
Au sud du Sahara, les courbes de température présentent une allure
toute différente. A Kayes par exemple (fig. 49) (14°,25′ Lat. N.,
13°,54 Long. W., Alt. 60m.), la moyenne de quatre années (1902-1905)
indique deux maxima, le premier en avril-mai, le second en octobre ;
l’amplitude des variations moyennes passe, en chiffres ronds,
de 10° en août à près de 20° pendant l’hiver ; les chiffres
extrêmes observés ont été de 10° en janvier 1905 ; 47° en
mai 1904. Les courbes de Niamey (fig. 50) (1906) et de Tombouctou
(fig. 51) (1905-1906) sont très analogues ; les quelques chiffres
que l’on possède pour Zinder, Guidambado et le territoire du Tchad
indiquent tous un minimum au mois d’août. Les maxima extrêmes
observés, en mars et avril, sont compris entre 45° et 48° ;
les minima de décembre et de janvier varient habituellement de 4°
à 7°,5 ; Freydenberg a noté − 2° à Kouloa en 1906. La même
courbe subsiste pour Porto-Novo (fig. 52), mais très adoucie par
la proximité de la mer.
[Illustration : Fig. 51. — Tombouctou.]
Le contraste très marqué que présentent les courbes thermiques
des stations situées au nord et au sud du désert, s’explique
facilement par les différences que présente le régime des pluies
dans les deux régions (fig. 53).
[Illustration : Fig. 52. — Porto Novo.
Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.]
Dans le bassin méditerranéen, il pleut surtout pendant l’hiver ;
au Soudan, pendant l’été, d’où un abaissement de température
marqué et une moindre amplitude des variations diurnes, l’air
étant moins sec. Comme pour les températures, les chiffres
relatifs à la pluie ne portent en général que sur un petit
nombre d’années d’observations ; les installations sont parfois
médiocres ; les observateurs changent souvent et sont plus ou moins
attentifs ; il serait illusoire de vouloir chercher à serrer d’un
peu près l’étude du climat du Soudan. La géographie botanique
permettra cependant de définir quelques zones, caractérisées,
au fond, par l’abondance relative de la pluie. Cependant les
différentes courbes sont assez d’accord entre elles, assez
conformes à ce que font prévoir les théories météorologiques,
pour que l’on puisse admettre quelles représentent en gros
l’allure du climat du Soudan.
[Illustration : Fig. 53. — Régime des pluies au nord et au sud
du Sahara.
Les hauteurs de pluie sont données en millimètres.]
Dès maintenant il est établi qu’il y a de grandes variations dans
les quantités de pluie que reçoit annuellement chaque station ;
à Kayes on a recueilli 525 mm. 9 en 1902 et 1072 mm. 9 en 1905. A
Tombouctou, d’après Yacouba, la pluie aurait varié depuis une
dizaine d’années entre 150 et 300 millimètres ; les années 1905
avec 230 mm. 6 et 1906 avec 259 mm. 5 peuvent passer pour bonnes[100].
[Illustration : Fig. 54. — Moyennes des températures d’In Salah.
Les courbes indiquent les moyennes des maxima et des minima.]
Au Sahara, on a de bonnes séries pour In Salah (27°,17′
Lat. N., 0°,7′ Long. E., Alt. 280 m.) encore un peu courtes
malheureusement. La figure 54 donne la moyenne des minima et celle
des maxima pour les années 1903, 1904 et 1905 ; les extrêmes
observés ont été − 1°,4, le 19 janvier 1904 ; et 50°,2, le
4 juillet de la même année. C’est bien le même type qu’à
Ghardaïa. Chaque année on a noté quelques jours de pluie (9 en
1903), mais la pluie n’a jamais été mesurable.
Il semble que dans toutes les parties basses du Sahara, le régime des
pluies est le même qu’à In Salah : sur tous les itinéraires on
trouve mentionnés des puits qui cessent de contenir de l’eau deux
ans, trois ans, sept ans, après le dernier orage. On parle même aux
oasis de périodes de dix-huit ou vingt ans sans pluie. Les nomades,
comme les sédentaires, ne tiennent compte dans ces affirmations
que des pluies sérieuses ; celles qui ne mouillent pas le sol,
qui ne sont pas mesurables, sont complètement négligées.
Il ne survient dans la majeure partie du Sahara que des orages
accidentels, parfois très violents ; le printemps 1907 a été
presque partout pluvieux ; le ksar de Noum en Nas, dans le Timmi
(Touat) a été détruit par un torrent descendu du plateau voisin. Le
25 mars 1907[101], un orage de grêle a dévasté l’oasis de
Brinken ; la direction suivie par l’orage était exactement
sud-nord. Son action s’est fait sentir par bandes parallèles
nettement délimitées ; chacune des bandes dévastées était large
de 80 à 150 mètres, les bandes indemnes, où n’est pas tombé
un seul grêlon, étaient plus étroites (15-60 m.).
