2. VIOL ET ASSASSINAT PAR VOLUPTÉ.

Code autrichien § 125, 127; Projet de Code autrichien § 192; Code

allemand § 117.

Le législateur entend par viol le fait qu'une personne adulte est

forcée à subir le coït devant une menace dangereuse, ou par un acte

de violence, ou quand elle est mise hors d'état de se défendre, ou

qu'elle a perdu conscience d'elle-même, et enfin, le coït hors du

mariage entrepris sur une fille au-dessous de dix-sept ans. Pour

que le viol ait lieu, il faut au moins la _conjunctio membrorum_

(Schütze). À notre époque, le viol commis sur des enfants est d'une

fréquence surprenante. Hoffmann (_Geri. Med._, I., p. 188) et Tardieu

(_Attentats_) rapportent des cas épouvantables.

Le dernier constate le fait que, dans la période de 1851 à 1875, on

a jugé en France 22,017 délits de viol dont 17,657 avaient été commis

sur des enfants.

Le crime de viol suppose un penchant sexuel, temporairement très

puissamment excité, soit par l'alcool, soit par d'autres moyens. Il

est fort improbable qu'un homme sain au moral commette un crime d'une

telle brutalité. Lombroso (_Goltdammers Archiv_) croit que la majorité

des violateurs sont des dégénérés, ce qui est surtout le cas quand le

viol a été commis sur des enfants ou des vieilles femmes. Il prétend

avoir trouvé des stigmates de dégénérescence chez beaucoup d'hommes de

cette catégorie.

En effet, souvent le viol est un acte impulsif d'hommes tarés,

d'imbéciles[109] qui, selon les circonstances, ne respectent pas même

les liens consanguins de la plus proche parenté.

[Note 109: _Annal. médico-psychol._, 1819, p. 515; 1863. p. 57;

1867, p. 45; 1866. p. 253.]

On peut supposer que des viols aient lieu au milieu d'un accès de

folie furieuse, par suite de satyriasis, ou par suite d'épilepsie; en

effet on a constaté déjà plusieurs crimes de viol commis dans une des

circonstances que nous venons d'énumérer.

Parfois l'acte du viol est suivi d'égorgement de la victime[110]. Il

peut alors s'agir d'un homicide commis sans intention préalable ou

d'un assassinat commis dans le but de faire taire pour jamais le

seul témoin de la forfaiture ou enfin d'un assassinat par volupté. On

devrait employer, pour ces derniers cas seulement, le terme _Lustmord_

(assassinat par volupté)[111].

[Note 110: Comparez les cas de Tardieu, _Attentats_, p. 182-192.]

[Note 111: Comparez Holtzendorff, _Psychologie des Mords_.]

Nous avons déjà parlé dans ce livre des mobiles de l'assassinat commis

par volupté. Les exemples que nous avons cités à ce propos sont

bien caractéristiques par la façon de procéder de l'auteur. On peut

toujours soupçonner un assassinat par volupté dans le cas où l'on

constate aux parties génitales des lésions d'un tel caractère et d'une

telle dimension qu'elles ne peuvent pas être attribuées uniquement à

la brutalité de l'acte du coït même. Cette supposition est encore

de beaucoup plus fondée quand on trouve des plaies sur le corps, des

parties du corps (intestins, parties génitales) arrachées, ou quand

celles-ci manquent et qu'elles ont été enlevées par le violateur.

L'assassin par volupté, qui commet son acte dans des conditions

psychopathiques, n'a vraisemblablement jamais de complices.

OBSERVATION 182. (_Imbécillité. Épilepsie. Tentative de viol.

Mort de la victime_)[112].--Le 27 mai 1888, au soir, le petit

Blaise, garçon de huit ans, jouait avec d'autres enfants près

du village de S... Un homme inconnu arriva par la chaussée et

attira l'enfant dans le bois.

[Note 112: Tardieu, _Attentats_, Observation L1, p. 188.]

Le lendemain on trouva dans une ravine le cadavre du garçon,

le ventre ouvert, une large blessure du côté du coeur et

deux blessures par coups de couteau dans le cou.

On supposa un assassinat par volupté; un homme du signalement

de l'assassin du petit garçon avait déjà, le 21 mai, essayé de

traiter de la même façon une fille de six ans, et il n'en fut

empêché que par l'effet du hasard.

Il fut constaté que le cadavre avait été trouvé dans une

position accroupie et n'ayant comme vêtement que la chemise et

un gilet de flanelle: on a trouvé une longue incision sur le

scrotum.

