M. Jules Case

nous promet de dire bientôt à M. Jules Lemaître s’il est ou non

féministe:

Août 1897.

Cher monsieur,

Suivant la définition de Littré, ce sont les personnes aisées qui

villégiaturent, pendant la belle saison. Ces personnes sont enviables,

elles n’ont rien à faire ou, du moins, elles peuvent suspendre leurs

travaux, durant un temps. Ce n’est pas mon cas, et je resterai

vraisemblablement à Paris: l’avenue et le bois de Boulogne, les autres

bois de l’Ile-de-France, me suffiront, sans compter la ville même, vide

de ses Parisiens, un peu déserte, traversée d’étrangers et prenant,

par ce fait, des aspects de capitale lointaine, presque inconnue, qui

éveillent nos curiosités et raniment nos admirations.

Je reste donc, par crainte des paresses dont vous accablent la mer

et la campagne. _La Vassale_, à laquelle vous faites allusion, m’a

précisément mis sur les bras un travail inattendu, une réponse générale

que je prépare, sous la forme d’une lettre à M. Jules Lemaître, et qui

paraîtra, avec la reprise de ma pièce à la Comédie-Française, à la fin

de septembre. La discussion de la critique m’a en effet quelque peu

déconcerté: pour les uns, je suis féministe; pour les autres, je ne

le suis pas. Il faut pourtant s’entendre, s’expliquer tout au moins.

J’essayerai.

Après? Deux romans, l’un, philosophique; l’autre, politique, la suite

de _Bonnet rouge_, me solliciteront. Mais, à certaines démangeaisons,

je crois bien comprendre que j’ai été piqué par quelque tarentule

théâtrale.

La piqûre y est. A voir si elle s’envenimera.

Votre dévoué,

Jules CASE.

Loges et coulisses · 第 82 / 162 题