B.--NÉCROPHILES

Au groupe horrible des assassins par volupté les nécrophiles font

naturellement suite, car, chez ces derniers, comme chez les premiers,

une représentation qui en soi évoque l'horreur et fait frémir l'homme

sain ou non dégénéré, est accompagnée de sensations de plaisir, et

devient ainsi une impulsion aux actes de nécrophilie.

Les cas de viol de cadavres décrits dans la littérature par les poètes

et les romanciers, font l'impression de phénomènes pathologiques;

seulement ils ne sont ni exactement observés ni exactement décrits, si

l'on veut toutefois excepter le cas du célèbre sergent Bertrand. (Voir

plus loin.)

Dans certains cas, il ne se produit peut-être pas d'autre phénomène

qu'un désir effréné qui ne considère pas la mort de l'objet aimé comme

un empêchement à la satisfaction sensuelle.

Tel est peut-être le septième des cas rapportés par Moreau.

Un homme de vingt-trois ans a fait une tentative de viol sur Madame

X..., âgée de cinquante-trois ans, a tué cette femme qui se défendait,

puis en a abusé sexuellement et, l'acte commis, l'a jetée à l'eau.

Mais il a repêché le cadavre pour le souiller de nouveau. L'assassin

a été guillotiné. On a trouvé à l'autopsie les méninges frontales

épaissies et adhérentes à l'écorce cérébrale.

D'autres auteurs français ont cité des exemples de nécrophilie. Deux

fois, il était question de moines qui étaient de garde auprès d'une

morte; dans un troisième cas, il est question d'un idiot atteint de

manie périodique. Après avoir commis un viol, il fut interné dans un

asile d'aliénés; là, il pénétra dans la salle mortuaire pour violer

des cadavres de femmes.

Dans d'autres cas, le cadavre est manifestement préféré à la

femme vivante. Si l'auteur ne commet pas d'autres actes de

cruauté--dépècement, etc.--sur le corps du cadavre, il est alors

probable que c'est l'inertie du cadavre qui en fait le charme. Il

se peut qu'un cadavre qui présente la forme humaine avec une absence

totale de volonté, soit, par ce fait même, capable de satisfaire

le besoin morbide de subjuguer d'une manière absolue et sans aucune

possibilité de résistance l'objet désiré.

Brière de Boismont (_Gazette médicale_, 1859, 2 juillet) raconte

l'histoire d'un nécrophile qui, après avoir corrompu les gardiens,

s'est introduit dans la chambre mortuaire où gisait le cadavre d'une

fille de seize ans, enfant d'une famille très distinguée. Pendant

la nuit, on entendit dans la chambre mortuaire un bruit comme si un

meuble eût été renversé. La mère de la jeune fille décédée pénétra

dans la chambre et aperçut un homme en chemise qui venait de sauter

du lit de la morte. On le prit d'abord pour un voleur, mais bientôt

on s'aperçut de quoi il s'agissait. On apprit que le nécrophile, fils

d'une grande famille, avait déjà souvent violé des cadavres de jeunes

femmes. Il a été condamné aux travaux forcés à perpétuité.

L'histoire suivante, racontée par Taxil (_La Prostitution

contemporaine_, p. 171), est aussi d'un grand intérêt pour l'étude de

la nécrophilie.

Un prélat venait de temps en temps dans une maison publique à Paris

et commandait qu'une prostituée, vêtue de blanc comme un cadavre,

l'attendît couchée sur une civière.

À l'heure fixée, il arrivait revêtu de ses ornements, entrait dans la

chambre transformée en chapelle ardente, faisait comme s'il disait une

messe, se jetait alors sur la fille qui pendant tout ce temps devait

jouer le rôle d'un cadavre[39].

[Note 39: Simon (_Crimes et Délits_, p. 209) cite une observation

de Lacassagne auquel un homme très convenable a avoué qu'il

n'éprouvait de forte excitation sexuelle que lorsqu'il assistait à un

enterrement.]

Les cas où l'auteur maltraite et dépèce le cadavre, sont plus faciles

à expliquer. Ils font un pendant immédiat aux assassins par volupté,

étant donné que la volupté chez ces individus est liée à la cruauté

ou du moins au penchant à se livrer à des voies de fait sur la femme.

Peut-être un reste de scrupule moral fait-il reculer l'individu devant

l'idée de commettre des actes cruels sur la personne d'une femme

vivante, peut-être l'imagination omet-elle l'assassinat par volupté et

ne s'en tient-elle qu'au résultat de l'assassinat: le cadavre. Il est

probable que l'idée de l'absence de volonté du cadavre joue ici un

rôle.

OBSERVATION 23.--Le sergent Bertrand est un homme d'une

constitution délicate, d'un caractère étrange; il était, dès

son enfance, toujours taciturne et aimait la solitude.