Les soupçons d'assassinat portèrent sur le valet de ferme

E..., mais à la confrontation les enfants n'ont pu démontrer

son identité avec l'inconnu qui avait attiré le garçon dans

le bois. De plus, avec l'aide de sa soeur, E... établit un

alibi.

La gendarmerie, infatigable, réussit cependant à recueillir de

nouveaux indices et enfin E... fit des aveux complets.

Il avait attiré la fillette dans le bois, l'avait terrassée,

lui avait dénudé les parties génitales et avait voulu en

abuser. Mais comme elle avait la teigne et qu'elle criait

beaucoup, il avait perdu l'envie de commettre son acte et

s'était enfui.

Après avoir attiré le garçon dans le bois sous prétexte de

prendre des nids d'oiseaux, il eut une envie subite d'abuser

de lui. Mais comme l'enfant refusait de défaire son pantalon,

il le lui avait enlevé de force, et comme il criait, il lui

avait donné deux coups de couteau dans la gorge. Il avait

alors fait une incision sur le pubis pour avoir un semblant

de parties génitales féminines et pour assouvir son désir par

cette fente. Mais le corps étant devenu tout de suite froid,

il avait perdu l'envie de commettre l'acte, il s'était

empressé de laver ses mains et son couteau et de prendre la

fuite.

En voyant le garçon mort, il avait pris peur et son membre

était tout de suite devenu flasque.

Pendant son interrogatoire E... jouait avec son chapelet,

comme si l'affaire ne le regardait pas. Il a agi par faiblesse

mentale. Il ne peut pas comprendre, ajoute-t-il, comment il

a pu commettre une pareille action. C'est peut-être dans le

sang, car souvent il devient abruti à en tomber par terre. Ses

anciens maîtres affirment qu'il avait des moments où il

était comme en absence d'esprit, récalcitrant, qu'alors il

ne travaillait pas pendant des journées et qu'il fuyait la

société des hommes.

Son père dépose que E... apprenait difficilement à l'école,

qu'il était maladroit au travail et souvent si hébété qu'on

n'osait pas le punir. Alors il ne mangeait rien, quittait

à l'occasion la maison et restait absent pendant plusieurs

jours.

Dans ces périodes, il paraissait tout à fait absorbé par ses

pensées, faisait des grimaces singulières et tenait des propos

incohérents.

Étant jeune homme, il pissait encore au lit, et lorsqu'il

fréquentait l'école il est souvent revenu de la classe avec

ses vêtements mouillés ou souillés. Son sommeil était très

agité, de sorte qu'on ne pouvait pas dormir à côté de lui.

Il n'a jamais eu de camarades; il n'a jamais été ni cruel, ni

méchant, ni immoral.

La mère fait une déposition analogue; elle dit encore que

E... eut à l'âge de cinq ans, pour la première fois, des

convulsions et qu'il perdit la parole pendant sept jours. À

l'âge de sept ans environ il a eu pendant quarante jours des

accès de convulsions et a été aussi hydropique. Plus tard

encore il avait souvent pendant son sommeil des mouvements

convulsifs; il parlait pendant son sommeil et quelquefois

après de pareilles nuits on trouvait le matin le lit tout

mouillé.

Parfois on ne pouvait rien obtenir de ce garçon. Comme la

mère ne savait pas si c'était à cause de sa méchanceté ou par

maladie, elle n'osait pas le punir.

Depuis ses accès convulsifs à l'âge de sept ans, il avait

tellement rétrogradé intellectuellement, qu'il ne put même pas

apprendre les prières ordinaires; de plus il est devenu d'un

caractère très emporté.

Les voisins, les autorités de la commune, les maîtres

d'écoles, confirment que E... était un homme faible d'esprit,

emporté, parfois très bizarre, et se trouvant naturellement

dans un état d'exception psychique.

Voici ce qui ressort de l'examen des médecins légistes. E...

est grand, svelte, maigre, son crâne a une circonférence

d'à peine 53 centimètres; il est rhombiquement déformé et la

partie postérieure est abrupte.

L'air est inintelligent, le regard fixe, sans expression, le

maintien du corps négligé, penché en avant; les mouvements

sont lents et lourds. Les parties génitales sont normalement

développées. Tout l'extérieur de E... indique la torpeur et la

débilité mentale.

