D.--PENCHANT À SOUILLER LES FEMMES

Quelquefois l'instinct pervers qui pousse le sadique à blesser les

femmes, à les traiter d'une manière humiliante et avilissante, peut

se manifester par une tendance à les barbouiller avec des matières

dégoûtantes ou salissantes.

Dans cette catégorie il faut classer le cas suivant, rapporté par

Arndt(_Vierteljahrsschr. f. ger. Medicin_, N. F. XVII, H. 1).

OBSERVATION 31.--A..., étudiant en médecine à Greifswald,

_accusatus quod iterum iterumque puellis honestis parentibus

natis in publico genitalia sua e bracis dependentia plane

nudata quæ antea summo amiculo (pans de redingote) tecta

erant, ostenderat. Nonnunquam puellas fugientes secutus easque

ad se attractas urina oblivit. Hæc luce clara facta sunt;

nunquam aliquid hæc faciens locutus est._

A... est âgé de vingt-trois ans, fort au physique, proprement

mis et de manières décentes. Crâne un peu _progeneum_.

Atteint de pneumonie chronique à la pointe droite du poumon.

Emphysème. Pouls: 60; en émotion: 70 à 80 coups. Parties

génitales normales. Se plaint de troubles périodiques de la

digestion, de constipation, de vertiges et d'une excitation

sexuelle excessive qui l'a poussé de bonne heure à l'onanisme,

mais jamais à la satisfaction normale de ses besoins sexuels.

Se plaint aussi d'être d'humeur mélancolique de temps en

temps, d'idées qui lui viennent de se torturer lui-même, ainsi

que de tendances perverses dont il ne saurait s'expliquer le

mobile. Ainsi, par exemple, il rit dans des occasions graves,

a quelquefois l'idée de jeter son argent à l'eau, de courir

sous une pluie torrentielle.

Le père de l'inculpé est de tempérament nerveux, la mère

sujette à des maux de tête nerveux. Un frère souffrait de

crises épileptiques.

Dès sa première jeunesse, l'inculpé montrait un tempérament

nerveux, était sujet aux crampes et aux syncopes, et était

pris d'un état de catalepsie momentané lorsqu'on le grondait

sévèrement. En 1869, il suivait les cours de médecine à

Berlin. En 1870, il prit part à la guerre comme ambulancier.

Ses lettres de cette époque dénotent de la mollesse et de

l'apathie. En rentrant au printemps de 1871, son irritabilité

d'humeur éveilla l'attention de son entourage. Il se

plaignait souvent à cette époque de malaises physiques et des

désagréments que lui causait une liaison féminine.

Il passait pour un homme très convenable.

En prison, il est calme et quelquefois pensif. Il attribue ses

actes à des excitations sexuelles très gênantes et qui,

ces temps derniers, étaient devenues excessives. Il s'était

parfaitement rendu compte de l'immoralité de ses actes,

et après coup, il en avait toujours eu de la honte. En les

accomplissant, il n'a pas éprouvé une véritable satisfaction

sexuelle. Il n'a pas une connaissance parfaite de la vraie

portée de sa situation. Il se considère comme un martyre, une

victime d'un pouvoir méchant. On suppose que chez lui le libre

arbitre est supprimé.

Ce penchant se manifeste aussi dans l'instinct sexuel paradoxal qui se

réveille à l'âge de sénilité et qui souvent se fait jour d'une façon

perverse.

Ainsi Turnowsky (_op. cit._, p. 76) nous rapporte le cas suivant:

OBSERVATION 32.--J'ai connu un malade qui s'est couché avec

une femme en toilette de soirée et fortement décolletée, sur

un divan bas, dans une chambre très éclairée. _Ipse apud janum

alius cubiculi obscurati constitit adspiciendo aliquantulum

feminam, excitatus in eam insiluit excrementa in sinus

ejus deposuit. Hæc faciens ejaculationem quamdam se sentire

confessus est._

Un journaliste viennois me communique le fait que des hommes, en

payant des prix exorbitants, décident des prostituées à tolérer,

_ut illi viri in ora earum spuerent, et fæces et urinas in ora

explerent_[43].

[Note 43: Léo Taxil, dans son ouvrage: _La Corruption fin de

siècle_, rapporte (p. 223) des faits analogues. Il y a aussi des

hommes qui exigent _introductio linguæ meretricis in anum_.]

Dans cette catégorie paraît aussi rentrer le cas suivant raconté par

le Dr Pascal (_Igiene dell'amore_):

OBSERVATION 33.--Un homme avait une maîtresse. Ses rapports

avec elle se bornaient aux actes suivants: elle devait se

laisser noircir les mains avec du charbon ou de la suie de

chandelle, ensuite elle devait se mettre devant une glace, de

sorte qu'il pût voir dans la glace les mains salies. Durant

sa conversation souvent assez prolongée avec sa maîtresse, il

portait sans cesse ses regards dans la glace sur l'image des

mains salies, et puis il prenait congé d'elle, l'air très

satisfait.

Très remarquable aussi à ce point de vue, le cas suivant qui

m'a été communiqué par un médecin. Un officier n'était connu

dans un lupanar à K..., que sous le sobriquet de «l'huile».

L'huile lui procurait des érections et des éjaculations, à la

condition qu'il fît entrer la _puellam publicam nudam_ dans

un seau rempli d'huile et qu'il lui enduisît d'huile tout le

corps.

En présence de ces faits, la supposition s'impose que certains

individus qui abîment les vêtements de femmes (en versant dessus, par

exemple, de l'acide sulfurique ou de l'encre), doivent obéir au désir

de satisfaire un instinct sexuel pervers. C'est là aussi une façon

de causer de la douleur. Les personnes endommagées sont toujours des

femmes, tandis que ceux qui commettent le dégât sont des hommes. Dans

tous les cas, il serait bon, dans de pareilles affaires judiciaires,

de prêter à l'avenir quelque attention à la _vita sexualis_ des

agresseurs.

Le caractère sexuel de ces attentats est mis en lumière par le cas de

Bachmann que nous citerons plus loin (Observ. 93) et dans lequel le

mobile sexuel du délit fut prouvé jusqu'à l'évidence.

Étude Médico-Légale: Psychopathia Sexualis avec recherches spéciales sur l'inversion sexuelle · 第 27 / 88 题