Les conditions de santé de sa famille ne sont pas suffisamment

connues, mais on a pu établir que, dans son ascendance, il

y avait des cas d'aliénation mentale. Il prétend avoir été

affecté d'une étrange manie de destruction dès son enfance. Il

brisait tout ce qui lui tombait entre les mains.

Dès son enfance, il en vint à la masturbation sans y avoir

été entraîné. À l'âge de neuf ans, il commença à éprouver de

l'affection pour les personnes de l'autre sexe. À l'âge de

treize ans, le puissant désir de satisfaire ses sens avec des

femmes se réveilla en lui; il se masturbait sans cesse. En se

livrant à cet acte, il se représentait toujours une chambre

remplie de femmes. Il se figurait alors, dans son imagination,

qu'il accomplissait avec elles l'acte sexuel et qu'il les

maltraitait ensuite. Bientôt il se les représentait comme des

cadavres, et, dans son imagination, il se voyait souillant ces

cadavres. Parfois, quand il se trouvait dans cet état, l'idée

lui vint d'avoir affaire aussi à des cadavres d'hommes, mais

cette idée le remplissait toujours de dégoût.

Ensuite il éprouva le vif désir de se mettre en contact avec

de véritables cadavres.

Faute de cadavres humains, il se procurait des cadavres

d'animaux, auxquels il ouvrait le ventre, arrachait les

entrailles, pendant qu'il se masturbait. Il prétend avoir

éprouvé alors un plaisir indicible. En 1846, les cadavres ne

lui suffisaient plus. Il tua deux chiens, avec lesquels il

fit la même chose. Vers la fin de 1846, il lui vint, pour

la première fois, l'envie de se servir de cadavres humains.

D'abord, il résista. En 1847, comme il venait d'apercevoir

par hasard, au cimetière, la tombe d'un mort qu'on venait

d'enterrer, cette envie le prit si violemment, en lui causant

des maux de tête et des battements de coeur, que, bien qu'il

y eût du monde tout près et danger d'être découvert, il se mit

à déterrer le cadavre. N'ayant sous la main aucun instrument

pour le dépecer, il prit la bêche d'un fossoyeur et se mit

à frapper avec rage sur le cadavre. En 1847 et 1848 se

manifestait pendant quinze jours, avec de violents maux de

tête, l'envie de brutaliser des cadavres. Au milieu des plus

grands dangers et des plus grandes difficultés, il satisfit

environ quinze fois ce penchant. Il déterrait les cadavres

avec ses ongles, et, telle était son excitation, qu'il ne

sentait même pas les blessures qu'il se faisait aux mains. Une

fois en possession du cadavre, il l'éventrait avec son sabre

ou son couteau, arrachait les entrailles pendant qu'il

se masturbait. Le sexe des morts, prétend-il, lui était

absolument égal; mais on a constaté que ce vampire moderne

avait déterré plus de cadavres de femmes que de cadavres

d'hommes. Pendant ces actes, il se trouvait dans une

excitation sexuelle indescriptible. Après avoir dépecé les

cadavres, il les enterrait de nouveau.

Au mois de juillet 1848, il tomba, par hasard, sur le cadavre

d'une fille de seize ans.

C'est alors que, pour la première fois, s'éveilla en lui

l'envie de pratiquer le coït sur le cadavre. «Je le couvrais

de baisers et le pressais comme un enragé contre mon coeur.

Toute la jouissance qu'on peut éprouver avec une femme vivante

n'est rien en comparaison du plaisir que j'éprouvai. Après

en avoir joui environ quinze minutes, je dépeçai, comme

d'habitude, le cadavre et en arrachai les entrailles. Ensuite

je l'enterrai de nouveau.»

C'est à partir de cet attentat, prétend B..., qu'il a senti

l'envie de jouir sexuellement des cadavres avant de les

dépecer, ce qu'il a fait avec trois cadavres de femmes. Mais

le vrai mobile qui le faisait déterrer les cadavres était

resté le même: le dépècement, et le plaisir qu'il éprouvait à

cet acte était plus grand que celui que lui procurait le coït

pratiqué sur le cadavre.

Ce dernier acte n'était qu'un épisode de l'acte principal et

n'a jamais pu complètement satisfaire son rut. Voilà pourquoi,

après l'acte sexuel, il mutilait les cadavres.

Les médecins légistes admirent le cas de monomanie. Le conseil

de guerre condamna B... à un an de prison.

(Michéa, _Union méd._, 1849.--Lunier, _Annales méd.-psychol._,

1849, p. 153.--Tardieu, _Attentats aux moeurs_, 1878, p.

114.--Legrand, _La Folie devant les Tribunaux_, p. 524.)

C.--MAUVAIS TRAITEMENTS INFLIGÉS À DES FEMMES (PIQÛRES, FLAGELLATIONS,

ETC.)