Pas de stigmates de dégénérescence, ni anomalie des organes

végétatifs, pas de troubles du côté de la motilité ni de la

sensibilité. E... est né d'une famille tout à fait saine. Il

ne se rappelle pas avoir eu des convulsions dans son enfance

ni avoir mouillé son lit la nuit, mais il raconte que ces

années dernières il a eu des accès de vertige et de «lourdeur»

dans la tête.

De prime abord il nie carrément son assassinat. Plus tard il

avoue tout avec un grand repentir et expose clairement

devant le juge d'instruction les mobiles de son crime. Jamais

auparavant une pareille idée ne lui était venue.

E... s'est adonné depuis des années à l'onanisme. Il le

pratiquait jusqu'à deux fois par jour. Il prétend que par

manque de courage il n'a jamais osé demander le coït à une

femme, bien que, dans ses rêves érotiques, c'étaient

toujours des scènes avec des femmes qui planaient devant son

imagination. Ni dans ses rêves ni à l'état de veille il n'a

jamais eu de tendances perverses et en particulier pas d'idées

d'inversion sexuelle ni de sadisme. La vue de l'abatage des

animaux ne l'aurait jamais intéressé non plus. Quand il attira

la fille dans le bois, il a, sans doute, voulu assouvir son

désir; mais il ne saurait pas expliquer comment il a pu en

arriver à s'attaquer au petit garçon. Il a dû être alors hors

de lui-même. La nuit qui suivit l'assassinat, il n'a pu dormir

de peur; aussi a-t-il déjà deux fois confessé son crime pour

apaiser ses remords. Il ne craint que d'être pendu. Il prie

qu'on lui épargne seulement ce genre de châtiment, puisqu'il

n'a agi que par débilité d'esprit.

Il ne saurait dire pourquoi il a ouvert le ventre du garçon.

Il n'a pas eu l'idée de fouiller dans les entrailles, ni de

les renifler, etc. Il prétend que le lendemain de son attentat

sur la fille et la nuit qui suivit l'assassinat du garçon, il

avait eu son accès de convulsions. Au moment de ses actes, il

avait pleine conscience, mais il n'a pas réfléchi à ce qu'il

faisait.

Il souffre beaucoup de maux de tête, ne supporte pas la

chaleur, ni la soif, ni les boissons alcooliques; il a des

heures où sa tête est tout à fait troublée. L'examen de ses

facultés intellectuelles fait constater un degré très avancé

d'imbécillité.

Le rapport médico-légal (Dr Kautzner, à Gratz) montre

l'imbécillité et la névrose épileptique de l'accusé et admet

comme vraisemblable que ses crimes dont il n'a d'ailleurs

qu'un souvenir sommaire, ont été commis dans un état

d'exception psychique, préépileptique, occasionné par la

névrose. En tout cas, E... est un danger pour la sécurité

publique et il a besoin d'être interné probablement à

perpétuité dans un asile d'aliénés.

OBSERVATION 183.[113] (_Viol commis par un idiot sur une

petite fille. Mort de la victime_).--Le soir du 3 septembre

1889, Anna, petite fille d'ouvriers, âgée de dix ans, alla à

l'église du village éloignée de trois quarts d'heure de marche

de sa demeure, elle n'en revint pas. Le lendemain on trouva

son cadavre à cinquante pas de la chaussée, dans un bosquet;

la face était tournée vers le sol, la bouche était bouchée

avec de la mousse; à l'anus il y avait trace de viol.

[Note 113: Comparez le rapport médical complet de ce cas

dans _Friedreichs Blætter_, fascicule 6.]

Les soupçons se portèrent sur le journalier K..., âgé de

dix-sept ans, car celui-ci avait déjà, le 3 septembre,

essayé d'attirer l'enfant dans le bois comme elle rentrait de

l'église.

K..., mis en état d'arrestation, nie d'abord, mais bientôt

après il fait des aveux complets. Il avait tué l'enfant en

l'étouffant et, quand elle ne «remua» plus, _actum sodomiticum

in ano infantis perpetravit_.

Pendant la première enquête judiciaire, personne n'avait

soulevé la question de savoir quel était l'état mental de ce

criminel monstrueux; la demande de l'avocat auquel la défense

avait été confiée d'office peu de temps avant les débats

judiciaires, que l'état mental de l'accusé fût soumis à un

examen médical, avait été repoussée «parce qu'il n'y avait

dans le dossier aucun fait mentionné qui pût faire supposer un

trouble cérébral».