Au cours de leur rezzou vers l’Ouest en 1906, les Taïtok, au
voisinage des puits d’El Ksaïb, à quatre étapes au nord-ouest
de Taoudenni, ont été sauvés de la soif par un orage qui leur a
permis d’abreuver leurs chameaux et de remplir leurs outres.
Aux oasis ces orages accidentels sont considérés comme un malheur ;
ils empêchent parfois la fécondation des dattiers et peuvent
gravement compromettre la récolte ; ils ramènent, dans les parties
basses, le sel de la profondeur à la surface du sol : après un
orage, les jardins trop voisins d’une sebkha sont perdus pour
plusieurs années ; il faut longtemps pour que l’eau des seguias
puisse en laver la terre. Enfin dans les ksour les constructions en
terre sèche, en « tin », avec leurs terrasses plates, supportent
mal la pluie : chaque averse cause des ruines et nécessite des
réparations. A Tombouctou, où malgré des pluies régulières on a
conservé le type de construction des ksour, les maçons se chargent,
à l’abonnement, de l’entretien des maisons. Chaque année,
à Zinder, à Agadez, etc., il faut faire de grosses réparations
au poste. Dans la zone vraiment pluvieuse, on ne trouve guère que
des toits coniques ; les toits en terrasse disparaissent.
Sur les plateaux et les régions élevées, les pluies sont moins
rares ; on n’a pas de renseignements sur les Eglab, mais les oueds
qui en descendent sont humides et contiennent de nombreux points
d’eau ; le Tadmaït arrose le Touat et le Tidikelt et contribue à
la fertilité du Gourara et des oasis du Sud constantinois ; il faut
donc qu’il y pleuve assez régulièrement. Bien que le Tadmaït soit
assez mal connu, on sait qu’il y existe des daïa, qui contiennent
parfois de l’eau et sont plus souvent couvertes de pâturages.
Les pluies ne sont pas très rares sur la Coudia et dans son voisinage
immédiat ; elles peuvent survenir en toutes saisons ; d’ordinaire,
comme au Soudan, elles arrivent pendant l’été, ou bien parfois,
comme dans le bassin méditerranéen, pendant l’hiver.
En avril 1880 Flatters a noté 7 jours de pluie.
Dans leurs contre-rezzou à l’Ahaggar, Cottenest (printemps 1902)
et Guilho-Lohan (hiver 1902)[102] ont reçu des averses. Du 1er
août au 11 septembre 1905, j’ai noté onze fois de la pluie et
il y avait eu des orages dès le mois de juin. Malheureusement il
y a des années de sécheresse (1903-1904) ; le pays n’en souffre
que peu si la mauvaise série ne dépasse pas trois ans, mais elle
en dure souvent quatre ou cinq.
En 1906, au cours de sa tournée dans l’Ahaggar, Voinot a eu deux
journées entières de pluie (27 et 29 janvier) ; il est tombé
quelques gouttes d’eau le 6, 7, 19 et 21 avril. En décembre
1905 il avait plu entre In Salah et Amgad et il est tombé quelques
averses en mai 1906 dans l’Ahnet. Enfin Cortier mentionne, dans
les contreforts ouest de la Coudia, une petite pluie le 30 mars 1907
et de fortes averses le 31 mars et le 3 avril.
Ces orages sont en général assez brusques et très localisés. Le
4 août 1905, dans l’oued Tit, à 15 kilomètres à l’ouest
d’Abalessa, la matinée avait été belle et sans vent. A midi et
demi, très légère brise du sud-ouest ; à deux heures, tonnerre
vers l’est ; le vent, toujours faible, s’établit entre nord et
nord-ouest ; le ciel est à moitié couvert et le vent, franchement
nord, est devenu grand frais ; à trois heures, toutes nos tentes sont
arrachées et l’orage commence à tomber par très grosses gouttes,
le vent passe au nord-est ; à cinq heures quarante-cinq, la pluie
cesse et il y a une légère brise de l’ouest. La température,
au cours de cet orage, a présenté quelques sauts brusques :
Thermomètre Thermomètre
sec. mouillé.
--- ---
12h,30m 43°,5 22°,5
2 , 43°,5 25°
2 ,50m 32°,5 «
3 ,15 27°,5 23°
5 ,45 23°,5 21°,5
6 ,45 31°,5 23°,5
Le relèvement de température de six heures quarante-cinq, après
le soleil couché, est remarquable. A Abalessa, il n’était tombé
qu’une averse insignifiante, et cette localisation des tornades
explique que de l’air plus chaud puisse être amené par le moindre
coup de vent au point refroidi par l’orage.