À la catégorie des assassins par volupté et à celle des nécrophiles

qui a beaucoup d'affinités avec la première, il faut joindre celle des

individus dégénérés qui éprouvent du charme et du plaisir à blesser la

victime de leurs désirs et à voir le sang couler.

Un monstre de ce genre était le fameux marquis de Sade[40], qui a

donné son nom à cette tendance à unir la volupté à la cruauté.

[Note 40: Taxil (_op. cit._, p. 180) donne des renseignements

détaillés sur ce monstre psychosexuel qui, évidemment, a dû présenter

un état de satyriasis habituel associé à une _paresthesia sexualis_.

De Sade était cynique au point de vouloir sérieusement idéaliser sa

cruelle sensualité et se faire l'apôtre d'une doctrine fondée sur ce

sentiment pervers. Ses menées étaient devenues si scandaleuses (entre

autres il invita chez lui une société de dames et de messieurs qu'il

mit en rut en leur faisant servir des bonbons de chocolat mélangés de

cantharide) qu'on dut l'enfermer dans la maison de santé de Charenton.

Pendant la Révolution (1790), il fut remis en liberté. Il écrivit

alors des romans ruisselants de volupté et de cruauté. Lorsque

Bonaparte devint consul, le marquis de Sade lui fit cadeau de la

collection de ses romans, reliés avec luxe. Le consul fit détruire les

oeuvres du marquis et interner de nouveau l'auteur à Charenton, où

celui-ci mourut en 1814, à l'âge de soixante-quatre ans.]

Le coït n'avait pour lui de charme que lorsqu'il pouvait faire saigner

par des piqûres l'objet de ses désirs. Sa plus grande volupté était de

blesser des prostituées nues et de panser ensuite leurs blessures.

Il faut aussi classer dans cette catégorie le cas d'un capitaine dont

l'histoire nous est racontée par Brierre de Boismont. Ce capitaine

forçait sa maîtresse, avant le coït qu'il faisait très fréquemment,

à se poser des sangsues _ad pudenda_. Finalement cette femme fut

atteinte d'une anémie très grave et devint folle.

Le cas suivant, que j'emprunte à ma clientèle, nous montre d'une façon

bien caractéristique la connexité qui existe entre la volupté, la

cruauté et le penchant à verser, ou à voir couler du sang.

OBSERVATION 24.--M. X..., vingt-cinq ans, est né d'un père

lunatique, mort de _dementia paralytica_ et d'une mère de

constitution hystéro-neurasthénique. C'est un individu faible

au physique, de constitution névropathique et portant de

nombreux stigmates de dégénérescence anatomique. Étant enfant,

il avait déjà des tendances à l'hypocondrie et des obsessions.

De plus, son état d'esprit passait de l'exaltation à la

dépression. Déjà, à l'âge de dix ans, le malade éprouvait une

étrange volupté à voir couler le sang de ses doigts. Voilà

pourquoi il se coupait ou se piquait souvent les doigts et

éprouvait de ces blessures un bonheur indicible. Alors il

se produisit des érections lorsqu'il se blessait, de même

lorsqu'il voyait le sang d'autrui, par exemple une bonne qui

s'était blessée au doigt. Cela lui causait des sensations

d'une volupté particulière. Puis sa _vita sexualis_ s'éveilla

de plus en plus. Il se mit à se masturber sans qu'il y fût

amené par personne.

Pendant l'acte de la masturbation, il lui revenait des images

et des souvenirs de femmes baignées de sang. Maintenant, il

ne lui suffisait plus de voir couler son propre sang. Il était

avide de la vue du sang de jeunes femmes, surtout de celles

qui lui étaient sympathiques. Souvent il pouvait à peine

contenir son envie de blesser deux de ses cousines et une

femme de chambre. Mais des femmes qui par elles-mêmes ne lui

étaient pas sympathiques, provoquaient chez lui ce désir si

elles l'impressionnaient par une toilette particulière, par

les bijoux et les coraux dont elles étaient parées. Il put

résister à ce penchant, mais son imagination était toujours

hantée par des idées sanguinaires qui entretenaient en lui des

émotions voluptueuses. Il y avait une corrélation intime entre

les deux sphères d'idées et de sentiments. Souvent d'autres

fantaisies cruelles l'obsédaient. Ainsi, par exemple, il se

représentait dans le rôle d'un tyran qui fait mitrailler le

peuple. Par une obsession de son imagination, il se dépeignait

les scènes qui se passeraient si l'ennemi envahissait une

ville, s'il violait, torturait et enlevait les vierges. Dans

ses moments de calme, le malade qui était d'ailleurs d'un bon

caractère et sans défectuosité éthique, éprouvait une honte

et un profond dégoût de pareilles fantaisies, cruelles et

voluptueuses. Aussi ce travail d'imagination cessait aussitôt

qu'il s'était procuré une satisfaction sexuelle par la

masturbation.

Peu d'années suffirent pour rendre le malade neurasthénique.