Par hasard le vaillant avocat réussit à faire constater que

l'aïeul et la tante du côté paternel de l'accusé étaient

des aliénés; que son père était depuis son enfance un buveur

d'eau-de-vie et estropié d'un côté. Le défenseur a pu faire

confirmer ces faits au cours de la séance publique.

Ces constatations n'eurent pas d'effet non plus. Enfin

l'avocat décida le médecin légiste à proposer qu'on envoyât

K... pour six semaines dans une maison de santé pour y être

observé.

Le rapport des médecins aliénistes de l'asile présenta K...

comme un idiot qu'on ne pouvait pas rendre responsable de son

acte.

Il paraissait indifférent, abruti, apathique; il avait

oublié presque tout ce qu'il avait appris à l'école: il ne

manifestait jamais dans ses paroles ou dans ses gestes le

moindre mouvement de pitié, de repentir, de honte, d'espoir

ou de crainte pour l'avenir. Sa figure était immobile comme un

masque.

Le crâne est tout à fait anormal et a la forme d'une boule:

preuve que le cerveau était déjà malade dans la période

foetale ou du moins dans les premières années du

développement.

Sur cet avis, K... a été interné pour toujours dans un asile

d'aliénés.

Grâce à un brave avocat et à son sentiment infatigable du

devoir, la magistrature a pu dans ce cas éviter de commettre

un assassinat judiciaire, et la société humaine a pu sauver

son honneur.

OBSERVATION 184 (_Assassinat par volupté. Imbécillité

morale_).--Homme d'un âge moyen, né en Algérie, prétendant

descendre de race arabe. Il servit quelques années dans

les troupes coloniales, voyagea ensuite comme matelot entre

l'Algérie et le Brésil et est parti plus tard pour l'Amérique

du Nord, attiré par l'espoir d'y pouvoir plus facilement

gagner sa vie. Il était connu dans son entourage comme un

homme paresseux, lâche et brutal. Il a été plusieurs fois

condamné pour vagabondage; on disait que c'était un voleur du

plus bas étage, qu'il se promenait avec des femmes de la plus

vile espèce et qu'il faisait cause commune avec elles.

On connaissait aussi ses rapports sexuels pervers et ses

pratiques dans ce sens. Il avait à plusieurs reprises mordu

et battu des femmes avec lesquelles il avait eu des rapports

sexuels. D'après son signalement, on croyait tenir en sa

personne cet inconnu qui, pendant la nuit, effrayait dans

la rue les femmes en les enlaçant de ses bras et en les

embrassant et qu'on désignait sous le nom de _Jack the Kisser_

(Jacques l'embrasseur).

Il était de haute taille (plus de 6 pieds), un peu voûté.

Le front bas, les pommettes très saillantes, les mâchoires

massives, les yeux petits, rapprochés l'un de l'autre, rouges;

le regard perçant, de grands pieds, des mains comme des serres

d'oiseau de proie; en marchant il lançait les pieds. Ses bras

et ses mains étaient couverts du nombreux tatouages, entre

autres l'image coloriée d'une femme autour de laquelle

se trouvait inscrit le nom de «Fatima», fait digne d'être

remarqué, car, chez les Arabes des troupes algériennes, le

tatouage d'un portrait de femme est une marque de déshonneur,

et les prostituées de ce pays ont une croix tatouée sur le

corps. Son extérieur faisait l'impression d'un être d'une

intelligence très inférieure.

N... fut convaincu d'avoir assassiné une femme d'un âge

mûr avec laquelle il avait passé la nuit. Le cadavre avait

plusieurs blessures, remarquables par leur longueur; le ventre

était ouvert, des morceaux de boyaux coupés, de même qu'un

ovaire; d'autres parties se trouvaient éparses autour du

cadavre. Plusieurs des blessures avaient la forme d'une croix,

et une celle d'un croissant. L'assassin avait étranglé sa

victime. N... nie l'assassinat de même que tout penchant à de

pareils actes. (Dr Mac-Donald, _Clark University Mass._)

3. COUPS ET BLESSURES, DÉTÉRIORATION D'OBJETS, MAUVAIS TRAITEMENTS SUR

DES ANIMAUX, PAR SUITE DE SADISME.

Autriche, § 152, 411; Allemagne, § 223; Autriche, § 85, 468;

Allemagne, § 303; Ordonnance de police autrichienne; Allemagne, Code

pénal, § 300; mauvais traitements sur les animaux.