Des observations plus suivies ont été faites à
Tamanr’asset[103] ; elles portent sur une année.
_Août 1905._ Chaleur très modérée ; les températures moyennes
pendant la seconde quinzaine ont été 20°,8 à six heures du matin ;
36°,2 à deux heures et demie ; 30°,5, à six heures du soir.
Cinq ou six forts coups de vent durant quelques heures. Deux ou
trois fortes averses durant de une à quatre heures.
_Septembre._ Température moyenne. Très peu de vent. Un fort orage
avec pluie pendant cinq ou six heures.
_Octobre._ Température moyenne. Très peu de vent, pas de pluie.
_Novembre._ Nuits fraîches, mais non froides ; journées
tempérées. Très peu de vent, pas de pluie.
_Décembre._ Nuits fraîches, mais non froides, journées
tempérées. Dans les premiers jours du mois deux ou trois pluies
légères de trois à quatre heures chacune ; l’oued coule pendant
deux jours à Tamanr’asset.
_Janvier 1906._ Assez froid la nuit, tempéré le jour. Très peu
de vent, pas de pluie. Rosée. Ni glace ni gelée blanche.
_Février._ Froid la nuit, frais le jour. Très peu de vent ; deux
fortes pluies d’environ douze heures chacune dans les premiers
jours du mois. Rosée abondante, ni glace, ni gelée blanche. L’oued
coule pendant quatre jours à Tamanr’asset.
_Mars. Du 1er au 10._ Froid la nuit, frais le jour. Très peu de
vent. Pas de pluie.
_A partir du 10._ La température change brusquement et devient
tempérée le jour ; les nuits, ni chaudes ni froides. Presque tous
les jours grand vent venant du sud et amenant brume et chaleur. Pas
de pluie.
_Avril._ Température moyenne. Presque tous les jours grand vent
venant souvent du sud. Pas de pluie.
_Mai. Du 1er au 20._ Température modérée. De dix heures du matin
au coucher du soleil, grand vent venant ordinairement de l’ouest ;
le reste du temps pas de vent. Le 11, quelques gouttes de pluie ;
le 12 quelques très légères averses.
A partir du 20, la température change brusquement, les journées
deviennent chaudes, les nuits restent tempérées et fraîches. De dix
heures du matin au coucher du soleil, vent modéré venant souvent du
sud ; le reste du temps, pas de vent. Une très petite averse le 30.
_Juin._ La moyenne des températures est 14° à cinq heures, 36° à
midi, 30° à six heures. De dix heures du matin au coucher du soleil
vent modéré, venant souvent du sud ; le reste du temps, pas de vent.
Les 8, 25 et 26, quelques gouttes de pluie. De minuit au lever du
soleil, l’air est souvent humide.
_Juillet._ Moyenne des températures : cinq heures 15° ; midi 37° ;
six heures 31°. De dix heures du matin au coucher du soleil vent
modéré venant souvent de l’est ; le reste du temps, presque pas
de vent. Ciel souvent couvert le jour, ordinairement découvert la
nuit. Le 1er et le 2, quelques gouttes de pluie.
Pour la pluie, l’année 1905-1906 a été exceptionnelle ;
d’ordinaire, il pleut en été plutôt qu’en hiver.
D’après Duveyrier, la neige serait assez fréquente sur la
Coudia et tiendrait parfois trois mois sur l’Ilamane. Au cours
de la période août 1905-juillet 1906, l’absence de neige est
expressément mentionnée sur l’Ilamane qui, de Tamanr’asset, est
très en vue. L’indication de Duveyrier est probablement erronée
et tient à une faute de traduction : le tamahek n’a qu’un seul
mot (ar’eris) pour désigner l’eau solide sous toutes ses formes
(glace, grêle, neige, gelée blanche).
Le sol de l’Ahaggar est d’ordinaire imperméable, de sorte que
toute l’eau tombée se rassemble rapidement dans les vallées et
s’écoule parfois à de grandes distances : les crues de l’oued
Tamanr’asset dépassent parfois Timissao.
Ces crues sont extrêmement brusques : le 5 août 1905, un orage
survint vers trois heures de l’après-midi à notre campement
près de l’oued Tit (15 km. est d’Abalessa) ; vers cinq heures,
l’oued commence à couler avec une vitesse d’environ 2 mètres
par seconde ; il contient 0 m. 25 d’eau ; vers sept heures, il
n’en contient plus que 0,12 et sa vitesse n’est guère que de
1 mètre ; vers neuf heures il est à sec.
Cet exemple est insignifiant ; mais parfois l’eau est assez profonde
pour noyer un homme ; on trouve souvent accrochés aux branches,
à deux ou trois mètres du sol, des débris qui n’ont pu être
amenés que par les crues. A la suite de ces orages, les alluvions
sont largement mouillées et peuvent conserver d’importantes
réserves d’humidité, que la structure du pays rend assez
facilement utilisables.