Alors le sang et les scènes sanguinaires évoqués par son

imagination, ne suffisaient plus pour arriver à l'éjaculation.

Afin de se délivrer de son vice et de ses rêves de cruauté, le

malade eut des rapports sexuels avec des femmes.

Le coït n'était possible que lorsque le malade s'imaginait que

la fille saignait des doigts. Il ne pouvait avoir d'érection

sans avoir présente cette image dans son idée. L'idée cruelle

de blesser n'avait alors pour objectif que la main de la

femme. Dans les moments de plus grande excitation sexuelle, le

seul aspect d'une main de femme sympathique était capable de

lui donner les érections les plus violentes.

Effrayé par la lecture d'un ouvrage populaire sur les

conséquences funestes de l'onanisme, il s'imposa une

abstinence rigoureuse et tomba dans un état grave de

neurasthénie générale compliquée d'hypocondrie, _tædium vitæ_.

Grâce à un traitement médical très compliqué et très actif, le

malade se rétablit au bout d'un an. Depuis trois ans, il est

d'un esprit sain; il a, comme auparavant, de grands besoins

sexuels, mais il n'est hanté que très rarement par ses

anciennes idées sanguinaires. X... a tout à fait renoncé à la

masturbation. Il trouve de la satisfaction dans la jouissance

sexuelle normale; il est parfaitement puissant et n'a plus

besoin d'avoir recours à ses idées sanguinaires.

Quelquefois ces tendances à la volupté cruelle ne se produisent

chez des individus tarés qu'épisodiquement et dans certains états

exceptionnels déterminés, ainsi que nous le montre le cas suivant,

rapporté par Tarnowsky (_op. cit._, p. 61).

OBSERVATION 25.--Z..., médecin, de constitution névropathique,

réagissant faiblement contre l'alcool, pratiquant le coït

normal dans les circonstances ordinaires, sentait, aussitôt

qu'il avait bu du vin, que le simple coït ne satisfaisait plus

son _libido_ augmenté par cette boisson. Dans cet état,

il était forcé, pour avoir une éjaculation et obtenir le

sentiment d'une satisfaction complète, de piquer les _nates_

de la _puella_, de les couper avec une lancette, de voir

le sang et de sentir comment la lame pénètre dans la chair

vivante.

Mais la plupart des individus atteints de cette forme de perversion,

présentent cette particularité que le charme de la femme ne les excite

pas. Déjà dans le premier des cas cités plus haut, l'imagination a dû

recourir à l'idée de l'écoulement du sang pour que l'érection puisse

se produire.

Le cas suivant a rapport à un homme qui, par suite de la masturbation

dès son enfance, a perdu la faculté d'érection, de sorte que, chez,

lui, l'acte sadique remplace le coït.

OBSERVATION 26.--Le piqueur de filles de Bozen (communiqué par

Demme, _Buch der Verbrechen_, Bd. II, p. 341). En 1829, une

enquête judiciaire fut ouverte contre B..., soldat, âgé de

trente ans. À différentes époques, et dans plusieurs endroits,

il avait blessé avec un couteau ou un canif des filles au

derrière, mais de préférence dans la région des parties

génitales. Il donna comme mobile de ces attentats un penchant

sexuel poussé jusqu'à la frénésie et qui ne trouvait de

satisfaction que par l'idée ou le fait de piquer des femmes.

Ce penchant l'avait obsédé pendant des journées. Cela

troublait ses idées et ce trouble ne cessait que quand il

avait répondu par un acte à son penchant. Au moment de piquer,

il éprouvait la satisfaction d'un coït accompli, et cette

satisfaction était augmentée par l'aspect du sang ruisselant

sur son couteau. Dès l'âge de dix ans, l'instinct sexuel se

manifesta violemment chez lui. Il se livra tout d'abord à la

masturbation et sentit que son corps et son esprit en étaient

affaiblis.

Avant de devenir «piqueur de filles», il avait satisfait son

instinct sexuel en abusant de petites filles impubères, les

masturbant et commettant des actes de sodomie. Peu à peu

l'idée lui était venue qu'il éprouverait du plaisir en piquant

une belle jeune fille aux parties génitales et en voyant

couler le sang le long de son couteau.

Dans ses effets, on a trouvé des imitations d'objets servant

au culte, des images obscènes peintes par lui et représentant

d'une façon étrange la conception de Marie, «l'idée de Dieu

figée» dans le sein de la Sainte Vierge.

Il passait pour un homme bizarre, très irascible, fuyant les

hommes, avide de femmes, et morose. On ne constata chez lui

aucune trace de honte ni de repentir. Évidemment c'était

un individu devenu impuissant par suite d'excès sexuels

prématurés, mais que la persistance d'un _libido sexualis_

violent poussait à la perversion sexuelle[41].

