est amer:
Cher monsieur,
Je n’ai guère réfléchi sur mon art, j’ai toujours écrit
instinctivement, en dehors de toute préoccupation d’école, sans
m’inspirer d’aucun principe. C’est pourquoi je me trouve embarrassé
pour répondre à vos questions.
Quant à mes projets de théâtre, voici ce que je puis vous en apprendre.
Je crois qu’on jouera deux pièces de moi l’hiver prochain: la première
à l’Odéon[4], la seconde à la Renaissance. Malgré ma réserve absolue,
tout a été dit et imprimé pour discréditer l’une et l’autre de ces
pièces. L’_Argus_ m’a communiqué à leur sujet près de trois cents
entrefilets de journaux aussi malveillants qu’inexacts! Ces notes,
généralement suggérées par des cabots, des alphonses, des directeurs
tarés, des auteurs méchants et quelques vieilles dames excitées, m’ont
causé beaucoup de tourments, mais ne m’ont pas découragé. Et j’espère
que le public--qui a aimé l’_Infidèle_ et _Amoureuse_--me dédommagera
bientôt de ces tribulations. L’essentiel est de donner une bonne œuvre.
Si j’ai la chance d’en avoir écrit une, tout sera oublié. «Le chien
aboie, la caravane passe,» dit un proverbe oriental.
[4] On a joué en effet le _Passé_ à l’Odéon. Mais rien autre jusqu’à
1901.
Mes meilleurs sentiments, cher monsieur, et pardon de mon griffonnage.
G. DE PORTO-RICHE.
21 août 97, Villa des Fontes, Honfleur...