E.--AUTRES ACTES DE VIOLENCE SUR DES FEMMES. SADISME SYMBOLIQUE

Dans les groupes énumérés plus haut, toutes les formes sous lesquelles

l'instinct sadiste se manifeste contre la femme, ne sont pas encore

épuisées. Si le penchant n'est pas trop puissant ou s'il y a encore

assez de résistance morale, il peut se faire que l'inclination sadiste

se satisfasse par un acte en apparence puéril et insensé, mais qui,

pour l'auteur, possède un caractère symbolique.

Tel semble être le sens des deux cas suivants.

OBSERVATION 34.--(Dr Pascal, _Igiene dell' Amore_). Un homme

avait l'habitude d'aller une fois par mois, à une date fixe,

chez sa maîtresse et de lui couper alors, avec une paire de

ciseaux, les mèches qui lui tombaient sur le front. Cet acte

lui procurait le plus grand plaisir. Il n'exigeait jamais

autre chose de la fille.

OBSERVATION 35.--Un homme, habitant Vienne, fréquente

régulièrement plusieurs prostituées, rien que pour leur

savonner la figure et y passer ensuite un rasoir comme s'il

voulait leur faire la barbe. _Numquam puellas lædit, sed hæc

faciens valde excitatur libidine et sperma ejaculat_[44].

[Note 44: Léo Taxil (_op. cit._, p. 224) raconte que, dans les

lupanars de Paris, on tient à la disposition de certains clients des

instruments qui représentent des gourdins mais qui, en réalité, ne

sont que des vessies gonflées du genre de celles avec lesquelles

les clowns, dans les cirques, se donnent des coups. Des sadiques se

donnent par ce moyen l'illusion qu'ils battent des femmes.]

Unique dans son genre est le cas suivant qui malheureusement n'a pas

été assez étudié au point de vue scientifique.

OBSERVATION 36.--Au cours d'un procès devant un tribunal

correctionnel de Vienne, on a révélé le fait suivant. Dans un

jardin de restaurant public, un comte N... est venu un jour

accompagné d'une femme et a scandalisé le public par ses

menées. Il exigea de la femme qui était avec lui, qu'elle

s'agenouillât devant lui et qu'elle l'adorât les mains

jointes. Ensuite il lui ordonna de lécher ses bottes. Enfin

il exigea d'elle, en plein public, quelque chose d'inouï

(_osculum ad nates_ ou quelque chose d'analogue) et ne céda

que lorsque la femme eut juré d'accomplir l'acte demandé chez

elle, dans l'intimité.

Ce qui frappe dans ce cas c'est le besoin de l'homme perverti

d'humilier la femme devant témoins (à comparer les fantaisies des

sadistes cités plus haut, observation 30), et le fait que le désir

d'humilier la femme tient le premier rang, et que c'est seulement un

acte de nature symbolique. À côté de cela, dans ce cas incomplètement

observé, les actes cruels sont aussi probables.

Étude Médico-Légale: Psychopathia Sexualis avec recherches spéciales sur l'inversion sexuelle · 第 28 / 88 题