[Note 41: Voy. Krauss, _Psychologie des Verbrechens_,

1884, p. 188; Dr Hofer, _Annalen der Staatsarzneikunde_, 6.

III. 2; _Schmidt's Jahrbücher_, Bd 59, p. 94.]

OBSERVATION 27.--Dans les premières années qui suivirent 1860,

la population de Leipzig était terrorisée par un homme qui

avait l'habitude d'assaillir, avec un poignard, les jeunes

filles dans la rue et de les blesser au bras supérieur. Enfin

on réussit à l'arrêter et l'on constata que c'était un

sadique qui, au moment où il blessait les filles, avait une

éjaculation, et chez qui l'acte de faire une blessure aux

filles était un équivalent du coït. (Wharton, _A treatise on

mental unsoundness_, Philadelphia 1873, § 623[42]).

[Note 42: Les journaux rapportent qu'en décembre 1896

une série d'attentats analogues ont été commis à Mayence. Un

garçon, entre quatorze et seize ans, s'approchait des filles

et des femmes et leur blessait les jambes avec un instrument

aigu. Il fut arrêté et fit l'impression d'un aliéné. On

n'a donné aucun détail sur ce cas, probablement de nature

sadique.]

Dans les trois cas suivants, il y a également impuissance, mais elle

peut être d'origine psychique, la note dominante de la _vita sexualis_

étant _ab origine_ basée sur le penchant sadiste et ses éléments

normaux se trouvant atrophiés.

OBSERVATION 28 (communiquée par Demme, _Buch der Verbrechen_,

VII, p. 281).--Le coupeur de filles d'Augsbourg, le nommé

Bartle, négociant en vins, avait déjà des penchants sexuels

à l'âge de quatorze ans, mais une aversion prononcée pour la

satisfaction de l'instinct par le coït, aversion qui allait

jusqu'au dégoût du sexe féminin. Déjà, à cette époque, il lui

vint à l'idée de faire des plaies aux filles et de se procurer

par ce moyen une satisfaction sexuelle. Il y renonça cependant

faute d'occasions et d'audace.

Il dédaignait la masturbation; par-ci par-là il avait des

pollutions sous l'influence de rêves érotiques avec des filles

blessées.

Arrivé à l'âge de dix-neuf ans, il fit, pour la première fois,

une blessure à une fille. _Hæc faciens sperma ejaculavit,

summa libidine affectus_. L'impulsion à de pareils actes

devint de plus en plus forte. Il ne choisissait que des filles

jeunes et jolies et leur demandait auparavant si elles étaient

mariées ou non. L'éjaculation et la satisfaction sexuelle

ne se produisaient que lorsqu'il s'apercevait qu'il avait

réellement blessé la fille. Après l'attentat, il se sentait

toujours faible et mal à l'aise; il avait aussi des remords.

Jusqu'à l'âge de trente-deux ans, il ne blessait les filles

qu'en coupant la chair, mais il avait toujours soin de ne pas

leur faire de blessures dangereuses. À partir de cette époque

et jusqu'à l'âge de trente-six ans, il parvint à dompter son

penchant. Ensuite il essaya de se procurer de la jouissance en

serrant les filles aux bras ou au cou, mais par ce procédé il

n'arrivait qu'à l'érection, jamais à l'éjaculation. Alors il

essaya de frapper les filles avec un couteau resté dans sa

gaine, mais cela ne produisit pas non plus l'effet voulu.

Enfin il donna un coup de couteau pour de bon et eut un plein

succès, car il s'imaginait qu'une fille blessée de cette

manière perdait plus de sang et ressentait plus de douleur que

si on lui avait incisé la peau. À l'âge de trente-sept ans,

il fut pris en flagrant délit et arrêté. Dans son logement,

on trouva un grand nombre de poignards, de stylets et de

couteaux. Il déclara que le seul aspect de ces armes, mais

plus encore de les palper, lui avait procuré des sensations

voluptueuses et une vive excitation.

En tout, il aurait blessé cinquante filles, s'il faut s'en

tenir à ses aveux.

Son extérieur était plutôt agréable. Il vivait dans une

situation bien rangée, mais c'était un individu bizarre et qui

fuyait la société.

OBSERVATION 29.--J.H..., vingt-cinq ans, est venu en 1883 à la

consultation pour neurasthénie et hypocondrie très avancées.

Le malade avoue s'être masturbé depuis l'âge de quatorze ans;

jusqu'à l'âge de dix-huit ans il en usa moins fréquemment,

mais depuis il n'a plus la force de résister à ce penchant.

Jusque-là, il n'a jamais pu s'approcher d'une femme, car il

était soigneusement surveillé par ses parents qui, à cause de

son état maladif, ne le laissaient jamais seul. D'ailleurs,

il n'avait pas de désir prononcé pour cette jouissance qui lui

était inconnue.

Il arriva, par hasard, qu'un jour, une fille de chambre de

sa mère cassa une vitre en lavant les carreaux de la fenêtre.

