--Je n'ai reçu aucune communication à cet égard...
Tous l'interrogeaient, anxieux. Il les rassurait sans conviction.
--C'est encore une invention des journalistes. Je connais Martin
Latouche... Martin Latouche n'est pas homme à se laisser intimider... Du
reste, nous allons tout de suite procéder à son élection...
Il fut interrompu par l'arrivée brutale de l'un des deux parrains de
Maxime d'Aulnay, M. le comte de Bray.
--Savez-vous ce qu'il vendait, votre Borigo? demanda-t-il.
Il vendait de l'huile d'olive!... Et comme il est né au bord de la
Provence, dans la vallée du Careï, il s'est d'abord fait appeler Jean
Borigo du Careï...
A ce moment la porte s'ouvrit à nouveau et M. Raymond de La Beyssière,
le vieil égyptologue qui avait écrit des pyramides de volumes sur la
première pyramide elle-même, entra.
--C'est sous ce nom-là, Jean Borigo du Careï, que je l'ai connu! fit-il
simplement.
Un silence de glace accueillit l'entrée de M. Raymond de La Beyssière.
Cet homme était le seul qui avait voté pour Eliphas. L'Académie devait à
cet homme la honte d'avoir accordé une voix à la candidature d'un
Eliphas! Mais Raymond de La Beyssière était un vieil ami de la belle Mme
de Bithynie.