À côté de l'assassinat par volupté, que nous avons traité dans

le chapitre précédent, on rencontre aussi des manifestations plus

atténuées des penchants sadistes, telles que les piqûres jusqu'au

sang, la flagellation, la souillure des femmes, la flagellation

des garçons, les mauvais traitements sur des animaux, etc. La

signification lourdement dégénérative de ces cas ressort clairement

des observations analysées dans le chapitre de la pathologie générale

de ce livre. Les dégénérés intellectuels de ce genre, s'ils sont

incapables de dompter leurs envies perverses, ne peuvent être que

l'objet d'un internement dans un asile d'aliénés.

OBSERVATION 185.--X..., vingt-quatre ans, parents sains, deux

frères morts de la tuberculose, une soeur souffre de crises

périodiques. À l'âge de huit ans, X... éprouvait déjà une

singulière sensation de volupté avec érection toutes les fois

qu'à l'école il pressait son abdomen contre le banc.

Il se procura souvent ce plaisir. Plus tard masturbation

mutuelle avec un camarade d'école. La première éjaculation a

eu lieu à l'âge de treize ans. Au premier essai de coït qu'il

fit à l'âge de dix-huit ans, il fut impuissant. Il continue

l'auto-masturbation; il est atteint d'une neurasthénie grave,

après la lecture d'un ouvrage populaire qui décrivait

les suites funestes de l'onanisme. Il s'améliore par

l'hydrothérapie. En renouvelant un essai de coït, il est de

nouveau impuissant. Retour à la masturbation. Celle-ci échoue

avec le temps. Alors X... saisit des oiseaux vivants par

le bec et les agite en l'air. L'aspect de l'animal torturé

produit l'érection tant désirée. Aussitôt que l'animal touche

avec la pointe de ses ailes le pénis, il y a éjaculation avec

grande volupté. (Dr Wuchholtz, _Friedreichs Blætter f. ger.

Med._, 1892, fasc. 6, p. 136.)

OBSERVATION 186 (_Sadisme commis sur des garçons et des filles

par un idiot moral_).--K... quatorze ans et cinq mois, tue un

petit garçon d'une manière cruelle. L'enquête constate, outre

deux cas d'homicide, une série de sept cas dans lesquels K...

a cruellement torturé des petits garçons. Tous ces enfants

avaient entre sept et dix ans. K... les attirait dans un

endroit désert, les déshabillait complètement, leur liait

les mains et les pieds, les attachait solidement à un objet

quelconque, leur bâillonnait la bouche avec un mouchoir et les

battait avec un bâton, une courroie ou un bout de corde, en

donnant des coups mesurés, laissant des intervalles d'une

minute entre chaque coup et «souriant» pendant ce temps, sans

prononcer une seule parole. Il força en le menaçant de mort un

de ces garçons de dire deux fois le _Pater noster_, de jurer

de garder le silence et ensuite de répéter des blasphèmes

qu'il lui dictait. Dans un autre fait, qui a eu lieu plus

tard, il donne des coups d'épingle à la joue du garçon, joue

avec les parties génitales de cet enfant et lui fait aussi

des piqûres dans cet endroit du corps et autour; il le fait

coucher sur le ventre, piétine sur lui, le pique et le mord

aux _nates_. Un autre garçon est mordu au nez, et reçoit

plusieurs coups de couteau. La huitième de ses victimes est

une petite fille qu'il attire dans le magasin de sa mère. Là

il l'assaille par derrière, lui ferme la bouche d'une main

tandis que de l'autre il lui coupe la gorge.

On retrouve le cadavre dans un coin, couvert de cendres et de

fumier; la tête est séparée du corps, la chair détachée des

os, le corps couvert de nombreuses blessures et d'incisions.

La plus grande incision, blessure béante, se trouve du

côté intérieur de la cuisse gauche, traversant les parties

génitales jusqu'à la cavité du ventre. Une autre incision

s'étend de la fosse iliaque en sens oblique à travers

l'abdomen. Les vêtements et le linge sont coupés en morceaux

et déchirés.

Le cadavre de la neuvième victime avait la gorge coupée, le

sang avait coulé des yeux, le coeur était transpercé de

coups nombreux. Nombre de coups de couteau avaient pénétré

dans la cavité du ventre. Le scrotum était ouvert, les

testicules étaient coupés de même que le pénis.

K... avait attiré le garçon de la même manière que la fille;

il lui avait coupé d'abord la gorge et ensuite porté les coups

de couteau.