Elle se fit une blessure profonde à la main. Comme il l'aidait

à arrêter le sang, il ne put s'empêcher de le sucer, ce qui

le mit dans un état de violente excitation érotique allant

jusqu'à l'orgasme complet et à l'éjaculation.

À partir de ce moment, il chercha par tous les moyens à se

procurer la vue du sang frais de personnes du sexe féminin et

autant que possible à en goûter. Il préférait celui des

jeunes filles. Il ne reculait devant aucun sacrifice ni aucune

dépense d'argent pour se procurer ce plaisir.

Au début, la femme de chambre se mettait à sa disposition et

se laissait, selon le désir du jeune homme, piquer au doigt

avec une aiguille et même avec une lancette. Mais lorsque la

mère l'apprit, elle renvoya la femme de chambre. Maintenant

il est obligé d'avoir recours à des mérétrices pour obtenir

un équivalent, ce qui lui réussit assez souvent, malgré toutes

les difficultés qu'il a à surmonter. Entre temps, il se livre

à la masturbation et à la _manustupratio per feminam_, ce qui

ne lui donne jamais une satisfaction complète et ne lui vaut

qu'une fatigue et les reproches qu'il se fait intérieurement.

À cause de son état nerveux, il fréquentait beaucoup les

stations thermales; il a été deux fois interné dans des

établissements spéciaux où il demandait lui-même à entrer.

Il usa de l'hydrothérapie, de l'électricité et de cures

appropriées sans obtenir un résultat sensible.

Parfois il réussit à corriger sa sensibilité sexuelle anormale

et son penchant à l'onanisme par l'emploi des bains de siège

froids, du camphre monobromé et des sels de brome. Cependant,

quand le malade se sent libre, il revient immédiatement à

son ancienne passion et n'épargne ni peine ni argent pour

satisfaire son désir sexuel de la façon anormale décrite plus

haut.

OBSERVATION 30 (communiquée par Albert Moll, de Berlin).--L...

T..., vingt et un ans, commerçant dans une ville rhénane,

appartient à une famille dans laquelle il y a plusieurs

personnes nerveuses et psychopathes. Une de ses soeurs est

atteinte d'hystérie et de mélancolie.

Le malade a toujours été d'un caractère très tranquille; il

était même timide. Étant à l'école, il s'isolait souvent de

ses camarades, surtout quand ceux-ci parlaient de filles.

Il lui semblait toujours choquant de traiter, dans une

conversation avec dames, mariées ou non, la question du

coucher ou du lever, ou même d'en faire mention.

Dans les premières années de ses études, le malade travaillait

bien; plus tard, il devint paresseux et ne put plus faire de

progrès. Le malade vint, le 17 août 1870, consulter le docteur

Moll sur les phénomènes anormaux de sa vie sexuelle. Cette

démarche lui fut conseillée par un médecin ami, la docteur

X..., auquel il avait fait des confidences auparavant.

Le malade fait l'impression d'un homme très timide, farouche.

Il avoue sa timidité, surtout en présence d'autres personnes,

son manque de confiance en lui-même et d'aplomb. Ce fait a été

confirmé par le docteur X...

En ce qui concerne sa vie sexuelle, le malade peut en faire

remonter les premières manifestations à l'âge de sept ans.

Alors il jouait souvent avec ses parties génitales, et il fut

quelquefois puni pour cela. En se masturbant ainsi, il prétend

avoir obtenu des érections; il se figurait toujours qu'il

frappait avec des verges une femme sur les _nates_ dénudées

jusqu'à ce qu'elle en eût des durillons.

«Ce qui m'excitait surtout, raconte le malade, c'est l'idée

que la personne flagellée était une femme belle et hautaine,

et que je lui infligeais la correction en présence d'autres

personnes, surtout des femmes, pour qu'elle sentît la force de

mon pouvoir sur elle. Je cherchai donc de bonne heure à lire

des livres où il est question de corrections corporelles,

entre autres un ouvrage où il était question des mauvais

traitements infligés aux esclaves romains.

«Cependant je n'avais pas d'érections quand les mauvais

traitements que je me représentais consistaient en coups

donnés sur le dos ou sur les épaules. Tout d'abord je crus

que ce genre d'excitation passerait avec le temps, et voilà

pourquoi je n'en parlai à personne.»

Le malade, qui s'était onanisé de bonne heure, continua. Au

moment de sa masturbation, il évoquait toujours la même image

de flagellation. Depuis l'âge de treize ou quatorze ans, le

malade avait des éjaculations quand il se masturbait. _Decimum

septimum annum agens primum feminam adiit coeundi causa neque

coitum perficere potuit libidine et erectione deficientibus.

