_a) L'éjaculation anormalement facile_ est due au manque d'arrêt
cérébral qui se manifeste par suite d'une trop grande excitation
psychique, ou d'une faiblesse sensitive du centre. Dans ce cas, une
simple idée lascive suffit, dans certaines circonstances, pour mettre
en action le centre très entaché de neurasthénie spinale, pour la
plupart des cas par suite d'abus sexuels. Une troisième possibilité,
c'est l'hyperesthésie de l'urèthre: le sperme en sortant provoque une
action réflexe immédiate et très vive du centre d'éjaculation. Dans ce
cas, la seule approche des parties génitales de la femme peut suffire
pour amener l'éjaculation _ante portam_.
Quand l'hyperesthésie uréthrale intervient causalement, l'éjaculation
peut produire un sentiment de douleur au lieu d'un sentiment de
volupté. Dans la plupart des cas d'hyperesthésie uréthrale, il y a
faiblesse sensitive du centre.
Ces deux troubles fonctionnels sont importants dans l'étiologie de la
_pollutio nimia_ et _diurna_.
La sensation de volupté peut pathologiquement faire défaut. Cela peut
se rencontrer chez des hommes ou des femmes héréditairement chargés
(anesthésie, aspermie), à la suite de maladies (neurasthénie,
hystérie), ou à la suite de surexcitations suivies d'affaissement
(chez les mérétrices).
Le degré de l'émotion motrice et psychique qui se manifeste pendant
l'acte sexuel dépend de l'intensité de la sensation voluptueuse. Dans
certains états pathologiques, cette émotion peut tellement s'accroître
que les mouvements du coït prennent un caractère convulsif, soustrait
à l'influence de la volonté, et peuvent même se transformer en
convulsions générales.
_b) Difficulté anormale de l'éjaculation_.--Elle est causée par
l'insensibilité du centre (absence du _libido_, atrophie organique du
centre par des maladies du cerveau et de la moelle épinière,
atrophie fonctionnelle à la suite d'abus sexuels, marasme, diabète,
morphinisme). Dans ce cas, l'atrophie du centre est souvent
accompagnée de l'anesthésie des parties génitales. Elle peut être
aussi la conséquence d'une lésion de l'arc réflexe ou de l'anesthésie
périphérique (uréthrale) ou de l'aspermie. L'éjaculation ne se produit
pas au cours de l'acte sexuel, ou très tardivement, ou enfin après
coup sous forme de pollution.