_a) L'excitation_ (priapisme) se produit par une action réflexe due à
des excitations sensitives périphériques, directement par l'excitation
organique des voies de communication du cerveau au centre d'érection
(maladies spinales de la partie inférieure de la moelle cervicale et
de la partie supérieure de la moelle dorsale) ou du centre lui-même
(certains poisons) ou enfin par des excitations psychiques.
Dans ce dernier cas, il y a satyriasis, c'est-à-dire prolongation
anormale de l'érection et du _libido sexualis_. Quand il y a seulement
excitation réflexe ou excitation directe organique, le _libido_ peut
faire défaut et le priapisme être accompagné d'un sentiment de dégoût.
_b) La paralysie_ provient de la destruction du centre ou des voies
de communication (_nervi erigentes_), dans les maladies de la moelle
épinière (impuissance paralytique).
Une forme atténuée de cet état est la diminution de la sensibilité du
centre par le surmenage (suite des excès sexuels, surtout onanisme) ou
par l'intoxication due à des sels de brome, etc. Cette paralysie peut
être accompagnée d'une anesthésie cérébrale, souvent d'une anesthésie
des parties génitales externes. Souvent il se produit dans ce cas de
l'hyperesthésie cérébrale (_libido sexualis_ accentué, lubricité).
Une forme particulière de l'anesthésie incomplète se produit dans les
cas où le centre n'est sensible qu'à certaines excitations spéciales
auxquelles il répond par l'érection. Ainsi il y a des hommes chez qui
le contact sexuel avec une épouse chaste ne donne pas une excitation
suffisante pour amener l'érection, mais chez qui l'érection se
produit quand ils viennent à coïter avec une prostituée ou qu'ils
accomplissent un acte sexuel contre nature. Les excitations
psychiques, en tant qu'elles peuvent venir en compte dans ces cas,
peuvent être cependant inadéquates (voir plus bas paresthésie et
perversions du sens sexuel).
_c) Entraves_.--Le centre d'érection peut devenir incapable de
fonctionner par suite des influences cérébrales. Ainsi agissent
certaines émotions (dégoût, crainte des maladies vénériennes), ou bien
la crainte de n'avoir pas la puissance nécessaire[23].
[Note 23: Magnan cite un exemple intéressant dans lequel une
obsession de nature non sexuelle peut entrer en jeu (Voir _Ann.
méd.-psych._, 1885). Un étudiant de vingt et un ans, très chargé au
point de vue de l'hérédité, autrefois onaniste, a continuellement à
lutter contre l'obsession du chiffre 13. Toutes les fois qu'il veut
se livrer au coït, cette obsession du chiffre 13 empêche chez lui
l'érection et rend l'acte impossible.]
Dans le premier cas, rentrent souvent les hommes qui ont pour la femme
une aversion invincible, ou qui craignent une infection, ou encore
ceux qui sont atteints d'une perversion sexuelle; dans le deuxième cas
rentrent les névropathes (neurasthéniques hypocondriaques), souvent
aussi des gens dont la puissance génitale est affaiblie (onanistes),
des gens qui ont une raison ou croient en avoir une de se méfier de
leur puissance génésique.
Cet état psychique agit comme entrave, et rend l'acte sexuel avec une
personne de l'autre sexe temporairement ou pour jamais impossible.
_d) Débilité sensitive_.--Il existe alors une sensibilité anormale
avec relâchement rapide de l'énergie du centre. Il peut s'agir
d'un dérangement fonctionnel du centre lui-même, ou d'une faiblesse
d'innervation des _nervi erigentes_, ou enfin d'une faiblesse du
muscle ischio-caverneux. Avant de passer aux anomalies qui vont
suivre, il faut encore faire mention des cas où, par suite d'une
éjaculation anormalement hâtive, l'érection est insuffisante.