Mox autem iterum apud alteram coitum conatus est nullo

successu. Tum feminam per vim verberavit. Tantopere erat

excitatus ut mulierem dolore clamantem atque lamentantem

verberare non desierit._ Il ne pensait pas que ce fait pouvait

lui attirer des poursuites judiciaires qui, d'ailleurs, n'ont

pas eu lieu. Par ce procédé, il obtenait l'érection, l'orgasme

et l'éjaculation. Il accomplissait l'acte de la manière

suivante: il serrait de ses deux genoux la femme de manière

que son pénis touchait le corps de celle-ci, mais sans

_immissio penis in vaginam_, ce qui lui paraissait tout à fait

superflu.

Plus tard le malade eut tant de honte de battre des femmes

et fut en proie à des idées si noires, qu'il pensa souvent au

suicide. Pendant les trois années suivantes, le malade alla

encore chez des femmes. Mais jamais il ne leur demanda plus de

se laisser battre par lui. Il essayait d'arriver à l'érection

en pensant aux coups donnés à la femme; mais cet artifice

n'avait aucun succès, _neque membrum a muliere tractatum se

erexit_. Après avoir fait cet essai et échoué, le malade prit

la résolution de se confier à un médecin.

Le malade fournit encore une série d'autres renseignements sur

sa _vita sexualis_. L'anomalie de son instinct sexuel l'avait

autant gêné que son intensité. Il se couchait avec des idées

sexuelles qui le poursuivaient toute la nuit et revenaient au

moment de son réveil le matin. Il n'était jamais à l'abri de

la résurrection de ces idées morbides qui l'excitaient, idées

auxquelles au début il se livrait avec délectation, mais dont

il ne pouvait se débarrasser pour quelque temps que par la

masturbation.

À une de mes questions, le malade répond qu'en dehors des

coups sur le dos et surtout sur les _nates_ de la femme, les

autres violences n'exerçaient aucun charme sur lui. Ligotter

la femme, fouler son corps aux pieds, n'avaient pas du charme

pour lui. Ce fait est d'autant plus à relever que les coups

donnés à la femme ne procurent au patient un plaisir sexuel

que parce que ces coups sont «humiliants et déshonorants» pour

la femme; celle-ci doit sentir qu'elle est complètement en son

pouvoir. Le malade n'éprouverait aucun charme s'il frappait

la femme sur une autre partie du corps que celle dont il a

été fait mention, ou s'il lui causait des douleurs d'un autre

genre.

_Multo minorem ei affert voluptatem si nates suæ a muliere

verberantur; tamen ea res sæpe ejaculationem seminis effecit

sed hæc fieri putat erectione deficiente._

_Inter verbera autem penem in vaginam immittendo nullum

voluptatem se habere ratus qualibet parte corporis femininæ

pene tacta semen ejaculat._ De même qu'en battant la femme le

charme pour lui consistait dans l'humiliation de celle-ci, il

se sentait de même excité sexuellement par le fait contraire,

c'est-à-dire par l'idée d'être humilié lui-même par des coups

et de se trouver entièrement livré à la puissance de la femme.

Pourtant tout autre genre d'humiliation que des coups reçus

sur les fesses, ne pouvait l'exciter. Il lui répugnait de se

laisser ligoter et fouler aux pieds par une femme.

Les rêves du malade en tant qu'ils étaient de nature érotique,

se mouvaient toujours dans le même ordre d'idées que ses

penchants sexuels à l'état de veille. Dans ses rêves il

avait souvent des pollutions. Les idées sexuelles perverties

ont-elles apparu d'abord dans les rêves ou à l'état de veille?

Le patient n'a pu donner sur ce sujet de renseignements

précis, bien que le souvenir de la première excitation remonte

à l'âge de sept ans. Cependant il croit que ces idées lui sont

venues à l'état de veille. Dans ses rêves, le malade battait

souvent des personnes du sexe mâle, ce qui lui causait aussi

des pollutions. À l'état de veille, l'idée de battre des

hommes ne lui causait que peu d'excitation. Le corps nu

de l'homme n'a pour lui aucun charme, tandis qu'il se sent

nettement attiré par le corps nu d'une femme, bien que son

_libido_ ne trouve de satisfaction que lorsque les faits

sus-mentionnés ont lieu, et bien qu'il n'éprouve aucun désir

du coït _in vaginam_.

Le traitement du malade eut essentiellement pour but d'amener

chez lui un coït normal, autant que possible avec penchant

normal, car il était à supposer que si l'on réussissait

à rendre normale sa vie sexuelle, il perdrait aussi son

caractère farouche et craintif qui le gêne beaucoup. Dans le

traitement que j'ai employé (Dr Moll), pendant trois mois et

demi, j'ai usé des trois moyens suivants:

1º J'ai défendu expressément au malade qui désire vivement

être guéri, de s'abandonner avec plaisir à ses idées

perverses. Il va de soi que je ne lui donnai pas le conseil

absurde de ne plus penser du tout à la flagellation. Un pareil

conseil ne pourrait être suivi par le malade, car ces idées

lui viennent indépendamment de sa volonté et apparaissent

rien qu'en lisant par hasard le mot «frapper». Ce que je lui

défendis expressément, c'était d'évoquer lui-même de pareilles

idées et de s'y abandonner volontairement. Au contraire, je

lui recommandai de faire tout pour concentrer ses idées sur un

autre sujet.