Plus au sud, les régions élevées comme l’Aïr ou l’Adr’ar’
des Ifor’as appartiennent, par leur climat, au Soudan et présentent
une saison de pluies régulières.
A notre arrivée dans l’Adra’r’, à In Ouzel, le 23 juin
1905, il pleuvait depuis deux ou trois semaines ; l’état de la
végétation herbeuse qui sortait du sol toute fraîche, confirmait
les indications des indigènes ; jusqu’à la fin de notre séjour
(28 juillet) il a été noté 10 jours de pluie.
En 1907[104], le 6 mai, un gros orage forme dans l’oued Tekakand
de beaux aguelmans. Il est probable que cet orage isolé est
exceptionnel et que la saison pluvieuse ne commence régulièrement
qu’un peu plus tard. Voici, pour la première quinzaine de juin,
les observations de Dinaux : le 30 mai, une heure de pluie violente à
quatre heures du soir ; le 2 juin, trois heures de pluie torrentielle
(entre trois heures et huit heures du soir) : l’oued Eferir est
transformé en un marécage de deux kilomètres de large ; le 8 juin,
une demi-heure de pluie violente (trois heures du soir) ; le 9 juin
une heure d’averses intermittentes (quatre heures) ; le 12 juin,
pluie torrentielle de trois à six heures du soir. L’Oued in Ouzel
coula une partie de la nuit.
Le caractère particulier de ces crues a déjà été indiqué ; à
cause de la largeur des vallées, elles ne sont jamais violentes ;
la nappe d’eau n’a pas de profondeur et le courant n’est pas
rapide, sauf peut-être dans quelques oueds de montagne.
Cette saison des pluies de juin, juillet, août paraît très
régulière et chaque région de l’Adr’ar’ reçoit trois
ou quatre grandes tornades chaque année, habituellement dans la
soirée : c’est vers quatre ou cinq heures de l’après-midi que
le ciel commence à se couvrir ; les nuages apparaissent souvent
au sud-est.
Parfois cependant une seconde période pluvieuse se produit deux
mois après la fin des orages réguliers. Les crues qui peuvent
survenir ainsi à la fin d’octobre sont en général redoutées ;
elles détruisent la végétation herbacée qui s’était établie
dans les oueds et restreignent singulièrement les pâturages.
Les observations thermométriques sont encore peu nombreuses ;
cependant, pendant la saison des pluies, les maxima sont relativement
peu élevés ; pendant la première quinzaine de juin 1905, dans le
tanezrouft d’In Zize, la température dépassait tous les jours
45° et approchait parfois de 50° ; dans la seconde quinzaine
de juin et de juillet, dans l’Adr’ar’, le thermomètre a
rarement indiqué plus de 40° ; dix-huit fois sur trente-quatre,
c’est-à-dire dans la majorité des cas, le maximum est resté
inférieur à ce chiffre ; le 9 juillet, il a été de 31° ; la plus
haute température observée (44°) a été notée une seule fois. A
cinq heures du matin les lectures sont en général voisines de 25°.
Il est probable que, si l’on pouvait la construire, la courbe
aurait une allure voisine de celle de Tombouctou ; mais on ne sait
rien sur les températures de l’hiver dans l’Adr’ar’ ; il est
vraisemblable que dans les mois de décembre, janvier et février,
le thermomètre descend parfois au voisinage de 5° ou 6°, mais ce
n’est là qu’une impression.
Dans l’Adr’ar’, comme dans toute la zone sahélienne, l’air
est en général sec ; même pendant la saison des pluies, l’écart
entre les deux thermomètres, sec et humide, atteint facilement 15°
dans l’après-midi ; le matin cependant l’humidité est parfois
sensible ; l’écart entre les deux thermomètres est souvent faible,
4° ou 5° ; il tombe rarement à 2°.
Le climat de l’Aïr est très comparable à celui de
l’Adr’ar’ ; il présente aussi une saison de pluies
régulières, mais plus tardive ; le Teloua, qui passe à Agadez,
coule habituellement, d’après les renseignements qu’a bien voulu
me donner Lefebvre, six à sept fois par an ; les années sèches,
il ne présente que deux ou trois crues ; en 1905, qui a été
une année particulièrement pluvieuse, il a coulé 19 fois. Du 17
septembre 1905, date d’arrivée à l’oued Tidek, jusqu’au 5
novembre, départ d’Agadez, j’ai noté neuf fois de la pluie.
Foureau pendant son séjour dans l’Aïr (mars-juillet 1899)
a noté trente-trois jours de pluie ; pour la plupart des jours,
il s’agit seulement de quelques gouttes d’eau et la Mission
Saharienne n’a reçu que quatre averses sérieuses.