nous en veut de le faire écrire. Qu’il nous pardonne!
Etampes, le 5 août 1897.
Mon cher Huret,
Si je travaille l’été? Quelquefois, quand un nuage bienfaisant m’en
donne le loisir et que, par un jeu de volets, j’ai pu éloigner les
mouches et les rendre aux hirondelles et aux fauvettes dont elles
relèvent. Mais, par trente degrés de chaleur, je travaille comme la
bière, c’est-à-dire que je fermente.
Si je fais du théâtre? Oui, pour moi. Et je puis ajouter que mes
pièces ont beaucoup de succès, quand je les raconte.
Mon sentiment sur les cafés-concerts est qu’ils font concurrence aux
théâtres comme l’avenue de l’Opéra à la rue de la Paix, comme le
boulevard Haussmann aux anciens boulevards, comme les établissements de
bouillon aux restaurants jadis en vogue.
Si j’ai trouvé un moyen d’empêcher les femmes de garder leur chapeau
au théâtre? Mais certainement: que les hommes en fassent autant. «Otez
votre chapeau, j’ôterai le mien.»
Les pièces en un acte vont-elles revenir en vogue? Oui, si Courteline,
Tristan Bernard, Pierre Veber, Louis Dumur et Jules Renard trouvent des
imitateurs, sinon des égaux.
Quand un spectacle coupé aura fourni cinquante bonnes représentations,
tous les directeurs y viendront.
Le questionnaire étant épuisé, il ne me reste, mon cher ami, qu’à vous
serrer cordialement la main.
Aurélien SCHOLL.