2º J'ai permis, j'ai même recommandé au malade, puisqu'il

s'intéresse aux femmes nues, de se représenter dans son

imagination des femmes dans cet état. Je lui fis cette

recommandation bien qu'il prétende que ce n'est pas au point

de vue sexuel que les femmes nues l'intéressent.

3º J'ai essayé par l'hypnose, qui était très difficile à

obtenir, et par la suggestion, d'aider le malade dans cette

nouvelle voie. Pour le moment, toute tentative de coït lui a

été interdite afin d'éviter qu'il se décourage par un échec

éventuel.

Au bout de deux mois et demi, ce traitement eut pour résultat

que, d'après les affirmations du patient du moins, les idées

perverses venaient plus rarement et étaient de plus en plus

reléguées au second rang; l'image des femmes nues lui donnait

des érections qui devenaient de plus en plus fréquentes et qui

l'amenaient souvent à se masturber avec l'idée du coït

sans qu'il s'y mêle l'idée de battre une femme. Pendant son

sommeil, il n'avait que rarement des rêves érotiques; ceux-ci

avaient comme sujet, tantôt le coït normal, tantôt les coups

donnés aux femmes. Deux mois et demi après le début de mon

traitement, j'ai conseillé au malade d'essayer le coït. Il

l'a fait depuis quatre fois. Je lui recommandai de choisir

toujours une femme qui lui fût sympathique, et j'essayai,

avant le coït, d'augmenter son excitation sexuelle par de la

_tinctura cantharidum_.

Les quatre essais--le dernier a eu lieu le 29 novembre

1800--ont donné les résultats suivants. La première fois, la

femme a dû faire de longues manipulations sur le pénis pour

qu'il y eût érection; alors l'_immissio in vaginam_ réussit et

il y eut éjaculation avec orgasme. Pendant toute la durée de

l'acte, il ne lui vint point l'idée qu'il battait la femme ou

qu'il en était battu: la femme l'excitait suffisamment pour

qu'il pût pratiquer le coït. Au second essai, le résultat fut

meilleur et plus prompt. Les manipulations de la femme sur

les parties génitales ne furent nécessaires que dans une très

faible mesure. Au troisième essai, le coït ne réussit qu'après

que le malade eut, pendant longtemps, pensé à la flagellation

et se fût mis, par ce moyen, en érection; mais il n'en vint

point à des voies de fait. Au quatrième essai, le coït réussit

sans aucune évocation d'idées de frapper et sans aucune

manipulation de la femme sur le pénis.

Il est évident que, jusqu'en ce moment, on ne peut considérer

comme guéri le malade dont il est ici question. De ce que le

malade a pu quelquefois pratiquer le coït d'une manière à peu

près normale ou tout à fait normale, cela ne veut pas dire

qu'il en sera toujours capable à l'avenir, d'autant plus que

l'idée de battre lui cause toujours un grand plaisir, bien que

cette idée lui vienne maintenant plus rarement qu'autrefois.

Pourtant il y a des probabilités pour que le penchant anormal

qui, à l'heure actuelle, s'est considérablement atténué,

diminue dans l'avenir ou disparaisse peut-être complètement.

Ce cas, observé avec beaucoup de soin, est extrêmement intéressant à

bien des points de vue. Il montre nettement une des raisons cachées du

sadisme, la tendance à réduire la femme à une sujétion sans limites,

tendance qui est entrée dans ce cas dans la conscience de l'individu.

C'est d'autant plus curieux que l'individu en question était d'un

caractère timide, et, dans ses autres rapports sociaux, d'allures

excessivement modestes et mêmes craintives. Ce cas nous montre aussi

clairement qu'il peut exister un _libido_ puissant et entraînant

l'individu malgré tous les obstacles, tandis qu'en même temps il y a

absence de tout désir du coït, la note dominante du sentiment étant

tombée sur la sphère des idées sadistes et voluptueusement cruelles.

Le cas en question contient en même temps quelques faibles éléments de

masochisme.

Il n'est pas rare d'ailleurs que des hommes aux penchants pervertis

payent des prostituées pour qu'elles se laissent flageller et même

blesser jusqu'au sang.

Les ouvrages qui s'occupent de la prostitution contiennent des

renseignements sur ce sujet, entre autres la volume de Coffignon: _La

Corruption à Paris_.

Étude Médico-Légale: Psychopathia Sexualis avec recherches spéciales sur l'inversion sexuelle · 第 26 / 88 题