K..., sur les antécédents duquel on n'a aucun renseignement,

fut gravement malade pendant toute la première année de

sa vie; il était alors maigre comme un squelette. Dans la

deuxième année de sa vie, il se remit peu à peu, sauf qu'il se

plaignait souvent de maux de tête et d'yeux, de vertiges; il

aurait été bien portant jusqu'à l'âge de onze ans, alors il

eut une «maladie grave» avec délire. Parfois, les maux de tête

le prenaient subitement, de telle sorte qu'il interrompait

brusquement ses jeux, et qu'il n'y pouvait retourner qu'après

un certain laps de temps. Quand on l'interrogeait dans ces

moments, il ne répondait qu'à voix basse et lente: «Oh, ma

tête! ma tête!»

C'était un enfant indocile, peu obéissant et réfractaire à

toute éducation. Il montrait des changements brusques dans son

état d'esprit, ses désirs et ses idées. À l'âge de trois ans,

on le surprit un jour, au moment où il torturait, à coups

de couteau un petit poulet. Il raconte des fables avec l'air

d'une véracité parfaite. À l'école il dérange les autres, fait

des grimaces, murmure sans cesse, est récalcitrant et manque

de respect au maître. Il considère toute correction comme une

injustice. Mis à l'école de correction, il se tient à l'écart

des autres élèves, s'occupe de lui-même, est méfiant,

détesté par ses camarades, n'a pas d'amis. Ses facultés

intellectuelles sont bonnes; on convient qu'il a une

intelligence claire, de la perspicacité et une bonne mémoire.

Au point de vue éthique, cependant, il se montre très

défectueux. Il ne manifeste pas la moindre douleur, ni le

moindre repentir de ses actes; il n'a aucune conscience de la

responsabilité. Pour sa mère seule, il a quelque chose comme

une velléité de tendresse. Il n'attache aucune importance

particulière à ses crimes. Il pèse froidement ses chances et

se dit qu'on ne pourra pas le condamner à mort puisqu'il n'a

que quatorze ans; il sait que jusqu'ici ce n'est pas l'usage

de pendre des garçons de quatorze ans, et, ajoute-t-il,

ce n'est pas avec lui qu'on commencera à rompre avec la

tradition. Quant au mobile de ses actes on ne peut obtenir

aucune explication de K... Une fois, il prétend qu'à la suite

de la lecture de récits sur les tortures que les prisonniers

des Peaux-Rouges avaient à subir, il s'enquit de ces cruautés

et fut poussé à les imiter. Il avait même, pour cette

raison, voulu un jour s'enfuir et aller chez les Indiens

de l'Amérique. Quand il se désignait une victime il avait

toujours l'imagination remplie de scènes et d'actes de

cruauté.

Le matin de ces jours-là, il s'était toujours réveillé avec du

vertige et la tête lourde, et cela durait toute la journée.

Comme anomalies physiques, il n'y a que le volume considérable

du pénis et des testicules. Le _mons Veneris_ montre un

système pileux complet; toutes les parties génitales ont les

proportions et le développement de celles d'un homme adulte.

On ne peut trouver des symptômes indiquant l'existence de

l'épilepsie. (Dr Mac-Donald, _Clark University Mass._)

OBSERVATION 187 (_Assassinat par sadisme_).--Homme marié, âgé

de trente ans à l'époque de son dernier crime, c'est-à-dire

au moment de la découverte. Il avait attiré une fille dans

un clocher de l'église dont il était sacristain et l'y avait

tuée. Devant les preuves et les indices, il avoua avoir commis

encore un autre assassinat, analogue à celui-ci.

Les deux cadavres avaient de nombreuses blessures sur les

parties molles de la tête, blessures causées par un instrument

contondant, des enfoncements des os du crâne, des effusions de

sang sous la dure-mère et dans le cerveau. Les deux cadavres

n'avaient pas de blessures sur les autres parties du corps;

les parties génitales particulièrement étaient intactes.

Sur le linge du criminel, qui a été arrêté bientôt après le

crime, on a trouvé des taches de sperme. On décrit L... comme

ayant un extérieur sympathique; il est brun, imberbe. On n'a

aucun renseignement sur ses conditions héréditaires, ni sur

ses antécédents, ni sur sa _vita sexualis ante acta_, etc.

Il donne comme mobile: «volupté de la forme la plus cruelle et

la plus abominable.» (Dr Mac-Donald, _Clark University Mass._)

Étude Médico-Légale: Psychopathia Sexualis avec recherches spéciales sur l'inversion sexuelle · 第 66 / 88 题